Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet

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Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet

Présentation
Titre Accord entre le gouvernement central populaire et le gouvernement local du Tibet sur les mesures de libération pacifique du Tibet.
Abréviation Accord en 17 points
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Tibet
Tibet
Territoire d'application Drapeau du Tibet Tibet
Type Traité
Adoption et entrée en vigueur
Signature 23 mai 1951
Abrogation 26 mars 1959


L'Accord en 17 points

L'accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet est un traité conclu le 23 mai 1951 à Pékin entre des délégués du 14e dalaï-lama et de la République populaire de Chine : le Tibet, qui connaissait depuis 1912 une indépendance de fait, marquant pour Pékin le retour du Tibet sous la souveraineté chinoise[1].

L'accord fut signé par le Tibétain Ngapo Ngawang Jigmé à Pékin avant d'être ratifié cinq mois plus tard par le gouvernement du Tibet[2]. Celui-ci, après de longues discussions avec le général Zhang Jingwu sur les termes à employer, donna son accord à l'envoi, au nom du dalaï-lama, d'un télégramme à Pékin le 24 octobre 1951, manifestant son acceptation en ces termes[3],[4] :

« Le gouvernement local [du Tibet], les moines et le peuple tibétains ont donné leur accord unanime. Sous la conduite du président Mao Tsé-Toung et du gouvernement central, ils aident activement les unités de l'Armée populaire de libération à marcher à l'intérieur du Tibet pour renforcer la défense nationale, expulser les forces impérialistes et sauvegarder l'unification du territoire souverain de la mère-patrie[5],[6]. »

Selon Phuntsok Tashi Taklha, le dalaï-lama n'avait pas d'autre solution, trois mois après son retour à Lhassa, que d'envoyer ce télégramme comme le proposaient les Chinois[7].

En plus de reconnaître la souveraineté chinoise, les Tibétains étaient tenus d'aider l'APL à occuper pacifiquement le Tibet. Ils renonçaient à s'occuper des affaires étrangères, de la défense des frontières et du commerce du Tibet et acceptaient que l'armée tibétaine soit progressivement incorporée dans l'APL. Ils acceptaient également le retour du panchen-lama au Tibet et la création d'une nouvelle entité administrative, le Comité administratif militaire, distinct du gouvernement local tibétain et soumis au gouvernement populaire central[8]. Le texte contenait également une déclaration mettant fin officiellement à la monnaie tibétaine[9]. Il reconnaissait le droit à l'autonomie régionale et le maintien du système politique et du statut du dalaï-lama, la liberté religieuse et le maintien des revenus du clergé bouddhiste[10],[11].

Le premier ministre du dalaï-lama, Lukhangwa, déclara en 1952 à Zhang Jingwu que le peuple tibétain n'avaient pas accepté cet accord, et que ses clauses avaient été violées par les Chinois eux-mêmes[12].

Huit ans plus tard, en mars 1959, le soulèvement tibétain de 1959 éclatait. Le dalaï-lama s'exila alors et le 18 avril, parvenu en Inde, dénonça l’accord en 17 points[13],[14], en le déclarant signé sous une contrainte exercée par le gouvernement chinois.

Il dénonça officiellement l'accord le 20 juin, le décrivant comme ayant été imposé au Tibet par l'invasion, la menace et la tromperie[15],[16]. La Commission internationale des juristes déclara alors que par cette répudiation, le Tibet s'était juridiquement « libéré des obligations qui étaient les siennes en vertu de l'accord »[17],[18]. En 1993, à Londres, une conférence de juristes sur le statut du Tibet selon le droit international déclara que l'accord de 1951 était invalide car signé sous la contrainte[19].

Contexte historique de l'accord[modifier | modifier le code]

Le 7 octobre 1950, le général chinois Zhang Guoha, à la tête de 40 000 soldats, franchit la Drichu. Les troupes tibétaines ne purent faire front. Ngapo Ngawang Jigmé, commandant-en-chef de l'armée et gouverneur de Chamdo, le chef-lieu du Tibet oriental (Kham), capitula le 19 octobre 1950. Désormais entre les mains de l'Armée populaire de libération, il envoie, le 9 novembre 1950, un télégramme au gouvernement tibétain à Lhassa, l'informant de la nécessité d'envoyer des émissaires à Pékin pour y engager des pourparlers[20]. Selon Zhang Xiaoming, le 14 novembre, le dalaï-lama commence à exercer le pouvoir après la démission du régent Dazha[21]. Selon Roland Barraux, c'est le 17 novembre que le dalaï-lama, âgé de 16 ans, accède par anticipation au pouvoir[22].

Selon Thomas Laird, l’absence de soutien international – aucune grande puissance n’apporte d’aide militaire avant l’invasion, et l’ONU refuse l’appel du Tibet après l’invasion – laisse chez les dirigeants tibétains le sentiment d’avoir été trahis et les conduit à tenter de s’engager dans des négociations avec les Chinois[23],[24]. Un appui international au Tibet aurait supposé une reconnaissance internationale de l'existence de ce pays. Or, en 1913, lors de sa déclaration unilatérale d'indépendance, seule la Mongolie l'avait reconnu et il n'avait établi de relation diplomatique avec aucun grand pays, à l'exception de l'Angleterre vis-à-vis de laquelle il se trouvait dans une situation particulière depuis l'invasion de 1904[25].

Après l'invasion chinoise du Tibet en 1950, le dalaï-lama souhaitait rester à Lhassa pour aider son peuple, mais, à la demande du Kashag et de l'Assemblée nationale tibétaine[26], il partit pour Yatung le 20 décembre 1950. Avant son départ, il nomma comme premiers ministres (sileun ou sitsab) Lukhangwa, un laïc, et Lobsang Tashi, un moine, leur conférant les pleins pouvoirs du gouvernement du Tibet[27].

Dans son autobiographie Au loin la liberté, le dalaï-lama écrit qu'avec l'accord de Lukhangwa et Lobsang Tashi ainsi que celui du Kashag, il envoya fin 1950 des délégations à l’étranger, aux Étas-Unis, en Angleterre et au Népal dans l’espoir d’une intervention pour le Tibet, ainsi qu’en Chine pour négocier son retrait. Peu après, quand la présence chinoise se renforça à l’est, il fut décidé que le dalaï-lama et les principaux membres du gouvernement s’installeraient dans le sud du Tibet, à Yatung, de façon à ce que le dalaï-lama puisse s’exiler en Inde facilement. Lukhangwa et Lobsang Tashi restèrent à Lhassa, mais les sceaux de l’État restèrent sous la garde du dalaï-lama[14]. Peu après son arrivée à Yatung, il apprit que de ces délégations, la seule à être arrivée à destination, fut celle envoyée en Chine. Depuis Chamdo, Ngapo Ngawang Jigmé adressa un long rapport au gouvernement tibétain. Il y exposait la nature de la menace chinoise : à moins d'obtenir un accord, Lhassa serait attaquée par l'APL, ce qui entraînerait de nombreux morts, ce que le dalaï-lama voulait éviter à tout prix. Pour Ngapo, il fallait négocier, et il proposait d'aller à Pékin avec quelques adjoints entamer le dialogue avec les Chinois. Lukhangwa et Lobsang Tashi pensaient que de telles négociations auraient dû avoir lieu à Lhassa, mais que la situation désespérée ne laissait pas le choix. Le dalaï-lama, touché par la diligence de Ngapo pour accomplir cette mission difficile, l'envoya à Pékin avec 2 personnalités de Lhassa et 2 de Yatung, espérant qu'il ferait comprendre aux autorités chinoises que les Tibétains ne souhaitaient pas une « libération », mais uniquement la poursuite de bonnes relations avec la Chine[14],[28].

Selon un site gouvernemental chinois, le 27 janvier 1951, le 14e dalaï-lama adresse au gouvernement populaire central une lettre déclarant son acceptation d'envoyer une délégation auprès de ce gouvernement « afin de chercher à régler le problème du Tibet ». En février 1951, il nomme Ngapo Ngawang Jigmé premier représentant plénipotentiaire du gouvernement local du Tibet, assisté de quatre autres représentants, pour aller négocier à Pékin[29]. L'Autrichien Heinrich Harrer rapporte dans son livre de mémoires Sept ans d'aventures au Tibet que cette délégation avait les pleins pouvoirs pour négocier[30]. Le télégramme envoyé par le 14e dalaï-lama au président chinois Mao Tsé Toung en octobre 1951 fait état de « cinq délégués ayant pleine autorité avec à leur tête Kaloon Ngapoi »[31]. D'autres sources précisent que les délégués n'avaient pas les pouvoirs plénipotentiaires, ou qu'ils n'étaient pas autorisés à signer[32],[33],[14],[23],[24]. Bien qu'il ait initialement affirmé le contraire, Ngapo Ngawang Jigmé admettra finalement en 1989 qu'il n'avait pas les pleins pouvoirs pour signer, à ce qu'affirme Anne-Marie Blondeau[34].

Selon Glenn Freeman et Thubten Samphel, en 1951, le 10e panchen-lama, invité à Pékin au moment de l'arrivée de la délégation tibétaine, fut contraint d'envoyer un télégramme au dalaï-lama soulignant l'importance de mettre en œuvre l'accord[35],[36].

La délégation[modifier | modifier le code]

Les signatures et les sceaux des délégués plénipotentiaires du Gouvernement de la République populaire de Chine[37]

Le 22 avril, Ngapo Ngawang Jigmé et sa délégation arrivent à Pékin en train en provenance de Xi'an. Ils sont accueillis par le premier ministre Zhou Enlai. Le 26 avril, c'est au tour de Kaimo Soinanm Lhunzhub et de Tubdain Daindar d'arriver[38].

Composition[modifier | modifier le code]

Délégués du Gouvernement de la République populaire de Chine :

Délégués du Gouvernement du Tibet :

Interprètes[modifier | modifier le code]

Moyens de communication[modifier | modifier le code]

Selon les sources officielles exilées, le dalaï-lama n'avait pas donné les pouvoirs plénipotentiaires à ses représentants, qui devaient référer en cas de décision importante au Kashag à Yatung, aussi ont-ils demandé d'établir un lien sans fil entre Yatung et Pékin pour un contact quotidien, mais cela ne s'est pas produit[33].

Un des négociateurs, Sambo Rimshi, évoque le fait que les négociateurs apportèrent dans leurs bagages un livre de chiffrement afin de pouvoir établir une liaison sans fil avec Yatung et discuter, au fur et à mesure, des problèmes qui seraient soulevés[42].

Les délégués tibétains, censés en référer au gouvernement tibétain, ne l'ont jamais fait[32].

Témoignages de participants aux négociations[modifier | modifier le code]

Selon Sambo Rimshi, un des négociateurs tibétains[43], la délégation tibétaine se rendit à Pékin munie de l'autorisation et des consignes du 14e dalaï-lama, dont la recommandation suivante : « Voici dix points. Je suis convaincu que vous ne ferez rien de mal, vous devez donc y aller et obtenir tout ce que vous pourrez »[44],[45].

Toujours selon le témoignage de Sambo Rimshi, Ngabo Ngawang Jigmé répondit affirmativement à la partie adverse qui voulait savoir s'il avait les pleins pouvoirs pour signer. Il se fondait sur les instructions verbales du dalaï-lama d'aller à la négociation et d'y obtenir ce qu'il y avait de mieux[46].

Phuntsok Tashi Takla a fourni un rapport détaillé sur les négociations[7].

Le déroulement des négociations[modifier | modifier le code]

À la tête de la délégation se trouvait Ngapo Ngawang Jigmé, muni selon diverses sources, dont lui-même, des pleins pouvoirs pour négocier par le gouvernement tibétain[47],[30],[14]. Dans Au loin la liberté, une autobiographie publiée en 1990, le dalaï-lama affirme cependant que Ngapo n'était pas habilité à signer au nom du dalaï-lama[14].

L'universitaire Laurent Deshayes indique que les « délégués de Lhassa n'ont aucun pouvoir de décision et doivent continuellement informer leur gouvernement de l'évolution des débats »[48].

Pour Vijay Kranti, Ngapo s’est pratiquement nommé lui-même chef de la délégation tibétaine, et a signé le traité, bien qu’il n’ait pas eu l’autorité pour le faire[49].

Un des délégués, Lhawutara, affirma qu'ils signèrent sans demander l'approbation du gouvernement[50].

Le 24 mai 1951, lendemain de la signature de l’accord en 17 points, Ngabo Ngawang Jigme (à droite) remet une khata à Mao Zedong (à gauche)

Les points d'achoppement[modifier | modifier le code]

Selon Kim Yeshi, lors de leur arrivée à Pékin, les délégués tibétains constatèrent que leur vision du Tibet différait de celle des délégués chinois. Les Tibétains demandaient qu'il soit fait référence au « gouvernement tibétain » et au « gouvernement chinois ». Par contre les Chinois exigèrent l'emploi des termes « gouvernement local » et « gouvernement central ». Puis les Tibétains essayèrent de s'opposer à l'envoi de l'Armée populaire de libération au Tibet. Les Chinois refusèrent de négocier ce point, ils « exprimaient leur position sur un ton magistral. Il existait une marge de manœuvre mais, faute d'un accord, l'Armée populaire viendrait libérer le Tibet des impérialistes[51] ». L'exigence chinoise d'établir au Tibet un bureau militaire et administratif créa de nouvelles tensions. Lukhangwa considérait que cette clause remettait en cause l'engagement chinois de maintenir l'organisation tibétaine existante. Compte tenu de la « menace d'une invasion armée du Tibet » et de l'impossibilité d'en référer confidentiellement avec le gouvernement tibétain à Yatung, les Tibétains acceptèrent de signer[52].

Un accord obtenu sous la contrainte ?[modifier | modifier le code]

Selon Claude B. Levenson, les pourparlers, qui débutèrent le 29 avril 1951, tournèrent à l'épreuve de force[53]. Jean Dif indique que l'accord a été « plutôt imposé »[54]. Philippe Cornu précise que la délégation tibétaine « se voit contrainte de signer de force »[55].

Thomas Laird affirme que les délégués tibétains auraient subi des pressions pour signer le traité de la part des délégués chinois, l’un d’eux déclarant : « Voulez-vous une libération pacifique ou une libération par la force ? », et refusant aux Tibétains la possibilité de discussion avec le gouvernement tibétain sur l’appartenance du Tibet à la République populaire de Chine, puisque, selon eux « les autres nations considéraient le Tibet comme une partie de la Chine »[23],[24].

Selon Michael Harris Goodman, lors de la 1er réunion, la délégation du gouvernement chinois présenta un projet de traité préparé avant l'arrivée des délégués tibétains, comportant 10 articles dont le contenu, jugé excessif par les Tibétains, entraîna une parodie de négociation. La délégation tibétaine contra en affirmant, document à l'appui, l'indépendance du Tibet. Après plusieurs jours d'un débat sans conclusion ni conciliation de part et d'autre, les Chinois imposèrent un ultimatum. Selon le délégué Dzasa Khemey Sonam Wangdu : « Ils augmentèrent le contenu de l'accord jusqu'à 17 points que nous étions obligés de reconnaître. Si Sa Sainteté et le peuple tibétain, moines et laïcs, n'acceptaient pas l'accord, les Chinois menaçaient de les traiter en conséquence »[27].

Selon Claude B. Levenson, sans pouvoir en référer avec les autorités de Lhassa, les 5 délégués signèrent sous la contrainte et à titre personnel[53].

Pourtant, à ce que fait remarquer Melvyn C. Goldstein, comme le droit international définit la contrainte comme étant le recours à des menaces physiques effectives à l'encontre des délégués d'une des deux parties en présence de façon à obliger ces derniers à signer l'accord – la menace de l'invasion n'est pas, de ce fait, suffisante pour parler de « contrainte »[56].

La question des sceaux[modifier | modifier le code]

Selon le dalaï-lama, le sceau du gouvernement tibétain apposé sur le document était un faux[23]. Pour le tibétologue Sam van Schaik (en) toutes les parties étaient d'accord pour que l'on fabriquât les sceaux nécessaires à la signature de l'accord et que de ce fait l'affirmation selon laquelle ces sceaux étaient contrefaits induit en erreur. De plus, ne représentant que la signature des délégués, ces sceaux ne pouvaient pas remplacer la ratification du traité par le gouvernement tibétain, laquelle fut accordée peu de temps après[57].

Selon Tsering Shakya, Ngapo Ngawang Jigmé était en possession du sceau du gouverneur du Kham, qu’il aurait pu apposer sur le document en tant que membre du Kashag. Plus tard, Ngapo dit à Phala qu’il refusa d’utiliser le sceau original parce qu’il voulait montrer qu’il désapprouvait l’accord[58].

Selon l'essayiste Tsering Woeser, Ngapo avait apporté les cachets officiels de gouverneur de Chamdo, mais au moment de la signature de l’accord, il aurait prétendu ne pas avoir apporté les sceaux. En conséquence, le cachet tibétain officiel apposé sur l'accord dut être gravé par les Chinois. À son retour, il expliqua au dalaï-lama que grâce à cela, celui-ci n'était pas obligé de reconnaître l'accord, ce qui lui laissait une porte de sortie; quand le dalaï-lama annonça cela, il précisa qu’à présent, cette histoire n'aurait pas d'effet sur Ngapo[59].

En 2001, le dalaï-lama a affirmé que Ngabo lui avait expliqué qu'ils se sentaient obligés de signer l'Accord, car un refus aurait eu pour résultat une « libération armée » du Tibet, et qu'ils préférèrent utiliser un sceau falsifié fourni par le gouvernement chinois à celui officiel du gouverneur de Chamdo qu'ils détenaient[60].

Le tibétologue Melvyn C. Goldstein, qui interrogea des participants aux négociations[61],[62], donne une autre version des faits[63]:

« Les Chinois ont bien fait des sceaux pour les Tibétains mais il ne s'agissait que de sceaux personnels, chaque délégué ayant son nom gravé sur le sien propre. En dehors de cela, on n'a pas contrefait de sceaux gouvernementaux. La confusion provient en partie du fait que Ngabo avait en sa possession le sceau du gouverneur du Tibet oriental mais préféra ne pas s'en servir. Comme ce sceau, toutefois, n'était pas le sceau officiel du gouvernement tibétain, le fait de ne pas s'en servir ne diminua en rien la validité de l'accord. »

Le dalaï-lama et le gouvernement tibétain mis devant le fait accompli[modifier | modifier le code]

Selon diverses sources, le 27 mai 1951, en écoutant Radio Pékin, le dalaï-lama et le gouvernement tibétain eurent pour la première fois connaissance de l'« accord », nouvelle qui provoqua choc et incrédulité[15],[14]. Et ce malgré le fait que les « délégués de Lhassa (...) doivent continuellement informer leur gouvernement de l'évolution des débats », à ce que rapporte le spécialiste du Tibet Laurent Deshayes[48].

Ce dernier indique que le dalaï-lama rencontra à Yatoung le général Zhang Jingwu, l'un des négociateurs chinois, avant son retour à Lhassa. Son intention était alors « de revenir sur les accords établis à Pékin ». Mais, peu après son arrivée à Lhassa, 20 000 soldats chinois entrèrent dans la ville. Les Chinois s'installent au Tibet, « le gouvernement tibétain ne peut que se soumettre et accepter l'accord de Pékin »[48].

La réaction du gouvernement tibétain (document de l'Administration centrale tibétaine, 2001)[modifier | modifier le code]

Après avoir écouté le compte rendu des délégués entre le 24 et le 26 septembre 1951, l'Assemblée nationale tibétaine (Tsongdu), tout en reconnaissant des circonstances atténuantes sous lesquelles les délégués ont dû signer l'« accord », demanda au gouvernement d'accepter l'« accord », sous certaines conditions. Sur la base de cette recommandation, le gouvernement (Kashag) dit au général Zhang Jingwu qu'il transmettrait son acceptation à 3 conditions :

  • « Les pouvoirs et les fonctions de la Commission militaro-administrative devraient être définis par rapport aux pouvoirs et aux fonctions du dalaï-lama » ;
  • « Seul un nombre limité de troupes de l'APL devrait être en poste au Tibet ; la responsabilité de la défense des frontières importantes devraient être confiée à l'armée tibétaine ; »
  • « Tous les secteurs tibétains devraient être unis sous le gouvernement tibétain ; Chamdo et les autres secteurs du Kham devraient être retournés au gouvernement tibétain »[15].

Zhang Jingwu ignora les 2 premiers points et dit que le 3e devrait être décidé plus tard par un référendum des Tibétains du Sichuan, de Gansu, du Yunnan, et du Qinghai[15].

Bientôt, environ 20 000 troupes supplémentaires de l'APL arrivèrent au Tibet central et occupèrent les villes principales de Rudok et Gartok, puis Gyantsé et Shigatsé, permettant un contrôle militaire presque complet du Tibet. Le gouvernement tibétain en exil affirme que dans cette position de force, la Chine refusa de rouvrir les négociations, et que le dalaï-lama fut dans l'incapacité de refuser tout « accord » tibéto-chinois. La seule option qui lui restait était de travailler avec les Chinois et d'utiliser l'« accord » le plus possible dans l'intérêt du peuple. Toujours selon la partie tibétaine, le 24 octobre 1951, Zhang Jingwu envoya à Mao Zedong un télégramme au nom du dalaï-lama dans lequel celui-ci exprimait son soutien à l'« accord ». Quatre jours plus tard, le 29 octobre, un contingent important de l'APL arrivait à Lhassa sous le commandement de Zhang Guohua et de Tan Guansen[15].

« Des délégués libres de ne pas signer, mais n'ayant pas la pleine autorité de finaliser un accord » (Melvyn Goldstein)[modifier | modifier le code]

Pour Melvyn C. Goldstein, si les Chinois n'ont pas menacé physiquement les délégués pour les obliger à signer, en revanche les signataires n'avaient pas la pleine autorité à finaliser un accord[64]:

« Dans son autobiographie, le dalaï-lama écrit que les délégués affirmèrent qu'ils avaient été "contraints et forcés" de signer l'accord, mais il est clair que cela n'est pas exact dans la mesure où il n'y a pas eu de contrainte individuelle. Les Chinois n'ont pas menacé physiquement les délégués pour les obliger à signer. Les délégués étaient libres de ne pas signer et de quitter Pékin. Leur impression de contrainte provient de la menace générale des Chinois d'utiliser la force militaire à nouveau dans le Tibet central si un accord n'était pas trouvé. Cependant, aux yeux de la loi internationale, cela n'invalide pas l'accord. Tant qu'aucune violence physique ne s'est exercée contre les signataires, un accord reste valide. Cependant, la validité de l'accord repose sur la pleine autorité des signataires à finaliser un accord, ce qui, comme on l'a vu clairement, n'était pas le cas. En ce sens, le dalaï-lama était fondé à le rejeter »

« Le dalaï-lama aurait quitté le pays s'il n'avait été satisfait de l'accord » (Ngabo Ngawang Jigme)[modifier | modifier le code]

Interrogé en 2000, Ngapo Ngawang Jigmé a reconnu qu'il y avait, à la signature de l'accord, des discordances entre certaines des clauses et ce que le dalaï-lama avait donné comme consignes. Il ajoute cependant que si ce dernier, qui se trouvait à Yatung à l'époque, n'avait pas été satisfait de l'accord, il aurait, selon lui, très certainement quitté le pays[65]. Dans ses entretiens avec le journaliste Thomas Laird publiés en 2007, le dalai-lama déclare avoir été très choqué d'apprendre le 23 mai 1951, par la radio, que l'accord avait été signé sans discussion préalable. Les États-Unis le poussaient à refuser l'accord et à s'exiler en Inde. Le dalaï-lama et ses conseillers décidèrent que sans l’assurance d’un soutien ferme des États-Unis, le dalaï-lama devait collaborer avec les autorités chinoises. De plus, ils avaient des indications claires selon lesquelles les autorités indiennes n’étaient pas prêtes à les recevoir. Lorsqu’il s'exila huit ans plus tard en 1959, le dalaï-lama dénonça l'accord[23].

Les clauses de l'accord[modifier | modifier le code]

En plus de reconnaître la souveraineté chinoise pour la première fois dans l'histoire tibétaine (point 1), les Tibétains étaient tenus désormais d'aider les troupes et les cadres de l'APL à occuper pacifiquement le Tibet (point 2). Les Tibétains acceptaient également de renoncer à s'occuper des affaires étrangères, de la défense des frontières et du commerce du Tibet (point 14) et acceptaient que l'armée tibétaine soit progressivement incorporée dans l'APL, quoique sans qu'une échéance précise soit fixée (point 8). Ils acceptaient également le retour du panchen lama au Tibet (points 5 et 6) et la création d'une nouvelle entité administrative, le Comité administratif militaire (point 15), distinct du gouvernement local tibétain et soumis au gouvernement populaire central[8]. Le texte contenait également une déclaration mettant fin officiellement à la monnaie tibétaine[9].

Le texte de l'accord reconnaissait le droit à l'autonomie régionale et le maintien du système politique et du statut du dalaï-lama (points 3 et 4), la liberté religieuse et le maintien des revenus du clergé bouddhiste (point 7)[10],[11].

Selon l’historien A. Tom Grunfeld, l'insistance de la République populaire de Chine à instaurer ce pacte a démontré que pour Pékin le Tibet n'était pas une province de Chine mais une entité hors des frontières de la Chine nécessitant une forme d'incorporation officielle[66].

Le télégramme d'acceptation du dalaï-lama à Mao Zedong (24 octobre)[modifier | modifier le code]

Selon Hong Xiaoyong, ministre conseiller de l’ambassade de la République populaire de Chine à Singapour, en octobre 1951, le dalaï-lama envoie un télégramme à Mao Zedong lui exprimant son acceptation de l'accord et sa détermination à appliquer celui-ci[67] :

« Président Mao du gouvernement populaire central :

Cette année le gouvernement local du Tibet a envoyé à Pékin cinq délégués ayant pleine autorité avec à leur tête Kaloon Ngapoi fin avril 1951 pour entreprendre les négociations de paix avec les délégués accrédités par le gouvernement central du peuple.

Sur la base de l'amitié, les délégués des deux parties ont conclu l'Accord sur les mesures pour la libération pacifique du Tibet le 23 mai 1951.

Le gouvernement local du Tibet ainsi que les moines et les laïques tibétains soutiennent cet accord et aideront activement, sous la direction du président Mao et du gouvernement populaire central, l'Armée populaire de libération au Tibet à consolider la défense nationale, à chasser les influences impérialistes hors du Tibet et à sauvegarder l'unification du territoire et la souveraineté de la patrie. J'envoie ce télégramme pour vous en informer[31]. »

Selon le ministère tibétain des Affaires étrangères à Dharamsala et Sergius L. Kuzmin, un universitaire de l'Académie des sciences de Russie[68], c'est le général Zhang Jingwu qui envoya à Mao Zedong ce télégramme le 24 octobre au nom du dalaï-lama[15],[69] .

Selon Melvyn C. Goldstein, le général Zhang Jingwu proposa les termes du télégramme au gouvernement tibétain, lequel exigeait des réponses écrites à trois questions. Les pourparlers durèrent près d'un mois. On ignore si Zhang répondit aux demandes du gouvernement tibétain[3].

Selon Phuntsok Tashi Taklha, le dalaï-lama n'avait pas d'autre solution, trois mois après son retour à Lhassa, que d'envoyer ce télégramme comme le proposaient les Chinois[7]. Selon le journaliste Pierre-Antoine Donnet, le dalaï-lama affirme que ce télégramme fut un élément d'une politique visant à éviter le pire, afin de convaincre le gouvernement chinois de la volonté politique tibétaine d'une coexistence pacifique à la place d'une résistance armée, pour éviter une confrontation et un bain de sang[5].

L'application de l'accord (1951-1959)[modifier | modifier le code]

À la suite de l'accord, de 1951 à 1959, parti communiste chinois et théocratie tibétaine vont cohabiter, selon les termes du poète Jean Dif[70].

Selon Pierre-Antoine Donnet, la Chine utilisa l'accord pour justifier une intervention militaire de grande ampleur au Tibet. L'armée chinoise envahit le Tibet au même moment depuis les provinces frontalières du Tibet : du Gansu et du Qinghai au nord et au nord-est, du Sichuan et du Yunnan à l'est et au sud-est. Entre le 7 octobre 1950 et le 26 octobre 1951, date de la proclamation de la victoire chinoise, l'APL se déploya à travers l'ensemble du Tibet[5].

Selon une source officielle chinoise, à la suite de la signature de l'accord, le 26 octobre 1951 les troupes chinoises firent leur entrée à Lhassa où plus de 20 000 personnes se pressaient le long de leur passage. Il y eut une cérémonie de bienvenue en leur honneur, où Lhalu Tsewang Dorje fit un discours puis il y eut un banquet pour marquer la libération pacifique du Tibet et pour célébrer l'unité retrouvée des Han et des Tibétains. Y participèrent les chefs de la 18e armée et les principaux responsables du gouvernement tibétain. Le 19 novembre, le 14e dalaï-lama devait donner un banquet en l'honneur des officiers supérieurs de l'APL à Lhassa[71].

En application du point 16, qui prévoyait que le gouvernement local du Tibet aiderait l'APL à acheter et transporter nourriture, fourrages et autres nécessités quotidiennes), Ngabo Ngawang Jigmé joua un rôle prépondérant dans la résolution des difficultés d'approvisionnement de l'APL en 1951-1952 en créant un sous-comité du Kashag chargé de faire l’inventaire des réserves de grains et de vendre celles-ci à l’APL[72],[73].

Lodi Gyari, homme politique tibétain en exil et émissaire du 14e dalaï-lama aux pourparlers avec le gouvernement chinois, se base sur une citation de Ngabo Ngawang Jigmé extraite d'un discours datant de 1988 sur l'accord en dix-sept points pour déclarer que les Tibétains ont le droit légitime de demander un statut spécial[74].

Bruno Philip, journaliste au Monde, affirme pour sa part que Ngabo Ngawang Jigme aurait déclaré dans ce discours de 1988 (« fait en petit comité et dont on connaît aujourd'hui la teneur ») que « l'Accord en 17 points n'avait jamais été vraiment appliqué », demandant « plus de pouvoirs d'autonomie » pour le Tibet[75].

Ce discours a été publié dans Bulletin of the History of the Tibet Communist Party en 1988, et une traduction du chinois vers l'anglais a été publiée par Tibet Information Network en 1992. Voici une traduction de la citation produite par Lodi Gyari[76] :

« C'est en raison de cette situation particulière du Tibet qu'en 1951 l'accord en dix-sept points sur la libération pacifique du Tibet, entre le gouvernement populaire central et le gouvernement tibétain local, vit le jour. Semblable accord n'avait jamais existé entre le gouvernement central et d'autres régions de minorité. Nous devons considérer cette situation particulière de l'histoire tibétaine en élaborant des politiques visant à lui procurer une stabilité durable. Nous devons donner au Tibet davantage d'autonomie qu'aux autres régions de minorité. De mon point de vue, à présent, la région autonome du Tibet a comparativement moins d'autonomie que les autres régions, sans parler des provinces. Il faut donc que le Tibet obtienne un traitement spécial et qu'il obtienne plus d'autonomie à l'instar des zones économiques spéciales. Nous devons recourir à des politiques particulières pour traiter les caractéristiques particulières qui se sont manifestées tout au long de l'histoire. »

Les violations de l'accord (1951-1959)[modifier | modifier le code]

L'universitaire Laurent Deshayes indique que le dalaï-lama, s'appuyant sur l'article 11 de l'accord, entame dès son retour à Lhassa une série de réformes, les objectifs sont « d'alléger les charges pesant sur les plus démunis et de supprimer la transmission héréditaire des dettes ». Mais ce projet est ajourné avec la collectivisation des terres imposée par la RPC. Le nouveau commissaire et administrateur des affaires civiles et militaire du Tibet Zhang Jingwu organise « l'ingérence chinoise dans les affaires politiques tibétaines »[77].

Lors de sa visite en Inde en 1956-1957, le dalaï-lama déclara à Nehru qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait pour appliquer l'accord, mais qu'en dépit de ses efforts, les Chinois refusaient d'en respecter leur part, et qu'il ne voyait pas de signe changement de leur côté[78].

En juin 1959, la Commission internationale de juristes, une association fondée en 1952 et financée jusqu'en 1967 par la CIA à l'insu de ses membres dans le cadre de la guerre froide[79], met en avant ce qu'elle appelle des « éléments de preuve » révélant des violations de la part de la Chine des engagements en vertu de l'Accord des 17 points :

  • articles 3 et 4 : en relation avec l'autonomie du Tibet,
  • article 7 : en relation avec la liberté de croyance et la protection des monastères; il est mentionné la destruction des monastères comme un des éléments permettant de conclure à une volonté d'éliminer les croyances religieuses,
  • article 13 : en relation avec la politique commerciale et le respect des biens du peuple tibétain
  • articles 4 et 11 : en relation avec les réformes au Tibet[80].

Dans sa présentation du Plan de paix en cinq points pour le Tibet, le 14e dalaï-lama critique aussi « l'autonomie sur papier qui nous avait été imposée il y a cinquante ans dans l'accord en 17 points ».

Lodi Gyari écrit que la violation de l'accord par les autorités chinoises qui instituèrent une série de politiques ayant abouti au remplacement de l'autorité politique tibétaine par une administration chinoise mena au soulèvement tibétain de 1959[81].

De même Song Liming, un doctorant[82] et dissident[83] chinois, écrit que la Chine est responsable de la violation de l’accord et en conséquence de la fin du système politique existant au Tibet[84].

Dans ses souvenirs de la fondation de la région autonome du Tibet, Ngabo Ngawang Jigmé, rappelle qu'entre 1951 et 1959, le gouvernement central attendit en vain que la classe dirigeante tibétaine « engage des réformes de son propre chef », les plus réactionnaires en son sein freinant des quatre fers devant tout changement[85].

Toujours selon Ngabo Ngawang Jigme, en mars-avril 1952, « l'Assemblée du peuple », une organisation qui comptait parmi ses membres Lukangwa Cewang Raodain et Benzhucang Lobsang Zhaxi, deux hauts responsables tibétains, fit cerner par la troupe tibétaine et des hommes armés le Bureau du gouvernement central, le Comité de travail, le Bureau des affaires étrangères, les banques, et même la résidence de Ngabo Ngawang Jigmé, en dénonçant la signature de l'accord en 17 points et en demandant le départ de l'APL. Sous la pression chinoise, le dalaï-lama révoqua les deux chefs du mouvement et interdit l'Assemblée du peuple[86].

En juillet 1957, le dalaï-lama et le gouvernement local du Tibet organisent au palais du Potala une grande cérémonie au cours de laquelle le dalaï-lama reçoit le trône d'or et accorde sa bénédiction et un talisman aux représentants du mouvement Chushi Gangdruk (les « Quatre rivières et six montagnes », une description de la géographie de l'Amdo et du Kham). À la suite de cette cérémonie, l'« armée de protection de la religion » va voir le jour en vue de fomenter une rébellion[87].

La dénonciation de l'accord (1959)[modifier | modifier le code]

Près de huit ans jour pour jour après la signature, le 26 mars 1959, sur la route qui allait le mener en exil en Inde, le dalaï-lama dénonça, au dzong de Lhuntsé, l’accord en 17 points, réaffirmant son gouvernement comme le seul légitime du Tibet[13],[14], son objectif était alors de négocier avec les autorités chinoises, cependant les nouvelles alarmantes qui lui parvinrent le conduire à s'exiler.

À son arrivée en exil en Inde, il fit une déclaration de presse, le 18 avril 1959, où il affirma que l'accord en 17 points avait été signé sous la pression du gouvernement chinois. Le 20 juin 1959, il fit une autre déclaration de presse, dans laquelle il reniait l'accord, le décrivant comme ayant été imposé au Tibet par l'invasion, la menace et la tromperie[88],[16].

La Commission internationale des juristes déclara que par cette répudiation, le Tibet s'était juridiquement « libéré des obligations qui étaient les siennes en vertu de l'accord »[17],[18]. En juin 1959, un rapport de la Commission mentionne l'emprisonnement et le massacre de religieux tibétains ainsi que la destruction des monastères comme un des éléments permettant de conclure à une volonté d'éliminer les croyances religieuses, en violation de l'Accord en 17 points[17].

Invalidité de l'accord selon le droit international (Michael van Walt van Praag et Claude Arpi)[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage The status of Tibet, le professeur de droit international et conseiller du dalaï-lama Michael van Walt van Praag écrit que l'accord n'est pas valable légalement, car le traité général de renonciation à la guerre spécifie qu'aucun différend ne peut être résolu « autrement que par des moyens pacifiques », or les autorités chinoises ont eu recours à la guerre en l'occurrence[32].

De même, selon Claude Arpi, la loi internationale précise qu'un accord n'est valable que si les 2 parties contractantes l'ont signé librement et par consentement mutuel, ce qui, d'après lui, n'est pas le cas ici[32].

Pour Tsewang Choegyal Tethong, ministre tibétain des Affaires étrangères de l'administration centrale tibétaine, l'invasion chinoise était une agression en violation du droit international. Le traité que le Tibet fut contraint de signer avec la Chine après que ses armées ont vaincu la petite armée tibétaine est invalide ab initio car il a été obtenu par la force et sous la menace d'une plus grande force. Aussi, l'agression et le traité répudié par le chef de l’État tibétain quand il pu le faire librement lors de la fuite en 1959, laissa le statut indépendant du Tibet légalement inchangé. Le Tibet est devenu et est encore de nos jours un État sous occupation illégale[89].

Réactions à l'accord à l'étranger[modifier | modifier le code]

Le 6 juin 1951, le porte-parole du gouvernement britannique, Kenneth Younger affirma qu'il y avait de sérieux doutes quant à la valeur des garanties sur l'autonomie du Tibet stipulées par l'accord[32].

Les États-Unis envoyèrent des communications secrètes à Yatung, demandant au dalaï-lama de dénoncer l'accord et de s'exiler aux États-Unis ou à Ceylan. Le dalaï-lama étudia cette possibilité, et il décida de rentrer à Lhassa, espérant renégocier l'accord[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Antoine Donnet, Guy Privat, Jean-Paul Ribes, Tibet: des journalistes témoignent, L'Harmattan, 1992, (ISBN 2738413145 et 9782738413147), p. 131 « Date de la signature à Pékin de l'accord en 17 points entre une délégation tibétaine et des représentants de la Chine de Mao Tsé-Toung. Cet accord, que la délégation tibétaine affirma plus tard avoir été signé sous la contrainte, avait consacré, pour Pékin, le retour du Tibet sous souveraineté chinoise. »
  2. (en) Melvyn Goldstein et Gelek Rimpoche, A history of modern Tibet, 1913-1951, vol. 1 : The Demise of the Lamaist State: 1912-1951, Berkeley, University of California Press,‎ 1989 (ISBN 978-0-5468-9553-7, OCLC 162120552), p. 812-813.
  3. a et b Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet: The Calm Before the Storm: 1951-1955, Volume 2, p. 223 et suivantes
  4. (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2 : the Calm Before the Storm, 1951-1955, Berkeley, University of California Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-5209-3332-3), p. 226 : « on the 22 October [...] Ngabo came to the Chinese and said the Tibetan government had finally agreed to send the telegram on 24 October. [...] Despite all the initial talk of renegotiating parts of the agreement, Tibet had developed no clear strategy or policy and held no formal discussions with the Chinese about this. This telegram from the dalai Lama formally validated the agreement and finalized Tibetan acceptance of China's sovereignty over Tibet. ».
  5. a, b et c Pierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, Édition Gallimard; 1990: Nouv. éd. augm 1993, (ISBN 978-2-07-032802-4), p. 38.
  6. (en) Tsering Shakya, The dragon in the land of snows : a history of modern Tibet since 1947, New York, Columbia University press,‎ 1999 (ISBN 978-0-2311-1814-9, OCLC 40783846), p. 90, p. 90 : « The Tibet Local Government as well as the ecclesiastic and secular people unanimously support this agreement, and under the leadership of Chairman Mao and the Central People's Government, will actively support the People's Liberation Army in Tibet to consolidate national defence, drive out imperialist influences from Tibet and safeguard the unification of the territory and the sovereignty of the Motherland ».
  7. a, b et c Phuntsok Tashi Taklha, Sino-Tibetan Relations: Prospects for the Future, Potamac Conference, 5-6 Oct 1992 : « Finally, on October 24, 1951, three months after his return to Lhasa, His Holiness was left with no alternative, but to send the telegram, as proposed by the Chinese. »
  8. a et b (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2 : the Calm Before the Storm, 1951-1955, Berkeley, University of California Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-5209-3332-3), p. 104-105 : « In addition to acknowledging Chinese sovereignty for the first time in Tibetan history (point 1), the Tibetans would now assist the troops and cadres of the PLA to occupy Tibet peacefully (point 2). The Tibetans also agreed to give up control over Tibet's foreign affairs, border defense, and commerce (point 14) and agreed that the Tibetan army would be gradually incorporated into the PLA, albeit with no set deadline (point 8). They also accepted the return of the Panchen Lama to Tibet (points 5 and 6) and, in point 15, the creation of a new administrative entity, the Military Administrative Committee, separate from the Tibetan local government and under the Central People's Government ».
  9. a et b (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2 : the Calm Before the Storm, 1951-1955, Berkeley, University of California Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-5209-3332-3), p. 104.
  10. a et b Richard Poulin, La politique des nationalités de la RPC de Mao Zedong à Hua Guofeng, chap. V, La révolte tibétaine de 1959.
  11. a et b (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2 : the Calm Before the Storm, 1951-1955, Berkeley, University of California Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-5209-3332-3), p. 105 : « points 3 and 4 state that Tibetans would have the right of exercising regional autonomy and that the central government in Beijing would not alter either the existing political system in Tibet or the "established status, functions and powers of the Dalai Lama" or his officials. Point 7 said religious freedom would be protected, and the income of the monasteries would not be changed by the central government. »
  12. Dalai Lama, My Land and My People, New York, 1962, p. 95, In 1952 Lukhangwa told Chinese Representative Zhang Jingwu « "It was absurd to refer to the terms of the Seventeen-Point Agreement. Our people did not accept the agreement and the Chinese themselves had repeatedly broken the terms of it. Their army was still in occupation of eastern Tibet; the area had not been returned to the government of Tibet, as it should have been." »
  13. a et b Michel Peissel, Les Cavaliers du Kham, guerre secrète au Tibet, Robert Laffont, Paris, 1972 (ISBN 978-2-221-03444-6), p. 138-139, 185-186, 206-207.
  14. a, b, c, d, e, f, g et h Dalaï-lama (trad. Éric Diacon), Au loin la liberté mémoires : autobiographie, Paris, Fayard, coll. « Livre de poche »,‎ 1993 (ISBN 978-2-2530-6498-5), p. 86, 93-95, 203-204.
  15. a, b, c, d, e et f DIIR, "The 17-Point Agreement" The full story as revealed by the Tibetans and Chinese who were involved, 2001 : « On October 24 Zhang Jingwu sent to Mao Zedong a telegram in the name of the Dalai Lama to express support for the "agreement'. [...] On his arrival in India, the Dalai Lama issued a press statement in Tezpur, Assam, on April 18, 1959. In it, the Dalai Lama stated that the "17-point Agreement" had been signed under pressure from the Chinese government. Then, on June 20, he issued another press statement from his new headquarters in Mussoorie, in which he repudiated the "Agreement", describing it as having been forced upon Tibet by invasion, threat and deceit. »
  16. a et b Université de Laval au Québec : L'Accord en 17 points.
  17. a, b et c La question du Tibet et la primauté du droit, Commission internationale de juristes, Genève, 1959, p. 39-49.
  18. a et b "The 17-Point Agreement". The full story as revealed by the Tibetans and Chinese who were involved, op. cit. : « The International Commission of Jurists stated that through this repudiation Tibet legally "discharged herself of the obligation under the Agreement" ».
  19. Claude B. Levenson, La Chine envahit le Tibet: 1949-1959. Volume 62 de Mémoire du siècle. Éditions Complexe, 1995. (ISBN 2870275803 et 9782870275801) 116 pages (voir p. 43)
  20. Chronologie historique détaillée du Tibet.
  21. Zhang Xiaoming, Récits sur le Tibet, China Intercontinental Press, chap. Signature de l'Accord sur la libération pacifique du Tibet, p. 50-53.
  22. Roland Barraux (préf. Dagpo Rinpotché), Histoire des Dalaï-Lamas : quatorze reflets sur le Lac des Visions, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités »,‎ 1993 (réimpr. 2002), 396 p. (ISBN 978-2-2260-6514-8 et 9782226133175, OCLC 29456517).
  23. a, b, c, d et e Une histoire du Tibet : Conversations avec le dalaï-lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007 (ISBN 978-2-259-19891-2).
  24. a, b et c Thomas Laird, The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, Grove Press, 2007, (ISBN 978-0-8021-4327-3), voir page 306 et 307
  25. Jean Dif, Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (suite 2)
  26. Michael Harris Goodman, op. cit., « "I did not want to go at all, but instead to stay where I was and do what I could to help my people," the Dalai Lama says. "But the National Assembly and the Cabinet asked me to go, and in the end I had to give in. As a young and able-bodied man, my instinct was to share whatever risks my people were undergoing, but to Tibetans, the person of the Dalai Lama is supremely precious, and whenever the conflict arose I had to allow my people to take far than I would have thought of taking for myself." »
  27. a et b Michael Harris Goodman (trad. Sylvie Carteron et Catherine Béranger), Le dernier Dalaï-Lama? : biographie et témoignages [« Last Dalai Lama »], Vernègues (France, Éditions Claire Lumière,‎ 1993, 330 p. (ISBN 978-2-9059-9826-2, OCLC 30099870).
  28. « Mais les sceaux de l’État seraient sous ma garde. (...) La nature de la menace chinoise s'y trouvait exposée en détail, et il en ressortait à l'évidence que, à moins d'obtenir un quelconque accord, Lhassa serait bientôt attaquée par les troupes de l'APL. Si cela se produisait, il ne pourrait manquer d'y avoir de nombreux morts, ce que je voulais éviter à tout prix. (...) Connaissant Ngabo et ses qualités d’administrateur, touché aussi par l’empressement avec lequel il avait proposé d’accomplir lui-même cette mission difficile, je résolus donc de l’envoyer dans la capitale chinoise, avec (...). J’espérais qu’il ferait clairement entendre aux autorités chinoises que les Tibétains ne voulaient pas d’une « libération », mais seulement la poursuite de bonnes relations avec leur grand voisin ».
  29. Qui détient la souveraineté au Tibet ?.
  30. a et b (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 978-0-87477-888-5) : « I learned that the Chinese had not advanced any farther and were now calling on the Tibetan government to come to Peiping and negotiate a settlement. The Dalai Lama and the government concluded that it would be good policy to accept te invitation, and a delegation with plenary powers was dispatched ».
  31. a et b Jean Dif, Les relations Tibet-Chine au cours du temps. Le point de vue de Pékin et des exilés en 2008, sur le site de Jean Dif.
