Ethel et Julius Rosenberg

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Ethel et Julius Rosenberg

Julius Rosenberg (ingénieur électricien, né le à New York) et son épouse Ethel Rosenberg (née le à New York) sont un couple de Juifs new-yorkais communistes arrêtés pour espionnage au profit de l’URSS. Julius fut arrêté le et Ethel le 11 août. Ils furent jugés coupables le et exécutés sur la chaise électrique le dans la prison de Sing Sing.

Cette affaire d’espionnage eut lieu durant la guerre froide. En 1945, les États-Unis avaient l'exclusivité de la bombe atomique mais l’URSS put se doter dès 1949 de cette technologie, en partie grâce à l'espionnage. Le sénateur Joseph McCarthy lança ce que l’on a appelé le maccarthysme, une « chasse aux sorcières » qui dura de 1950 à 1953 et qui visait les sympathisants, militants ou agents communistes, qui étaient poursuivis par le HUAC (House Un-American Activities Committee).

La condamnation à mort des époux Rosenberg pour espionnage, alors qu’ils avaient toujours clamé leur innocence, attira des appels internationaux à la clémence et une campagne très médiatisée parlant d'un complot et d'une erreur judiciaire. Les époux Rosenberg furent d’ailleurs les seules personnes condamnées à mort puis exécutées pour espionnage dans le monde occidental après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Différentes sources postérieures au jugement, dont des témoignages soviétiques, confirment l’espionnage au profit de l’URSS[1], même si les partisans des Rosenberg soulèvent toujours le caractère injuste d’un jugement qu'ils estiment politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Julius Rosenberg est né dans une famille juive le 12 mai 1918 à New York. Son père, créateur de textiles industriels, avait immigré de Pologne, tandis que sa mère, tout à la charge d’élever ses cinq enfants, n’avait jamais appris à lire ni à écrire. Julius, lui, est allé à l’école talmudique du quartier puis à la Seward Park High School. En sortant de cette école, « Julius renonça à poursuivre des études rabbiniques, et choisit d’entrer au New York City College pour suivre des cours d’ingénieur. […] c’était une discipline assez courue chez les étudiants politisés, car elle permettait d’adhérer à la fédération des architectes, ingénieurs, chimistes et techniciens (FAECT) (en), un syndicat de cols blancs pro-communiste[2]. » Très vite, il se retrouva dans le noyau du Steinmetz Club (Ligue des jeunesses communistes) et distribue des tracts, participe aux manifestations ou à un meeting.

Ethel Greenglass est née le à New York, également d’une famille juive. Elle sauta plusieurs classes dans une école talmudique du quartier et à 15 ans, elle sortit de la Seward Park High School pour entrer directement dans la vie active. Moins d’un mois plus tard, elle trouve un emploi dans le bureau d’une compagnie de navigation ; elle s’en fit renvoyer quatre ans après « pour avoir organisé la grève des cent cinquante femmes avec qui elle travaillait, grève qui culmina le jour où les femmes se couchèrent sur la chaussée de la 36e rue pour bloquer les camions de livraison de la compagnie. Se retrouvant au chômage, Ethel fit rapidement deux choses : d’abord elle porta plainte contre ses anciens employeurs devant le Conseil national des Relations du travail, et gagna ; ensuite, elle trouva un nouvel emploi au double de son salaire précédent[2]. » En 1939, elle signa une pétition du Parti communiste, signature qui fut reprochée à Julius lors d’une enquête de loyauté de routine en 1941 alors qu’il venait juste d’arriver au service des transmissions de l’armée.

Lors d’une soirée de la Saint-Sylvestre, Ethel Greenglass et Julius Rosenberg firent connaissance lors d’un gala du syndicat international des marins. En 1939, Julius obtient son diplôme d’ingénieur et se marie avec Ethel. « À l’automne 1940, après quelques petits boulots temporaires, Julius trouva du travail comme employé civil au service des transmissions de l’armée. En 1942, il fut promu ingénieur inspecteur[2]. » Au début de l’année 1943, les Rosenberg sont de fervents communistes, Julius étant par ailleurs président de la cellule 16-B de la section industrielle du Parti communiste des États-Unis. À cette époque, en pleine Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS sont militairement alliés contre le nazisme. « À l’époque, avec la bénédiction du gouvernement américain, Hollywood produisait des films tels que Chant de Russie ou Mission to Moscow, qui représentaient une image idyllique de l’Union soviétique ; et des personnalités aussi conservatrices que Winston Churchill ou le général Douglas MacArthur comblaient d’éloges les héroïques alliés russes. Le président Roosevelt avait même accepté d’être membre d’honneur du FAECT[2]. »

À la naissance de leur premier enfant, au printemps 1943, Ethel et Julius Rosenberg quittèrent leurs activités militantes auprès du parti communiste des États-Unis.

Dans le courant de l’année 1944, « le FBI avait envoyé au service de renseignement de l’armée la photocopie d’une carte de membre du parti communiste, indiquant qu’un certain Julius Rosenberg avait adhéré au parti le 12 décembre 1939. […] À l’automne 1944, le FBI fournit un deuxième document qui faisait part de l’adhésion de Julius Rosenberg à la cellule du parti de l’East Side - adhésion qui, comme on l’a vu, n’a pourtant jamais eu lieu. […] En février 1945, Rosenberg fut renvoyé[2]. » Dans le dossier à charge contre lui que lui montra le capitaine John W. Henderson, Julius Rosenberg constata que pas une preuve de son appartenance au Parti communiste n’était apportée. Par contre, son appartenance à la fédération des architectes, ingénieurs, chimistes et techniciens (FAECT) était retenue comme la seule raison du motif de licenciement. Julius fit part de ces faits à la FAECT, laquelle protesta énergiquement auprès du département de la Défense. L’officier qui avait montré son dossier à Julius Rosenberg (John W. Henderson) reçut un blâme et le ministère déclara que l’appartenance de Julius Rosenberg à la FAECT était secondaire dans son dossier de licenciement.

