Mikhaïl Kalinine

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Mikhaïl Kalinine
Михаил Калинин
Mikhail Kalinine en 1920.
Mikhail Kalinine en 1920.
Fonctions
Président du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS
17 janvier 193819 mars 1946
Président du Conseil Viatcheslav Molotov (1930-1941)
Joseph Staline (1941-1953)
Prédécesseur présidence collective (1922-1938)
Successeur Nikolaï Chvernik
Membre du Præsidium du Comité central exécutif de l'URSS
30 décembre 192212 janvier 1938
Prédécesseur poste créé
Successeur poste aboli
Biographie
Date de naissance 7 novembre 1875 (calendrier julien)
19 novembre 1875
Lieu de naissance Vierkhniaïa Troïtsa
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Date de décès 3 juin 1946 (à 70 ans)
Lieu de décès Moscou, RSFSR
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Nationalité Drapeau de la Russie Russe (de 1875 à 1917)
Drapeau de la République socialiste fédérative soviétique de Russie Russe (de 1917 à 1922)
Drapeau de l'URSS Soviétique (de 1922 à 1946)
Parti politique POSDR (1898-1903)
POSDR(b) (1903-1918)
PCP(b) (1918-1946)
Conjoint Ekaterina Lorberg (née en 1882, mariés de 1906 à 1946, décédée en 1960)
Enfant(s) Valérien (fils, avec Ekaterina, né en 1904 et décédé en 1947)
Julia (fille, avec Ekaterina, née en 1905, date de décès inconnue)
Alexandre (fils, avec Ekaterina, né en 1908 et décédé en 1988)
Lydia (fille, avec Ekaterina, née en 1912 et décédée en 1961)
Religion Aucune (athéisme)

Mikhaïl Kalinine
Dirigeants de l'URSS

Mikhaïl Ivanovitch Kalinine (en russe : Михаил Иванович Калинин), né à Vierkhniaïa Troïtsa le 19 novembre 1875 (correspond au 7 novembre du calendrier julien) et décédé à Moscou le 3 juin 1946, est un révolutionnaire, homme politique et dirigeant soviétique, président du Præsidium du Soviet suprême, et donc dirigeant de jure de la RSFS de Russie, puis de l'Union soviétique de 1919 à 1946.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille russe paysanne pauvre de la région de Tver, Kalinine travaille avec son père dans l'agriculture puis en usine à Saint-Pétersbourg en 1889, dans le Caucase, puis à Reval (Tallinn), au gré de ses arrestations et de ses exils. Ouvrier métallurgiste — il est à partir de 1896 tourneur aux usines Poutilov — il adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie dès sa fondation en 1898 dans la faction bolchévique partisane des théories de Lénine.

Arrêté et exilé pour la première fois en 1899, il fait la connaissance de Staline l'année suivante à Tiflis, ville où ils militent ensemble. Peu après, il participe aux actions révolutionnaires du parti lors de la Révolution russe de 1905 dans la capitale. Quelques années plus tard, il retrouve Staline en 1912 au bureau russe du comité central et collabore alors à la fondation du journal la Pravda. Arrêté à Petrograd en 1916, exilé en Sibérie orientale, il est libéré par la Révolution de Février. Il se déclare alors favorable à un soutien critique au gouvernement provisoire et opposé aux « thèses d'avril » de Lénine.

Kalinine (au deuxième rang) lors du VIIIe congrès du Parti communiste, mars 1919.

Lors du passage à l'insurrection, il adopte une attitude temporisatrice. Après la Révolution d'Octobre, il devient maire de Petrograd et l'un des membres du Comité exécutif central (CEC), puis membre du Bureau politique du parti. La mort de Sverdlov lui permet de devenir Président du CEC, c'est-à-dire en position (nominale) de chef de l'État. Ce choix aurait été fait au nom des origines rurales de Kalinine, Lénine désirant renforcer les liens entre la classe ouvrière et la paysannerie. Quoi qu'il en soit, il conserve ce poste durant 23 ans (si on compte à partir de la création de l'URSS et l'instauration de la présidence du Présidium du Soviet qui lui échoit alors), jusqu'à sa démission quelques mois avant son décès.