  32. a, b, c, d, e, f et g Claude Arpi (trad. Claude B. Levenson, préf. dalaï-lama), Tibet, le pays sacrifie [« The fate of Tibet : when big insects eat small insects »], Paris, Calmann-Lévy,‎ 2000, 325 p. (ISBN 978-2-7021-3132-9, OCLC 466541253), chap. 24, p. 285
  33. a, b et c ‘Agreement on Measures for the Peaceful Liberation of Tibet’ or the ‘17-Point Agreement’, Context and Consequences, Department of Information and International Relations, Dharamsala - 2001
  34. Anne-Marie Blondeau (dir.) et Katia Buffetrille (dir.), Le Tibet est-il chinois ? : réponses à cent questions chinoises, Paris, A. Michel,‎ 2002 (ISBN 978-2-2261-3426-4, OCLC 469520947), p. 101, « accord signé le 23 mai 1951 sur l'attestation trois fois répétée de Ngapo qu'il avait plein pouvoir pour le faire, ce qui n'était pas le cas (comme il devait le reconnaître lui-même en 1989). »
  35. (en) Glenn Freeman, The Panchen Lama and Tibet's Future, 20 février 2007, Trendirama.com, reproduit sur Phayul.com : « While in Beijing, the Panchen Lama was forced to send a telegram to the Dalai Lama, stressing the importance of implementing the "Seventeen-Point Agreement under the leadership of the People's Government of China." »
  36. Thubten Samphel, The Tenth Panchen Lama, 3 août 2002
  37. Université de Laval (Québec): Accord entre le gouvernement central populaire et le gouvernement local du Tibet sur les mesures pour la libération pacifique du Tibet.
  38. Puncog Zhaxi, La libération pacifique du Tibet comme je l'ai vécue, dans Jianguo Li, Cent ans de témoignages sur le Tibet : reportages de témoins de l'histoire du Tibet, 2005, 196 p., p. 73-74 : « Le 22 avril, Ngapoi Ngawang Jigme et sa délégation sont arrivés à Beijing en train en provenance de Xi'an, et le premier ministre Zhou Enlai, une centaine de dirigeants ainsi qu'une grande masse de gens les ont accueillis à la gare. »
  39. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2: The Calm Before the Storm, 1951-1955, 2007, p. xxviii : « Takla (Phuntso Tashi): A Tibetan from Amdo who married the Dalai Lama's sister and became an official of the Tibetan government. He was one of the few officials who knew Chinese ».
  40. The Cremation of Phuntsok Tashi
  41. Puncog Zhaxi, op. cit., p. 74-75, en part. p. 72 : « Du fait que la langue de ma région natale diffère beaucoup de celle de Weizang que parlait la délégation tibétaine, Puncoq Wanggyai, qui y avait vécu, travaillait comme interprète des négociations, et moi [Puncoq Zhaxi], j'étais interprète pour la vie quotidienne et m'occupais aussi de la traduction de documents ».
  42. (en) Melvyn C. Goldstein, A history of modern Tibet, vol. 2 : The calm before the storm, 1951-1955, Berkeley, University of California Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-5209-3332-3, OCLC 174522920, lire en ligne), p. 96–97.
  43. (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet - The Calm before the Storm: 1951-1959, University of California Press, 2007, p. 87, 96, note 32.
  44. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet - The Demise of the Lamaist State: 1912-1951, University of California Press, 1989, p. 758-759.
  45. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet - The Calm before the Storm: 1951-1959, op. cit., p. 87, 95-98.
  46. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet - The Calm before the Storm: 1951-1959, op. cit., p. 106.
  47. (en) Ngapoi recalls the founding of the TAR, www.chinaview.cn, 2005-08-30 : « a full-powered delegate of the local government of Tibet sent to negotiate with the Central Government ».
  48. a, b et c Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Paris, Fayard,‎ 1997, 461 p. (ISBN 978-2-213-59502-3, OCLC 416493286), p. 324 et suivantes.
  49. (en) Vijay Kranti, Loosing Distinction Between a ‘Traitor’ and Patriots, sur le site phayul.com, 30 décembre 2009.
  50. DIIR, 2001 : « Lhawutara said ... "we signed it without asking for the approval (of the government)" ».
  51. Note : En octobre 1950, quand la République populaire de Chine voulait « libérer le Tibet des impérialistes étrangers », cinq étrangers y vivaient. Les plus connus sont les autrichiens Heinrich Harrer et Peter Aufschnaiter qui avaient rejoint le Tibet après l'évasion d'un camp de prisonniers britannique en Inde pendant la Deuxième Guerre mondiale. Deux opérateurs radio Robert Ford fait prisonnier à Chamdo et Reginald Fox qui travaillaient pour le gouvernement tibétain. Enfin Nedbaïlov, un Russe blanc lui aussi évadé d'un camp de prisonniers et qui travaillait pour le compte de Tsarong pour superviser avec Peter Aufschnaiter le réseau hydroélectrique de Lhassa
  52. Kim Yeshi (trad. Jean-François Chaix, préf. Dalaï-lama), Tibet histoire d'une tragédie, Paris, Éd. de La Martinère,‎ février 2009, 285 p. (ISBN 978-2-7324-3700-2, OCLC 494972130).
  53. a et b Claude B. Levenson, L'occupation chinoise du Tibet (1950-1990), in Bernard Kouchner, Tibet, l'envers du décor, Genève, Editions Olizane,‎ 1993 (ISBN 978-2-880-86130-8), p. 103-118.
  54. Jean Dif : Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde
  55. Philippe Cornu : Tibet : culture et histoire d'un peuple. Guy Trédaniel, collection « Le retour à l'esprit » no 16, Paris, 1998. page 51. (ISBN 978-2-85707-995-8)
  56. Melvyn C. Goldstein, p. 780, note 14 : « international law defined duress as one party's applying direct physical threat to the delegates of the other party so as to force them to sign an agreement – the threat of invasion is, therefore, not sufficient to claim duress ».
  57. (en) Sam van Schaik, Tibet: A History, Yale University Presss, 2011, 324 p., p. 287, note 14 : « Since all sides agreed to the making of these seals, which serve the same function as signatures in Western documents, the claim by some that they were forged is misleading. As they represented the signature of the delegates, they would still require the ratification of the Tibetan government, which was given shortly afterwards. »
  58. Tsering Shakya, The genesis of the Sino-Tibetan agreement of 1951, In: Alex McKay: The History of Tibet – The Modern Period: 1895–1959. The Encounter with Modernity. Routledge 2003, (ISBN 0415308445), p. 601
  59. (en) Woeser, Ngapo Ngawang Jigme: The Death of an Historical Figure".
  60. (en) Transcript of Video-Conference with His Holiness the Dalai Lama and Chinese Activists, site du dalaï-lama, 20 janvier 2011 : « After the signing of the Agreement, when I met Ngabo in Lhasa, he told me that they were compelled to sign that Agreement because, had they refused to sign, it would have resulted in an ‘armed liberation’ of Tibet. Thus, he felt that a ‘peaceful liberation’ was better than an ‘armed liberation’. He, however, also said that when they signed the Agreement, even though they were carrying the Chamdo governor’s official seal, they did not use it. They instead had to use a forged seal provided by the Chinese government. »
  61. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2: A Calm before the Storm, 1951-1959, op. cit., pp. xiii-xiv : « subjects [interviewed] included important Tibetans such as the Dalai Lama, Ngabo, Lhalu, and Takla (Phuntso Tashi) ».
  62. Barry Sautman, “All that Glitters is Not Gold”: Tibet as a Pseudo-State, commentant ce passage du livre de Golstein, parle d'« entretiens avec deux des négociateurs du dalaï-lama et leur interprète » (« Interviews with two of the Dalai Lama's negotiators and their interpreter...) ».
  63. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2: A Calm before the Storm, 1951-1959, op. cit., p. 106-107 : « The Chinese did make new seals for the Tibetans, but these were just personal seals with each delegate's name carved on them. Other than this, there were no forged government seals. Part of the confusion derives from the fact that Ngabo had in his possession the seal of the governor of Eastern Tibet but chose not to use it. That seal, however, was not the official seal of the Tibetan government, so not using it did not lessen the validity of the agreement. »
  64. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2: A Calm before the Storm, 1951-1959, op. cit., p. 106-107 : « In his autobiography, the Dalai Lama states that the Tibetan delegates claimed they were forced 'under duress' to sign the agreement, but this is clearly incorrect in the sense of any personal duress. The Chinese did not threaten the delegates with physical harm to make them sign. The delegates were free not to sign and to leave Beijing. Their feeling of duress derives from the general Chinese threat to use military force again in Central Tibet if an agreement was not concluded. However, according to international law, this does not invalidate an agreement. So long as there is no physical violence against the signatories, an agreement is valid. However, the validity of the agreement is premised on the signatories' full authority to finalize an agreement, and this, as we saw was clearly not the case. So in this sense, the Dalai Lama actually had grounds to disavow it. »
  65. (en) David Hsieh, 'Nothing Will Change': Tibetan 'Traitor' Ngabo Ngawang Jigme, Asiaweek, October 20, 2000, vol. 26, no 41 : « When we signed, there were some dicrepancies between certain clauses and what the Dalai Lama had instructed. At the time, the Dalai Lama was in Dongga. If he hadn't been satisfied with the agreement, he most likely would have left the coutry. »
  66. (en) A. Tom Grunfeld, Tibet and the United States, in Barry Sautman and June Teufel Dreyer (sous la direction de), Contemporary Tibet: politics, development, and society in a disputed region, M. E. Sharpe, Armonk, New York - London, England, 2006, 360 p., p. 319-349 : « Ironically, the Chinese insistence on such a pact demonstrated that even Beijing understood that Tibet was not a province of China but an entity outside of China's boundaries that required some form of official incorporation. »
