Trotskisme

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Lev Davidovic Bronstein dit Trotsky

Le trotskisme, en russe Троцкизм (parfois orthographié trotskysme) est une philosophie politique de type marxiste se revendiquant de Léon Trotsky de ses écrits et de ses idées en matière d'organisation et de stratégie politiques. Le terme de « trotskisme » était initialement utilisé par ses adversaires staliniens pour laisser entendre que les idées défendues par Léon Trotski, dans les années 1920 seraient opposées à celles de Lénine.

Le trotskisme se distingue en premier lieu par la critique du nationalisme soviétique car selon Trotsky, le socialisme dans un seul pays préconisé par Lénine et repris par Staline était en rupture avec l'internationalisme prolétaire. Les trotskistes se réclament du communisme révolutionnaire et veulent mettre fin au capitalisme. Le trotskisme tient pour responsable des guerres, de l'exploitation et de la misère la domination bourgeoise et capitaliste du monde.

Le trotskisme met l'accent sur le rôle central de la classe ouvrière au sein de la société.

Idées générales[modifier | modifier le code]

Le trotskiste américain James P. Cannon, publie en 1940 History of American Trotskyism et il écrit « le trotskysme n'est pas une nouvelle doctrine, mais un mouvement de restauration, la renaissance du vrai marxisme, qui a été postulé au cours de la Révolution russe et les premiers jours de l'Internationale communiste ».

Les pensées politique de Trotsky peuvent être différenciées des autres théories marxiste à travers cinq éléments clés :

  • Défense de la théorie de la révolution permanente[1];
  • La critique de la bureaucratie stalinien instauré en 1924;
  • Défense de la révolution socialiste dans les pays capitalistes avancés en soutenant l'action de masse de la classe ouvrière;
  • Défense de l'internationalisme prolétaire[2]
  • L'utilisation d'un programme de «transition» qui réponds aux demandes aux problèmes quotidiens de la classe ouvrière et le «maximum» de l'introduction de l'idée de la transformation socialiste de la société[3].

Sur la scène politique marxisme, les mouvements trotskistes sont classés à gauche sur l'échiquier politique. Les trotskistes ont soutenus, pendant la Guerre froide, les aspirations démocratiques de l'URSS[4], se sont également opposés aux puissances impérialistes et étaient en faveur des révolutions européennes et asiatiques.

Après 1924, l'idéologie trotskyste se distingue surtout par son opposition à la vision stalinienne du communisme en contestant le règne de la bureaucratie (nom donné par Trotsky à la nomenklatura) et en prônant la démocratie et la liberté de débat au sein du Parti communiste. Déjà divisé du vivant de Trotsky, le trotskysme éclate en multiples tendances (pablisme, lambertisme, posadisme...) après la Seconde Guerre mondiale[5],[6].

Pratiques[modifier | modifier le code]

Programme de transition[modifier | modifier le code]

Congrès trotskyste en Argentine, en 2006.

Léon Trotsky, a voulu, dans ce texte, rassembler et synthétiser ce qui à ses yeux concentre l'expérience de la lutte révolutionnaire du prolétariat depuis son apparition dans l'Histoire, afin de déterminer un programme révolutionnaire adapté aux conditions qu'il énonce. De ce point de vue, le Programme de transition peut être considéré comme le dernier en date des programmes révolutionnaires internationaux.

Le texte lui-même est subdivisé en chapitres de différentes longueurs abordant les diverses questions stratégiques et tactiques que l'auteur relie à la lutte révolutionnaire émancipatrice internationale du prolétariat. Les deux premiers chapitres intitulés « les prémisses objectives de la révolution socialiste » et « le prolétariat et ses directions » abordent les points de départ essentiels qui seront le fil conducteur du reste du texte. L'auteur y pose les deux principes majeurs qui fondent le programme qui s'ensuit : le premier relève de l'analyse des conditions économiques et se concentre dans une des premières phrases du texte : « les forces productives de l'humanité ont cessé de croître ». Le second se retrouve en conclusion du premier chapitre et se résume ainsi : « la crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire » (sous-entendu : du prolétariat international).

Pour l'auteur, cette crise de la direction révolutionnaire du prolétariat et celle de l'humanité, qui se confondent donc d'un certain point de vue, seront résolues par la IVe Internationale et la réalisation du programme proposé au niveau mondial.