L’affaire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

  • 6 et  : Les États-Unis larguent les deux premières bombes atomiques utilisées en opérations sur les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki.
  • 1946 : Face à une très puissante vague de grève[3], Edgar Hoover, directeur du FBI, lance l'anathème sur les « 100 000 communistes américains » et « leurs alliés prétendument progressistes »[4],[5].
  • 1947 :
  • 1949 :
    • L'URSS possède à son tour la bombe A. Les États-Unis sont stupéfaits par la rapidité des recherches russes mais on découvre en janvier 1950 que Klaus Fuchs, un réfugié allemand et physicien, a fourni les Russes en documents. L'enquête remonte à David Greenglass qui avoue avoir transmis des documents. Il nie que sa sœur, Ethel Rosenberg, soit impliquée mais affirme que son mari, Julius, a convaincu Ethel de le recruter en 1944 et que Julius a transmis des secrets aux Soviétiques.
    • La République populaire de Chine est proclamée.
    • Certains signes annonciateurs de la guerre de Corée se font jour.
  • 1950 : La guerre de Corée débute.

Les faits[modifier | modifier le code]

L'espionnage[modifier | modifier le code]

L'espionnage atomique des Rosenberg fut inefficace. Cependant, ils transmirent aux soviétiques une grande quantité de documents secrets importants tels que, selon l'historien Ronald Radosh, initialement acquis à la cause des Rosenberg, des informations relatives au design des premiers avions MIG, les dernières informations sur le radar et le sonar, ou encore les « proximity fuse » qui permirent d'abattre le U-2 de Gary Powers[6].

L’arrestation[modifier | modifier le code]

Le , le FBI arrête David Greenglass, un ancien mécanicien des usines atomiques de Los Alamos (Nouveau-Mexique, États-Unis). Greenglass finit par reconnaître qu’il a touché de l’argent d’un espion, Harry Gold, en échange d’informations sur les projets des usines de Los Alamos. Il est inculpé d’espionnage au profit de l’URSS le 6 juillet 1950.

Le , Julius Rosenberg, beau-frère de David Greenglass qui l’accuse d’être le cerveau de cette affaire d’espionnage, est arrêté. Il est relâché le soir même, le FBI n’ayant aucune preuve ni aucune charge contre lui. Pendant un mois, le FBI maintient une surveillance sur Julius Rosenberg, qui ne cherche pas à fuir. « Tant que David Greenglass se refuserait à reprendre et à détailler les accusations qu’il avait formulées dans la nuit du 15 juin, ils n’auraient pas de motifs suffisants pour arrêter Rosenberg[7]. » Selon Ronald Radosh[8] et Joyce Milton, David Greenglass subissait des menaces (notamment d’extradition au Nouveau-Mexique) en échange d’aveux sur les Rosenberg : « Les comptes rendus que la presse donnait de l’arrestation de Greenglass et de l’audience sur son extradition au Nouveau-Mexique soulignaient au contraire l’attitude indocile de David Greenglass et l’affrontement manifeste entre son avocat O. John Rodge et le procureur Irving H. Saypol. Ce n’est qu’à partir de la deuxième audience sur le problème de l’extradition, le 12 juillet (quatre jours avant l’arrestation de Julius Rosenberg), que la presse commença à spéculer sur la possible collaboration de Greenglass, au vu de la requête d’ajournement de toute décision déposée par le procureur[7]. » Le 15 juillet 1950, David Greenglass finit par faire une longue déposition dans laquelle il accusait notamment Julius Rosenberg d’être un espion.

Le 17 juillet 1950, Julius Rosenberg est arrêté. Selon Ronald Radosh et Joyce Milton, « [Alan H] Belmont, [l’assistant de Hoover], recommandait aux agents de New York "d’envisager de faire parler Julius Rosenberg par tous les moyens et d’étudier à cette fin la possibilité d’inculper Ethel Rosenberg[7]". » le 19 juillet 1950 J. Edgar Hoover, patron du FBI, « envoyait une note confidentielle au ministre de la Justice, J. Howard McGrath, lui faisant part de sa tactique : « Il n’y a pas de doute que si Julius Rosenberg nous fournit des détails sur ses activités d’espionnage, nous serons en mesure d’inculper d’autres individus […]. De ce point de vue la mise en accusation de sa femme pourrait nous servir de levier[7] ». Le 11 août 1950, Ethel Rosenberg est arrêtée.

Selon la Cour d’appel, « sans [la] déposition [des Greenglass], le jugement n’aurait pas pu être confirmé[9] ».

Le procès[modifier | modifier le code]

L'acte d'accusation[modifier | modifier le code]

Dès le , Ethel et Julius Rosenberg étaient accusés de conspiration en vue d'espionnage. Le procès suscitait un intérêt extraordinaire pour plusieurs raisons[10], la principale étant que l'accusation était menée par le procureur général Irving H. Saypol (en), « réputé pour être la terreur des rouges » (les communistes). Dès le début du procès la salle fut bondée de curieux. « Le jury fut sélectionné en un jour et demi, écrivent Radosh et Milton[11], par le juge Kaufman lui-même, comme cela se faisait pour les procès fédéraux (...). Un journaliste avoua connaître quelques publications de gauche : il fut récusé par la cour (...). Certains étaient contre la peine de mort et furent récusés pour ce motif ». Dans son discours liminaire, Irving H. Saypol (en) fit « l'amalgame entre l'inculpation de conspiration pour espionnage et celle, toute différente, de trahison. Les preuves pour établir la gravité de ce crime sont extrêmement strictes. D'abord, il aurait été impossible à l'accusation de trouver deux témoins à charge pour chacun des chefs d'inculpation. Mais surtout, à l'époque des faits, les États-Unis étaient en paix avec l'URSS, et il aurait été rigoureusement impossible de prouver toute tentative de trahison »[12]. « En revanche, les éléments nécessaires à une condamnation pour conspiration étaient si minces que la loi sur la conspiration était surnommée "le dernier recours du peuple" ou "l'amie du procureur", selon le point de vue ». En effet, les « rumeurs » sont acceptées comme témoignages, les accusés peuvent être condamnés pour les actes des autres, même s'ils n'ont pas eu connaissance de ces actes. « Il n'est même pas du tout utile de prouver que la conspiration a été menée à bien : une simple tentative peut entrainer la condamnation ! »[13]. Dans le procès Rosenberg, « l'accusation n'entendait pas se satisfaire d'une simple reconnaissance de culpabilité. Elle tenait absolument à obtenir de lourdes peines et, si possible, la peine de mort pour Julius »[14].

