Hô Chi Minh

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Hô Chi Minh
(Hồ Chí Minh)
Image illustrative de l'article Hô Chi Minh
Fonctions
1er président de la
République démocratique du Viêt Nam
2 septembre 19452 septembre 1969
Prédécesseur Bảo Đại (empereur du Viêt Nam)
Successeur Tôn Đức Thắng
Président du
Parti des travailleurs du Viêt Nam
19 février 19512 septembre 1969
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
7e Secrétaire général du
Parti des travailleurs du Viêt Nam
, 1re Premier ministre de la République démocratique du Viêt Nam
1er novembre 1956, 2 septembre 194510 septembre 1960, 20 septembre 1955
Prédécesseur Trường Chinh, Poste créé
Successeur Lê Duẩn, Phạm Văn Đồng
Biographie
Nom de naissance Nguyễn Sinh Cung
Date de naissance 19 mai 1890
Lieu de naissance Hoàng Trù, Province de Nghệ An (Protectorat du Tonkin, Indochine française)
Date de décès 2 septembre 1969 (79 ans)
Lieu de décès Hanoï (Nord Viêt Nam)
Nationalité vietnamienne
Parti politique Parti communiste vietnamien

Signature

Hô Chi Minh
Présidents du Conseil d'État de la
République socialiste du Viêt Nam

Hô Chi Minh (du vietnamien Hồ Chí Minh Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né Nguyễn Sinh Cung, puis également connu sous le nom de Nguyen That Thanh (« grandes espérances »), puis Nguyễn Ái Quốc (« le patriote ») ou encore « l'oncle Hô », est un militant communiste et homme d'État vietnamien.

Il est né le 19 mai 1890 à Hoàng Trù, (Province de Nghệ An) et mort le 2 septembre 1969, à Hanoï. Il est le fondateur de la République démocratique du Viêt Nam.

En 1975, le nom de Hô-Chi-Minh-Ville (Thành Phố Hồ Chí Minh) fut donné à la ville la plus peuplée du Vietnam, l'ancienne Saïgon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Hồ Chí Minh grandit dans le petit village de Kim Liên où vivait son père (Nguyễn Sinh Huy alias Sinh Sắc, 1863-1929), à 14 km à l'ouest de la ville de Vinh, district de Nam Đàn dans le nord de l'Annam (actuelle province de Nghệ An, Vietnam). Il est dernier né d'une fratrie de 3 membres, sa soeur Thi Thanh est née en 1884 et son frère Sinh Kiem en 1888 ; sa mère s'appelle Hoang Thi Loan (1868-1901)[1].

Le père de Hồ Chí Minh, très tôt orphelin, doit travailler en même temps qu'étudier ; très bon élève, docteur en lettres (Pho Bang), il se marie avec la fille de son professeur et devient enseignant lui-même[2]. Il devient mandarin sous la pression des autorités françaises, au sein du Protectorat d'Annam, il n'aime pas cette fonction qu'il assimile à « pire que l'esclavage » et refuse de coopérer avec les Français, il est donc renvoyé[3]. Selon les historiens vietnamiens communistes et les archives coloniales françaises, il fut dégradé de sa fonction par le nouveau pouvoir colonial, et sombra progressivement dans une dépression. Selon une autre version, Il aurait été destitué pour abus de pouvoir après qu'une influente figure locale décède, quelques jours après avoir reçu 100 coups de bâton en guise de punition pour une infraction[4]. Quoi qu'il en soit il quitte l'administration coloniale. Le père se retire alors dans un village où il officie comme médecin traditionnel jusqu'à sa mort[5]. La déchéance de son père à la suite de cette injustice coloniale a très fortement marqué le jeune Hô Chi Minh.

Il fait d'abord ses études à Huế, à l'école Quốc Học (littéralement « école nationale » en vietnamien) fondée par le père de Ngô Dinh Diêm. À sa sortie, il pratique plusieurs petits travaux comme artisan, instituteur, etc. Il se rapproche de nationalistes comme Phan Dinh Phung, Phan Châu Trinh, Phan Boi Chau et Hoang Hoa Tham[6], tous inspirés du mouvement Can Cuong. Jusqu'en 1911, il voyage dans les 3 ky (Annam, Tonkin, Cochinchine), perfectionnant sa connaissance du Vietnam.

Sa vie en Occident[modifier | modifier le code]

Ho Chi Minh, en 1921.

