Kremlin de Moscou

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Le Kremlin et la place Rouge, Moscou *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Kremlin birds eye view-1.jpg
Coordonnées 55° 45′ 09″ N 37° 37′ 02″ E / 55.752453, 37.617102 ()55° 45′ 09″ Nord 37° 37′ 02″ Est / 55.752453, 37.617102 ()  
Pays Drapeau de la Russie Russie
Subdivision Moscou
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iv) (vi)
Numéro
d’identification
545
Zone géographique Europe **
Année d’inscription 1990 (14e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Le Kremlin et la Moskova, avec la tour Vodovzodnaïa au centre

Le Kremlin de Moscou (en russe : Московский Кремль (Moskovskiy Kremlʹ)) est une grande forteresse située au cœur de Moscou, la capitale de la Russie.

Après avoir été la résidence officielle des tsars, puis des dirigeants de l'URSS, il devient le centre politique de la Fédération de Russie, car étant la résidence officielle et le lieu de travail du président de la Fédération. Par métonymie, l'expression « le Kremlin » désigne souvent dans la presse et les médias, le pouvoir russe ou, naguère, le pouvoir soviétique.

Cet ensemble prestigieux est le plus célèbre kremlin, mot adapté du russe Кремль qui désigne une forteresse urbaine. La forme est à peu près triangulaire. Il rassemble à l’intérieur de son enceinte extérieure, dominant la Place Rouge et la Moskova, des palais et des cathédrales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme l'ont montré des recherches archéologiques, les premiers établissements humains de Moscou, remontant à la préhistoire, furent fondés sur une éminence dominant la rivière Neglinnaïa à l’endroit où celle-ci rejoint la Moskova, et que l’on nomme colline Borovitskaïa. On n'y a pas trouvé, cependant, de traces de fortifications antérieures au XIe siècle ; la cité naissante fut agrandie sous le prince Iouri Dolgorouki, Grand-Prince de Kiev, au XIIe siècle. La forteresse, constituée d'un talus de terre de huit mètres de haut surmonté d'une palissade de trois mètres est signalée comme kremlin pour la première fois en 1331, lorsque le prince Ivan Kalita (1325-1340) la fait donc entourer d'une enceinte de pieux de chênes.

Plan du Kremlin au début du XXe siècle

À la suite de plusieurs sièges et destructions, une nouvelle palissade fut reconstruite de 1339 à 1340 et incendiée en 1365. Entre 1366 et 1368, sous le règne de Dimitri Donskoï on construisit une forteresse en pierre blanche, ce qui permit de repousser, en 1368 et 1370, les attaques des princes Michel de Tver et Olgierd Grand-duc de Lituanie. La forteresse comportait cinq portes monumentales, trois d'entre elles étant situées sur le côté nord-est (vers l'actuelle place Rouge). Les murailles reprirent le plan de l'ancienne forteresse en bois.

Le Kremlin bénéficie dès lors de la réputation d'une citadelle imprenable mais, en 1382, le khan Tokhtamych parvient à s'en emparer et massacre tous les assiégés. Des incendies dévastateurs et un tremblement de terre survenu en 1446 ruinèrent de nouveau la citadelle, que l'on décida de reconstruire en brique. La reconstruction s'effectua de 1485 à 1495 sous la direction d'architectes italiens.