Les parties en présence[modifier | modifier le code]

Roy Cohn a été le procureur chargé du dossier pendant le procès des époux Rosenberg et de Sobell, et assista à ce titre le procureur général Irving H. Saypol (en). Roy Cohn est alors un homme de 23 ans, influent et très proche des milieux maccarthistes.

« Il fréquente les tribunaux depuis deux ans et demi. Avec une certaine efficacité. Sur les 200 accusés auxquels il a eu affaire (du côté du ministère public), pas un seul acquittement(…) ». Par l’intermédiaire de Generoso Pope, Cohn obtient l’assentiment de Frank Costello, parrain de la mafia, (formalité indispensable), ce qui permet à Irving H. Saypol (en) d’être nommé procureur général, alors qu’il est considéré par tous comme un être détestable. - Cohn devient l’assistant d'Irving H. Saypol (en)(…). Le juge Irving Kaufman, qui a déjà présidé un procès en espionnage (Abraham Brothman et Miriam Moscowitz) veut absolument être chargé du procès Rosenberg. Il talonne Roy Cohn, l’appelle au téléphone 50 fois par jour pour donner des directives et s’enquérir des résultats(…). La réponse positive arrive. Irving Kaufman se rend compte que ce procès peut aussi lui valoir des inconvénients, mais il ira jusqu’au bout (« C’est mon devoir »)[15].

Roy Cohn déclarera : « Avant, pendant et après le procès, Irving H. Saypol (en) et moi (qui représentions le ministère public, l’accusation) nous avons été en constante communication avec le juge Kaufman. Des conversations privées, en dehors de la présence des avocats de la défense. Tout le monde était au courant, y compris les avocats de la défense, mais à cette époque c’était considéré comme normal ». Roy Cohn explique cependant, toujours dans son autobiographie, comment le juge Kaufman et lui-même communiquaient lors du procès : la secrétaire du juge Kaufman indiquait à Roy Cohn quelle cabine téléphonique appeler et à quelle heure, et les deux hommes parlaient ainsi en privé par cabines téléphoniques interposées[15].

Roy Cohn a affirmé dans son autobiographie avoir exercé des pressions illicites sur le juge Kaufman, qui lui avait promis, avant même l’ouverture du procès, qu'il condamnerait Julius Rosenberg à la peine capitale. Cohn avait ensuite insisté pour qu’Ethel soit elle aussi exécutée[16].

L’accusation (le gouvernement américain) cita 118 témoins, dont seulement 23 ont comparu à la barre. Sur ces 23, cinq mentionnèrent les Rosenberg et seulement trois les impliquèrent dans l’affaire d’espionnage des usines atomiques de Los Alamos. Le Monde dénonça en 1952 l’importance des seuls témoignages dans l’accusation, disqualifiant le procès : « Aucune preuve matérielle n’a pu être produite contre les Rosenberg, qui sont ainsi envoyés sur la chaise électrique sur de simples témoignages oraux »[9].

Le témoignage des Greenglass[modifier | modifier le code]

Selon Radosh et Milton, « David Greenglass nourrissait un profond ressentiment à l'égard des Rosenberg, peut-être plus profond qu'il ne le pensait lui-même. Mais quelle en était la cause ? S'agissait-il d'un parent vindicatif qui donnait à une affaire de famille des proportions gigantesques, comme le prétendit Bloch (avocat de la défense) dans sa déclaration préliminaire ? Ou bien Greenglass en voulait-il à Julius et à Ethel pour avoir trop facilement risqué sa vie, ainsi que la leur, pour la cause à laquelle ils croyaient ? ».

Dès le début du procès, « la CIA espérait que certaines informations que David avouait avoir livrées aux Russes comme les croquis des lentilles à implosion de type sphérique ou la description d'une série d'expériences sur la réduction du plutonium, ne seraient pas évoquées à l'audience » et avaient peur que l'avocat de Rosenberg les fasse parler sur ce point par simple vengeance. « A leur plus grande surprise c'est tout le contraire qui allait se passer ».

David Greenglass dessina deux lentilles (de mémoire) et Walter Koski, l'expert de l'accusation, fut appelé à la barre. « Il expliqua qu'à la fin des années 1944 et au début de l'année 1945, il avait transmis des plans de ces lentilles à implosion de type plat à l'atelier Theta de Los Alamos où travaillait David Greenglass(...). Koski garantissait l'exactitude des croquis de Greenglass ».

Cependant, « Si ces renseignements étaient réellement secrets en 1951, pourquoi aurait-on autorisé leur divulgation à l'audience ? Et à quoi pourrait servir de classer "secret" des informations livrées à une salle pleine de reporters et de spectateurs ? Le juge Kaufman invita Bloch à présenter ses objections : "N'avez-vous rien à redire à cela ?" - Non, rien. Je l'avais déjà lu dans les journaux avant que Monsieur Irving H. Saypol (en) m'en parle.", répondit Bloch. Consciemment ou non, Manny Bloch venait de reconnaître implicitement que ces renseignements étaient classés top secret en 1945 lorsque Greenglass les avaient obtenus, mais aussi en 1951. Bloch ne put que faire reconnaître à Koski que Greenglass était un "mécanicien ordinaire" et que les croquis ne spécifiaient pas les dimensions de la lentille à implosion (...). Personne n'avait osé demander en quoi les informations émanant d'un "simple mécanicien" pouvaient intéresser les Russes alors qu'ils étaient déjà en possession des rapports d'un collègue de Koski, Klaus Fuchs » (Radosh et Milton, pp. 136-139).

La sentence[modifier | modifier le code]

La sentence envers les époux Rosenberg a été décidée avant le procès par le juge Kaufman en concertation avec le FBI[17]. Un mois avant le début du procès, vingt-huit personnages, dont cinq sénateurs, six députés, trois membres de le Commission atomique et deux représentants de la Justice, se réunissent pour réexaminer la tactique à suivre. Myles Lane, substitut du procureur, fait valoir que le seul moyen de faire céder Julius Rosenberg (qui n’a désigné aucun des « complices » qu’on lui suggère) est de le menacer de la chaise électrique et de condamner son épouse, dont le dossier est vide, à vingt-cinq ou trente ans d’emprisonnement[18],[19],[20]. Proposition adoptée[21].

