Wallis Simpson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Simpson.

Wallis Simpson

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de la duchesse de Windsor par Toni Frissell.

Biographie
Titulature Duchesse de Windsor
Nom de naissance Bessie Wallis Warfield
Naissance 19 juin 1896
Blue Ridge Summit (Pennsylvanie, États-Unis)
Décès 24 avril 1986 (à 89 ans)
Paris (France)
Sépulture Cimetière royal de Frogmore
Père Teackle Wallis Warfield
Mère Alice Montague
Conjoint Earl Winfield Spencer Jr.
(1916-1927)
Ernest Aldrich Simpson
(1928-1937)
Édouard, duc de Windsor
(1937-1972)
Wallis Simpson et le prince de Galles aux sports d'hiver à Kitzbühel (Autriche), en février 1935, avant leur mariage.

Wallis Simpson (auparavant Wallis Spencer, née Bessie Wallis Warfield ; 19 juin 1896[1]24 avril 1986), duchesse de Windsor, fut l'épouse américaine du prince Édouard, duc de Windsor, anciennement roi du Royaume-Uni et empereur des Indes sous le nom d'Édouard VIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Wallis est issue de deux familles de notables du Sud des États-Unis, et dont Upton Sinclair est un cousin. Son père, Teackle Wallis Warfield, originaire du Maryland — cadet d'une famille établie aux États-Unis depuis 1662 et qui compte un gouverneur du Maryland, Edwin Warfield, parmi ses membres — et sa mère Alice Montague, originaire de Virginie, fille d'un assureur, William Latane Montague et de Sally Howard Love. Les familles Warfield et Montague sont hostiles à cette relation, en effet Edwin est malade (tuberculeux) depuis son plus jeune âge, et c'est au grand dam de tous qu'Alice ne renonce pas à lui. Alice tombe enceinte et, pour éviter un scandale, le couple est obligé de se marier en catimini le 19 novembre 1895 dans le salon du révérend de la ville.

Elle est née le 19 juin 1896[1] à 22 h 30 à "Squaw Cottage", un pavillon en bois situé à Blue Ridge Summer, une station de montagne du comté de Monterey, en Pennsylvanie, près de la ville de Hagerstown. Selon la tradition sudiste, elle reçoit un double prénom. Son père meurt quatre mois plus tard. Sa mère s'installe dans la demeure familiale des Warfield sous la tutelle de la belle-mère Anna Emory et de l'oncle Solomon David (dit "oncle Sol"). "Oncle Sol" est l'aîné de la famille, et gère l'héritage paternel. Brillant et célibataire, il est receveur général des postes de Baltimore, directeur d'une compagnie de chemins de fer, de plusieurs manufactures et est propriétaire de dizaines de brevets, ce qui le place à la tête d'une fortune estimée de 3 millions de dollars[2]. Wallis vit grâce à sa protection et sous son toit, entourée de domestiques. Mais bientôt sa mère est obligée de s'exiler à l'hôtel (1901) et de trouver un travail pour compléter la pension d' "oncle Sol".

En 1902, sa tante Bessie, qui est devenue veuve, les accueille dans sa maison de Baltimore où elle côtoie Upton Sinclair. La même année, elle fait ses débuts à l'école. En 1906, oncle Sol lui paie les cours d'Arundel School, ainsi que de nombreux autres cadeaux divers et variés. A cette école, elle fait la connaissance de Charlotte Noland, professeur de gymnastique qui organise des camps d'été dans sa propriété de Burland, où les filles découvrent la vie en plein-air. Chaque été, elle se rend tantôt chez les Warfield tantôt chez les Montague, dans les maisons et domaines agricoles de ses oncles et tantes. En 1907, sa mère se lie avec John Freeman Rasin, le fils aîné du chef du parti démocrate de Baltimore et déménage. Ils se marient en 1908. Cela grise énormément la petite Wallis. En 1908, sa mère sous-loue des chambres dans Preston Street et fait même table d'hôte pendant un moment.