Les chapitres suivants sont constitués par les conclusions tactiques et stratégiques, présentées sous l'appellation de « revendications transitoires » qui découlent de ces deux principes fondamentaux. Ces revendications visent à assurer la « transition » - d'où le nom de ce texte - du capitalisme, analysé comme moribond, à une société communiste sans classe et sans État par la mobilisation révolutionnaire du prolétariat mondial contre les conséquences de l'agonie du capitalisme. Y sont abordés les revendications, tant politiques que sociales et économiques (voir le plan du Programme de transition ci-dessous), qui, tout en protégeant le prolétariat de la déchéance du capitalisme agonisant, jettent des ponts vers la révolution prolétarienne dont le but est l'expropriation des capitalistes et l'avènement progressif, sous forme de mesures de plus en plus résolument socialistes, de la société sans classe et sans État assurant le bien-être de toute l'humanité.

Ces « revendications transitoires » sont aussi spécifiées selon la forme de l'État et la situation économique particulière du pays donné. Il en est ainsi du cas de l'URSS, des États dominés par le fascisme et des pays colonisés et/ou économiquement arriérés. La place et le rôle des syndicats ouvriers, dans le contexte indiqué, y sont aussi développés, notamment la question de leur indépendance par rapport aux États, aux partis, au patronat et aux Églises.

Les 4 derniers chapitres du texte sont centrés sur les méthodes pratiques et les conceptions que l'auteur souhaite être les bases de fonctionnement de la IVe Internationale et de ses sections nationales. L'auteur y rejette ce qu'il considère avoir détruit les première, deuxième et troisième Internationales ouvrières. Il fixe les règles et principes qui régiront l'action de la IVe Internationale, lesquels se concentrent en ce qu'il nomme « le centralisme démocratique », à savoir « liberté complète dans la discussion, unité complète dans l'action ».

Isolement des trotskistes[modifier | modifier le code]

Suivant les groupes et les époques, les trotskistes ont pu apparaître sectaires face à un isolement au sein même du monde du travail, à la répression étatique et patronale et à l'hostilité, parfois violente, des partis de gauche (socialistes et communistes), mais prêts à travailler, suivant des objectifs déterminés et vitaux, dans de larges alliances (fronts uniques), ou même, cas plus rare ou limité, à défendre leurs options dans d'autres formations (entrisme). Ils affichent une culture de la dissidence, du fait de leur isolement relatif, et furent de tout temps l'incubateur d'un grand nombre de groupuscules, de cénacles et de petits partis, et parfois aussi un vivier de nouveaux cadres, notamment pour les partis sociaux-démocrates (par exemple le parti socialiste en France), résultat d'une politique d'entrisme tardive d'une partie de leurs organisations.

Élections chez les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Quand ils pensent que la présentation de candidats leur permet d'apporter quelque chose aux combats de la population, alors ils participent aux élections et utilisent le débat démocratique pour débattre de leurs idées, critiquer le système qu'ils condamnent et grossir le nombre de leurs militants. Ce dernier point, la construction d'un parti ouvrier, est peut-être le plus important aujourd'hui pour les trotskistes, car pour eux le mouvement ouvrier se doit d'avoir un parti indépendant du pouvoir en place, et de l'union la plus large possible, mais de pensée marxiste et de volonté révolutionnaire.

C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, les partis d'origine trotskiste ne sont pas forcément entièrement, ou majoritairement, trotskistes. C'est aussi la raison pour laquelle les courants trotskistes peuvent paraître difficilement déchiffrables. Les critères changent d'un courant à l'autre, brouillant les cartes de compréhension du trotskisme comme idéologie unique.

Syndicalisme chez les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Compte tenu de ses origines léninistes, la pensée trotskiste considère le syndicalisme comme une arme d'organisation nécessaire, mais non suffisante. Des grèves sporadiques dans tout le pays ne sont pas suffisantes ; au moment révolutionnaire, il faut y ajouter un but politique, celui des ouvriers les plus formés, les plus politisés, ceux dont les idées sont les plus avancées. Pour les trotskistes, seule une organisation politique, dont la révolution est la raison d'être, est en mesure d'influer ou d'assurer le développement et le succès d'un mouvement révolutionnaire, de lui donner le caractère nécessaire à sa réalisation.

Il peut paraître paradoxal que des courants du trotskisme réclament l'indépendance réciproque des partis et syndicats. Ce point de vue peut s'expliquer par leur combat contre la bureaucratie syndicale et le stalinisme qui, pour eux, comprend l'influence des partis communistes sur les syndicats. Ainsi, quand les mouvements de grève d'ampleur sont l'arène d'âpres luttes de tendances politiques et syndicales représentant tout l'éventail de la gauche, il est dès lors nécessaire, selon eux, d'y apparaître au moins selon les lignes directrices de sa politique. De plus, les syndicats sont plus que de simples appareils entre les mains des partis politiques, ils sont avant tout des regroupements de travailleurs combatifs, plus ou moins déterminés. D'où, selon eux, l'intérêt d'une indépendance des syndicats vis-à-vis des partis, afin d'y faire valoir, démocratiquement, leur ligne sociale et politique.

Entrisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Entrisme.

L'objectif de Trotski étant à la fois de pouvoir travailler avec des militants non-révolutionnaires dans les luttes quotidiennes, et de garantir l'indépendance des idées révolutionnaires, il prévoit l'entrée en groupe organisé dans des organisations réformistes. L'entrisme correspondait chez Trotski d'abord à une position tactique (donc sujette à évolution), ensuite à une adhésion collective et « à drapeau déployé » dans des partis réformistes ou « centristes » pour profiter des courants de radicalisation et quitter le terrain du propagandisme pour celui de l'action de masse.

Il s'agissait d'opérations conjoncturelles, par exemple dans la SFIO en 1934-35 (le « Tournant français (en) »). Plus tard, la Militant tendancy de Ted Grant a théorisé et pratiqué un entrisme à long terme (en l'occurrence dans le Parti travailliste britannique) dont l'objectif était de positionner le trotskisme comme un courant légitime dans le mouvement ouvrier. C'est l'orientation actuelle du groupe Le Militant, dans le PS, le PCF et le PG. Une autre organisation, La Riposte, prône la participation au PCF et le soutient électoralement.

Le terme entrisme a été utilisé (les trotskistes préférant alors parler de « travail syndical ») pour désigner les opérations de noyautage secret menées principalement en France par le courant lambertiste (OCI des années 1970-1980) et dont un élément célèbre en France sera Lionel Jospin (premier ministre 1997-2002) qui coupa les ponts avec l'OCI bien avant d'accéder au pouvoir. Les franckistes (ex-pablistes) de la LCR) ont toutefois également eu recours à ces méthodes, vis-à-vis du PS, de la CFDT, du PCF et de la CGT[7].

Dans tous les cas (secret ou ouvert), l'entrisme est une tactique ambivalente: elle peut aussi bien favoriser l'organisation trotskiste, en l'aidant à recruter des adhérents afin d'organiser, ultérieurement, une scission et la création d'un « parti révolutionnaire », que se « retourner contre elle », les infiltrés adoptant peu à peu l'idéologie et les convictions du parti infiltré, jusqu'à en devenir un cadre authentique. Pour ces raisons, l'entrisme n'est pas nécessairement reçu de façon hostile par l'organisation d'accueil : François Mitterrand connaissait parfaitement, dès 1971, le passé trotskiste de Jospin[8]. Le journaliste Christophe Nick va ainsi jusqu'à parler de l'« entrisme de courtoisie de Lambert »[9] et de qualifier, sur un mode humoristique, l'OCI de « cinquième courant du PS »[9].

Daniel Bensaïd, le philosophe de la LCR, a théorisé l'entrisme dans un Essai de taupologie générale, qui fait de nombreuses allusions au marranisme, du nom des Juifs s'étant convertis au catholicisme sous les Rois catholiques mais ayant conservé en secret leur foi et leurs rites : il y a, selon lui, un point commun entre le messianisme des marranes et celui des « révolutionnaires professionnels » trotskistes[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance de l’opposition de gauche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opposition de gauche.
Trotski avec Lénine et des soldats à Petrograd en 1921.

En 1923, Lénine et Trotski, constatant la bureaucratisation du régime issu de la révolution, entrent en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline[11]. Dans son livre Cours nouveau, il analyse l'évolution du parti bolchevik et propose des mesures pour limiter la tendance à la bureaucratisation qui se fait jour, en assurant une plus grande démocratie au sein du parti. Selon Trotski, la bureaucratisation du régime est due à la situation particulière de la Russie : la révolution y a vaincu, mais dans un pays arriéré, isolé après l'échec des révolutions, épuisé par la guerre, manquant de tout, une couche bureaucratique s'est constituée sur la base de la ruine du pays.

La mort de Lénine en 1924 permet à la bureaucratie de s'imposer malgré la formation de l'opposition de gauche, dans laquelle Trotski s'allie avec des militants bolcheviks comme Timofeï Sapronov, l'économiste Evgueni Preobrajenski, Nikolaï Ossinski, Victor Serge, Christian Rakovski, etc.