De 1911 à 1917, il voyage autour du monde, visite les cinq continents. Il voyage en travaillant sur des bateaux comme cuistot. Il quitte Saigon le 5 juin 1911 et débarque au mois de décembre 1911 au port de Marseille à bord de l’Amiral de Latouche-Tréville. Il travaille au Havre comme jardinier, puis à Londres il déblaie la neige, il est groom, peintre, etc. Il se rapproche du mouvement nationaliste irlandais. De retour à Paris en passant par Londres, il commence à militer, participer à des réunions publiques, écrire des articles et distribuer des tracts anti-coloniaux. Il se lie à la gauche française, aux rédactions du Populaire ou de Vie ouvrière, il se rapproche aussi d'un autre émigré vietnamien Phan Châu Trinh, un nationaliste comme lui qui veut s'émanciper de la France. Il écrit des articles en collaboration avec lui et d'autres nationalistes ; ils publient sous le pseudonyme de Nguyen O Phap « Nguyen en France »[7]. Leurs amis français les convainquent de changer de pseudo qui devient Nguyen Ai Quoc (Nguyen aimant la patrie"). Ho Chi Minh sera le seul de ce groupe à conserver ce pseudonyme par la suite.

Il écrit des pièces de théâtre, comme Le dragon de bambou, et un ouvrage anticolonialiste, Le Procès de la colonisation française.

À la fin de la guerre, en 1919, il envoie aux dirigeants occidentaux (Wilson, Clemenceau, Lloyd George) une Pétition du peuple vietnamien pour plus de droits et de libertés en Indochine, pour l'autodétermination, pétition publiée par L'Humanité le 18 juin[8]. Il est déçu par le traité de Versailles qui n'applique pas le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes aux colonies.

Vivant à Paris, il est contemporain de la guerre du Riff. Cette guerre anti-coloniale est décrite et analysée dans un colloque international tenu, en 1971, à Paris, où un message de Ho Chi Minh définissait Abdelkrim comme le précurseur de la stratégie de la guerre de guérilla anti-coloniale[réf. nécessaire].

Son adhésion au communisme[modifier | modifier le code]

Membre du Parti socialiste SFIO en France, au congrès de Tours du 25 décembre 1920, il soutient la motion léniniste comme la majorité des membres du parti. C'est un proche de Cachin et il fait partie des membres-fondateurs du Parti communiste français ; il se fait remarquer par son intervention sur les colonies.

Au mois de mai 1923, deux militants communistes de second plan en France sont conviés à Moscou par Dmitri Manouilsky : Nguyen Aï Quoc et Jean Cremet. Il suit la formation du Komintern et va créer des réseaux au Vietnam grâce au PC chinois. Arrivé à Canton en novembre 1924[9], il y épouse en octobre 1926 une Chinoise catholique, Tang Tuyêt Minh[10]. Il est obligé de fuir la Chine en avril 1927, à la suite du coup d'État anticommuniste de Tchang Kaï-chek à Shanghai. Il effectue alors plusieurs voyages en Russie soviétique, en avril 1927 et en 1936-1937.

En 1930, avec l'aide de Mao, il fonde le Parti communiste indochinois (PCI) pour inclure le Cambodge et le Laos puis en 1941 la « Ligue pour l'Indépendance du Viêt Nam » (Việt Nam Độc lập Đồng minh Hội ou sa contraction en Viêt Minh) qui combat à la fois les occupants japonais et les colonisateurs français. En 1941, il rentre au Viêt Nam pour lutter contre l'occupation japonaise.
En 1942, il prend le nom de Hồ Chí Minh (qui signifie « Celui qui éclaire »).
La même année, il est arrêté par des nationalistes chinois et passe un an en prison en Chine.

Il est libéré en 1943. Ses hommes ayant trouvé dans la jungle un aviateur américain abattu, il se rend avec celui-ci à l'antenne de l'Office of Strategic Services en Indochine et obtient des services de renseignement américains argent, armes et munitions, ainsi que l'appui de plusieurs équipes du Détachement 101 qui seront parachutées dans la jungle avec des opérateurs radios et des entraîneurs pour ses guérilleros en 1945[11],[12].

La proclamation de l'indépendance et la guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Indochine.

Libéré, Hồ Chí Minh poursuit sa lutte avec la Révolution d'août.

En 1945, il proclame la République démocratique du Viêt Nam à Hanoï et l'indépendance du pays le 2 septembre sur la place Ba Dinh. Une Assemblée constituante est élue le 6 janvier 1946.

Après l'échec des négociations avec Jean Sainteny, il mène le Viêt-minh dans la lutte armée jusqu'à la victoire contre les Français : le 7 mai 1954, à la bataille de Diên Biên Phu, le Viêt-minh obtient la reddition du camp retranché français à l'issue d'une guerre de huit ans.

Partition du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Peu après commencent les négociations de paix sur l'Indochine qui ont mené aux Accords de Genève. Le Vietminh est représenté par son ministre des Affaires étrangères Pham Van Dong. La conclusion des pourparlers est accélérée par le chef du gouvernement français Pierre Mendès France et les Accords sont signés le 21 juillet 1954. Le Viêt Nam se trouve divisé en deux États de part et d'autre du 17e parallèle :

– le nord est sous le contrôle du Viet Minh et de l'Armée populaire vietnamienne ;
– le sud, où le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient s'est replié et où un gouvernement nationaliste s'installe.