Le , Ethel et Julius Rosenberg sont exécutés à quelques minutes d’intervalle dans la prison de Sing-Sing. Contrairement à son époux, Ethel survit aux premières électrocutions infligées ce qui conduit à lui en infliger davantage, au point de faire fumer sa tête[22]. Leurs deux enfants (Robert et Michael) ont été adoptés par des amis du couple. Ethel et Julius Rosenberg reposent au cimetière Beth Moses à Long Island.

Le Monde écrit le  : « aucune condamnation à mort n’avait jusqu’à présent été prononcée aux États-Unis pour crime d’espionnage, même en temps de guerre. D’autres espions d’une plus grande envergure ayant commis et avoué des faits beaucoup plus graves n’ont été condamnés qu’à des peines de prison » bien que durant la Seconde Guerre mondiale, des espions allemands participant à l’opération Pastorius, capturés sur le sol américain furent exécutés[23]. Ainsi Axis Sally et Tokyo Rose, convaincus d’avoir trahi leur pays en travaillant pour l’Allemagne et le Japon en temps de guerre, avaient été condamnés à moins de dix ans de prison. Le savant Klaus Fuchs, arrêté et jugé en Grande-Bretagne pour avoir fourni à l’Union soviétique d’importants renseignements sur la séparation des isotopes et la fabrication de la bombe A est condamné à la peine maximum : quatorze ans d’emprisonnement. Alan Nunn May (en), arrêté en mars 1946, reconnaît avoir transmis à l’URSS le des informations sur la bombe d’Hiroshima ; sentence : dix ans de prison. Harry Gold (en) (voir plus haut), pour espionnage atomique : dix ans. Ruth Greenglass, qui a reconnu avoir participé à un réseau d’espionnage : absolument rien. David Greenglass, son mari, qui s’est déclaré espion : quinze ans, réduits à dix. Pour ces deux derniers, leur collaboration avec la justice a été prise en compte. Morton Sobell, espion au profit de l'URSS : trente ans de prison.

Selon le procureur adjoint Roy Cohn, Irving Kaufman a refusé d’infliger la peine de mort au coaccusé des Rosenberg, Morton Sobell, parce que selon le juge, il « n’était aucunement impliqué dans l’espionnage atomique »[24].

Les critiques soulevées contre la conduite du procès[modifier | modifier le code]

  • Le Monde du 11 décembre 1952 se demande si on peut « considérer ces [3] témoins comme ayant déposé "sans haine et sans crainte", alors que les [2] Greenglass avaient tout intérêt à charger les Rosenberg pour se sauver eux-mêmes ». Le Monde ajoute : « quel étrange personnage au demeurant que ce Greenglass qui tue pratiquement par son accusation sa sœur et son beau-frère, avec lequel il avait eu jadis de sordides discussions d’intérêts »[9].
  • Le Monde du 11 décembre 1952 se demande également si les informations transmises avaient bien la valeur et l’importance que l’accusation (le gouvernement américain) leur donnait. Le principal témoin de l’accusation, David Greenglass, prétendait avoir reconstitué le croquis d’une bombe atomique alors qu’il reconnaissait avoir échoué à de nombreux examens. Par ailleurs, les savants atomistes Robert Oppenheimer et Harold Clayton Urey, cités par l’accusation, n’ont jamais été appelés à comparaître.
  • Ensuite, la même édition du journal Le Monde du 11 décembre 1952 s'interroge : « la décision du jury et la sentence prononcée par le juge n’ont-elles pas été faussées par l’atmosphère dans laquelle s’est déroulé le procès ? ». On était alors en pleine période du maccarthysme, une campagne violemment anticommuniste aux États-Unis de 1950 à 1956, pendant la guerre de Corée. L’accusation s’efforça, lors du procès des Rosenberg, de leur faire dire s’ils étaient communistes. Ceux-ci refusèrent de répondre, écrit Le Monde de l’époque, mais aucun doute n’était possible sur leurs opinions. Le passé des accusés (Julius avait été renvoyé pour opinion subversive d’un emploi administratif), leurs relations, leurs lectures et leurs propres déclarations indiquaient aux jurés qu’ils se trouvaient bien en présence de communistes[9].
  • Enfin, Le Monde du 11 décembre 1952 mentionne le fait que les accusés étaient juifs. La question de l’antisémitisme se pose, souligne Le Monde de l’époque, parce qu’aucun juré n’était juif (« ce qui peut paraître surprenant dans une ville comme New York où la communauté juive représente le tiers de la population »[9]). Le Monde se demande si le juge Kaufman, juif lui-même, n’a pas fait preuve d’une plus grande sévérité pour dissocier la communauté juive américaine des accusés et de ne pas faire porter sur tous les membres de la communauté juive une suspicion d’espionnage (accusation antisémite classique). Un geste de clémence, poursuit Le Monde, suffirait à dissiper le malaise que crée dans l’esprit de tout observateur impartial un procès que le procureur Irving H. Saypol (en) qualifia lui-même de sous-produit nécessaire de l’âge atomique… »[9],[25]
  • Robert Meeropol, fils de Julius et d’Ethel, lorsqu'il a été interrogé à l’émission Frontline sur PBS, a admis la « possibilité » que son père puisse avoir participé à l’espionnage, après avoir lu les transcriptions Venona qui parlent de la rencontre de Julius Rosenberg avec le KGB et des agents du NKVD. Cependant, Meeropol argumente dans son livre, An Execution in the Family (St. Martin's Press, 2003, ISBN 0-312-30636-9), que Venona exonère complètement sa mère, et que, quoi qu'il en soit, ses parents ont été tués pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. David Greenglass, qui est mentionné dans des transcriptions Venona comme un personnage important de l’espionnage, n’a pas été ni interrogé ni poursuivi après avoir dénoncé Ethel et Julius comme espions.

Ce que l’on sait 50 ans après[modifier | modifier le code]

Les historiens[modifier | modifier le code]

L’implication des Rosenberg a longtemps fait débat, jusqu'à ce que la diffusion d'informations secrètes des soviétiques confirme leur culpabilité[26]. La conduite du procès et notamment la rétention d’informations est critiquée, et les archives du projet Venona qui ont établi la culpabilité sont ponctuellement mises en doute.

