Daisaku Ikeda

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Daisaku Ikeda

Naissance 2 janvier 1928
Omori, Tokyo, Japon
École/tradition Bouddhisme de Nichiren
Maîtres Josei Toda
Célèbre pour Diffusion du bouddhisme de Nichiren hors du Japon

Président de la Sōka Gakkai (du 3 mai 1960 au 23 avril 1979) Président de la Sōka Gakkai Internationale (depuis le 26 janvier 1975)

Daisaku Ikeda en 1961

Daisaku Ikeda (池田 大作, Ikeda Daisaku?) est un intellectuel, philosophe et personnage religieux japonais. Troisième président de l’association bouddhiste Sōka Gakkai entre 1960 et 1979, il est, depuis 1975, le président de la Sōka Gakkai Internationale (SGI), qui regroupe les associations Soka de différents pays.

Ayant œuvré dans des domaines aussi variés que la philosophie, la fiction, la critique, les essais, la poésie, la photographie ou encore la théologie du bouddhisme de Nichiren, il est professeur et docteur honoraire de plusieurs universités et membre honoraire du Club de Rome[1].

Daisaku Ikeda est marié, père de deux enfants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Daisaku Ikeda naît le 2 janvier 1928 à Omori, près de Tokyo. Fils d'un pêcheur d'algues, il est le cinquième d'une famille de huit enfants. Sa jeunesse est marquée par la pauvreté et la maladie (il est atteint à la fois d'une pleurésie et de la tuberculose). Lorsque son père prend sa retraite suite à des problèmes de santé, Daisaku Ikeda se voit contraint d'abandonner sa scolarité, en 1940. Mais il continue à se former de manière autodidacte. L'année suivante, le Japon entre en guerre. Ses quatre frères aînés sont enrôlés dans l'armée, et l'aîné est tué au combat en Birmanie. L'horreur et la dévastation dont il est témoin, nourriront par la suite, son engagement pour la paix[2].

Rencontre avec le bouddhisme[modifier | modifier le code]

En 1947, à l’âge de 19 ans, Daisaku Ikeda participe à une réunion de discussion de la Sōka Gakkai, il y rencontre Josei Toda, qu'il choisira comme maître spirituel. Il commence alors à pratiquer le bouddhisme de Nichiren sous sa conduite. Durant les dix années qui suivent, il soutient les efforts de Josei Toda visant à reconstruire la Sōka Gakkai, qui avait été détruite par le gouvernement militariste durant la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, Daisaku Ikeda travaille pour la maison d’édition de Toda, et celui-ci lui prodigue, jusqu’en 1957, une éducation de niveau universitaire[3]. Le 3 mai 1960, deux ans après la mort de Toda, il devient le troisième président de la Sōka Gakkai. La même année, il commence une série de voyages en Amérique, en Asie et en Europe pour faire connaître le bouddhisme de Nichiren hors du Japon[4].

Création du Kōmeito[modifier | modifier le code]

Le 17 novembre 1964 il crée le Kōmeitō[5] (devenu Nouveau Kōmeitō en 1995), parti politique de centre droit soutenu par la Sōka Gakkai. Le 3 mai 1970, en réponse aux critiques concernant les relations entre le Komeito et la Soka Gakkai, il annonce des mesures pour garantir l’autonomie politique et financière du parti Komeito vis-à-vis du mouvement religieux[6].

Diplomatie citoyenne[modifier | modifier le code]

À partir des années 1970, en pleine guerre froide, il entreprend des rencontres avec des personnalités universitaires, culturelles et politiques lors de voyages de diplomatie citoyenne afin de promouvoir le dialogue et contribuer à l'apaisement des tensions internationales. Le 8 septembre 1968, il lance un appel pour la normalisation des relations sino-japonaises lors d'un discours à Tokyo devant 20 000 étudiants[7]. En 1974, il rencontre le Premier ministre russe Alexis Kossyguine à Moscou. La même année, il se rend en Chine et rencontre le Premier ministre Zhou Enlai[8].

Premiers dialogues[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970, Daisaku Ikeda mène une série de rencontres et dialogues avec des personnalités politiques et des experts dans différents domaines. Plusieurs de ces rencontres donnent lieu à la publication de livres de dialogues, abordant les enjeux de notre époque sous différents angles, en particulier l'angle religieux. Le premier de ces entretiens a lieu en 1972 avec l’historien britannique Arnold Joseph Toynbee, suivi en 1974 par celui avec l'écrivain André Malraux, puis avec l’historien d’art et membre du Collège de France et académicien français, René Huyghe[9].

