Enver Hoxha

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Enver Hoxha
Enver Hoxha en novembre 1984.
Enver Hoxha en novembre 1984.
Fonctions
Premier Secrétaire du Parti du travail d'Albanie
Prédécesseur Nouvelle fonction
Successeur Ramiz Alia
Premier ministre albanais
Prédécesseur Fiqri Bey Dine
Successeur Mehmet Shehu
Biographie
Nom de naissance Enver Halil Hoxha
Date de naissance
Lieu de naissance Ergiri (aujourd'hui Gjirokastër), vilayet de Ioannina
Empire ottoman Empire ottoman
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Tirana
Drapeau : Albanie République populaire socialiste d'Albanie
Nationalité albanaise
Parti politique Parti du travail d'Albanie
Conjoint Nexhmije Hoxha
Religion Aucune (athée)

Enver Hoxha Enver Hoxha
Premiers Secrétaires du Parti du travail d'Albanie

Enver Hoxha, également retranscrit en français sous l'orthographe Enver Hodja, né le et mort le , est un homme politique albanais.

Il fonda en 1941 le Parti communiste d'Albanie (rebaptisé par la suite « Parti du travail d'Albanie ») et fut le dirigeant de la République populaire d'Albanie de 1945 jusqu'à sa mort, en tant que premier secrétaire du parti.

Sous le régime qu'il avait mis en place, l'Albanie a subi un profond isolement du reste de l'Europe et une adhésion sans concession au stalinisme. Sa dictature est considérée comme l'une des plus répressives de l'histoire contemporaine de l'Europe[1].

Il proclama en 1967 l'Albanie « premier État athée du monde ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Enver Hoxha à l'âge de 18 ans.

Enver Hoxha est né à Gjirokastre, une ville d'Albanie méridionale où son père, de religion musulmane, était commerçant. Enver, qui avait trois sœurs et un frère, fut surtout élevé par son oncle, Hysen Hoxha.

Il étudia de 1923 à 1927 au lycée français de Gjirokastre puis à celui de Korçë jusqu'en 1930.

En 1930, il obtint une bourse d'État pour étudier les sciences à l'université de Montpellier. Il abandonna ses études en 1933 et se rendit à Paris, où il côtoya des communistes français et albanais en exil. Il devient l'année suivante secrétaire particulier du consul albanais à Bruxelles. Il y suivit des cours de droit à l'Université libre de Bruxelles, à nouveau sans obtenir de diplôme. De retour en Albanie en 1936, il enseigna à Tirana, puis au lycée français de Korçë, avant d'être renvoyé de l'établissement fin 1939 pour avoir participé dans la ville à une manifestation de la célébration de la fête de l'indépendance à caractère anti-fasciste. Cet évènement peut être vu comme le début réel de la carrière d'activiste d'Enver Hoxha. Il revint alors à Tirana et devint bistrotier et marchand de tabac.

Années de résistance[modifier | modifier le code]

Hoxha en tenue de partisan.

Dès l'invasion italienne de l'Albanie en 1939, Enver Hoxha cherche à organiser la résistance et reçoit l'aide d'émissaires du parti communiste yougoslave envoyés par le Komintern. Le parti communiste albanais est fondé le . Il faut toutefois modérer l'importance du PC albanais d'alors. Si des sections locales existaient depuis 1929 (notamment à Korçë ou à Tirana), leur influence politique restait très faible, et des dissensions et scissions internes n'arrangèrent pas la situation.

Ce n'est qu'en novembre 1941, soit quelques mois après le retournement de l'Allemagne nazie contre Staline, qu'Enver Hoxha est élu secrétaire général d'un nouveau parti communiste dont l'unification des anciennes sections fut ordonnée par le Komintern. Le choix d'Hoxha semble tenir à son instruction et à son passage de quelques années en France — bien que peu profitable sur le strict plan des études. Ce nouveau PC, fort d'à peine quelques centaines de membres, établi sur un modèle titiste, était sous l'emprise idéologique du PC yougoslave voisin.

Bien que souhaitant une union nationale devant déboucher sur une « Grande Albanie », Hohxa, critiqué par le Parti communiste yougoslave, rompt en 1943 l'accord de Mukje entre résistants nationalistes, royalistes et communistes.

Les groupes de partisans communistes albanais et yougoslaves sont encadrés et formés par des instructeurs militaires britanniques appartenant au Special Operations Executive[2].

En mai 1944, devant le recul de la Wehrmacht, le Mouvement de Libération Nationale - LNÇ, contrôlé par les communistes depuis novembre 1943, décide de se muer en gouvernement provisoire. Hoxha est élu dirigeant du comité exécutif de ce gouvernement.

