Vodka

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pays traditionnellement consommateurs de vodka.
Une bouteille de vodka suédoise de 500 ml.

La vodka (du polonais : wódka, russe : водка, bulgare : водка) est une boisson alcoolisée incolore de 40 degrés. L'origine de cette eau-de-vie se situerait en Pologne[1] ou en Russie selon les sources. Il s'agit généralement d'une eau-de-vie de pomme de terre ou de céréales, mais d'autres matières premières peuvent être utilisées[2].

Elle est devenue l'alcool national de nombreux pays (Pologne, Russie, Ukraine, Finlande, etc.)[1]. Entre 4 000 et 5 000 marques de vodka sont présentes sur le marché. Aujourd'hui, on produit de la vodka dans de nombreux pays, à la fois dans les pays traditionnellement producteurs, mais aussi dans la plupart des pays consommateurs d'alcool.

La vodka est le premier alcool fort consommé dans le monde avec un peu plus de 500 millions de caisses de 9 litres en 2005[3].

La vodka se retrouve dans la composition de nombreux cocktails.

Une bouteille de vodka polonaise, avec deux verres à vodka.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot vodka peut se traduire littéralement par « petite eau ». Dans les langues slaves, le mot pour eau est voda (dont l'orthographe en russe et en bulgare est вода, et en polonais woda), le ka ayant une valeur diminutive/affectueuse[4]. Le terme apparaît pour la première fois dans un manuscrit de Sandomir en 1405.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le musée de la vodka de Verkhnie Mandrogui (au nord de la Russie).

D'origine polonaise, elle est initialement considérée comme un médicament[réf. souhaitée]. Les Génois qui sont présents au Pont-Euxin (Mer Noire) introduisent en Russie une eau-de-vie, mais à base de raisin au XIVe siècle. Il faut attendre deux siècles pour que des eaux-de-vie à base de seigle ou de céréales soient consommées en Russie. Très vite, cet alcool connaît un grand succès auprès de la population russe. La première mention officielle du terme de vodka apparaît en 1701 sous le règne d'Élisabeth. Auparavant, il était fait mention d'eau-de-vie, ou d'eau d'esprit, ou d'euphémismes divers. Cette époque marque le début du fléau de l'alcoolisme en Russie et dans les pays de l'ex-URSS, comme il l'est en Pologne ; celui-ci se perpétue de nos jours[5]. Elle est distillée dès le XIVe siècle, mais un siècle plus tard, le prince Ivan III (1462-1505) interdit toute production de boissons fortement alcoolisées. La boisson nationale est alors le kvas. Le tsar Ivan IV (1533-1584), dit Ivan le Terrible, construit une première taverne (kabak, en alphabet cyrillique  : кабак) et instaure le principe des distilleries et lieux de distribution d'État. La couronne avait donc le monopole sur la production et la vente de vodka, ce qui permet à l'État d'engranger des profits substantiels. Durant cette période, la vodka joue un rôle très important dans la culture et l'économie russe. On ne la trouve en effet que dans les tavernes (du XVIe siècle au XIXe siècle) qui deviennent des lieux importants de socialisation. La consommation de vodka se répand au XVIIIe siècle en Scandinavie, jusqu'au nord de l'Allemagne.

En 1894, l'empereur Alexandre III décrète que la norme du titre d'alcool de la vodka russe est de 40°. Il s'appuie sur les travaux du chimiste Dimitri Mendeleïev qui avait précédemment démontré que la meilleure vodka titrait à 38°, mais les taxes de l'époque étant calculées sur le taux d'alcool, c'est le titre de 40° qui fut conservé pour faciliter la tâche des services fiscaux. Les bolcheviks interdisent la production de vodka, ce qui provoque une explosion de production frelatée distillée à domicile (samogon). Ils lèvent cette interdiction en 1925. L'émigration russe après la révolution de 1917 favorise entre les deux guerres la diffusion de la consommation de la vodka en Europe et en Amérique du Nord, comme par exemple l'histoire de la vodka Smirnoff le démontre.

Il existe en plus d'autres musées de la vodka, un musée de la vodka à Verkhnie Mandrogui, dans l'oblast de Léningrad en Russie, où l'on rapporte le rôle de Mendeleïev sur la formulation de la véritable vodka. Ce rôle participe d'une mythologie de la vodka. On y insiste sur le fait que la véritable vodka est russe et qu'elle titre 40°.

Une bouteille de la Żubrówka polonaise.