Fondation de la Soka Gakkai internationale[modifier | modifier le code]

En 1975, suite à l’accroissement du nombre de membres de la Soka Gakkai hors du Japon, il fonde, avec des représentants de la Sōka Gakkai de 51 pays, la Sōka Gakkai internationale (SGI) sur l’île de Guam (États-Unis). La SGI est actuellement présente dans 192 pays et territoires[10].

Démission de la Soka Gakkai[modifier | modifier le code]

Le 24 avril 1979, suite à des tensions avec l’ordre monastique de la Nichiren Shoshu, Daisaku Ikeda démissionne de son poste de président de la Soka Gakkai, mais reste président de la SGI. Hiroshi Hōjō devient le 4e président de la Soka Gakkai au Japon.

Propositions pour la paix[modifier | modifier le code]

Tous les ans depuis 1983, à la date anniversaire de la création de la SGI, le 26 janvier, il adresse à l’ONU des Propositions pour la paix. Il y traite des défis du monde contemporain, et suggère des solutions fondées sur la philosophie bouddhique. Il y appelle notamment au renforcement des Nations unies, au désarmement, au respect de l'environnement, à la lutte contre la pauvreté. Dans sa proposition de 2012[11], il appelle le Japon à l'abandon de l'énergie nucléaire[12].

Instituts fondés[modifier | modifier le code]

En tant que président de la Soka Gakkai et, plus tard, de la SGI, il établit plusieurs instituts éducatifs, religieux, culturels et de recherche :

  • l’Institut de philosophie orientale[13] en 1962,
  • l’Association des concerts Min-On[14] en 1963,
  • l’Université Soka de Hachioji, dans la banlieue de Tokyo[15] en 1971
  • l'Université Soka d'Amérique à Orange County (États-Unis)[16] en 2001,
  • le musée d’art Fuji de Tokyo[17] en 1983,
  • la Maison littéraire de Victor Hugo[18] à Bièvres en 1991,
  • l’Institut Toda de recherche sur la paix[19] en 1996,
  • le Centre de recherches écologiques d’Amazonie[20] près de Manaus (Brésil)
  • le Centre de recherche de Boston pour le XXIe siècle[21] en 1993 (rebaptisé en 2009, Centre Ikeda pour la paix, l’enseignement et le dialogue).

Conférences et distinctions académiques[modifier | modifier le code]

Daisaku Ikeda a donné des conférences dans une trentaine d’universités et instituts[22]. Le 27 mai 1975, il donne une conférence à l'université d'État de Moscou et reçoit son premier doctorat honoraire[23]. En 1983, il reçoit la médaille de la paix des Nations unies[24]. À ce jour, en 2012, il a reçu plus de 300 titres honorifiques de nombreuses institutions universitaires ou académiques du monde entier[25].

En France, il a prononcé un discours en 1989 à l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, à Paris[26]. Il a reçu en 1990 le prix de « la paix et l'humanité » des Éditions du Rocher. En 1992, il a été nommé Chevalier dans l'Ordre des Arts et Lettres de la République française, reconnaissance destinée à récompenser les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire. Dans le discours de remise, M. Brunet, chef de Cabinet, a souligné la contribution de Daisaku Ikeda aux échanges culturels entre les deux pays, la France et le Japon. En mars 2005 il a reçu la médaille de la Chambre de commerce de Paris pour ses contributions dans le domaine des échanges internationaux d'étudiants entre l'Université Soka et l'école d'Advancia.

En 2010, il reçoit un 300e prix académique : l'Université du Massachusetts à Boston le fait docteur honoris causa ès Lettres[27].

Controverses[modifier | modifier le code]

Depuis son accession à la présidence de la Soka Gakkai en 1960, Daisaku Ikeda a fait l'objet de nombreuses critiques et controverses dans la presse ou sur Internet.

