Werner Herzog

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Werner Herzog, de son vrai nom Werner Stipetic, est un réalisateur, acteur et metteur en scène allemand né le 5 septembre 1942 à Munich (Allemagne). Il est l'un des représentants majeurs du Nouveau cinéma allemand des années 1960–1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Munich en 1942, Werner Herzog passe sa petite enfance dans un petit village bavarois, puis son adolescence à Munich. Il poursuit des études littéraires à l'Université Louis-et-Maximilien de Munich. En 1963, il crée sa maison de production, la Werner Herzog Filmproduktion. Il commence à réaliser ses premiers courts métrages. En 1968, il réalise son premier long métrage : Signes de vie (Lebenszeichen) qui remporte l'Ours d'argent au Festival de Berlin. Ses trois films suivants (Les nains aussi ont commencé petits, Fata Morgana et Aguirre, la colère de Dieu) sont présentés à la quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Il gagne ainsi la reconnaissance internationale en tant que représentant du Nouveau cinéma allemand.

Les tournages de Werner Herzog sont souvent de véritables aventures. Ce fut le cas pour son film Aguirre, la colère de Dieu, autant à cause des colères spectaculaires de Klaus Kinski que d'une nature dangereuse (notamment lorsque l'équipe tournait au beau milieu des rapides) puisque le film est tourné dans la forêt amazonienne. Dans un autre style, Werner Herzog aurait hypnotisé les acteurs de son mystérieux film Cœur de verre.

À l'image de ses tournages, Werner Herzog aime les personnages et les acteurs excessifs, marginaux. Il y a bien sûr Klaus Kinski, hallucinant dans son rôle de mégalomane illuminé d'Aguirre, ou dans celui du vampire Nosferatu auquel il parvient à donner une troublante humanité. Il a fait de Klaus Kinski son acteur fétiche malgré leurs rapports très particuliers, ce qu'il relate dans son documentaire Ennemis intimes. Mais Werner Herzog affectionne aussi l'acteur anonyme Bruno S., qui a passé les trente premières années de sa vie entre les hôpitaux psychiatriques et la prison. L'identification sera parfaite pour son rôle de Kaspar Hauser dans L'Énigme de Kaspar Hauser, où il joue un personnage qui a réellement existé, enfermé dans une cave les dix-sept premières années de sa vie, totalement coupé du reste du monde. On peut aussi le voir dans La Ballade de Bruno.

En 1979, il réalise Nosferatu, fantôme de la nuit (Nosferatu: Phantom der Nacht) qui est le remake du Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau.

Plastiquement, l'œuvre de Werner Herzog est proche du romantisme de Caspar David Friedrich, de l'expressionnisme allemand et du Land art.

Son dernier long métrage, La Grotte des rêves perdus, un documentaire sur la grotte Chauvet en Ardèche, est sorti en France le 1er septembre 2011.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1967, Werner Herzog se marie avec Martje Grohmann — qui aura un rôle dans Nosferatu, fantôme de la nuit — avec qui il aura un fils, Rudolph Amos Achmed, né en 1973 et lui aussi actif dans le monde du cinéma.

Des tournages difficiles[modifier | modifier le code]

Dès ses premiers films, Werner Herzog a la réputation d'enchaîner les tournages difficiles, voire totalement chaotiques. Ce qui lui vaudra d'être surnommé par certains critiques « le cinéaste de l'impossible ». Il a, entre autres, rencontré beaucoup de problèmes sur les tournages de Aguirre, la colère de Dieu et de Fitzcarraldo, que ce soit avec les comédiens ou un environnement hostile (en l'occurrence la forêt amazonienne). Certains comédiens ou figurants ayant travaillé avec lui ont déclaré qu'il prenait souvent des risques ou des décisions irresponsables et dangereuses vis-à-vis de l'équipe de tournage.

Pendant le tournage de Aguirre, la colère de Dieu, certains acteurs et membres de l'équipe ont risqué la noyade lors du tournage de la scène où les radeaux de l'expédition franchissent les rapides. Dans la scène d'introduction on peut voir un canon et des cages tomber le long de la falaise. Ces événements n'étaient pas prévus mais furent finalement gardés au montage final. Herzog, voulant donner au film un style documentaire, gardait souvent ce genre d'incidents au montage. Les relations entre Herzog et Klaus Kinski furent tendues tout le long du tournage. Kinski menaçait régulièrement de mort Herzog. Ce dernier enregistrait systématiquement ses disputes avec Kinski sur bande magnétique. Il avait également acheté une arme pour intimider Kinski quand celui-ci ne voulait pas jouer une de ses scènes.