  67. (en) Hong Xiaoyong, China Did Well by Tibet, The Straits Times (Singapour), 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « The Dalai Lama sent a telegram to Chairman Mao Zedong to express his support for the agreement and his determination to implement it ».
  68. (en) Russian scholar says Tibetan struggle legitimate, not separatist, Tibetan Review, 9 mai 2010
  69. (en) Kuzmin, S.L. Hidden Tibet: History of Independence and Occupation. Dharamsala, LTWA, 2011, p. 190 - ISBN 978-93-80359-47-2
  70. Jean Dif, « Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3) - Le quatorzième Dalaï lama », op. cit. : « Pendant une dizaine d'années, le Parti communiste chinois va cohabiter avec l'une des dernières théocraties féodales du monde ».
  71. (en) The Signing of the 17-Article Agreement and the Peaceful Liberation of Tibet, When the PLA Troops entered Lhasa, vol. 1, Chinese edition, p. 212; Tibetan edition, p. 344. Déclaration de Lhalu (traduit en français) : « Dans le passé, lorsque les troupes impériales Qing, les troupes britanniques et les troupes du Kuomingtang vinrent au Tibet, il n'y eut pas de cérémonie en leur honneur. Seules les troupes de l'APL ont mérité un accueil chaleureux de notre part car les troupes de l'APL sont l'armée du peuple ».
  72. (en) Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, version en ligne : « The dire food problems of the Chinese led Ngabö to push successfully for one interesting innovation in Lhasa - the creation of a subcommittee of the Kashag whose mission was to deal effectively with matters concerning the arrangements and accomodations of the Chinese, including food for the PLA. »
  73. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, vol. 2, The Calm Before the Storm: 1951-1955, Asian Studies Series, Édition illustrée, University of California Press, 2007, 639 p. : « Point 2 stated, "The local government shall actively assist the people's Liberation Army to enter Tibet." Point 16 more explicitly stated, "The local government of Tibet will assist the People's Liberation Army in the purchase and transport of food, fodder, and other daily necessities." »
  74. Lodi Gyari, 'Seeking unity through equality', Himal, January 26, 2007, reproduit sur le site phayul.com : « The Tibetans have the legitimate right to seek special status, as can be seen in the following quote by Ngapo Ngawang Jigme. »
  75. Bruno Philip, Ngapo Ngawang Jigme, homme politique tibétain, Le Monde, 1er janvier 2010. « Si son soutien au gouvernement chinois sembla ne jamais faillir, il se permit cependant d'en critiquer la politique tibétaine lors d'un discours prononcé en 1988. Lors de cette intervention faite en petit comité et dont on connaît aujourd'hui la teneur, il souligna le fait que l'"accord en 17 points" n'avait jamais été vraiment appliqué et demanda "plus de pouvoirs d'autonomie" pour le Tibet. »
  76. When did Tibet come within the sovereignty of China?, by Apei Awang Jinmei (Ngapo Ngawang Jigme), History of the Tibet Communist Party, Volume 3, 1988 (General Series No. 21), published in translation in Background Papers on Tibet, Tibet Information Network, London; 1992 : « It is because of the special situation in Tibet that in 1951 the Seventeen Point Agreement on the Peaceful Liberation of Tibet, between the central people's government and the local Tibetan government, came about. Such an agreement has never existed between the central government and any other minority regions. We have to consider the special situation in Tibetan history while drafting policies for Tibet in order to realise its longterm stability. We must give Tibet more autonomous power than other minority regions. In my view, at present, Tibet Autonomous Region has relatively less power of autonomy compared with other autonomous regions, let alone compared with provinces. Therefore Tibet must have some special treatment and have more autonomy like those special economic zones. We must employ special policies to resolve the special characteristics which have pertained throughout history. »
  77. Laurent Deshayes Histoire du Tibet, Page 327 Fayard, 1997 (ISBN 978-2213595023)
  78. Michael Harris Goodman, op. cit., p. 217
  79. (en) Richard Pierre Claude, compte rendu de Howard B. Tolley Jr., The International Commission of Jurists: Global Advocates for Humam Rights, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994, in Human Rights Quarterly, August 1994 : « Based on documentation and named respondents, the author presents the tale of the United States Central Intelligence Agency (CIA) in secretly bankrolling the formation of the ICJ as an instrument of the Cold War. [...] Tolley shows that the tainted source of funding was unknown to most ICJ officers and members, [...] ».
  80. Commission internationale de juristes, La question du Tibet et la primauté du droit, Genève, 1959, Chapitre Violations par la République populaire de Chine des obligations découlant de l'accord des dix-sept points, p. 23-65 : « Les conclusions que l'on peut tirer des éléments de preuve rassemblés, par rapport à l'Accord des dix-sept points, sont les suivantes [...] Afin de provoquer l'effondrement de la communauté monastique, les monastères ont été frappés d'impôts et dépossédés de leurs réserves alimentaires, les moines ont été soumis au travail forcé et, à la déportation en Chine et on les a forcé à renoncer au célibat. Les monastères et les objets sacrés ont été détruits (...) Des lamas et des moines ont été torturés et mis à mort. On est ainsi irrésistiblement conduit à la conclusion générale que les Chinois étaient fermement résolus à employer toutes les méthodes en leur pouvoir pour éliminer les croyances religieuses et leur substituer des doctrines communistes ».
  81. Lodi Gyari in Implementing negotiated agreements: the real challenge to intrastate peace, édité par Miek Boltjes, Cambridge University Press, 2007, (ISBN 978-90-6704-240-6 et 9789067042406) : « The Violation and Repudiation of the Seventeen Point Agreement. The Tibetan national uprising against the Chinese presence in Tibet in 1959 was the inevitable result of increased oppression and policies imposed by China in violation of the Seventeen Point Agreement. In spite of the Dalai Lama’s efforts to cooperate with the Chinese authorities to implement the Agreement, the Chinese leaderchip initiated a series of policies that divided Tibetans and effectively replace Tibetan political authority with Chinese rule. » (p. 150).
  82. Tibet through dissident Chinese eyes: essays on self-determinaton, p. 126
  83. The People's Republic in a Group Portrait
  84. (en) Song Liming, Reflections on the Seventeenpoint Agreement of 1951 in Tibet through dissident Chinese eyes: essays on self-determinaton, Changqing Cao, James D. Seymour. p. 67 : « China is undoubtedly responsible for the violation of the Seventeen-point Agreement and thus for the termination of Tibet's "existing political system." »
  85. (en) Ngapoi recalls the founding of the TAR, www.chinaview.cn, 2005-08-30 : « From 1951, the year Tibet won peaceful liberation, to 1959, the Central Government waited for the upper ruling class to "conduct reform among themselves". A small number of reactionary elements in the upper ruling class, however, misunderstood the situation and left no stone unturned to oppose the reform. »
  86. (en) Ngapoi recalls the founding of the TAR, www.chinaview.cn, 2005-08-30 : « Soon after the PLA entered Tibet, the so-called "people's assembly" whose members included Lukangwa Cewang Raodain and Benzhucang Lobsang Zhaxi, both pro-imperialist elements and supreme officials under the 14th Dalai Lama, produced a petition, denounced the peaceful agreement and demanded that the PLA troops should leave Tibet. Three representatives of the pseudo "people's assembly" demanded entry into the area where the PLA troops were stationed for the delivery of the "petition" on March 31, 1952. In the meantime, more than 1,000 Tibetan troops and armed people surrounded the site. [..] Large groups of armed men surrounded the Central Government Office in Tibet, the Tibet Work Committee, banks and foreign affairs office. My residence was also besieged. [...] Zhang Jingwu, representative of the Central Government, [...] warned the Dalai Lama of the seriousness of the situation, [...]. On April 27, the Dalai Lama ordered the Gaxag government to issue a decree declaring an end to the official status of the two rebel leaders and also declaring that the "people's assembly" was illegal, which helped restore calm. »
  87. (en) Ngapoi recalls the founding of the TAR, China Tibet Information Center, 18-08-2005 : « In July 1957, the Dalai Lama and the local government of Tibet conducted a large-scale summons ceremony in the Potala Palace, during which he accepted the golden throne and "petition" from the counter-revolutionary "four rivers and six mountain ridges" representatives. He gave them a blessing touch on their foreheads, and issued them with a talisman. Soon after this, a "religion protection army" was formed to foment rebellion ».
  88. "The 17-Point Agreement" The full story as revealed by the Tibetans and Chinese who were involved : « On his arrival in India, the Dalai Lama issued a press statement in Tezpur, Assam, on April 18, 1959. In it, the Dalai Lama stated that the "17-point Agreement" had been signed under pressure from the Chinese government. Then, on June 20, he issued another press statement from his new headquarters in Mussoorie, in which he repudiated the "Agreement", describing it as having been forced upon Tibet by invasion, threat and deceit. »
  89. Tsewang Choegyal Tethong, The comment of the Tibetan Gouvernment-in-exile, 1997, in Tibet: Human Rights and the Rule of Law, Commission internationale de juristes, Genève, décembre 1997, p. 367-370

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