En 1911, Wallis rentre à Oldfield School, une école austère où les filles ne lisent que la Bible, et dont il n'est possible de sortir que deux weekends dans l'année ; un pensionnat destiné à former de futures épouses du grand monde, et qui est l'école de filles la plus chère de l’État, payée par l'oncle Sol. Elle s'y fait deux bonnes amies : Renée Dupont de Nemours et Mary Kirk. Elle continue chaque été à se rendre au camp de Miss Noland. En 1913, son beau-père John Rasin meurt, ce qui replace sa mère dans une situation précaire. En 1914, elle sort d'Oldfield School. Sa préoccupation est désormais de se trouver un mari. Elle va de mondanités en mondanités, sponsorisée par oncle Sol et une autre tante, Lelia, qui est à Washington. Elle enchaîne les bals, les soirées, et les déjeuners entre Baltimore, Washington et la Virginie, comme à Princeton ou à l'École navale. Le riche Carter Osborne la courtise, mais elle refuse. Fin 1915, sa grand-mère Anna Emory meurt. Wallis est obligée d'observer le deuil, interrompant ainsi ses mondanités. Sa tante Lelia et sa cousine Corinne l'invitent en avril 1916 à Pensacola en Floride. C'est là qu'elle rencontre son futur mari l'officier Earl Winfield Spencer[3].

C'est ainsi qu'elle cherchera à prendre sa revanche sur la vie[4].

Deux premiers mariages[modifier | modifier le code]

Elle se marie le 8 novembre 1916 avec Earl Winfield Spencer, Jr. (en), officier de marine alcoolique et aviateur de la United States Navy, par ailleurs espion des États-Unis[4]. En 1922, il sert en tant que commandant du USS Pampanga (en) en Extrême Orient. Son épouse, qui l'a rejoint, en profite pour visiter la Chine de l'époque des Seigneurs de la guerre. Selon certains de ses biographes[5] elle y aurait appris des techniques de massages érotiques par des professionnelles de maisons closes ou qui travaillent dans des salons de massage, ce qui lui aurait permis plus tard de s'attacher le prince de Galles (futur Édouard VIII) ; mais cette hypothèse est refusée par d'autres biographes[6],[7]. Selon l'épouse de l'un des collègues d'Earl Winfield Spencer, Mme Milton E. Miles (en), Wallis aurait rencontré à Pékin le comte Galeazzo Ciano, futur gendre de Benito Mussolini et aurait eu une liaison avec lui. Tombée enceinte de lui, elle se serait fait avorter, ce qui l'aurait rendue stérile. Cette rumeur se répand vite, bien qu'elle ait été toujours démentie par l'épouse de Ciano, Edda Mussolini[8]. De retour aux États-Unis, le couple Spencer y vit séparé, leur divorce étant finalisé le 10 décembre 1927.

Après son divorce, elle se remarie le 21 juillet 1928[9] avec Ernest Aldrich Simpson (en), dirigeant d'une grande entreprise du transport maritime[7]. Elle rencontre pour la première fois Edward, prince de Galles et futur roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, le 10 janvier 1931 puis le revoit au cours de nombreuses soirées entre 1931 et 1934. À cette époque, le couple vivant au-dessus de ses moyens connaît des difficultés financières et doit renvoyer plusieurs membres de son personnel[10].

Duchesse de Windsor[modifier | modifier le code]

C'est pendant son deuxième mariage, dit-on, en 1934, qu'elle devint la maîtresse d'Édouard, prince de Galles. Deux ans plus tard celui-ci, devenu Édouard VIII, roi d'Angleterre et empereur des Indes, lui proposa le mariage. Cette intention d'épouser une Américaine deux fois divorcée, dont les deux ex-maris vivaient encore et qui traînait une réputation d'intrigante, provoqua au Royaume-Uni et dans les dominions une crise constitutionnelle qui déboucha finalement sur l'abdication du roi en décembre 1936, laissant celui-ci libre de se marier avec celle qu'il appelait « la femme que j'aime ».