• Ces détracteurs le voient comme le gourou d'une secte riche et influente, souhaitant, par le biais du parti Kōmeitō, imposer le bouddhisme de Nichiren comme religion d'État au Japon. Ils considèrent également que, à l'intérieur de la Soka Gakkai, l'attention portée à son président se rapproche plus du culte de la personnalité que de la relation bouddhique de maître et disciple. Il a ainsi déclaré : « Conformément à l'esprit du premier président, Tsunesaburo Makiguchi, et du deuxième président, notre maître Josei Toda, qui se sont loyalement dévoués pour le temple principal, moi, représentant tous les membres de notre organisation, je promets une plus grande loyauté encore à son excellence [le grand patriarche de la Nichiren Shoshu]. La Soka Gakkai est le plus grand allié des masses. Nos ennemis sont les mauvaises religions. Ce sont elles qui conduisent les hommes en enfer. Le véritable bouddhisme fait surgir le bouddha de tous les êtres. Nichiren Daishonin a dit que la source de tous les malheurs et de toutes les souffrances est la croyance erronée. Notre maître, Josei Toda, a repris ces paroles importantes. Avec l'esprit de notre maître prônant la destruction des croyances erronées, nous, ses disciples devons, une fois encore, leur livrer un combat sans merci. » et lors d'une interview avec le critique japonais Nakase Hiroi: « je suis le maître du Japon, son président, je suis un roi du monde spirituel et je suis l'homme le plus influent et le guide absolu de la culture des idées » [28]

• La Soka Gakkai a régulièrement démenti ces accusations, les considérant comme diffamatoires et sans véritable fondement. Selon l’universitaire Gérald Curtis, le Komeito « a desséré les liens religieux qui le rattachaient à la Soka Gakkai et a développé une orientation pragmatique et flexible »[29] Dans une interview, Daisaku Ikeda a déclaré : « Penser que (...) le président de la Soka Gakkai est plus important que les membres serait une grave erreur. Si tel était le cas de la Soka Gakkai, alors elle trahirait la véritable raison d'être d'une religion. » [30] Il a également écrit à propos du dialogue interreligieux : « Dans la mesure de mes modestes moyens, j’ai essayé de faire tout mon possible pour engager le dialogue avec des intellectuels de premier plan des traditions religieuses chrétienne, hindoue et autres et d’origines culturelles variées, ainsi qu’avec des personnes de pays qui ne reconnaissent pas la religion. Mon but était de découvrir une route de la paix grâce à la dimension humaine commune que nous partageons tous. » [31]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Liste des membres honoraires du Club de Rome
  2. Olivier Urbain, Daisaku Ikeda’s Philosophy of Peace, I.B. Tauris, 2010, p. 29.
  3. Relaté par Daisaku Ikeda en 1996, dans Columbia daigaku deno SGI kaicho no koen (Conférence du président de la SGI à l’université de Columbia University en 1996), Seikyo Shimbun, 16 juin, p. 3, texte complet : (en) [1].
  4. Karel Dobbelaere, La Soka Gakkai, Elledici, 2001, p. 12.
  5. (en) La fondation du parti Komei en 1964
  6. (en) [2]
  7. Keiko Kimura, Un portrait de Daisaku Ikeda, L’Harmattan, 2002, p. 129.
  8. “The SGI’s Peace Movement” in Buddhist Peacework, Creating Cultures of Peace, Wisdom Publications, 1999, p. 129.
  9. Voir la liste des dialogues menés par Daisaku Ikeda.
  10. Source SGI : (en) [3]
  11. « Sécurité humaine et durabilité : un respect partagé à l’égard de la dignité de la vie » in Discours et entretiens de Daisaku Ikeda, avril 2012, Acep.
  12. « Le président du principal mouvement bouddhiste s'oppose au nucléaire » in La Croix, vendredi 27 janvier 2012, p. 16.
  13. (en) Institut de philosophie orientale
  14. (en) Association des concerts Min-On
  15. (en) Université Soka de Tokyo
  16. (en) Université Soka des États-Unis
  17. (en) Musée d’art Fuji de Tokyo
  18. Maison littéraire de Victor Hugo
  19. (en) Institut Toda de recherche sur la paix
  20. (en) Centre de recherches écologiques d’Amazonie (CEPEAM)
  21. (en) Centre de recherche de Boston pour le XXIe siècle
  22. [4]
  23. « Une nouvelle route pour les échanges culturels entre Orient et Occident », in Daisaku Ikeda, Un nouvel humanisme, Éditions du Rocher, 1997, p. 87.
  24. (en) Chronologie de la vie de Daisaku Ikeda
  25. (en) Curriculum vitæ de Daisaku Ikeda. Voir aussi la page Wikipedia en anglais.
  26. « La vie créatrice » in Pétales aux vent, éditions Caractères, 2006, p. 63.
  27. (en) [5]
  28. (ja)高瀬広居 『人間革命を目指す池田大作・その思想と生き方』(有紀書房 1965年)
  29. Cité dans « Le Komeito et la politique japonaise » in Citoyens du monde, le mouvement Soka Gakkai au Japon, sous la direction de David Machacek et Bryan Wilson, L’Harmattan, 2004, p. 161.
  30. Keiko Kimura, Un portrait de Daisaku Ikeda, L'Harmattan, 2002, p. 139.
  31. Bouddhisme et islam, le choix du dialogue avec Majid Tehranian, Éditions du Rocher, 2004, p. 15.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dialogues
  • Pour l'épanouissement d'une culture de paix, avec Elise Boulding, L’Harmattan, 2014
  • Une voie vers la paix, avec Nur Yalman (L’Harmattan, 2014)
  • Les Droits humains au XXIe siècle, avec Austregésilo de Athayde (L’Harmattan, 2013)
  • Persistance de la religion, perspectives comparées sur la spiritualité moderne, avec Harvey Cox (L’Harmattan, 2012)
  • Un dialogue entre Orient et Occident, vers une révolution humaine, avec Ricardo Díez-Hochleitner (L’Harmattan, 2010)
  • Pour une citoyenneté planétaire, avec Hazel Henderson (L’Harmattan, 2005)
  • Bouddhisme et islam, le choix du dialogue, avec Majid Tehranian (Éditions du Rocher, 2004)
  • Toute une vie à la recherche de la paix, avec Linus Pauling (Éditions du Rocher, 2003)
  • Pour un nouvel art de vivre, entretiens sur la vie, la santé, l'éthique biomédicale et l'éducation, avec René Simard et Guy Bourgeault (Les Presses de l’Université de Montréal, 2002)
  • Dialogue pour la paix, avec Mikhaïl Gorbatchev (Éditions du Rocher, 2001)
  • Culture et spiritualité, lettres des quatre-saisons, avec Yasushi Inoue (Éditions du Rocher, 1992)
  • L'avenir de l'humanité et le rôle de la religion, avec Bryan Wilson (Éditions du Rocher, 1987)
  • Cri d'alarme pour le XXIe siècle, avec Aurelio Peccei (Presses universitaires de France, 1986)
  • Choisis la vie, un dialogue, avec Arnold Joseph Toynbee (Albin Michel, 1981)
  • La nuit appelle l'aurore, avec René Huyghe (Flammarion, 1980. Éditions du Rocher, 2002)
  • La révolution humaine et la condition humaine, avec André Malraux (Tokyo, 1976. Éditions Ushio)
Écrits sur le bouddhisme
  • Une histoire du bouddhisme Mahayana : De l'Inde à la Chine (Les Indes savantes, 2011)
  • Le Cycle de la vie, une perspective bouddhique (L'Harmattan, 2006)
  • Le Monde du Gosho avec Katsuji Saito et Masaaki Morinaka, commentaires des écrits de Nichiren, 3 volumes (ACEP, 2004)
  • La Sagesse du Sūtra du Lotus avec Katsuji Saito, Takanori Endo et Haruo Suda, 5 volumes (ACEP, 2000)
  • Commentaires sur les chapitres “Moyens” et “Durée de la vie du Bouddha” du Sûtra du Lotus, 2 volumes (ACEP, 1997)
  • Le Bouddhisme en Chine (Éditions du Rocher, 1986)
  • La Vie à la lumière du bouddhisme (Éditions du Rocher, 1983, 2003)
  • Le Bouddhisme premier millénaire (Éditions du Rocher, 1982)
  • La Vie du Bouddha (Éditions du Rocher, 1982, 1993)
Essais et allocutions
  • S’ouvrir à l'avenir (L’Harmattan, 2014)
  • Un nouvel humanisme, conférences dans des universités et instituts (Éditions du Rocher, 1997)
  • Pour une spiritualité créatrice de paix (Éditions du Rocher, 1990)
  • Réflexions d'un bouddhiste sur notre époque (Éditions du Rocher, 1994)
Romans et poésies
  • Pétales aux vents (Caractères, 2006)
  • La nouvelle révolution humaine, 8 volumes (ACEP, 2006)
  • La révolution humaine, 3 volumes (Éditions du Rocher, 1987)

Liens externes[modifier | modifier le code]