La vente et la production de vodka sont sérieusement limitées de l'époque d'Andropov, jusqu'à Gorbatchev. Elles redeviennent libres sous Boris Eltsine. Lorsque la vogue des cocktails se répand dans le monde dans les années 1950, la vodka devient une boisson à la mode à l'échelle mondiale.

En 1992, peu après la disparition de l'Union soviétique, le monopole de l'État soviétique sur la production de vodka prend fin et l'importation d'alcool est alors autorisée dans la nouvelle Russie. En raison de la grande consommation de cette boisson en Russie et en Suède (elle représente 91 % de l'alcool consommé, pour en 1998 14,5 litres d'alcool pur consommé par Russe), ce secteur de production est alors infiltré par la mafia (à laquelle il rapporte 1,5 milliard de dollars en 1997) et autres producteurs clandestins (qui représentent 50 % de la production). La fin du monopole entraîne également une chute de rentrée de devises pour l'État russe. Trois gouvernements russes ont essayé de rétablir ce monopole, en vain, mais l'État était à l'époque trop faible sur ce terrain comparé au crime organisé[6].

Production[modifier | modifier le code]

Selon la réglementation européenne, la vodka est une eau-de-vie qui peut être produite à partir de n'importe quelle matière première agricole, fermentée puis distillée et/ou rectifiée[2].

Les matières premières couramment employées sont les céréales (blé, seigle...) et la pomme de terre, l'utilisation d'une autre matière première (betterave, raisin...) devant faire l'objet sur l'étiquette d'une mention précisant la ou les matières premières utilisées (dans la réglementation européenne). Les vodkas à base de céréales sont surtout issues de Russie, de Biélorussie et d'Ukraine ; celles à base de céréales et de pommes de terre, surtout de Russie, et enfin celles à base de pommes de terre sont surtout issues de Biélorussie, de Pologne et d'Allemagne (depuis le XIXe siècle).

Elle titre entre 37,5 (le minimum légal dans l'UE) et 97 degrés d'alcool, mais plus classiquement entre 40° et 45°. Il existe des vodkas à 32° en Finlande.

Contrôle de qualité[modifier | modifier le code]

Vodkas de différentes marques au musée de la vodka de Verkhnie Mandrogui

Le contrôle de qualité et de la sécurité s'effectue par la chromatographie et des dégustations.

Consommation[modifier | modifier le code]

Les États-Unis occupent la première place en valeur, suivis à la deuxième place de la Russie[réf. nécessaire].

Selon l'étude entreprise par le professeur Richard Peto de l'université d'Oxford en Grande-Bretagne: "Actuellement, la consommation d'alcool en Russie recule. Sous Mikhail Gorbatchev dans les années 1980, grâce aux restrictions, elle avait diminué de 25 % et la mortalité avait suivi cette tendance à la baisse, avant d'augmenter à nouveau à la chute du communisme.Depuis 2006, la consommation et le risque de décès ont chuté d'un tiers grâce notamment à la hausse du prix de la vodka et à l'interdiction de la publicité.Les taux de décès des Russes ont beaucoup fluctué au cours des 30 dernières années, les restrictions sur l'alcool et le climat social ayant beaucoup varié sous les présidences de Gorbatchev, Eltsine et Poutine. Et l'élément principal qui guide ces fluctuations, c'est la vodka», explique le professeur Richard Peto de l'université d'Oxford en Grande-Bretagne, qui a participé à l'étude[7].

Arômes[modifier | modifier le code]

La vodka est fréquemment aromatisée car les nombreuses distillations font qu'elle est un alcool blanc avec très peu de goût.

Certaines, comme la Żubrówka polonaise ou biélorusse sont aromatisées à l'herbe aux bisons qui lui donne une légère coloration et un arôme caractéristique et est récoltée durant une courte période de l'été (la plus chaude possible) pour être ensuite utilisé lors de la distillation de l'eau de vie de grain. Il y a plusieurs autres arômes traditionnels : piment (souvent avec du miel, surtout en Ukraine), bouleau, airelles, baies de sorbier, noix de cèdre, orties, poivre.

D'autres arômes sont plus récents : citron, cerise, caramel, voire dans certains cas cannabis[8] etc. La vodka non aromatisée est préférée pour certaines dégustations, ainsi celle du caviar.

Vodka frelatée[modifier | modifier le code]

En Russie, depuis quelques années, de nombreux kiosques vendent des produits bon marché (1,5 euro) sur lesquels sont apposés des étiquettes « vodka ». Il s'agit en fait de produits souvent toxiques, qui ont causé durant les dix premiers mois de l'année 2006 environ 17 000 décès selon le président de la Douma Boris Gryzlov[9].

Pour empêcher ce trafic, le gouvernement russe prévoit de prendre des mesures. En novembre 2006, rien n'était encore décidé, mais deux solutions se profilaient[9] :

Les producteurs d'alcool se sont opposés à ces deux mesures.

La production de vodka frelatée existe en Russie depuis longtemps, mais elle n'avait jamais causé autant de morts auparavant. La situation s'explique par le fait que le gouvernement russe a récemment légiféré afin d'augmenter la concentration de divers produits toxiques dans les alcools industriels qui servent à la production de vodka frelatée, dans le but de décourager cette utilisation. La production de vodka de contrebande s'est néanmoins poursuivie, avec les produits désormais toxiques[9].

La vodka en musique[modifier | modifier le code]

  • Constance Verluca a écrit une chanson, Les trois copains, dont les paroles sont : « Vive le chocolat, l'héroïne et la vodka ».
  • Sonata Arctica, groupe de metal finlandais, a pour tradition de finir ses concerts par une « Vodka Song », reprise aux paroles modifiées du Hava Nagila.
  • Kult, groupe polonais, a composé une chanson nommée Wódka.
  • Korpiklaani a écrit une chanson nommée Vodka
  • TJR a produit une chanson nommée Funky Vodka
  • Le groupe suédois Diablo Swing Orchestra a composé la chanson "Vodka Inferno" dans l'album Sing Along Songs for the Damned & Delirious.
  • La Fouine "Redbull & vodka" album Drôle de parcours; 2013
  • Водка de Ноггано ft. QП album Teplyi; 2011
  • Le groupe français Paris Violence a écrit une chanson intitulée De la Vodka et du Sang
  • Le chanteur Keen'V chante la chanson "Génération Sexe Drogue et Vodka" en 2009
  • Kaaris "Ciroc" sur l'album Or Noir en 2013
  • Jope Ruonansuu, un musicien finnois, a composé une chanson intitulée Juodaan Vodkaa, ce qui signifie littéralement "Buvons de la vodka", en 1990.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Une célèbre légende russe datant du milieu du quatorzième siècle, la légende de Vladimir "le boucher", met en scène la découverte de la Vodka et la mythifie en présentant le breuvage comme un don de Dieu[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Rayons de bouteilles de vodkas dans un supermarché en Ukraine
  1. a et b Comité gastronomique présidé par Joël Robuchon, Larousse Gastronomique, Larousse,‎ 1997, 1216 p. (ISBN 2-03-507300-6)
  2. a et b Règlement (CEE) n° 1576/89 , établissant les règles générales relatives à la définition, à la désignation et à la présentation des boissons spiritueuses
  3. Le marché mondial du vin profite de l’apport de la Chine et de la Russie, de Christian Charcossey le 30 janvier 2007
  4. (en) Joseph Scott et Donald Bain, The World's Best Bartender's Guide, HPBooks,‎ 1998, 272 p. (ISBN 1557882967, lire en ligne), p. 27
  5. Galia Ackerman. GeoHistoire. pages 22 et 23. N°M 01839. N°4. août-septembre 2012.
  6. (fr) Elena Pavel, « Les divers degrés de la vodka », Regard sur l'Est,‎ 1er mars 2001 (consulté le 30 janvier 2010)
  7. http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/01/31/21928-faible-esperance-vie-russie-attribuee-vodka
  8. Les marques utilisant la feuille de cannabis dans leur recette sont interdites en France
  9. a, b et c (fr) Prémisses de campagne anti-alcool
  10. Lev Dkatevitch, Université de Moscou-Lomonosov, http://img53.xooimage.com/views/5/1/5/vladimir-le-boucher-228397d.pdf/

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Hivon, Payer en liquide : L'utilisation de la vodka dans les échanges en Russie rurale, Ethnologie française, vol. 28, no 4, Presses universitaires de France, Paris, 1998, p. 515-524. (ISSN 0046-2616)
  • N. Rhalem, Gh. Jalal et R. Soulaymani, Intoxication à l'alcool frelaté / Poisoning with Vodka, Espérance médicale, vol. 10, no 90, Espace santé, Casablanca, Maroc, 2003, p. 9-11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :