Monde libre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour la notion associée au logiciel libre, voir FLOSS.
Page d'aide sur les redirections « bloc occidental » redirige ici. Pour les autres significations, voir catalan occidental.

Le vocable « Monde libre », par opposition au totalitarisme, date du discours de Fulton de Winston Churchill, et est une définition très manichéenne de la division du monde[1]. Prononcé à Fulton (Missouri, États-Unis) le 5 mars 1946, il décrit la division de l'Europe en deux blocs, séparés l'un de l'autre par un « rideau de fer ». Churchill y justifie notamment les motivations de ne pas partager les connaissances concernant la bombe atomique à l'ensemble des nations par l'intermédiaire de la naissante Organisation des Nations unies, du fait des dégâts qu'une telle erreur causerait au « monde démocratique libre ».

Extrait du discours de Fulton[modifier | modifier le code]

L'Europe au temps du rideau de fer.
Légende :

« It would nevertheless be wrong and imprudent to entrust the secret knowledge or experience of the atomic bomb, which the United States, Great Britain and Canada now share, to the world organisation, while it is still in its infancy. It would be criminal madness to cast it adrift in this still agitated and un-united world. No one in any country has slept less well in their beds because this knowledge and the method and the raw materials to apply it, are at present largely retained in American hands. I do not believe we should all have slept so soundly had the positions been reversed and if some Communist or neo-Fascist State monopolised for the time being these dread agencies. The fear of them alone might easily have been used to enforce totalitarian systems upon the free democratic world, with consequences appalling to human imagination. »

— Winston Churchill, 5 mars 1946

  • Traduction :

« Il serait cependant erroné et imprudent de confier le secret de la connaissance ou des expériences de la bombe atomique, que partagent désormais les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, à une organisation mondiale qui vient à peine de voir le jour. Ce serait folie criminelle que de le laisser sans protection dans ce monde toujours agité et désuni. Nulle part n'a-t-on vu quelqu'un perdre le sommeil de savoir que cette connaissance ainsi que la méthode et les matières premières nécessaires se trouvent aujourd'hui essentiellement entre les mains de l'Amérique. Je ne pense pas que nous aurions tous dormi si tranquillement si la situation avait été inversée et qu'un État communiste ou néo-fasciste détenait actuellement le monopole de ces porteurs de terreur. Ils inspirent une telle peur qu'elle aurait suffi à imposer des systèmes totalitaires sur le monde démocratique libre, avec les conséquences effrayantes qu'on peut imaginer. »

— Winston Churchill, 5 mars 1946

Usage du terme[modifier | modifier le code]

Par la suite, l'expression « monde libre » ou « bloc de l'Ouest », qui désignait autrefois les pays occidentaux alliés aux États-Unis, s'est généralisée dans la presse pour qualifier tout ce qui n'était pas le bloc soviétique. Dans les pays du Bloc de l'Est, le même manichéisme existe, l'« Impérialisme » s'opposant aux « pays socialistes »[1]. Après l'effondrement de l'URSS, l'expression perdure pour qualifier les pays démocratiques[réf. nécessaire], ou recensés comme tel par Freedom House.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michael Löwy, « Oui aux droits de l'homme, non à la guerre froide : Réponse à Vladimir Tismaneanu », L Homme et la société, Persée, vol. 87, no 1,‎ 1988, p. 26-29 (DOI 10.3406/homso.1988.3205, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :