Mouvement des non-alignés

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Mouvement des non-alignés

Pays appartenant au mouvement des non-alignés :

     États membres      États observateurs

     États non membres

Création 1er septembre 1961 (Belgrade), mais aussi 31 décembre 1953 (Panchsheel), 18 avril 1955 (Bandung), 19 juillet 1956 (Brioni) et 5 septembre 1973 (Alger)
Siège Suivant la localisation du dernier sommet : Santiago de Cuba (depuis 2006) ; New York (G24 ou G77 et Chine à l'ONU) ; G15
Membre(s) 118 États plus 15 observateurs
Secrétaire général Raúl Castro (depuis 2008)
Personne(s) clé(s) Nehru, Zhou Enlai, Sihanouk, Tito, Nasser, Soekarno, Nkrumah, Sékou Touré, Nyerere, Ben Barka, Indira Gandhi, Boumédienne, Castro, etc.
Site Web www.cubanoal.cu

Le mouvement des non-alignés (ou plus rare mouvement des pays non-alignés, MPNA ; en anglais NAM, Non-Aligned Movement ; en espagnol MNOAL, Movimiento de países No Alineados) est une organisation internationale regroupant 118 États en 2008[1] (15 États et 7 organisations internationales y ont en plus le statut d'observateur), qui se définissent comme n'étant alignés ni avec, ni contre aucune grande puissance mondiale. Le but de l'organisation tel que défini dans la « Déclaration de la Havane » de 1979 est d'assurer : « l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, le sionisme, et toute forme d'agression étrangère, d'occupation, de domination, d'interférence ou d'hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et promeut la solidarité entre les peuples du tiers monde. L'organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie[réf. nécessaire], regroupe près des deux tiers des membres des Nations unies et 55 % de la population mondiale.

Le mouvement des non-alignés comprend des membres importants à l'échelle mondiale, comme l'Inde, l'Algérie, l'Égypte, l'Indonésie, le Pakistan, Cuba, l'Afrique du Sud, l'Iran, la Malaisie, ainsi que la ex-Yougoslavie. La République populaire de Chine a été membre pendant un temps. Le Brésil n'a jamais été un membre formel du mouvement, mais il partage plusieurs des ses vues et envoie régulièrement des observateurs à ses sommets.

Sommaire

[modifier] Origines

Les fondateurs du Mouvement des non-alignés en 1960 : de gauche à droite, Jawaharlal Nehru (Inde), Kwame Nkrumah (Ghana), Gamal Abdel Nasser (Égypte), Sukarno (Indonesie) et Josip Broz Tito (Yougoslavie)

La Déclaration de Brioni du 19 juillet 1956, initiée par Gamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Norodom Sihanouk et Jawaharlal Nehru marque l'origine du mouvement, qui vise à se protéger de l'influence des États-Unis et de l'URSS qui cherchaient à polariser le monde à leur profit (idée de bipolarisation ; les deux grands qui gouvernent le monde).

Le terme de « non-alignement » a été inventé par le premier ministre indien Nehru lors d'un discours en 1954 à Colombo. Dans ce discours, Nehru a décrit les cinq piliers à utiliser pour les relations sino-indiennes, qui ont été pour la première fois mises en avant par le premier ministre chinois Zhou Enlai. Appelés Panchsheel (les « cinq principes »), ces principes serviront plus tard de base au Mouvement des non-alignés.

On peut considérer que la Conférence de Bandung, tenue en 1955 dans la ville indonésienne de Bandung dans l'ouest de l'île de Java, qui avait réuni une trentaine de pays d'Afrique et d'Asie, est une étape importante vers la Constitution du Mouvement des non-alignés.

[modifier] Évolution

Le monde en 1980, polarisé entre les deux superpuissances. Les États non partisans sont les non-alignés.

Alors que l'organisation avait à l'origine pour but d'être aussi solide et unie que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ou le Pacte de Varsovie, elle a dans les faits peu de cohésion, et plusieurs de ses membres ont été à un moment ou à un autre étroitement liés avec une grande puissance. Par exemple, Cuba était très proche de l'URSS lors de la guerre froide. L'Inde s'est aussi rapprochée de l'URSS durant quelques années pour combattre la Chine. Le mouvement a également fait face à des dissensions internes quand l'URSS a envahi l'Afghanistan en 1979. D'un côté les États clients de l'URSS approuvaient l'invasion, et de l'autre, certains membres (surtout les États à majorité musulmane) la condamnaient.

Créé dans le contexte de la guerre froide, le mouvement a dû trouver un nouveau souffle à son issue suite à l'effondrement de l'Union soviétique. De plus, les États issus de l'éclatement de la Yougoslavie (l'un des membres fondateurs) ont montré peu d'intérêt pour l'organisation depuis la dissolution du pays. Enfin en 2004, Malte et Chypre se sont retirés lors de leur entrée dans l'Union européenne. Néanmoins, l'organisation continue de jouer un rôle important. Elle a par exemple refusé de suivre les instances du consensus de Washington, lequel regroupe le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Banque mondiale, considérant que ce serait nuisible aux intérêts de ses membres.

Loin de s'estomper, le legs de l'ère de la guerre froide se poursuit. De nouvelles tendances s'inspirent des acquis des luttes de décolonisation. Ainsi, le politologue Aziz Salmone Fall, dans le sillage de Ben Barka, avec son Groupe de Recherche et d'Initiative pour la Libération de l'Afrique (GRILA) prône un renouveau de la Conférence tricontinentale, un développement autocentré aux fondements écosystémiques, et plaide pour un mondialisme polycentrique[2].

[modifier] Sommets

Congrès Date Lieu
I 1-6 septembre 1961 Belgrade (Yougoslavie)
II 5-10 octobre 1964 Le Caire (Égypte)
III 8-10 septembre 1970 Lusaka (Zambie)
IV 5-9 septembre 1973 Alger (Algérie)
V 16-19 aout 1976 Colombo (Sri Lanka)
VI 3-9 septembre 1979 La Havane (Cuba)
VII 7-12 mars 1983 New Delhi (Inde)
VIII 1-6 septembre 1986 Harare (Zimbabwe)
IX 4-7 septembre 1989 Belgrade (Yougoslavie)
X 1-7 septembre 1992 Jakarta (Indonésie)
XI 18-20 octobre 1995 Cartagena de Indias (Colombie)
XII 2-3 septembre 1998 Durban (Afrique du Sud)
XIII 20-25 février 2003 Kuala Lumpur (Malaisie)
XIV [3] 11-16 septembre 2006 La Havane (Cuba)
XV 11-16 juillet 2009 Charm el-Cheikh (Égypte)

[modifier] Notes et références

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Groupe des quinze (G15, 18 pays) Pays du G15
Algérie Algérie, Argentine Argentine, Brésil Brésil, Chili Chili, Égypte Égypte, Inde Inde, Indonésie Indonésie, Iran Iran, Jamaïque Jamaïque, Kenya Kenya, Malaisie Malaisie, Mexique Mexique, Nigeria Nigeria, Pérou Pérou, Sénégal Sénégal, Sri Lanka Sri Lanka, Venezuela Venezuela, Zimbabwe Zimbabwe
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