Bernard Guetta

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Bernard Guetta
Image illustrative de l'article Bernard Guetta
Bernard Guetta au Forum Libération de Grenoble en 2008.

Naissance 28 janvier 1951 (63 ans)
à Boulogne-Billancourt
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste
Géopolitique
Récompenses Prix Albert-Londres (1981)
Médias
Média principal Radio
Pays Drapeau de la France France
Radio France Inter
Fonction Chroniqueur géopolitique
Autres médias Presse : Le Monde (1978-1990)

Bernard Guetta, né le 28 janvier 1951 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste français, spécialiste de géopolitique internationale et Prix Albert-Londres 1981.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Bernard Guetta a été élevé dans une famille de Juifs sépharades. Son père est un restaurateur d'origine juive marocaine et sa mère, psychologue, a une galerie d'art tribal. Il est le demi-frère de David Guetta, disc-jockey à la renommée mondiale[1].

Avec des parents passés par le trotskisme, l’anticolonialisme et le PSU, il baigne dans un milieu très politisé et ancré dans une gauche anti-molletiste et anti-stalinienne[2].

Trotskiste de la Libération aux années 1950, son père est lié à la revue Socialisme ou barbarie dont il abrite des réunions à son domicile. Dès l’âge de 14 ans, Bernard Guetta est donc amené à lire les grands classiques de la littérature anti-stalinienne. Sa conscience politique est alors très précoce. Par exemple, dès l’âge de dix ans, il distribue des tracts contre la guerre d'Algérie. Les conceptions véhiculées par les journalistes du Monde (Bernard Ferron sur les pays de l’Est, Gilbert Mathieu sur l’économie et le social) l’imprègnent alors tellement qu’il en vient à « penser Monde »[3][réf. insuffisante].

À l’âge de 13 ans, il cherche à militer dans un parti mais, déçu par ceux qu’il visite, il atterrit à la Ligue des droits de l'hommeDaniel Mayer l’oriente vers le mensuel Après demain. Chargé de sa distribution auprès des libraires de Paris, il participe ainsi aux réunions du comité de rédaction aux côtés de Françoise Seligmann, Pierre Joxe et de Philippe Bernard. Dans ce milieu mendésiste radical-socialiste où il rencontre des personnalités comme Claude Nicolet ou Pierre Mendès France, il bénéficie d’une formation politique et intellectuelle de haut niveau qui le rattache à la mouvance réformiste de gauche[réf. nécessaire].

Amené à résider à Casablanca, il est élève au lycée Lyautey près de deux ans tout en vivant chez des grands-parents qui, durant la guerre mondiale, avaient accueilli leur cousin Charles Guetta et son ami Jean Daniel pendant plusieurs mois. De retour à Paris, il retrouve ses amis Emmanuel Todd et Jean-Pierre Cerquant[4], fils et beau-frère d’un Olivier Todd qu’il considère comme « une sorte d’oncle[3] » et dont la famille est très liée à la sienne.

En 1967, il participe à l’opération « Un milliard pour le Viêt Nam », lancée par son père pour la reconstruction du pays et se voulant transpartisane[réf. nécessaire].

Éducation[modifier | modifier le code]

Mais c’est avec son entrée au prestigieux lycée Henri-IV, Paris, où il prépare le baccalauréat, et les événements de mai 68, qu’il commence à prendre des responsabilités politiques.

Organisateur de l’occupation des lycées Henri-IV et Fénelon, il devient un des leaders des comités d’action lycéens aux côtés de Michel Recanati, Maurice Najman et Romain Goupil. Se percevant alors comme un « radical à l’américaine » qui vise moins la prise du pouvoir que l’imposition des réformes nécessaires, il suscite à Henri-IV des débats entre élèves et professeurs sur la réforme de l’enseignement dont un rapport est tiré et envoyé au ministère. Il rejoint la Jeunesse communiste révolutionnaire en octobre 1968 sous l’influence de Michel Recanati.

Parallèlement à son hypokhâgne (Lettres Supérieures), il siège au Comité central de la Ligue communiste. Mais son entrée au CFJ en septembre 1969 l’amène à subir l’influence de Philippe Viannay et d’enseignants comme Jacques Julliard, Jacques Ozouf, François Furet ou Jean Bouvier. À l’occasion notamment des grèves étudiantes qu’il y anime, il noue avec Philippe Viannay des liens d’amitié extrêmement forts qui contribuent à son éloignement du militantisme. À partir du début 1970, il cesse de participer aux réunions de la Ligue même s’il conserve des contacts avec certains de ses leaders tels qu’Henri Weber.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Ses liens avec Todd facilitent alors son entrée comme stagiaire au Nouvel Observateur. Entré au service société en juin 1971 avec Jean-Pierre Cerquin et Jacqueline Rémy, il représente pour son chef la nouvelle génération du service. S’il est recruté comme pigiste en janvier 1972, son entrée coïncide avec celle du cousin de son père (Charles Guetta) au sein du conseil d’administration. Cela lui vaut d’être mal vu par le reste de la rédaction jusqu’à ce que la mort de ce dernier (été 1972) améliore son image. Sa titularisation, contemporaine de cette évolution, le conforte dans son intégration.

Au sein du journal, il couvre d’abord la jeunesse et les mouvements lycéens tout en portant un intérêt aux marginaux de tous genres (squatters, immigrés, handicapés). Proche d’Olivier Todd et d’Hector de Galard, il est alors ignoré par Jean Daniel, ce qui ne facilite pas son désir de quitter les pages société pour la politique et l’étranger.

Mais à partir de juillet 1973, il met un pied au service Événement en couvrant la grève de l’usine Lip. Il interviewe pour cette affaire des personnalités comme Michel Rocard (24 septembre 1973), José Bidegain (14 janvier 1974), Jacques Chérèque (4 février 1974) et même Claude Neuschwander dont il tire un livre intitulé Patron mai…[5] (Le Seuil, 1975). Sa présence s’y renforce lorsqu’il participe à la couverture de la campagne présidentielle d’avril 1974 et des Assises du socialisme (octobre 1974). Mais il continue à soulever des questions (la situation dans les prisons, dans l’armée et la police, les dérives de la Justice, le contrôle de l’information) qui se rattachent aux préoccupations gauchistes.

Il offre d’ailleurs la parole à des leaders du PSU (Bernard Ravenel, Michel Mousel) qui se situent à gauche des rocardiens. Mais il interviewe aussi des hommes de droite tels que Jacques Dominati ou Jean Lecanuet. De même, s’il traite moins de politique intérieure à partir de 1976, il continue à porter une attention à la contestation interne au PCF, notamment au sein des Jeunesses communistes dont il interviewe plusieurs fois le secrétaire général.
Cela est lié à l’intérêt croissant qu’il porte aux questions des dissidents, soutenu en cela par Jean Daniel et par K.S. Karol.
Ayant abordé ce thème par l’interview de Leopold Trepper (décembre 1973), il en devient le spécialiste après l’affaire Pliouchtch (janvier 1976). À partir de septembre 1977, il délaisse même les questions intérieures (justice, armée, partis) pour s’y consacrer pleinement. Par ce biais, il s’intègre au service étranger où il traite de pays comme le Liban (août 1976), le Zaïre (avril 1977) ou le Sahara occidental (hiver 1977/1978). La question des « dissidents » lui vaut alors l’amitié d’un Jean Daniel qul l'appuie au sein d’une rédaction divisée sur le traitement de ces questions.

Ainsi, après s’être battu semaine après semaine, pour assurer la chronique des arrestations et des grèves de la faim, il obtient son soutien pour imposer une rubrique.
Il donne ainsi par deux fois la parole à Vladimir Boukovski, dénonce la condamnation d’Orlov ou le sort fait à Chtcharanski. Il offre aussi à Laurent Schwartz (22 juillet 1978) ou à Daniel Meyer (11 décembre 1978) le moyen de s’exprimer sur les atteintes aux droits de l’homme. Mais en avril 1979, il est recruté par le chef du service étranger du Monde qui lui propose un poste de correspondant à Vienne. En 1980, il rejoint la Pologne où il bénéficie des nombreux contacts que lui offre K.S. Karol.

Il est admis en 1981 Young Leader du lobby atlantiste en France, la French-American Foundation[6].

Correspondant à Varsovie puis à Gdansk, il reçoit le prix Albert-Londres en mai 1981. Il en tire un livre, Pologne (Arthaud, 1982). N’ayant pas obtenu de visa pour l’URSS, il passe quatre ans à Washington de 1983 à 1987 avant d’occuper le poste de correspondant à Moscou de 1988 à 1990. Rédacteur en chef de L'Expansion de 1991 à 1993, du Nouvel Observateur de 1996 à 1999, il est éditorialiste à L'Express et chroniqueur à La Repubblica, au Temps et à La Gazeta.

Le Monde[modifier | modifier le code]

Bernard Guetta a été journaliste au Monde de 1978 à 1990[7].

En 1990, Bernard Guetta a été candidat à la direction du journal Le Monde, face à Jean-Marie Colombani et Daniel Vernet, ce dernier ayant été finalement élu[8]. Il quitte alors le journal pour lequel il a travaillé pendant douze ans[7].

En 2011, il propose sa candidature au poste de directeur du Monde dans le cadre de la succession d’Éric Fottorino[9].

France Inter[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, il est commentateur à France Inter.

Il intervient dans la matinale de France Inter, notamment avec une chronique géopolitique tous les matins à 8 h 17 après le bulletin d’information[10].

Un engagement parfois polémique[modifier | modifier le code]

En 2005, il fait activement campagne pour le « oui » au référendum relatif au traité constitutionnel européen (TCE). Ses chroniques matinales sur France Inter sont souvent des plaidoyers en faveur d'une intégration européenne plus aboutie, suscitant des critiques de la part de médias tels que le mensuel Le Monde diplomatique[11],[12], ou encore l'association de critique des médias Acrimed[13].

Son soutien à une intervention militaire de la France dans la guerre civile syrienne a lui aussi été critiqué par le site web d'Acrimed[14].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Il a publié en collaboration avec Jean Lacouture un ouvrage à quatre mains Le Monde est notre métier où ils font chacun une rétrospective critique sur la carrière de l’autre. Le rejet du stalinisme et du communisme est en question dans l’ouvrage, la question du « comment être de gauche sans être apparenté à l’URSS » est évoquée.

En 2011, il anime un dialogue entre deux anciens premiers ministres, Alain Juppé (alors ministre de la Défense) et Michel Rocard, dans l’ouvrage La Politique telle qu’elle meurt de ne pas être[15].

Ses chroniques radiophoniques de l'année 2011 ayant en très grande majorité porté sur les révolutions arabes[16], il les réunit dans l'ouvrage L'an I des révolutions arabes : décembre 2010-janvier 2012.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Géopolitique, L'Olivier, 31 octobre 1995 (ISBN 2-87929-089-9)
  • L'Europe fédérale, avec Philippe Labarde, Grasset, Collection : « Pour et Contre », 19 février 2002, 137 pages (ISBN 2-246-62981-0)
  • Le monde est mon métier : Le journaliste, les pouvoirs et la vérité, avec Jean Lacouture, Grasset & Fasquelle, 7 novembre 2007, 395 pages (ISBN 2-246-72901-7)
  • L'an I des révolutions arabes : décembre 2010-janvier 2012, Belin, 18 mars 2012 (ISBN 2-701-16295-5)
  • Mon intime conviction. Comment je suis devenu européen, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]