Les services de renseignement britannique et le FBI enquêtent sur Wallis, notamment sur sa pratique des salons de massage en Chine soupçonnés d'être des officines d'espions. Ces services secrets montrent aussi que Wallis noue des relations avec de nombreux hauts dignitaires nazis qui arrivent au pouvoir en Allemagne en 1933. Le gouvernement britannique craint alors qu'elle puisse envoyer des documents confidentiels, détenus par le prince, à Berlin ou être payée par les services secrets allemands pour influencer encore plus le prince en faveur de l'Allemagne, ce dernier ayant déjà des sympathies nazies, comme beaucoup d'aristocrates anglais au début du XXe siècle. Ainsi, la mythographie romantique qui donne comme cause à la crise d'abdication d'Édouard VIII l'amour de ce dernier pour Wallis et son obstination à vouloir épouser une divorcée, cache probablement une manœuvre du gouvernement britannique pour écarter un couple qui avait beaucoup trop de sympathie pour l’Allemagne nazie[11].

Après son abdication, son frère Albert, devenu roi sous le nom de George VI, lui accorda le titre de duc de Windsor. Le duc épousa Wallis six mois plus tard, le 3 juin 1937, au Château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, propriété de l'industriel franco-américain Charles Bedaux, pro-allemand et pro-nazi possédant une villa à Berchtesgaden[12], le "nid d'aigle" de Hitler. Après ce mariage, elle reçut officiellement le titre de duchesse de Windsor, mais sans l'appellation d'Altesse Royale.

Wallis Simpson aurait été la maîtresse de Joachim von Ribbentrop quand celui-ci était ambassadeur en Grande-Bretagne en 1936, ce dernier lui envoyant tous les jours dix-sept œillets, « le nombre de fois où ils avaient couché ensemble »[13].

De 1937 à 1940, le duc et la duchesse vécurent surtout en France. En mai 1940, avec l'avancée des troupes allemandes sur le sol français, le couple quitta son domicile parisien pour Biarritz d'abord, pour l'Espagne en juin puis à Lisbonne au Portugal. Elle faillit, avec son mari le duc de Windsor se faire kidnapper par une équipe de la SD nazie commandée par Walter Schellenberg[14],[15]. Après la guerre, le couple s'installa de nouveau en France.

Avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, dans les sphères dirigeantes et dans le public, on a suspecté le duc et la duchesse de Windsor de sympathiser avec le nazisme, ce qui aurait incité le gouvernement britannique et le Premier ministre à encourager Édouard VIII à abdiquer. Le biographe officiel des Windsor, Philip Ziegler, réfute cette thèse, expliquant que la duchesse ne s'intéressait pas à la politique et que le duc, germanophile et anticommuniste comme toute la noblesse britannique, avait noué des contacts avec Hitler parce qu'il voyait en lui un rempart contre le communisme[13].

Dans les années 1950 et 1960, le couple vécut entre Europe et États-Unis, menant la vie oisive et mondaine que leur offrait leur célébrité. À partir de 1952, le couple habita une villa — désormais appelée Villa Windsor — au 4 route du Champ d'Entraînement, dans le bois de Boulogne à Paris. Après la mort de son mari dans sa villa parisienne, le 28 mai 1972, la duchesse vécut retirée et se montra rarement en public. Sa vie privée a été l'origine de bien des spéculations, et elle reste une figure controversée dans l'histoire britannique.

Elle mourut le 24 avril 1986 à Paris. Elle avait fait don de la majeure partie de sa fortune à l'institut Pasteur, à la condition que ce legs ne puisse financer des recherches impliquant des animaux de laboratoire. L'institut employa ces fonds pour la construction d'une bibliothèque et d'un centre d'informatique scientifique.

Mariages et titres successifs[modifier | modifier le code]

Le duc de Windsor et la duchesse de Windsor en 1970 accompagnés du président américain Richard Nixon.

Mariages[modifier | modifier le code]

  1. Earl Winfield Spencer Jr. (1916-1927)
  2. Ernest Aldrich Simpson (1928-1937)
  3. Prince Edward, duc de Windsor (1937-1972), le 3 juin 1937 au château de Candé.