La publication des archives Venona, accablantes pour les Rosenberg, a mis un terme à la controverse. D'autres sources, notamment des mémoires, sont venues dans le même sens. L'historien Ronald Radosh, de sensibilité de gauche et défenseur des Rosenberg lors de l'affaire, passé au néo-conservatisme, a enquêté sur l'affaire et a conclu finalement à la culpabilité des Rosenberg. Les historiens reconnaissent aujourd'hui largement cette culpabilité[27],[28]. Les services de désinformation soviétiques ont fait croire à l'innocence du couple[27].

Quelques historiens partisans des Rosenberg[modifier | modifier le code]

L'historien américain Eric Foner, de l'université Columbia, doute néanmoins de la possibilité d'utiliser les documents Venona comme preuve de la culpabilité des Rosenberg[16]. Radosh a répliqué en qualifiant les allégations de Foner de pathétiques et écrit qu'il ne savait pas de quoi il parlait[6].

L’historien français André Kaspi attribue la mise à mort des époux Rosenberg à « ce mouvement d’intolérance » qu’était le maccarthysme[29].

L’historien américain Howard Zinn parle de son côté d'un procès truqué sur fond d’anticommunisme[30] et dénonce le climat de terreur qui régnait chez les communistes, qui n’ont pas osé soutenir les Rosenberg[31].

Le projet Venona[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1995, la Central Intelligence Agency (CIA) annonce la déclassement de quelque 2 900 messages archivés depuis 1939 et déchiffrés pour l’essentiel entre 1947 et 1949, connus sous le nom de projet Venona. Ces archives montrent la culpabilité des Rosenberg, qui sont désignés dans celles-ci sous des noms de code.

Les services secrets américains expliquent que ces documents n’avaient pas été produits au procès pour ne pas compromettre la couverture de ses agents. L’universitaire Gildas Le Voguer montre que dès décembre 1944, les États-Unis avaient fait connaître aux Soviétiques leur entrée en possession de codes secrets du NKVD, mais ils ne s’en étaient pas servis[32].

Pour Aaron Katz, président depuis quarante ans du National Committee to Reopen the Rosenberg Case (Comité national pour la réouverture de l'affaire Rosenberg), les documents du projet Venona qui mentionneraient les Rosenberg, qui contiennent quelques bizarreries de date et de contenu, ne seraient que des faux[16]. L'opinion de Katz est partagée par l'écrivain Sidney Zion (en), Eric Foner (professeur d’histoire à l’université Columbia) et l’avocat William Kunstler (en) (ex-directeur de l'American Civil Liberties Union)[16]. Citant ces noms, la journaliste américaine Schofield Coryell écrit ainsi : « Le nom de Julius Rosenberg figurerait dans vingt des quarante-neuf messages rendus publics par la CIA, sous le nom de code d’« Antenne » d’abord, puis de « Liberal », mais peut-on être sûr que ces pseudonymes le désignent réellement ? De toute façon, il y a de fortes raisons d’adopter une attitude plus que prudente quant à l’authenticité totale de ces documents » [16],[33].

Pour les partisans d'un réexamen de la culpabilité des Rosenberg, une anomalie réside dans la date des documents: selon les archives Venona, Julius Rosenberg aurait été repéré en 1946[16]. Pourtant, il n'a été arrêté que quatre ans plus tard, en 1950, ce qui provoque quelques interrogations[16]. Cependant les Américains n'avaient pas décrypté les Venona en 1946, ils avaient seulement trouvé une première faille le et n'allaient que lentement progresser dans le décodage. Ces partisans soutiennent également que les Venona n'établissent pas d'espionnage atomique[16] mais les Rosenberg n'ont pas été condamnés pour espionnage atomique.

Depuis 1948, l’URSS connaissait, par sa taupe William Weisband, démasqué et incarcéré durant peu de temps[34], l’existence de l’opération Venona. Les services secrets russes pouvaient penser que les services secrets nord-américains connaissaient leur code de cryptage. Dans L’Orchestre rouge, l’écrivain Gilles Perrault explique les phénomènes d’intoxication des services secrets les uns envers les autres lorsque les uns savent que les autres savent décrypter leurs secrets. Il explique ce phénomène d’intoxication nommé Funkspiel qui consiste à faire comme si les services ignorent que les ennemis possèdent leur code et d’envoyer des informations fausses au milieu d’informations secondaires vraies[35]. Il convient donc de prendre toute révélation effectuée par des services secrets eux-mêmes avec prudence et rigueur, qu’ils aient fabriqués eux-mêmes de fausses informations ou qu’ils aient été intoxiqués par des renseignements erronés.

Les mémoires de l’agent secret soviétique Alexandre Feklissov[modifier | modifier le code]

Dans ses mémoires parus en français en 1999 sous le titre Confessions d’un agent soviétique et aux États-Unis en 2001, Alexandre Feklissov écrit que « ce fut grâce à Klaus Flauch, à Theodore Hall, au couple Cohen, et à quelques agents non identifiés à ce jour que l’URSS parvint à créer sa bombe atomique. Un autre réseau de première importance, mais qui travaillait dans le domaine de l’électronique, de l’aviation et de l’armement, était celui de Julius Rosenberg. Il se trouve que j’ai dirigé, de 1943 à 1946, le groupe clandestin de Rosenberg »[36].

Dans le livre qu’il a coécrit avec Sergei Kostin et publié aux États-Unis en 2001 sous le titre The Man Behind the Rosenbergs, l’agent secret soviétique Alexandre Feklissov détaille comment Julius Rosenberg était au service de l’Union soviétique et avait transmis des documents secrets. Selon cet ancien formateur du KGB, Julius Rosenberg est recruté à l’occasion de la fête du travail de 1942, par l’ancien espion en chef du KGB Semyon Semyonov (en)[37]. Quand Semyon Semyonov (en) est rappelé à Moscou en 1944, Feklissov prend sa suite[38]. Julius, animé par ses convictions idéalistes et désintéressées, prend l’initiative d’inclure dans le réseau plusieurs de ses amis, il fournit à Feklissov à chaque rencontre de 600 à 1 000 pages de documents. Pour Feklissov, Rosenberg n’est pas qu’une source en elle-même de grande valeur, c’est encore la cheville ouvrière d’un réseau qui monte en importance de mois en mois[39]. Rosenberg et ses amis travaillent à la production de nouveaux avions, pièces d’artillerie, balles, radar et calculateurs électroniques[40]. Feklissov fournit un appareil photo à Julius de façon à constituer des microfilms[41]. Pour que Julius n’attire pas l’attention, il lui demande de cesser de participer à des rallies de soutien à l’Armée rouge, de moins fréquenter ses amis communistes[42]. Julius lui parle de David Greenglass lors d’un dîner, qui travaille sur un projet ultrasecret (la bombe atomique) et pousse à la décision de son recrutement, qu’il prend en charge[43]. Le recrutement de Greenglass ne permettra cependant pas d’obtenir de bons documents secrets[44] et aura des conséquences catastrophiques pour le réseau puisqu’il permettra son démantèlement.

