Guerre civile du Salvador

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Guerre civile du Salvador
Affiche commémorant les massacres de la guerre civile du Salvador
Affiche commémorant les massacres de la guerre civile du Salvador
Informations générales
Date 9 mai 197916 janvier 1992
Lieu El Salvador
Issue Accords de paix de Chapultepec
Belligérants
Drapeau du Salvador Salvador
Soutenu par :
Drapeau des États-Unis États-Unis
FMLN
FDR
Soutenus par :
Drapeau de Cuba Cuba
Drapeau du Nicaragua Nicaragua
Commandants
Roberto D'Aubuisson
Álvaro Magaña
José Guillermo García
José Napoleón Duarte
Alfredo Cristiani
Salvador Cayetano Carpio
Salvador Sánchez Cerén
Schafik Handal
Joaquín Villalobos
Forces en présence
+ de 50 000 soldats 6 000 à 15 000 rebelles
Pertes
7 000 morts 20 000 morts

La guerre civile du Salvador est une guerre civile ayant eu lieu de 1979 à 1992 au Salvador entre le Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) et le gouvernement.

La rébellion du FMLN était soutenue par Cuba et le Nicaragua qui le fournissaient notamment en armes (AK-47, RPK et PKM). Elle se solde par la signature des Accords de paix de Chapultepec mettant fin au conflit en 1992. Le gouvernement salvadorien était soutenu en revanche par les États-Unis, inscrivant le conflit dans le contexte de la guerre froide.

Historique du conflit[modifier | modifier le code]

Entraînement d'un soldat salvadorien par un Américain durant la guerre civile.
Camps de réfugiés au Honduras, 1987.

Le 15 octobre 1979, un groupe d'officiers militaires et de leaders civils évincèrent le gouvernement de droite du général Carlos Humberto Romero (1977 – 1979) et formèrent une junte révolutionnaire. Duarte, le leader du PDC, joignit la junte en mars 1980, prenant la tête du gouvernement provisoire jusqu'aux élections de mars 1982. Dans le souci de donner une image plus modérée, la junte initia un programme de réforme du pays et nationalisa les banques et le marché du café et du sucre. Cependant, au même moment, la junte autorisa des membres des « escadrons de la mort », groupes paramilitaires possédant de forts liens avec l'armée, à mener une campagne de terreur contre les dissidents politiques. Les escadrons de la mort exécutèrent alors plusieurs meurtres de hautes personnalités. Ainsi l'archevêque Óscar Romero, engagé au côté des paysans dans la lutte politique, fut assassiné par des membres des escadrons de la mort salvadoriens en 1980 dans la chapelle de l'hôpital la providence de San Salvador après avoir publiquement pressé le gouvernement américain de ne pas fournir une aide militaire au gouvernement salvadorien. Quatre religieuses furent également violées et tuées à cette même occasion. Le successeur d'Óscar Romero, Arturo Rivera y Damas (en), déclare alors: « Les pays étrangers, dans leur désir d'hégémonie mondiale, fournissent les armes. Le peuple salvadorien fournit les morts[1]. »C'est en tout plusieurs milliers de salvadoriens qui furent assassinés par les escadrons de la mort.

Pendant cette période, les partis politiques furent de nouveau autorisés à fonctionner. Le 28 mars 1982, les salvadoriens désignèrent une nouvelle assemblée constituante. Après les élections, l'autorité fut transférée à Álvaro Magaña Borja, président provisoire choisi par l'assemblée. La constitution de 1983, rédigée par l'assemblée, renforça nettement les droits individuels, établit un garde-fou contre les détentions provisoires et les perquisitions excessives, établit également une forme républicaine et pluraliste de gouvernement. Elle renforça, aussi, la branche législative et l'indépendance judiciaire. Elle codifia le code du travail, particulièrement pour les ouvriers agricoles. Cependant, en dépit de ces réformes symboliques, dans la pratique les Droits de l'homme, ratifiés par le Salvador, continuèrent d'être bafoués par la campagne de terreur instituée par les brigades de la mort. De cette manière, les changements n'ont pas satisfait les mouvements de guérilla, qui se sont unifiés sous le nom de Front de Libération National Farabundo Martí (FMLN). Duarte gagna les élections en face du candidat de la droite Roberto D'Aubuisson de l'Alliance Républicaine Nationaliste (ARENA) avec 54 % des voix et devint ainsi le premier président du Salvador librement élu en plus de 50 ans. Craignant une victoire de d'Aubuisson, la CIA utilisa environ 2 millions de dollars pour soutenir la candidature de Duarte. D'Aubuisson avec son parti ARENA entretenait d'étroits liens avec les brigades de la mort, et fut décrit comme un « tueur pathologique » par l'ancien ambassadeur américain Robert White. En 1989, Alfredo Cristiani appartenant à l'ARENA remporta l’élection présidentielle avec 54 % des voix. Son investiture le 1er juin 1989 représente la première passation pacifique du pouvoir d'un leader civil librement élu à un autre.

