Mouvement des non-alignés

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Mouvement des non-alignés
Carte de l'organisation
Pays appartenant au mouvement des non-alignés :
  •      États membres
  •      États observateurs
  •      États non membres

Création (Belgrade), mais aussi (Panchsheel), (Bandung), (Brioni) et (Alger)
Siège Localisation du dernier sommet : Téhéran (depuis 2012) ; New York (G24 ou G77 et Chine à l'ONU) ; G15
Membre(s) 120 États plus 17 observateurs
Secrétaire général Drapeau de l’Iran Hassan Rohani (depuis 2013)
Personne(s) clé(s) Soekarno, Nehru, Zhou Enlai, Nasser, Aït Ahmed, Tito, Nkrumah, Sékou Touré, Nyerere, Ben Barka, Indira Gandhi, Boumédienne, Castro, etc.
Site web Nam-CSSTC

Le mouvement des non-alignés (ou plus rare mouvement des pays non-alignés)[1] est une organisation internationale regroupant 120 États en 2012[2], qui se définissent comme n'étant alignés ni avec ni contre aucune grande puissance mondiale (17 États et 9 organisations internationales y ont en plus le statut d'observateur). En effet, ce mouvement né durant la Guerre froide visait à regrouper les états qui ne se considéraient comme alignés ni sur le bloc de l'Est ni sur le bloc de l'Ouest.

Le but de l'organisation défini dans la « Déclaration de la Havane » de 1979 est d'assurer : « l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l'impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, et toute forme d'agression étrangère, d'occupation, de domination, d'interférence ou d'hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » et de promouvoir la solidarité entre les peuples du tiers monde. L'organisation, dont le siège est à Lusaka en Zambie[3], regroupe près des deux tiers des membres des Nations unies et 55 % de la population mondiale.

Le mouvement des non-alignés comprend des membres importants à l'échelle mondiale, comme l'Indonésie, l'Inde, l'Algérie, le Maroc, l'Égypte, le Pakistan, Cuba, l'Afrique du Sud, l'Iran, ainsi que l'ex-Yougoslavie. Le Brésil n'a jamais été un membre officiel du mouvement, mais il partage plusieurs de ses vues et envoie régulièrement des observateurs à ses sommets. La République populaire de Chine fait également partie des pays observateurs[2].

Origines[modifier | modifier le code]

La déclaration de Brioni du , proposée par Gamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Sukarno et Jawaharlal Nehru marque l'origine du mouvement, qui vise alors, dans le contexte de la Guerre froide, à se protéger de l'influence des États-Unis et de l'URSS qui cherchaient à rallier le monde à leur cause (idée de bipolarisation : les deux grands qui gouvernent le monde).

Le terme de « non-alignement » a été inventé par le premier ministre indien Nehru lors d'un discours en 1954 à Colombo. Dans ce discours, Nehru a décrit les cinq piliers à utiliser pour les relations sino-indiennes, qui ont été pour la première fois mises en avant par le premier ministre chinois Zhou Enlai. Appelés Panchsheel (les « cinq principes »), ces principes servent plus tard de base au mouvement des non-alignés.

On peut considérer que la conférence de Bandung, tenue en 1955 dans la ville indonésienne de Bandung dans l'ouest de l'île de Java, qui avait réuni une trentaine de pays d'Afrique et d'Asie, est une étape importante vers la constitution du mouvement des non-alignés.

Évolution[modifier | modifier le code]

Le monde en 1980, polarisé entre les deux superpuissances. Les États non partisans sont les non-alignés.

Alors que l'organisation avait à l'origine pour but d'être aussi solide et unie que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ou le Pacte de Varsovie, elle a dans les faits peu de cohésion, et plusieurs de ses membres ont été à un moment ou à un autre étroitement liés avec une grande puissance. Par exemple, Cuba était très proche de l'URSS lors de la Guerre froide. L'Inde s'est aussi rapprochée de l'URSS durant quelques années pour combattre la Chine. Le mouvement a également fait face à des dissensions internes quand l'URSS a envahi l'Afghanistan en 1979. D'un côté les États clients de l'URSS approuvaient l'invasion, et de l'autre, certains membres (surtout les États à majorité musulmane) la condamnaient.

Créé dans le contexte de la Guerre froide, le mouvement a dû trouver un nouveau souffle à son issue à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique. De plus, les États issus de l'éclatement de la Yougoslavie (l'un des membres fondateurs) ont montré peu d'intérêt pour l'organisation depuis la dissolution du pays. Enfin en 2004, Malte et Chypre se sont retirés lors de leur entrée dans l'Union européenne. Néanmoins, l'organisation continue de jouer un rôle important. Elle a par exemple refusé de suivre les instances du consensus de Washington, lequel regroupe le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Banque mondiale, considérant que ce serait nuisible aux intérêts de ses membres.

Loin de s'estomper, le legs de l'ère de la Guerre froide se poursuit. De nouvelles tendances s'inspirent des acquis des luttes de décolonisation. Ainsi, le politologue Aziz Salmone Fall, dans le sillage de Ben Barka, avec son Groupe de Recherche et d'Initiative pour la Libération de l'Afrique (GRILA) prône un renouveau de la Conférence tricontinentale, un développement autocentré aux fondements écosystémiques, et plaide pour un mondialisme polycentrique[4].

États membres[modifier | modifier le code]

Observateurs[modifier | modifier le code]

Sommets[modifier | modifier le code]

Dates et lieux des sommets
Congrès Date Lieu
I 1-6 septembre 1961 Belgrade (Yougoslavie)
II 5-10 octobre 1964 Le Caire (Égypte)
III 8-10 septembre 1970 Lusaka (Zambie)
IV 5-9 septembre 1973 Alger (Algérie)
V 16-19 aout 1976 Colombo (Sri Lanka)
VI 3-9 septembre 1979 La Havane (Cuba)
VII 7-12 mars 1983 New Delhi (Inde)
VIII 1-6 septembre 1986 Harare (Zimbabwe)
IX 4-7 septembre 1989 Belgrade (Yougoslavie)
X 1-7 septembre 1992 Jakarta (Indonésie)
XI 18-20 octobre 1995 Cartagena de Indias (Colombie)
XII 2-3 septembre 1998 Durban (Afrique du Sud)
XIII 20-25 février 2003 Kuala Lumpur (Malaisie)
XIV [5] 11-16 septembre 2006 La Havane (Cuba)
XV 11-16 juillet 2009 Charm el-Cheikh (Égypte)
XVI 26-31 aout 2012 Téhéran (Iran)

Secrétariat général[modifier | modifier le code]

Secrétariat général du Mouvement des non-alignés
Nom Pays Début Fin
Josip Broz Tito Yougoslavie Yougoslavie 1961 1964
Gamal Abdel Nasser Drapeau de l'Égypte République arabe unie 1964 1970
Kenneth Kaunda Zambie Zambie 1970 1973
Houari Boumédienne Drapeau de l'Algérie Algérie 1973 1976
William Gopallawa Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 1976 1978
Junius Richard Jayawardene 1978 1979
Fidel Castro Drapeau de Cuba Cuba 1979 1983
Neelam Sanjiva Reddy Drapeau de l'Inde Inde 1983
Giani Zail Singh 1983 1986
Robert Mugabe Zimbabwe Zimbabwe 1986 1989
Janez Drnovšek Yougoslavie Yougoslavie 1989 1990
Borisav Jović 1990 1991
Stjepan (Stipe) Mesić 1991
Branko Kostić 1991 1992
Dobrica Ćosić 1992
Suharto Drapeau de l'Indonésie Indonésie 1992 1995
Ernesto Samper Pizano Drapeau de la Colombie Colombie 1995 1998
Andrés Pastrana Arango 1998
Nelson Mandela Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 1998 1999
Thabo Mbeki 1999 2003
Mahathir bin Mohamad Drapeau de Malaisie Malaisie 2003
Abdullah Ahmad Badawi 2003 2006
Fidel Castro Drapeau de Cuba Cuba 2006 2008
Raúl Castro 2008 2009
Hosni Moubarak Drapeau de l'Égypte Égypte 14 juillet 2009 11 février 2011
Mohamed Hussein Tantawi 11 février 2011 30 juin 2012
Mohamed Morsi 30 juin 2012 30 août 2012
Mahmoud Ahmadinejad Drapeau de l’Iran Iran 30 août 2012 3 août 2013
Hassan Rohani 3 août 2013 présent

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]