Titres[modifier | modifier le code]

  • Miss Bessie Wallis Warfield (1896-1916)
  • Mrs Earl Winfield Spencer (1916-1927)
  • Mrs Wallis Warfield Spencer (1927-1928)
  • Mrs Ernest Aldrich Simpson (1928-1937)
  • Mrs Wallis Simpson (1937)
  • Mrs Wallis Warfield (1937)
  • Sa grâce la duchesse de Windsor (1937-1986).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Benjamin Warfield
 
 
 
 
 
 
 
8. Daniel Warfield
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Ariana Dorsey
 
 
 
 
 
 
 
4. Henry Mactier Warfield
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Alexander Mactier
 
 
 
 
 
 
 
9. Nancy Ann Mactier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Frances Crane
 
 
 
 
 
 
 
2. Teackle Wallis Warfield
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Thomas Lane Emory
 
 
 
 
 
 
 
10. Richard Emory
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Elizabeth Hopewell
 
 
 
 
 
 
 
5. Anna Emory
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Archibald Gittings
 
 
 
 
 
 
 
11. Anna Gittings
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Elizabeth Bosley
 
 
 
 
 
 
 
1. Wallis, duchesse de Windsor
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. John Montague
 
 
 
 
 
 
 
12. Henry Brown Montague
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Rebecca Brown
 
 
 
 
 
 
 
6. William Latane Montague
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Capitaine John Moody
 
 
 
 
 
 
 
13. Mary Anne Moody
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Rebecca Lubbock
 
 
 
 
 
 
 
3. Alice Montague
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Dr. Thomas Love
 
 
 
 
 
 
 
14. Capitaine Thomas Love
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Martha Worthington
 
 
 
 
 
 
 
7. Sally Howard Love
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. George Gouldsmith Presbury
 
 
 
 
 
 
 
15. Frances Priscilla Presbury
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Sarah Cassaway Howard
 
 
 
 
 
 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Higham, La Scandaleuse Duchesse de Windsor, Lattès, 1989 ; LGF, 1999
  • Laurence Catinot-Crost, Wallis la magnifique ! L'extraordinaire destin de la duchesse de Windsor, Atlantica, 2004
  • Bertrand Meyer-Stabley, La véritable duchesse de Windsor, Pygmalion , 2002

Film[modifier | modifier le code]

  • Le film W.E. réalisée par Madonna sortie en décembre 2011, raconte l'histoire d'amour entre Wallis et Édouard.

Celui-ci fait l'objet de critiques positives comme négatives. Pour Le Parisien, le film est « attachant » ; « soigné, trop soigné, artificiel, tape-à-l'œil, sans âme » pour TF1 et pour Le Figaro" un récit sous forme de montage parallèle de deux intrigues peu convaincant.

Néanmoins le film bénéficie d'une nomination aux Oscars 2012 pour les Meilleurs costumes, pour Arianne Phillips.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Philip Ziegler, « Windsor , (Bessie) Wallis, duchess of Windsor (1896–1986) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2011.
  2. MEYER-STABLEY p.14-15
  3. pour ce paragraphe, lire Meyer-Stabley, p.20-52
  4. a et b Wallis Simpson (1895 - 1986)Le cauchemar de l'Angleterre victorienne
  5. Charles Higham par exemple
  6. MEYER-STABLEY par exemple.
  7. a et b Franck Ferrand, « Édouard VIII, roi nazi ? », émission L'Ombre d'un doute sur France 3, 6 février 2013
  8. (en) Ray Moseley, Mussolini's Shadow : The Double Life of Count Galeazzo Ciano, Yale University Press,‎ 1999 (ISBN 0-300-07917-6), p. 9–10
  9. (en) Alison Weir, Britain's Royal Families : The Complete Genealogy, Random House,‎ 1995 (ISBN 0-7126-7448-9), p. 328
  10. (en) Charles Higham, Mrs Simpson, Pan Books,‎ 2005 (ISBN 0-330-42678-8), p. 73–80
  11. (en) Philip Ziegler, King Edward VIII, Alfred A. Knopf,‎ 1991 (ISBN 0-394-57730-2), p. 434
  12. MEYER-STABLEY p.218-219
  13. a et b Frédérique Andréani, « Les liaisons dangereuses de la duchesse », sur Le Point,‎ 5 juillet 2002
  14. HHhH Par Laurent Binet page 98
  15. Pierre Accoce et Pierre Quet : La guerre a été gagnée en Suisse, l'affaire Roessler page 27, édité par la librairie académique Perrin