Herzog avait commencé le tournage de Fitzcarraldo avec Jason Robards et Mick Jagger dans les deux rôles principaux. Malheureusement, Robards perdit la tête lors du tournage car il n'en supportait plus les conditions. Herzog engagea Klaus Kinski pour le remplacer et fut obligé de tout recommencer à zéro. Ayant une tournée qui devait débuter avec les Rolling Stones, Jagger ne put recommencer le tournage. Son rôle fut supprimé. De nouvelles disputes violentes eurent lieu entre Herzog et Kinski. Les Indiens figurants du film avaient même offert à Herzog de tuer Kinski « gratuitement » s'il le désirait. Les tensions entre Kinski et les autres membres de l'équipe durèrent tout le long de ce tournage difficile.

La scène où Fitzcarraldo fait hisser le bateau le long de la colline ne comporte aucun trucage, Herzog tenant à ce que cette scène soit d'un réalisme absolu. L'opération fut extrêmement périlleuse pour les figurants et l'équipe technique qui risquaient de se faire écraser à tout instant. Le même bateau subit plusieurs dommages importants lors de la scène des rapides. Il dérivait totalement sans aucun contrôle. Le documentaire Burden Of Dreams de Les Blank témoigne de ce tournage aux limites du praticable.

Par sa façon peu conventionnelle de travailler, Herzog peut être comparé à Sergio Leone qui a lui aussi alimenté la réputation de faire courir d'importants risques à ses acteurs (en particulier Eli Wallach qui s'en est plaint)[réf. souhaitée].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Werner Herzog à la Mostra de Venise en 2009.

Réalisateur et scénariste[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]
Documentaires[modifier | modifier le code]

Courts et moyens métrages[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]
Documentaires[modifier | modifier le code]
  • 1959 : The Lost Western
  • 1962 : Herakles
  • 1967 : La Défense sans pareil de la forteresse Deutschkreutz (Die Beispiellose Verteidigung der Festung Deutschkreuz)
  • 1968 : Dernières paroles (Letzte worte)
  • 1969 : Mesures contre des fanatiques (Massnahmen gegen Fanatiker)
  • 1976 : Personne ne veut jouer avec moi (Mit mir will keiner spielen)
  • 1977 : La Soufrière (La Soufrière – Warten auf eine unausweichliche Katastrophe)

Téléfilms[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Avenir handicapé (Behinderte Zukunft)
  • 1976 : How Much Wood Would a Woodchuck Chuck
  • 1980 : Fric et Foi (l'homme de Dieu en colère) (Glaube und Währung)
  • 1980 : Le Sermon de huie (Huie's Sermon)
  • 1984 : Ballad of the Little Soldier (Ballade vom kleinen Soldaten)
  • 1984 : Gasherbrum, la montagne lumineuse (Gasherbrum - Der leuchtende Berg)
  • 1988 : Les Français vus par... - épisode Les Gaulois
  • 1989 : Wodaabe, les bergers du soleil (Wodaabe - Die Hirten der Sonne. Nomaden am Südrand der Sahara)
  • 1991 : Jag Mandir (Jag Mandir: Das excentrische Privattheater des Maharadscha von Udaipur)
  • 1994 : The Transformation of the World Into Music (Die Verwandlung der Welt in Musik: Bayreuth vor der Premiere)
  • 1995 : Gesualdo : Mort à cinq voix (Tod für fünf Stimmen)
  • 2000 : Les Ailes de l'espoir (Julianes Sturz in den Dschungel) (documentaire)

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Mises en scène d'opéras[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Films sur Werner Herzog[modifier | modifier le code]

  • 1978 - Christian Weisenborn et Erwin Keuch - Was ich bin sind meine Filme
  • 1980 - Les Blank - Werner Herzog Eats His Shoe
  • 1982 - Les Blank - Burden of Dreams
  • 2008 - Steve Cole - Imagine : Werner Herzog, Beyond Reason

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement : « Chacun pour soi et Dieu contre tous ».
  2. Bad Lieutenant revisité sur Cinenews.be - Consulté le 13 juillet 2008.
  3. « Mon fils, mon fils, qu'as-tu fait ? »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Werner Herzog, Conquête de l'inutile, Paris, Éditions Capricci, 2009.
  • Werner Herzog, Manuel de survie. Entretien avec Hervé Aubron et Emmanuel Burdeau, Nantes, Éditions Capricci, 2008.
  • Monika Bellan - 100 ans de cinéma allemand (p. 89-91). Paris, Ellipses 2001.
  • Hans Günther Pflaum et Hans Helmut Prinzler - Le cinéma de la république fédérale d'Allemagne (p. 321-325). Bonn, Inter Nationes 1994.
  • Radu Gabrea - Werner Herzog et la mystique Rhénane. Lausanne, L'Âge d'Homme, 1986.
  • Emmanuel Carrère - Werner Herzog. Paris, Edilig, 1982.

Liens externes[modifier | modifier le code]