Pendant la guerre civile, il organise le train d'agitation de la Révolution d'Octobre qui a pour objectif de rallier ouvriers et paysans aux Rouges. Pendant toute la suite de sa carrière politique, Kalinine est membre (suppléant ou titulaire) du Politburo et soutient Staline, sauf en 1929-1930 où il apparait, très timidement, proche de l'opposition de droite et réticent à la collectivisation et la dékoulakisation. Il s'oppose d'ailleurs à Staline sur ce point, et est accusé par ce dernier de « défendre les koulaks ».

La sanction tombe rapidement : à l'été 1930, il est mis en cause par Staline pour détournement de fonds au profit d'une jeune ballerine, accusation inventée de toute pièce. Kalinine demande pardon, mais Staline l'attaque de nouveau en septembre. Kalinine est alors accusé de fréquenter ce « scélérat » de Rykov. Il est de nouveau pardonné mais ne s'oppose plus jamais à Staline.

Sa femme Ekaterina est arrêtée et déportée en octobre 1938, pour des paroles critiques envers Staline. Elle n'est libérée du Goulag qu'en 1946, l'année du décès de son mari. Impuissant à aider sa propre épouse, Kalinine l'est tout autant pour répondre aux multiples appels à l'aide qui lui parviennent de toutes parts, à l'exemple de Nadejda Kroupskaïa, l'épouse de Lénine, elle aussi beaucoup sollicitée. Sa popularité est réelle comme le montre le courrier abondant qu'il reçoit de beaucoup de citoyens soviétiques de base qui ont longtemps persisté à voir en lui un recours. L'historienne Sheila Fitzpatrick mentionne qu'entre 1923 et 1935, son cabinet est l'objet de plus de 1,5 million de demandes d'aide écrites et orales. Elle souligne que Kalinine, du moins avant les Grandes Purges de 1937, est un des dirigeants les plus compréhensifs et serviables auprès de la population soviétique.

Pour autant, son désir de ne pas favoriser les oppositions durant la lutte pour le pouvoir en fait, dès 1928, l'allié et l'instrument de Staline, ce « vieux bolchévique » extrêmement populaire et inoffensif symbolisant, à la tête de l'État, la permanence de la tradition révolutionnaire. Le 5 mars 1940, Kalinine serait un des responsables soviétiques, à l'instar de Kaganovitch, qui sans le signer, soutinrent l'ordre d'exécution de 25 700 Polonais faits prisonniers par l'Armée Rouge (Massacre de Katyń).

Kalinine reste président du Présidium du Soviet suprême de l'URSS jusqu'à sa démission le 19 mars 1946, très peu de temps avant sa mort.

Kaliningrad[modifier | modifier le code]

Les autorités soviétiques avaient pris habitude d'honorer les principaux dirigeants du parti décédés — et parfois vivants — en donnant leur nom à des villes : ainsi de Lénine (Léningrad, Oulianovsk, Leninabad), de Sverdlov (Sverdlovsk), de Dzerjinski (Dnieprodzerjinsk), de Frounze, etc. L'URSS ayant annexé après la Seconde Guerre mondiale une partie de l'ancienne Prusse-Orientale, la capitale Königsberg fut renommée Kaliningrad. Ce nom lui est resté depuis lors, à l'inverse de Tver, sa ville natale, qui, nommée Kalinine, en 1931, de son vivant, a retrouvé son ancien toponyme en 1991.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sheila Fitzpatrick, Le Stalinisme au quotidien, Flammarion, 2002.
  • Oleg Khlevniouk, Le Cercle du Kremlin. Staline et le Bureau politique dans les années 1930 : les jeux du pouvoir, Paris, Seuil, coll. « Archives du communisme », 1998, 331 p.
  • Simon Sebag Montefiore, Staline. La cour du tsar rouge, Syrtes, 2005.

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