Zone coréenne démilitarisée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La zone militaire démilitarisée est en rouge et la ligne de démarcation militaire en noir.

La zone coréenne démilitarisée, abrégée en DMZ (de l’anglais demilitarized zone, en Hangeul : 한반도 비무장지대, en Hanja : 韓半島非武裝地帶) crée le 23 mars 1953 lors de la signature de l’armistice de Panmunjeom, est une étroite bande de terre d'une longueur de 248 km et d’environ 4 km de large, séparant la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et sert de zone tampon. Elle coupe la péninsule Coréenne en deux de part et d'autre du 38e parallèle.

Frontière fortement militarisée[modifier | modifier le code]

Zone minée (on estime le nombre de mines à 1 million)[1] et surveillée par 700 000 soldats nord-coréens et 410 000 soldats sud-coréens[1] aidés par la 2e division d’infanterie des États-Unis, avec qui la Corée du Sud a signé un pacte de sécurité, c’est l'un des rares vestiges de la Guerre froide, équivalente à l’ancien rideau de fer. La circulation des civils est également restreinte dans un no man's land de plusieurs kilomètres de part et d’autre de la DMZ[2]. Toutefois, deux convois ferroviaires — l’un parti du Nord et l’autre du Sud — ont franchi pour la première fois depuis cinquante-six ans la zone coréenne démilitarisée le 17 mai 2007[3]. L'aménagement de la zone industrielle de Kaesong est également vue comme un signe d'ouverture de cette frontière.

Un seul point de rencontre existe sur cette frontière, la Joint Security Area.

L’espace est couvert d’une épaisse forêt ponctuée de part et d’autre d’un chapelet continu de postes militaires particulièrement visible sur les photos aériennes. Il est truffé de souterrains, de batteries de canon, de kilomètres de barbelé, d'antennes et de miradors.

Les autorités nord-coréennes dénoncent la construction d’un mur de division en béton, d’une hauteur de 5 à 8 m, dans la zone démilitarisée côté sud. Des déplacements sont organisés pour montrer ce mur de division aux visiteurs étrangers en Corée du Nord. Côté sud, des terrasses permettent aux touristes et aux Sud-Coréens d’observer la zone démilitarisée[1].

Sanctuaire pour la conservation d’espèces naturelles[modifier | modifier le code]

Article connexe : Parc involontaire.

Malgré les mines, la zone démilitarisée est devenue un sanctuaire pour la conservation de plusieurs espèces animales, notamment d’oiseaux migrateurs[4]. En période hivernale, des milliers de hérons et de grues blanches y séjournent[1] ; les associations de défenses des animaux voudraient voir cet espace inscrit en zone protégée au patrimoine mondial de l’UNESCO[5]. En certaines zones, le Tigre pourrait y être implanté, pour sauver l'espèce de l'extinction : un tel projet concernerait une dizaine d'individus. Ce projet doit être au préalable soumis et étudié par les autorités de Corée du Nord, et celle de Corée du Sud. La zone étant clôturée et surveillée par des militaires, les tigres ne pourraient donc pas sortir de la zone, mais ce qui pose problème, ce sont les mines, mais ces mines sont dispersées immédiatement après la zone clôturée, sur une centaine de mètres, ce qui laisse un espace de quelques 3 Kilomètres de large sur 248 km (au lieu des 4 km de large au départ). De plus, l'implantation du tigre dans cette zone est vue comme une arme aussi prédatrice que les mines, car le Tigre est un puissant prédateur qui s'attaque aux hommes, donc à des intrus potentiels. Il semblerait que des Tigres soient déjà présents dans la zone, ainsi que des léopards de l'Amour, espèce en voie d'extinction, ainsi que de nombreuses panthères des neiges. De nombreux félins sont tués par les mines chaque année, ainsi que d'autres animaux, (dont des lapins, des cerfs, et des sangliers), mais les accidents diminuent ces dernières années, ce qui semblerait indiquer que les animaux sont conscients des zones de danger, et qu'ils ont établi leurs propres zones de vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Ces murs qui divisent », Le Point, 10 janvier 2008, p. 50
  2. « Les effets du TGV sur l’aménagement du territoire sud-coréen » par Marie-Hélène Fabre, DATAR.
  3. Dépêche de l'agence Reuters, reproduite sur le site de « l'Express »
  4. (en) Korea's DMZ a rare chance for conservation, ABC Science Online, 21 juin 2000
  5. Voir l’analyse du professeur Hiroyoshi Higuchi de l’Université de Tokyo

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexendra Novosseloff et Franck Neisse, Des murs entre les hommes, éditions la Documentation française, 2007.
  • Alexandra Novosseloff, « Des murs du XXe siècle, entre enfermement et repli sur soi : les nouvelles fractures de la mondialisation », Diplomatie magazine, no 41,‎ novembre-décembre 2009, p. 31-36.

Articles connexes[modifier | modifier le code]