Alexandre Feklissov, qui considère que, de tous les agents qu’il a gérés, Julius fut le seul qu’il considérait comme un ami, affirme que le procès contre les Rosenberg « n’avait rien à voir avec la justice. Ce fut un jugement politique. Ses vrais protagonistes ne sont jamais venus devant la cour. En fait, les Rosenberg et Sobell n’étaient que des boucs émissaires. L’affaire aurait tout aussi bien pu être appelée "Le sénateur McCarthy contre le communisme". Ce fut également un procès où les parties étaient très inégales. D’un côté, l’ensemble des institutions du pouvoir américain : la cour, le parquet, le ministère de la justice, le FBI, l’agence d’information officielle, la presse, et même le président Truman en personne. De l’autre, trois particuliers, sans appuis qui sympathisaient avec un parti aux abois (...). Il ne faut pas oublier, non plus, à quel point les cartes étaient truquées. Dès le départ, les accusés étaient considérés comme coupables et le procès n’était destiné qu’à satisfaire un rituel.[...] La culpabilité des Rosenberg et de Morton Sobell n’a jamais été vraiment démontrée : ni le fait d’avoir transmis des informations secrètes à une puissance étrangère, ni, encore moins, celui d’avoir volé les secrets de la bombe atomique. Le plus scandaleux et le plus tragique, c’est qu’avec deux hommes qui nous ont aidés par idéalisme dans une période difficile pour tous les habitants du globe, se trouvait une femme innocente, mère de deux enfants[...]. Comme les procès staliniens des années trente et tant d’autres montages judiciaires de par le monde, l’affaire Rosenberg-Sobell restera comme un éternel réquisitoire contre une justice au service de l’État, pour laquelle le bien public prime les destins individuels »[45].

Les mémoires de l’agent secret soviétique Pavel Soudoplatov[modifier | modifier le code]

Pavel Soudoplatov, qui a dirigé le département des missions spéciales russes et qui s’occupait à ce titre des actes de sabotage, des enlèvements, des assassinats hors des frontières de l’URSS, a écrit dans ses mémoires que « les Rosenberg ne furent jamais rien d’autre que des messagers sans envergure et n’appartinrent jamais à nos principaux réseaux, mais leur arrestation subséquente eut des répercussions sur tout le globe »[46]. Il soutient aussi que « les Rosenberg auraient été des agents de liaison sans importance »[47] et qu’ils ont joué « un rôle mineur dans la collecte de secrets atomiques »[48].

Témoignage tardif de Morton Sobell[modifier | modifier le code]

Faisant suite aux preuves accablantes déclassifiées par le gouvernement américain entre-temps, Morton Sobell qui a purgé une peine de 18 ans de prison dans la même affaire, a reconnu en septembre 2008 la culpabilité du couple et la sienne en ce qui concerne l'activité d'espionnage dans une interview donnée au New York Times, en rapportant la faible efficacité de l'espionnage atomique[49].

Autres documents[modifier | modifier le code]

L’espionnage des Rosenberg serait encore attesté par les mémoires de Nikita Khrouchtchev, qui lui attribue une grande importance. Des notes d'Edgar Hoover et d'autres documents intéressants du FBI peuvent être extraits des auditions de Klaus Fuchs[50],[51].

Les soutiens[modifier | modifier le code]

Ronald Radosh et Joyce Milton écrivent : « L’essor soudain que connut, en novembre 1952, le Comité de défense des Rosenberg faisait partie d’un vaste mouvement international. Du jour au lendemain, le monde entier s’était levé pour protester contre la condamnation à mort de Julius et Ethel Rosenberg. La branche anglaise du Comité fut créée à Londres le 27 novembre ; la campagne débuta en France six jours plus tard, le 3 décembre. Avant la fin de l’année, on trouvait des comités de défense des Rosenberg en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Italie, en Suède, en Suisse, en Allemagne, en Irlande, en Israël et bien sûr en Europe de l’Est. »[52]

La dénonciation d’un procès injuste et de l’erreur judiciaire a commencé après le procès et fut lancée en 1952. L’Union soviétique entretient et exploite l’affaire ; elle accuse les États-Unis de fascisme et d’antisémitisme, alors qu’au même moment Staline monte le complot antisémite des blouses blanches[53]. Le sort des époux Rosenberg émeut alors l’opinion mondiale (Amérique, Europe, Algérie, Israël, Japon, etc.) par-delà les clivages politiques. Cette affaire ainsi que celle des Sacco et Vanzetti participent d’une « tradition » initiée en France dès le XIXe siècle, l’antiaméricanisme[54].

Il reste difficile de déterminer dans quelle mesure les manifestations en faveur du couple Rosenberg étaient influencées par l’activisme communiste, mais les opinions mondiales ont été frappées par la publication d’une photographie prise par un inconnu (intitulée Le Baiser). Cette photographie reste une des plus connues du XXe siècle.

Le comité de défense des Rosenberg en France[modifier | modifier le code]

Dès 1952 s’est créé un comité de défense des Rosenberg comprenant notamment Aragon, Maurice Druon, Jean Effel, Fernand Léger, Yves Montand, Picasso, Simone Signoret, Hervé Bazin, Jean Pierre-Bloch, etc.

Les grands noms des arts et des lettres français[modifier | modifier le code]

D’une façon ou d’une autre, les écrivains, artistes et universitaires les plus célèbres ont tenu à s’associer à ce profond mouvement populaire, en signant des télégrammes en rédigeant des articles et des messages, en prenant part à des manifestations. Citons dans les listes rendues au fil des mois : Marcel Aymé, Albert Beguin, Claude Bourdet, Francis Carco, Jean Cocteau Jean-Marie Domenach, Roland Dorgelès, Marguerite Duras, Jean Dutourd, Gaston Gallimard, René Julliard, Michel Leiris, François Mauriac, Claude Mauriac, Jean Mercure, Gérard Philippe, André Barsacq, Jacques Prévert, Armand Salacrou, Vercors, Vladimir Pozner, Jean Wiener...

Ou encore : Colette, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Pierre Mac Orlan, Roger Martin du Gard, Louis Martin-Chauffier, Gilles Martinet, Roger Nimier, Raymond Queneau, Maurice Rostand, Pierre Seghers, Georges Duhamel, André Maurois, Jean Cassou, Elsa Triolet, Fernand Gregh, Etiemble, Jacques Madaule, Gabriel Marcel, Simone de Beauvoir, Léopold Senghor, les professeurs Robert Debré, Evry Schatzman, les peintres Henri Matisse, Gromaire, Jean Picart Le Doux, Roberto Matta...

Ainsi que : Maria Casarès, Bernard Blier, Loleh Bellon, Joseph Kosma, Serge Lifar, Pierre Fresnay, Louis Daquin Jean Grémillon, Henri Decoin, Henri-Georges Clouzot, Georges Sadoul...

Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg[modifier | modifier le code]

En 1993, le Comité devient le Groupe d’initiative pour le réexamen de l’affaire Rosenberg. En 1995, il prend le nom d’Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg[55].

L’association des juristes américains[modifier | modifier le code]

Manifestation la plus marquante de ces dernières années, la reconstitution du procès devant cinq cents personnes - en majorité des avocats et des magistrats - par l’influente Association des juristes américains, à l’occasion de sa convention annuelle du 9 au 10 août 1993. Verdict unanime : « non coupables »[56].

Ethel Rosenberg a écrit quelques heures avant son exécution : « Mon mari et moi sommes innocents, nous ne pouvions trahir notre conscience » [Ndlr : on a proposé la vie sauve en échange d’aveux au couple], « aucune puissance ne nous séparera dans la vie ou dans la mort. Je ne vous demande qu'une chose : consolez mes petits ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) notice sur la Britannica, The controversy over their guilt was largely resolved in the early 1990s after the fall of communism in the Soviet Union and the release of Soviet intelligence information that confirmed the Rosenbergs’ involvement in espionage.
  2. a, b, c, d et e Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Paris, Hachette, coll. « Document »,‎ mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 46 à 52
  3. Voir notamment « The 1945-1946 strike wave » de Jack Metzgar in The encyclopedia of strikes in American history, sous la direction d'Aaron Brenner, Benjamin Day & Immanuel Ness, M.E. Sharpe Publisher, 2009
  4. Voir « McCarthyism at the University of South Dakota » de R. Alton Lee page 172 in The Cold War: Cold War espionage and spying, sous la direction de Lori Lyn Bogle, Routledge, 2001
  5. Voir aussi en haut de page 8 in Truman Defeats Dewey, Gary A. Donaldson, The University Press of Kentucky, 1999
  6. a et b On Being Attacked By The Left, Ronald Radosh, FrontPageMagazine.com, 3 juillet 2001
  7. a, b, c et d Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Paris, Hachette, coll. « Document »,‎ mai 1985 (ISBN 2010107721), p. 80 à 85
  8. Ronald Radosh est un historien nord-américain (États-Unis) né en 1937 spécialisé dans la guerre froide. Dans le Dossier Rosenberg, écrit avec Joyce Milton, Ronald Radosh écrit que Julius Rosenberg était coupable d’espionnage et que Ethel était au courant des activités de son mari. Il dénonce, en s’appuyant sur les archives du FBI, l’irrégularité de la procédure contre les Rosenberg.
  9. a, b, c, d, e et f « La sale affaire Rosenberg », Le Monde,  ; cité dans Le Monde 2 du .
  10. Cf. notamment Radosh et Milton, p. 130
  11. Page 131.
  12. Radosh et Milton, pp. 131-132
  13. Radosh et Milton, pp.132-133
  14. Radosh et Milton, pp. 133-133
  15. a et b Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc,‎ 1988 (ISBN 0-8184-0471-X), p. 57 à 77
  16. a, b, c, d, e, f, g et h Schofield Coryell, Les Rosenberg devaient-ils mourir ?, Le Monde diplomatique, mai 1996.
  17. Voir notamment Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc. ISBN 0-8184-0471-X. [Détails en cours de traduction]
  18. Voir pages 265-266 in Ethel Rosenberg: beyond the myths, Ilene J. Philipson, Rutgers University Press, 1993
  19. Voir aussi page 100 in Framing history: the Rosenberg story and the Cold War, Virginia Carmichael, University of Minnesota Press, 1993
  20. Voir page xiv (introduction) in Ethel: the fictional autobiography : a novel of Ethel Rosenberg, Tema Nason, First Syracuse University Press, 2002
  21. Auditions de la sous-commission chargée de la Justice criminelle à la chambre des représentants (commission judiciaire sur le thème « La peine de mort et l’affaire Rosenberg »), décembre 1982
  22. (en) Ilene Philipson, Ethel Rosenberg : beyond the myths, Rutgers University Press,‎ 1993 (ISBN 9780813519173, lire en ligne), p. 351–352
  23. (fr) Les saboteurs nazis aux États-Unis, texte tiré des ‘Famous Cases’, Histoire du FBI
  24. Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc,‎ 1988 (ISBN 0-8184-0471-X), p. 77
  25. Voir également Ronald Radosh et Joyce Milton, Le Dossier Rosenberg, Hachette, p. 201.
  26. Britannica.com, entrée "Julius Rosenberg and Ethel Rosenberg" : « The controversy over their guilt was largely resolved in the early 1990s after the fall of communism in the Soviet Union and the release of Soviet intelligence information that confirmed the Rosenbergs’ involvement in espionage. »
  27. a et b Marc Nouschi, La démocratie aux États-Unis et en Europe (1918-1989), Paris, Armand Colin,‎ 1999 (ISBN 2200250290), p.286
  28. Pour illustration : Herodote.net : 19 juin 1953, Les Rosenberg sont exécutés ; Stéphane Courtois : La vérité sur l’affaire Rosenberg rappelle en 2003 que les Rosenberg étaient coupables d’espionnage.
  29. André Kaspi, Les Américains, tome 2 : les États-Unis de 1945 à nos jours, Editions du Seuil, 2002 p.425. ISBN 2-02-056771-7
  30. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone, 2002, pp.491-493, ISBN 2-910846-79-2
  31. Ibid., p. 495.
  32. Gildas Le Voguer Transparence et secret aux États-Unis, la "publication" du projet "VENONA", Sources, printemps 2001", p. 111, p. 126, note 21.
  33. Voir aussi Gilles Le Voguer, Transparence et secret aux États-Unis : la « publication » du projet VENONA, Sources, printemps 2001 (en particulier p.116)
  34. Gildas Le Voguer Transparence et secret aux États-Unis, la « publication » du projet "VENONA", Sources, printemps 2001", p. 117.
  35. Voir L’Orchestre rouge de Gilles Perrault, Fayard, 1989, p. 149-150 et 200 où ces phénomènes sont expliqués factuellement avec des exemples à l’appui
  36. Alexandre Feklissov, Confessions d’un agent soviétique, Éditions du Rocher, 1999, p. 80.
  37. (en) Aleksandr Feklissov, The Man Behind the Rosenbergs, p96, Enigma books,‎ 2001 (ISBN 978-1-929631-08-7)
  38. p94, version anglaise
  39. version anglaise p. 96, notamment : Rosenberg wasn’t just a valuable source himself; he was also the linchpin of a network growing in importance from month to month.
  40. version anglaise p. 100
  41. version anglaise p. 101
  42. version anglaise p. 102
  43. version anglaise p.132
  44. version anglaise p.248
  45. Alexandre Feklissov, Confessions d’un agent soviétique, Éditions du Rocher, 1999, p. 318-319
  46. Pavel Soudoplatov, Anatolip Soudoplatov, Jerrold et Leona Schecter, Missions spéciales : mémoires du maître-espion soviétique Pavel Soudoplatov, Seuil, 1994, p. 226
  47. Vladimir Tchikov, Gary Kern, Comment Staline a volé la bombe atomique aux Américains, Robert Laffont, 1996, p. 11.
  48. Vladimir Tchikov, Gary Kern, op. cit., p. 33.
  49. Figure in Rosenberg Case Admits to Soviet Spying, NYT, 11/09/08
  50. http://vault.fbi.gov/rosenberg-case/klaus-fuchs
  51. http://vault.fbi.gov/rosenberg-case/klaus-fuchs/klaus-fuchs-part-02-of/view
  52. Ronald Radosh et Joyce Milton, Dossier Rosenberg, Hachette, p. 239.
  53. Florin Aftalion, La Trahison des Rosenberg, Éditions Jean-Claude Lattès, 2003, ISBN 2-7096-2504-0
  54. Philippe Roger, Rêves et cauchemars américains, Les États-Unis au miroir de l’opinion publique française (1945-1953), Presses universitaires du Septentrion,‎ 1996, 357 p. (lire en ligne)
  55. Fonds du Comité français de défense des Rosenberg, devenu Groupe d’initiative pour le réexamen de l’affaire Rosenberg, devenu Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg, Archives nationales, 1951-2003, Répertoire numérique détaillé par Magali Lacousse, conservateur du Patrimoine, sous la direction de Christine Nougaret, conservateur général du Patrimoine. Voir en ligne
  56. Relations avec d’autres associations de défense, portant la côté 111 AS 39, Archives nationales, 1951-2003, Répertoire numérique détaillé par Magali Lacousse, conservateur du Patrimoine, sous la direction de Christine Nougaret, conservateur général du Patrimoine. Voir en ligne. Procès traduit en Français par Gilberte Alleg-Salm, avec la participation de Rosette Coryelle, Schofield et Pierre Kaldor.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) John Earl Haynes, « Nouvelles pièces à conviction concernant l'affaire Rosenberg et l'espionnage atomique soviétique aux États-Unis de 1942 à 1946 », dans Jean Delmas, Jean Kessler (dir.), Renseignement et propagande pendant la Guerre froide, 1947-1953 (actes d'un colloque international organisé par le Mémorial de Caen et le Centre de recherche d'histoire quantitative les 5, 6 et 7 février 1998), Paris, Éditions Complexe, 1999, 319 pages, p. 33-54 (ISBN 2870277350)
  • (fr) Robert et Michaël Meeropol, Nous sommes vos fils, Éditions Sociales - Éditeurs français réunis, 1976
  • (fr) Julius et Ethel Rosenberg, Lettres de la maison de la mort, Gallimard, 1953
  • (fr) Morton Sobell, On condamne bien les innocents, Hier et demain, 1974
  • (fr) Gérard A. Jaeger, Les Rosenberg. La chaise électrique pour délit d'opinion, Le Félin, 2003.
  • (fr) Florin Aftalion, La Trahison des Rosenberg, JC Lattès, Paris, 2003.
  • (en) Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc, 1988. ISBN 0-8184-0471-X
  • (en) Stanley Yalkowsky, The murder of the Rosenbergs Crucible Publications (July 1990) ISBN 978-0-9620984-2-0
  • (en) Alvin H. Goldstein, The Unquiet Death of Julius and Ethel Rosenberg, juin 1975. ISBN 978-0-88208-052-9
  • (en) Walter Schneir & Miriam Schneir, Invitation to an Inquest: Reopening the Rosenberg Case, 1973. ISBN 978-0-14-003333-5
  • (en) E.L. Doctorow, The Book of Daniel (en), Random House Trade Paperbacks, 2007. ISBN 978-0-8129-7817-9
  • (fr) E.L. Doctorow, Le Livre de Daniel, Robert Laffont, 1980, ISBN 978-2-221-00506-4
  • (en) Sam Roberts, The Brother: The Untold Story of Atomic Spy David Greenglass and How He Sent His Sister,Ethel Rosenberg, to the Electric Chair, Random House, 2001. ISBN 978-0-375-50013-8
  • (fr) Howard Fast, Mémoire d'un Rouge, éd. Payot & Rivage. Intéressant, traite de toute la période de l'avant seconde guerre mondiale et après (MacCarthysme, etc.) aux États-Unis. Nombreux témoignages. Plusieurs passages sur les Rosenberg notamment page 349 à 359.
  • (en) Virginia Carmichael, Framing history: the Rosenberg story and the Cold War, University of Minnesota Press, 1993

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]