Le terme « trotskiste » est lancé de manière injurieuse par Zinoviev et repris par Staline qui pointe la différence entre la « révolution permanente » soutenue par Trotski et son idée propre de « révolution d'un seul pays[12]. » Durant l'été 1923, alors que Lénine est dans le coma, Staline lance son offensive et fait arrêter par la Guépéou un certain nombre de membres du Parti pour « indiscipline ».
En mai 1924, Staline attaque Trotski lors du XIIIe congrès du Parti en le qualifiant de « léniniste fractionniste[13]. »
Fin 1924, Staline, allié avec Lev Kamenev et Zinoviev, érige le trotskisme en « hérésie », réussit avec l'appui du parti à reprendre le contrôle de l'armée et accrédite progressivement l'idée que le rôle de Trotski dans la révolution a été bien moindre que celle qu'il revendique. Son visage commence à être effacé sur les photographies trop révélatrices : Premier exemple stalinien de réécriture de l'histoire[14]

Trotski se rapproche alors tactiquement, à partir de 1926, de Zinoviev et de Kamenev dans l'opposition unifiée et dirige avec eux un courant qui s'oppose à Staline. Mais il est trop tard, car ce dernier a déjà pris la main sur les principaux rouages de l'appareil du Parti. Au XVe congrès du Parti, Zinoviev est à son tour mis en cause, aux côtés de Trotski, et le 10 juillet 1928, Boukharine est à son tour condamné par le Comité Central.

Finalement, son opposition lui vaut d'être exclu du parti le 12 novembre 1927 et d'être déporté à Alma-Ata. Staline finit par le faire expulser d'Union soviétique en 1929, pendant que la répression s'abat sur ses partisans. Durant cet exil, il écrit de nombreux ouvrages et continue à militer pour le communisme et la révolution internationale. Il crée en 1930 l'opposition de gauche internationale.

Voline militant libertaire et théoricien anarchiste condamné à mort par Trotski avant d'être finalement banni, souligne que Lénine et Trotsky n'auraient, selon lui, que préfiguré le stalinisme[15].

Staline contre Trotski[modifier | modifier le code]

Trotski en compagnie de camarades américains à Mexico, peu avant son assassinat, 1940.

En 1927, Tchang Kaï-chek, que Staline avait promu membre d’honneur de l’Internationale communiste, écrase dans le sang la grève des ouvriers de Shanghai. L’opposition de gauche dénonce la politique de Staline en Chine, qui a conduit le Parti communiste chinois à se laisser désarmer et massacrer. La lutte dans le Parti bolchevique se fait de plus en plus âpre, des commandos staliniens dispersent les réunions et les cortèges de l’opposition.

Le Politburo applique à Trotski l’article du code pénal contre les « menées révolutionnaires »[réf. nécessaire], et le 15 janvier 1928, l’exile à Almaty, alors Alma-Ata. Les opposants sont arrêtés, 2 000 militants de Moscou sont internés, 200 étudiants trotskistes chinois sont déportés en Sibérie, où ils mourront tous [réf. nécessaire]. Trotski s'exile ensuite en Turquie, puis obtient, à la faveur de l'arrivée au pouvoir du Cartel des gauches, un visa pour la France. Il y renoue avec ses amis, connus dans les années 1910, qui fondent en 1930 la Ligue communiste. Mais le conflit entre l'Opposition de gauche et Staline dépasse les frontières de l'URSS, pour se mondialiser à la faveur des interventions du Komintern : partout, les trotskistes, ou présumés tels, sont exclus des partis communistes.

Au fil des années, la chasse au trotskisme suit une courbe ascendante, et des milliers de communistes, trotskistes ou non, périront dans les camps. La Pravda du 5 juin 1936 donne le ton ; « D'une main ferme, nous continuerons à anéantir les ennemis du peuple, les monstres et les furies trotskistes, quel que soit leur habile camouflage »[16]. La machine mise sur pieds par Lénine et Trotski, qui visait jusqu'alors mencheviks et anarchistes, et que Trotski avait justifié dans Terrorisme et communisme, publié fin 1920 en réponse à Kautsky, se retourne contre l'Opposition de gauche.

La guerre entre stalinisme et trotskisme a commencé, et ne connaît pas de frontières : les trotskistes seront pourchassés pendant la guerre d'Espagne (le POUM d'Andreu Nin est visé, sans pour autant être trotskiste) ainsi que pendant la Seconde Guerre mondiale (durant laquelle ils sont dénoncés au sein des camps de concentration par des cellules clandestines communistes, pour être affectés aux tâches les plus dures, tandis que des règlements de compte ont lieu dans les maquis, par exemple avec l'assassinat d'un des fondateurs du Parti communiste italien, Pierre Tresso, en 1943 en Haute-Loire[17]). Les agents du NKVD assassinent systématiquement les partisans de Trotski, tuant, en France, le Tchécoslovaque Rudolf Klement, secrétaire de la IVe Internationale, le Polonais Reiss, l'Autrichien Kurt Landau, le Tchèque Erwin Wolf, et l'Allemand « Moulin » (Hans Freud). Le NKVD n'en reste pas là : en 1945, le maire de Saigon et leader trotskiste vietnamien Tạ Thu Thâu est assassiné par le Viet-minh. Trotski lui-même est assassiné en 1940 au Mexique, par Ramón Mercader.

En 1936 a lieu le premier procès de Moscou, dans lequel les accusés Zinoviev, Kamenev, etc., « avouent » être des agents de la Gestapo et avoir préparé des attentats en URSS. Les 16 accusés sont condamnés à mort, sur le réquisitoire du procureur Vychinski, ancien menchevik devenu stalinien, qui proclame : « Il faut fusiller ces chiens enragés »[18]. Toute l'ancienne direction du Parti bolchevique est éliminée lors de ces purges, faisant de Staline le seul dirigeant resté en place depuis la Révolution de 1917.

Propagande stalinienne contre les trotskistes[modifier | modifier le code]

Tout au long du combat du stalinisme contre le trotskisme, la presse stalinienne aura recours à l’injure et à la calomnie. En 1929, la Pravda titre sur « Mister Trotski au service de la bourgeoisie britannique[19] ». Lors des procès de Moscou, Vychinski parle des « bandits trotskistes, vulgaires mouchards et espions » ; affirme que « le trotskisme contre-révolutionnaire est devenu depuis longtemps déjà le pire détachement d’avant-garde du fascisme international », « converti en une des succursales des SS et de la Gestapo », « entièrement mis à la disposition des services d’espionnage étrangers »[20].

L’Internationale communiste de son côté affirme que « la lutte contre le trotskisme est aujourd’hui l’une des plus importantes tâches de tout le mouvement ouvrier international », et que « à l’heure actuelle, toutes les conditions pour écraser la vermine trotskiste existent ».

En France, le PCF et L'Humanité applaudissent à ces consignes. En 1935, L’Humanité exige la mise hors la loi des trotskistes en France, et ne parle désormais plus que des « hitléro-trotskistes au service de l'étranger ». En effet au printemps 1940, dans un article intitulé « L’avenir des armées de Hitler »[21], Léon Trotsky déclare : « Les soldats de Hitler sont des ouvriers et des paysans allemands »[21]. Par cette formule, Trotsky défend la stratégie déjà appliquée à la guerre de 1917 : baisser les armes, fraterniser avec les troupes adverses. Cette stratégie porte un nom, le « défaitisme révolutionnaire », résumé dans cette phrase de Trotsky : « Nous propageons l’unité des travailleurs dans tous les pays belligérants et neutres; nous appelons à la fraternisation des ouvriers et des soldats dans chaque pays, et des soldats avec les soldats de l’autre côté de la ligne du front. »[22]. Tous les partis communistes épurent leurs rangs, et tout militant critique peut se voir étiqueté de « trotskiste », exclu et diffamé, et souvent molesté. Il devient de plus en plus difficile pour les militants trotskistes de militer au sein du monde du travail, et en particulier dans les entreprises.

« Tournant français » et création de la IVe Internationale[modifier | modifier le code]

Le logo de la IVe Internationale

Au début des années 1930, face à la montée du nazisme en Allemagne, Trotski appelle les militants des deux grands partis ouvriers allemands, socialistes et communistes, à réaliser un front unique de défense, seul selon lui capable d’empêcher le fascisme d’écraser les partis ouvriers et toute la société allemande. Mais le Parti communiste d'Allemagne (KPD), qui suit la ligne du Komintern « classe contre classe », assimile alors les socialistes à des « sociaux-fascistes ». Cette ligne paralyse le KPD, conduisant à se laisser écraser, pratiquement sans combattre (répression à la suite de l'incendie du Reichstag en février 1933).

Trotski en tire progressivement la conclusion que la IIIe Internationale n’est pas réformable, et que les marxistes révolutionnaires doivent désormais se regrouper sous un autre drapeau. Dès 1933, certains trotskistes français se rapprochent ainsi des socialistes SFIO afin de former ce Front Uni, qui doit se distinguer des Fronts populaires ultérieurs par l'exclusion des radicaux, « bourgeois réactionnaires ». Cette politique est véritablement mise en pratique, en France, après les émeutes du 6 février 1934, qui effraient la gauche et conduisent aux premières tentatives d'union antifasciste : c'est le « Tournant français (en) », par lequel Trotski préconise à ses disciples d'abandonner la constitution d'un parti révolutionnaire autonome pour rejoindre la SFIO, formant la tendance du groupe bolchevique-léniniste (BL ou GBL). Trotski publie ainsi le premier article sur l'« entrisme » dans La Vérité le 10 juillet 1934, sans toutefois le signer[23]. Cette politique de l'« entrisme à drapeaux déployés », c'est-à-dire pratiqué ouvertement, est imitée par les autres groupes trotskistes : le Parti des travailleurs des États-Unis (en) entre au Parti socialiste d'Amérique en 1936 et la Ligue communiste britannique (en) créa le Groupe marxiste (en) au sein du Parti travailliste indépendant (ILP).

Trotski préconise alors de se rapprocher, en France, de Marceau Pivert, secrétaire général de la Fédération SFIO de la Seine et représentant de l'aile gauche du parti, autour du groupe « Bataille socialiste », puis après la scission de cette tendance à la suite des désaccords entre Pivert et Zyromski, dans la Gauche révolutionnaire créée par Pivert. Mais, alors que Staline a signé une alliance avec Laval en 1935 et que le PCF effectue un virage patriotique, préconisant une alliance large, y compris avec les radicaux, les partisans de l'exclusion des « rad-soc » de l'alliance (pivertistes, spartakistes, zinoviévistes de Albert Treint, et trotskistes de Pierre Naville) sont battus au Congrès de Mulhouse de la SFIO (juin 1935). Blum parvient à exclure les trotskistes, préférant l'alliance avec le PCF, mieux organisé et nettement plus puissant. Dès lors, Trotski effectue un virage à 180°[24], préconisant en novembre 1935 la constitution de comités d'action révolutionnaire afin de s'opposer à un Front populaire qui intègrerait les radicaux, en assénant : « On ne peut construire ces comités qu'en démasquant impitoyablement la politique antirévolutionnaire de la prétendue "gauche révolutionnaire", Marceau Pivert en tête[25] »

Ainsi, après des années de tentatives de redressement de la politique de la IIIe Internationale, Trotski, expulsé d'URSS en 1929, fonde, en France, avec d'autres communistes opposés à Moscou, la IVe Internationale en 1938 dont ses membres seront désormais appelés trotskistes.

Après Trotski[modifier | modifier le code]

La tombe de Léon Trotski au Mexique

Le 20 août 1940, Léon Trotski est assassiné à coups de piolet dans sa résidence au Mexique par un agent espagnol du NKVD du nom de Ramon Mercader (alias Jacques Mornard ou Jackson Mornard), qui a réussi à infiltrer son entourage.

Pendant la guerre[modifier | modifier le code]

La mort de Trotski au début de la Seconde Guerre mondiale laissa les trotskistes désemparés. Trotski avait eu des analyses différenciées sur la guerre, en défendant par exemple l'effort de guerre chinois contre l'envahisseur japonais[26], ou le soutien à la Seconde République espagnole, y compris après l'élimination du POUM, contre Francisco Franco[27]. Mais ces nuances ne figuraient pas dans le Programme de transition adopté en 1938 par la Quatrième Internationale, qui énonce le caractère nécessairement « impérialiste » de la guerre à venir, et donc le « principe fondamental de cette lutte », le « défaitisme révolutionnaire »[28].

Dès lors, un certain nombre d'organisations trotskistes vont adopter pendant la Seconde Guerre mondiale une telle position, couplée à un « internationalisme » mettant sur le même plan les Alliés et les puissances de l'Axe, considérées comme également impérialistes (une position partagée par l'ultragauche). En cela, ils s'opposeront nettement au tournant patriotique du PCF à la suite de la rupture du pacte germano-soviétique en 1941 (voir la réponse du surréaliste trotskiste Benjamin Péret à L'Honneur des poètes). Certains iront plus loin, en affirmant que les États-Unis représentent le danger impérialiste principal ; d'autres refuseront une telle analyse.

Ainsi, le POI français, dirigé notamment par Marcel Hic, s'orienta un temps vers le soutien à Churchill contre Hitler; il fut vite repris en main par la IVe Internationale qui l'accusa de « social-chauvinisme »[29].
De son côté, Marcel Bleibtreu s'engagea, à titre personnel, dans le Conseil national de la Résistance (CNR). Mais il s'agit là d'exceptions : la plupart des trotskistes, en tout cas en France, refusent la lutte armée contre l'Occupant, préférant à sa place la propagande envers la Wehrmacht, afin de gagner à la cause révolutionnaire les soldats allemands. Cette activité, risquée, conduit à la déportation de plusieurs d'entre eux (David Rousset en étant l'un des plus célèbres, écrivant à son retour des camps L'Univers concentrationnaire). Citons aussi Jean-René Chauvin, qui, avant d'être déporté, effectua de nombreuses liaisons (entre David Rousset, Marcel Hic et Yvan Craipeau) et diffusa La Vérité et des journaux en langue allemande. Jean-René Chauvin raconte son expérience des camps de Mauthausen (annexe du loibl Pass), Auschwitz (mines de Jawizowitch) et Buchenwald, ainsi que les deux terribles marches de la mort auxquelles il a survécu. Il analyse aussi le phénomène concentrationnaire (fasciste et stalinien) dans son unique livre, paru en 2006, 50 ans plus tard, alors que jean-René Chauvin se revendiquait toujours trotskyste, intitulé "Un trotskyste dans l'enfer nazi"[30].

Par ailleurs, la guerre entre stalinistes et trotskistes continua pendant la guerre. Dans les camps, des cellules clandestines communistes envoyèrent ainsi les trotskistes dans des kommandos de la mort[17]. Dans les maquis, plusieurs furent assassinés (ainsi Pietro Tresso, l'un des fondateurs du Parti communiste italien, assassiné en Haute-Loire en 1943)[17].

Enfin, en France, le Grec Michel Raptis, alias Pablo, organisa l'unification des mouvements trotskistes, en mars 1944, dans le Parti communiste internationaliste (PCI).

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Trotski avait pensé que le stalinisme ne pouvait pas survivre à la Seconde Guerre mondiale et que les quelques milliers de trotskistes pourraient rapidement gagner des millions de militants à la cause révolutionnaire. Les deux thèses se sont révélées fausses et les trotskistes tentent alors d'analyser pourquoi, et surtout de sortir de l'isolement où les a confinés la répression stalinienne.

L'unification du mouvement français, en 1944, dans le Parti communiste internationaliste (PCI), à la seule exception du groupe Barta (ancêtre de Lutte ouvrière, LO), ne résista pas à la guerre froide. Dès la guerre de Corée, les trotskistes français se divisent, en 1952, entre pablistes et lambertistes, ceux-là préconisant l'entrisme au sein du PCF et de la CGT, tandis que ceux-ci préfèrent continuer le travail syndical au sein de Force ouvrière et de la SFIO. Le schisme se propage rapidement au mouvement trotskiste international, qui se divise entre la Quatrième Internationale (« Qi »), pabliste, et le Comité international pour la reconstruction de la Quatrième Internationale (Cirqi), lambertiste, qui prendra plus tard le nom d'Organisation communiste internationaliste (OCI). Malgré une réunification partielle, en 1963, au sein de la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié (QI-SU), qui fait suite à des analyses partagées concernant la Révolution cubaine, cette scission demeure à ce jour la plus importante du mouvement trotskiste.

Lors de la Détente, qui débute après la crise des missiles de Cuba (1962), la Quatrième Internationale apporte son soutien aux différents mouvements de libération nationale et ce malgré la scission d'une grande partie des sections sud-américaines membres du BLA (Bureau latino-américain de la IVe Internationale) qui suivent l'Argentin Juan Posadas, secrétaire du BLA, au sein de ce qui deviendra la Quatrième internationale posadiste. Elle soutient ainsi, en Amérique latine, les différents mouvements guérilleros, théorisés par Che Guevara sous le nom de foco. Cette politique dure jusqu'en 1973, date à laquelle elle constate son échec : les États du Cône sud tombent les uns après les autres sous la coupe de juntes militaires d'extrême-droite.

Pour le groupe Barta, ancêtre de Lutte ouvrière qui demeure cependant très minoritaire au sein du mouvement trotskiste, ne participant ni à l'une ni à l'autre des Internationales, le problème vient du fait que dans l'isolement où ils se trouvent, les militants trotskistes, souvent d'origine petite-bourgeoise, ne font pas le choix de consacrer l'essentiel de leur activité et de leur énergie en direction de la classe ouvrière. C'est pour cela qu'ils construiront une organisation séparée, caractérisée par une discipline plus ferme (que certains qualifient de moralisme révolutionnaire) et le refus de rechercher une « avant-garde politisée », notamment dans les mouvements nationalistes du tiers-monde.

D'autres, comme Natalia Sedova (la femme de Trotski), Grandizo Munis, le Groupe communiste internationaliste espagnol, le Parti ouvrier communiste italien ou les ancêtres de la tendance Socialisme international (qui grandira avant tout dans des pays de langue anglaise) affirmeront que l'analyse de Trotski sur le stalinisme est incomplète, et verront dans les pays staliniens une nouvelle forme de capitalisme, le capitalisme d'État.