Hoxha commence alors à adopter des mesures qui visent à consolider le pouvoir. D'abord, les groupes de résistance n'appartenant pas au FLN sont déclarés illégaux - les partisans albanais combattaient jusqu'alors avec l'aide de partisans communistes grecs, des républicains du Balli Kombëtar et des monarchistes fidèles au roi Zog Ier.
Puis, une réforme agraire est adoptée en août 1945, confisquant 52 % des terres appartenant aux beys et aux grands propriétaires fonciers (avec cette réforme, leur part descend à 16 %) qu'il donne sans compensation aux paysans.
Hoxha estima également que la population albanaise devait augmenter : en conséquence, le gouvernement interdit l'avortement, sauf dans le cas de viol ou lorsque la vie de la mère était en danger.

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Visite d'Enver Hoxha au village de Dardha (Korçë) en 1966.

Le est fondé le Gouvernement démocratique d'Albanie, dont Hoxha est nommé à la fois président et ministre de la Défense. En quatre ans, il parvint ainsi à passer de chef d'un petit parti de 200 membres à dirigeant d'un pays à peine libéré, en pleine guerre civile, mais à la tête de dizaines de milliers de partisans.

Si l'année 1945 fut plus difficile pour Hoxha, qui dut faire face à la montée en puissance des courants pro-yougoslaves et rattachistes au sein du PC, le Front démocratique dont l'influence avait décru, et dans lequel le Parti communiste était dominant, remporta les premières élections d'après-guerre avec 93 % des voix le . La République populaire d'Albanie proclamée le est aussitôt reconnue par la France du général de Gaulle, qui sera d'ailleurs l’un des seuls États occidentaux, avec l'Italie, l'Autriche et la Suisse, à entretenir des relations diplomatiques avec l'Albanie communiste.

Pourtant, la fusion avec la Yougoslavie est alors pressentie comme imminente. Staline refuse de recevoir Hoxha, malgré la demande de soutien de celui-ci, et se déclare en privé favorable à l'incorporation de l'Albanie dans la Yougoslavie.

La situation ne se retourna qu'en 1948, à la suite de la rupture soviéto-yougoslave : le clan pro-yougoslave, se retrouvant soudainement isolé, fut dénoncé par celui d'Hoxha et ses principaux meneurs, Koçi Xoxe en tête, liquidés. Le premier congrès du PCA (qui fut à cette occasion renommé Parti du travail d'Albanie), en , acheva de restaurer Hoxha comme dirigeant de l'Albanie, et élimina les clivages du sein du Parti.

Les Britanniques et les Américains se mettent d’accord en 1949 pour mener une opération conjointe, dite projet Valuable, visant à déstabiliser le régime communiste. Les deux gouvernements sont inquiets d’une expansion communiste vers l’ouest, et pour la contenir, ils choisissent l’Albanie comme cible. Ils reçoivent le soutien tacite de Tito qui permet même aux commandos de réfugiés albanais de s'infiltrer en Albanie depuis le territoire yougoslave. En effet, les relations entre les frères ennemis sont au plus bas et Tito est redevable aux Britanniques de sa prise de pouvoir, grâce à la Mission du SOE de Fitzroy Maclean.

Rupture avec l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Mont Shpiragut portant l'inscription « Enver » vu depuis Berat.
Plus d'un demi-million de bunkers ont été construits sous le régne d'Enver Hoxha pour prévenir une invasion étrangère.

En 1956, trois ans après la mort de Staline, Nikita Khrouchtchev prône la déstalinisation. La rupture est bientôt consommée entre l'Albanie et l'URSS. En revanche, la Chine, à la recherche d'alliés, accroît son aide à Tirana et conclut en 1961 une alliance officielle avec cette dernière. Elle ne cessera qu'en 1978, après le rapprochement entre la Chine et les États-Unis (visite de Richard Nixon à Pékin en 1972), puis la mort de Mao et la fin de facto de l'idéologie maoïste en Chine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Enver Hoxha fut un doctrinaire très prolixe du stalinisme. Plusieurs groupuscules occidentaux se sont réclamés de ses écrits.

Ses œuvres choisies en langue française furent publiées en 6 volumes de 1978 à 1986.

On peut aussi lire ses Mémoires (Nagel, 1984).

Un condensé de sa pensée est paru avec Face au révisionnisme (Maspero, 1972), des textes choisis par Gilbert Mury.

Notes et références[modifier | modifier le code]


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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

  • Kolonel Bunker film sorti en 1998 met en scène l'Albanie sous le règne de Hoxha.
  • Slogan film sorti en 2001 réalisation par Gjergj Xhuvani, raconte les relations de pouvoir dans le quotidien d'un jeune instituteur citadin nommé à la campagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]