En 1986, la Commission Salvadorienne des Droits de l'Homme publia un rapport de 165 pages sur la prison de Mariona. Le rapport révéla l'usage courant d'au moins 40 pratiques de torture sur les prisonniers politiques. Des militaires américains auraient supervisé ces actes. Le 26 octobre 1987, Herbert Ernesto Anaya, chef de la Commission Salvadorienne des Droits de l'Homme, fut assassiné.

En dépit des controverses concernant la répression et la brutalité des Forces Armées Salvadoriennes, les États-Unis continuèrent d'apporter de l'aide au Salvador, ce qui vaut à Reagan les critiques de Brzezinski, pourtant guère conciliant avec le FMLN[1],[2]. Pourtant, la situation chaotique du pays ne s'arrangea guère.

Les accords de paix[modifier | modifier le code]

Monument de la mémoire et de la vérité, dénonçant les violations des droits de l'homme durant le conflit.

Les États-Unis stoppèrent l’aide militaire fournie au Salvador, à la suite de la multiplication des pressions internes s’opposant à la poursuite cette aide par le gouvernement de George H. W. Bush. Consécutivement le gouvernement salvadorien fut forcé d’adopter une approche différente face à l’insurrection. Lors de son investiture en juin 1989, le président Cristiani appela à un dialogue direct dans le but de mettre fin à la décennie de conflits entre le gouvernement et les guérilleros. Un processus de dialogue mettant en place des réunions mensuelles entre les deux camps, fut lancé en septembre 1989, il dura jusqu'à ce que le FMLN lance une offensive sanglante et dans tout le pays en novembre de la même année. Début 1990, suivant une demande des présidents d’Amérique centrale, les Nations unies firent l’effort d’engager des médiations directes entre les deux camps. Après une année de peu de progrès, le gouvernement et le FMLN acceptèrent une invitation du Secrétariat Général de l’ONU pour une rencontre à New York. Le 25 septembre 1991, les deux camps signèrent l’Acte de New York. Qui lança un processus de négociation en créant le Comité pour la Consolidation de la Paix (COPAZ), constitué de représentants du gouvernement, du FMLN, et de partis politiques, avec des observateurs de l’ONU et de l’Église catholique. Le 31 décembre, le gouvernement et le FMLN ébauchèrent un accord de paix sous les auspices de du Secrétaire général de l’ONU Javier Pérez de Cuéllar. Les accords finaux, appelés les Accords de Paix de Chapultepec, furent signés à Mexico le 16 janvier 1992. Un cessez-le-feu de 9 mois prit effet le 1er février 1992 et ne fut jamais rompu. Une cérémonie, le 15 décembre 1992, marqua la fin officielle des conflits, concordant avec la démobilisation des dernières structures militaires du FMLN et la suppression du statut de parti politique du FMLN.

En juillet 2002, un jury détermina que les deux anciens ministres salvadoriens de la défense, José Guillermo García et Carlos Eugenio Vides Casanova étaient responsables des tortures pratiquées sur trois hommes par les escouades de la mort dans les années 1980. Les victimes poursuivirent les anciens commandants grâce à une loi américaine permettant de telles poursuites. Ces commandants furent condamnés à payer 54,6 millions de dollars aux victimes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Blanchet, « Le cauchemar des dominos », Le Nouvel Observateur, 20 février 1982
  2. Voir aussi position de Brzezinski en 1979, telle que présentée par Robert Kagan in A twilight struggle: American power and Nicaragua, 1977-1990, éd. Verlag für die Deutsche Wirtschaft AG, 1996, p. 108-109 [lire en ligne]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]