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Viêt Nam.

Hồ Chí Minh continue la lutte pour la réunification du pays face à Ngô Dinh Diêm qui dirige la République du Viêt Nam du Sud, à la suite d'un coup d'État avec le soutien des Américains qui a forcé l'empereur Bao Dai à abdiquer.

Dès 1960, Hồ Chí Minh et les siens soutiennent la création du Front national de libération du Sud Viêt Nam (FNL), bientôt surnommé Viêt Công[13] par les Américains et les Sud-Vietnamiens. Le FNL est approvisionné en hommes, en armes et en matériel par la République démocratique du Viêt Nam du Nord durant la guerre du Viêt Nam.

Son décès[modifier | modifier le code]

Hồ Chí Minh meurt le 2 septembre 1969, alors que le conflit fait toujours rage au Viêt Nam. D'après la romancière et dissidente politique vietnamienne Dương Thu Hương, il se serait donné la mort en arrachant ses perfusions, choisissant ainsi le jour de sa mort. Celle-ci est officiellement annoncée comme ayant eu lieu le 3 septembre pour ne pas ternir la fête nationale de l'indépendance du 2 septembre.

Hồ Chí Minh voulait que ses cendres soient répandues au-dessus du pays, du nord au sud. Pourtant, ses héritiers décidèrent de l'embaumer comme Lénine, contre la volonté du défunt, ceci en attendant que la réunification se fasse. Ses cendres n'ont finalement jamais été dispersées et son corps embaumé repose toujours dans son mausolée à Hanoï sur la place Ba Dinh.

Propagande[modifier | modifier le code]

Figure tutélaire du patriotisme vietnamien, connu sous le nom « affectueux » d'oncle Hồ – Bác Hồ, son nom sera utilisé après la réunification pour rebaptiser la capitale du Sud Viêt Nam. Ainsi, Saigon devient Hô Chi Minh VilleThanh Pho Hô Chi Minh – suivant une décision de 1945 du premier gouvernement de la Jeune République démocratique du Viêt Nam. Cette décision de 1945 n'a pu être exécutée qu'en 1975. De son vivant, Hồ Chí Minh a tenté de faire un gouvernement de modèle sino-soviétique, en gardant le plus d'indépendance possible. Les combattants et le régime feront de son mausolée un lieu de pèlerinage, malgré ses vœux d'anonymat après son décès.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • En juin 1919, il publie un manifeste sur les Revendications du peuple annamite.
  • Le Procès de la colonisation française, 1925 ; réédité chez Le Temps des cerises (éditions), 2012 (ISBN 9782841099351).
  • Journal de prison : poèmes, poèmes écrits de 1942 à 1943 lors de sa détention.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mai Ly Quang, pp. 6-7.
  2. Mai Ly Quang, pp.-6-7.
  3. Mai Ly Quang, p. 6.
  4. Duiker, William J., (2000), [2], Hyperion, p. 41; ISBN 9781107622265
  5. (en) Mai Ly Quang, The man who made a nation, Hanoi, The Gioi Publishers,‎ 1999, 246 p., p.6-7
  6. Mai Ly Quang, p. 8.
  7. "Ho Chi Minh à l'affût", par Jean Lacouture, Historia HS n°24 1972.
  8. Mai Ly Quang, p. 16.
  9. Trần Gia Phụng, « Ông Hồ mấy vợ? (I) » (Did Hồ Marry?), DCVOnline.net, 13 September 2006. Toronto.
  10. Brocheux, Pierre (2007). Ho Chi Minh: A Biography, Cambridge University Press, pp. 39-40. ISBN 0-521-85062-2.
  11. (fr) Hồ Chí Minh, Claude Dulong-Sainteny, 22 septembre 2003, Académie des sciences morales et politiques
  12. Office Of Strategic Studies en Indochine, Francis Agostini
  13. Contraction de Viet Nam cong san : communistes vietnamiens

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Brocheux, Hô Chi Minh, du révolutionnaire à l'icône, Payot, coll. « Biographie », 2003
  • Daniel Hémery, Ho Chi Minh. De l'Indochine au Viêt Nam, Gallimard, coll. « Découvertes », 2002
  • Mai Ly Quang, The man who made a nation, The Gioi Publishers, 7e édition, 1999, Hanoi.
  • Philippe Franchini, Les mensonges de la guerre d'Indochine, Perrin, 2005, ISBN 2-262-02345-X
  • Hô Chi Minh, Le Procès de la colonisation française, Le Temps des cerises (éditions), 2012, ISBN 9782841099351
  • Jean Lacouture, Hô Chi Minh, Éditions du Seuil, 1967
  • Léo Figuères, Hô Chi Minh, notre camarade, en collaboration avec Charles Fourniau, Éditions sociales, Paris, 1970