La Quatrième Internationale considèrera que les pays de l'Europe de l'Est, malgré le manque de soulèvement révolutionnaire et de pouvoir direct des travailleurs, constituaient quand même une forme sociale à défendre, plus progressiste que les pays de l'Occident. Ces différences continueront pendant l'ensemble des trente glorieuses.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf for instance, Trotsky, Leon, The Permanent Revolution (1928) and Results and Prospects (1906), New Park Publications, London, (1962)
  2. What is Trotskyism (1973) Ernest Mandel
  3. Lew Trocki. The Death Agony of Capitalism and the Tasks of The Fourth International (1938)
  4. Figes, Orlando, A People's Tragedy: The Russian Revolution 1891–1924, s. 803, Pimlico (1997)
  5. Courtois 2007, p. 581-582
  6. Labica et Bensussan 1985, p. 1181-1184
  7. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 218
  8. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 244-259
  9. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 256
  10. Christophe Nick, op. cit., chapitre sur l'entrisme
  11. Léon Trotski, Ma vie, 1929, chapitre 40 : Le complot des épigones.
  12. Paul Johnson, op cit p. 283.
  13. Paul Johnson, op cit p. 284
  14. Staline, Œuvres, (PCF)
  15. « Staline « n'est pas tombé de la lune ». Staline et le « stalinisme » ne sont que les conséquences logiques d'une évolution préalable et préparatoire, elle-même résultat d'un terrible résultat, d'une déviation néfaste de la Révolution. Ce furent Lénine et Trotsky - c'est-à-dire leur système — qui préparèrent le terrain et engendrèrent Staline. Avis à tous ceux qui, ayant soutenu Lénine, Trotsky et consorts, fulminent aujourd'hui contre Staline : ils moissonnent ce qu'ils ont semé ». In La Révolution inconnue, Livre deuxième : Le Bolchévisme et l'Anarchie, Troisième Partie : La répression, Chapitre X. - La « justice » bolchéviste, p. 321-322, éditions Pierre Belfond, 1969.
  16. Cité par Pierre Broué dans Le Parti bolchevique, Éditions de minuit, 1963, p. 361.
  17. a, b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 324
  18. Cité par Pierre Broué dans Le Parti bolchevique, op. cit., p. 363.
  19. Cité par Victor Serge dans Vie et mort de Trotsky, Amiot, Dumont, 1951, p. 270.
  20. Voir Jean-Jacques Marie, Trotsky, le trotskysme et la Quatrième Internationale, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1980, p. 83.
  21. a et b http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/00/lt19400000.htm
  22. http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523af.htm
  23. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 199 sq.
  24. Nick (2002), op. cit., p. 207
  25. Trotsky, article paru dans La Vérité du 26 novembre 1935, cité in Nick (2002), op. cit., p. 207
  26. Interview de Trotski du 30 juillet 1937, Œuvres complètes, vol.14, p.216.
  27. Interviewé au sujet de savoir s'il faut, ou non, soutenir la Seconde République après l'écrasement du POUM, Trotski déclare, le 30 juillet 1937:

    «  Nous ne sommes pas neutres. Nous laisserons passer le bateau avec des munitions pour le gouvernement Negrín. Sans illusions: de ces balles, neuf sur dix sont dirigées contre les fascistes, au moins une contre nos camarades. Mais de celles qui sont destinées à Franco, dix sur dix seront dirigées contre nos camarades. (...) Dans la guerre civile espagnole, la question est: démocratie ou fascisme... Nous participons à la lutte contre Franco comme les meilleurs soldats et, en même temps, dans l'intérêt de la victoire sur le fascisme, nous faisons de l'agitation pour la révolution sociale et nous préparons le renversement du gouvernement défaitiste de Negrín. »

    (Interview de Trotski du 30 juillet 1937, Œuvres complètes, vol.14, p.216.
  28. Chapitre XII du Programme de transition, « La lutte contre l'impérialisme et contre la guerre »
  29. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 311
  30. "Un trotskyste dans l'enfer nazi" Jean-René Chauvin, édition Syllepse, 2006

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bensaïd, Les Trotskysmes, coll. « Que sais-je ? », 2002.
  • Harpal Brar, Trotskisme ou léninisme?, EPO, 575 p.
  • Frédéric Charpier, Histoire de l’extrême gauche trotskiste. De 1929 à nos jours, Éditions no 1, 2002, 402 p.
  • Daniel Erouville, Qui sont les trotskystes (d'hier à aujourd'hui), L'Harmattan, 2004.
  • Léo Figuères, Le trotskisme cet antiléninisme, Éditions sociales, 1969, 257 p.
  • Jean-Jacques Marie, Le Trotskysme et les trotskystes, Armand Colin, 2002.
  • Kostas Mavrakis, Du trotskysme, problèmes de théorie et d'histoire, cahiers libres 194-195, François Maspero, 1973, 313 p.
  • Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, 380 p.
  • Léo Figuères, De Trotsky aux trotskysmes. Éléments pour un débat, Éditions Le Temps des Cerises, 2012.
  • Michel Lequenne, Le Trotskisme. Une histoire sans fard, Éditions Syllepse, Paris 2005, (ISBN 284-9-50050-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]