Accord quadripartite sur Berlin

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L’accord quadripartite sur Berlin, également connu sous le nom d’accord de Berlin, est un accord sur le statut de Berlin conclu entre l'URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France le 3 septembre 1971.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'accord fut conclu entre quatre anciens alliés de la Seconde Guerre mondiale, représentés par leurs ambassadeurs. Les quatre ministres des Affaires Étrangères, le britannique Alec Douglas-Home, le soviétique Andrei Gromyko, le français Maurice Schumann et l'américain William P. Rogers, signèrent l'accord et le firent entrer en vigueur à l'occasion d'une cérémonie à Berlin, le 3 juin 1972[1]. L'accord n'ayant pas le statut de traité, il ne nécessitait aucune formalité de ratification.

Contenu[modifier | modifier le code]

En réaffirmant le droits et responsabilités des quatre puissances pour le futur de Berlin et de toute l'Allemagne (que les Soviétiques affirmaient avoir abrogée suite à la crise de Berlinoise de 1959-1962), l'accord posa les bases d'une série d'accords Est-Ouest qui fut qualifié de Détente. Il réétablit aussi des liens entre les deux parties de l'ancienne capitale allemande, améliora la communication entre les deux parties de la ville, et améliora significativement les conditions de vie des résidents des secteurs Est. Afin d'obtenir ces avancées, le statut politique de Berlin fut volontairement laissé flou, ce qui permit de ne pas heurter les positions divergentes des deux parties. Le mot « Berlin » n'apparaît même pas dans le texte. La ville n'est désignée que comme le terme « zone concernée ». Après que l'accord fut entré en vigueur, l'Union soviétique tenta d'utiliser cette formulation vague pour détendre les liens entre Berlin-Ouest et la République démocratique allemande (RDA). Néanmoins, l'accord participa grandement à la fois à la réduction des tensions entre l'Est et l'Ouest sur Berlin, et au développement des contacts entre les deux parties de l'Allemagne. En ce sens, il contribua largement au processus qui aboutit à la réunification de l'Allemagne en 1990.

Un matin de 1969, les troupes de la brigade de Berlin de l'armée américaine traversent le quartier résidentiel de Zehlendorf, rappelant que Berlin était toujours légalement occupée par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale

Contexte historique[modifier | modifier le code]

L'accord entre les alliés fut accompagné du traité fondamental (Grundlagenvertrag, entré en vigueur en juin 1973), qui reconnaît deux états allemands distinct : la République fédérale d'Allemagne (RFA) et la République démocratique allemande (RDA), et dans lequel les deux pays s'engagent à respecter leur souveraineté respective. Le traité prévoyait que des missions diplomatiques soit échangées, et que des relations commerciales, touristiques et culturelles soient établies. Comme prévu par l'accord et le traité, les deux états allemands rejoignirent les Nations unies en septembre 1973.

Ces traités s'inscrivent dans une série décisive d'accords internationaux que certains perçurent comme la formalisation de la division de l'Europe au cours de la guerre froide, tandis que d'autres y virent le début du processus qui aboutit à la fin de cette période de tension. Mary Elise Sarotte écrivit en 2001 que « ... malgré toutes les craintes, les deux parties parvinrent à faire un certain nombre d'affaires, grâce au contexte de dialogue permis par la détente »[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Big 4 Sign Berlin Accord », Stars and Stripes, 4 juin 1972, page 1
  2. (en) M.E. Sarotte, « Dealing with the Devil: East Germany, Detente & Ostpolitik, 1969-73 », The University of North Carolina Press, Chapel Hill, North Carolina, page 164

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Four Power Agreement » (voir la liste des auteurs)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]