Vers le XVe siècle, les principautés de Russie furent unifiées sous le grand-prince de Moscovie Ivan III, qui devint ainsi Grand-Prince de toutes les Russies. Pour disposer d'une résidence digne de son nouveau prestige, il ordonna de reconstruire le Kremlin. Plusieurs campagnes de travaux se succédèrent, et l'on fit venir d’Italie les meilleurs experts en fortifications de l'époque, et parmi eux les architectes Aristotile Fioravanti et Pietro Antonio Solari et Marco Ruffo. Ils aménagèrent, pour protéger la muraille, deux fossés remplis d'eau et un abrupt. Le territoire du Kremlin présentait ainsi, au début du XVIe siècle, l'aspect d'une île protégée par les eaux de la Neglinnaïa et de la Moskova, réunies par un fossé d'une profondeur de treize mètres. La muraille du Kremlin dessine alors un espace triangulaire d'environ vingt-huit hectares. La longueur du rempart est de 2,235 km et son épaisseur varie de 3,5 à 6,5 m. Les murs sont couronnés par plus d'un millier de Merlons dont l'aspect rappelle celui des merlons italiens. La hauteur du rempart jusqu'aux merlons varie de cinq mètres à dix-neuf mètres, selon la configuration du sol. Vingt tours en saillie sont construites pour permettre des feux croisés contre les éventuels assaillants. Trois imposantes tours rondes sont édifiées aux angles de la forteresse, complétées par de puissantes tours d'entrée, les tours du Sauveur (Spasskaïa) (Спасская) et Nikolskaïa du côté de la Place Rouge, les tours de la Trinité Troïtskaïa (Троицкая башня) et la Tour Borovitskaïa (Боровицкая башня), tour comportant l'une des entrées vers le Kremlin, côté du jardin Aleksandrovsky. D'énormes horloges à carillon furent installées au XVIIe siècle au sommet de la tour du Sauveur. XIXe siècle, le carillon jouait toutes les trois heures l'hymne « Dieu protège le Tsar » (Боже, Царя храни!) , remplacé après la révolution par « l'Internationale... ».

Vers 1500, les murailles et les tours du côté nord-est étaient terminés. On suivit à nouveau, de manière approchée, la forme de l'ancien Kremlin en pierre. Mais les murs furent néanmoins construits en retrait entre les tours, de manière à améliorer la défense. La première tour, Taïnitskaïa, fut construite en 1485 puis, en 1487, la tour Beklemichevskaïa. Les tours elles-mêmes furent construites à distance respective étudiée avec soin. De 1508 à 1516, on creusa des douves larges de 30 mètres et profondes de 13 mètres ; elles furent remplies d'eau en utilisant la rivière Neglinnaïa. Des ponts-levis donnaient accès aux portes monumentales, protégées par des redoutes.

Le couronnement spectaculaire des tours telles que nous les voyons aujourd'hui date du XVIIe siècle, à une époque où le Kremlin abandonna son rôle de forteresse pour devenir une résidence d'apparat.

En septembre et octobre 1812, le Kremlin servit de résidence à Napoléon 1er dont les troupes occupaient Moscou. Lorsque l'armée française quitta la ville entre le 14 et le 19 octobre, elle laissa une arrière-garde commandée par le maréchal Mortier qui fit sauter la forteresse.

Au cours des siècles, le Kremlin a donc subi de nombreuses destructions : il fut attaqué en 1571 par les Tatares de Crimée, en 1610 — pendant le Temps des Troubles - par les Polonais, en 1812 par les Français. Ces dégâts furent toujours suivis d'une restauration. Le Palais patriarcal édifié en 1656, à l'époque du patriarche Nikon, accueille aujourd'hui un musée consacré à la vie quotidienne dans la Russie d'Ancien Régime. L'Arsenal, construit sur ordre de Pierre le Grand entre 1702 et 1736, à l'emplacement d'un bâtiment qui avait brûlé en 1701. Des transformations importantes sont apportées pendant la première moitié du XIXe siècle, notamment les douves qui furent comblées. De cette époque date l'aspect extérieur actuel. À l'intérieur se trouvent des bâtiments civils et religieux témoignant de son histoire du XIIe jusqu'au XXe siècle. Les Soviétiques, notamment, en ont démoli une partie et édifié des bâtiments modernes, en particulier un énorme palais des congrès construit en 1961.

Bâtiments et curiosités[modifier | modifier le code]

Le Kremlin de Moscou abrite les sépultures de 47 tsars.

Il inclut, autour de la place des cathédrales :

Les autres bâtiments :

Monuments détruits :

  • le monument à la mémoire du grand-duc Serge Alexandrovitch
  • le Monument d'Alexandre II au Kremlin
  • l'église Saints Constantin et Hélène (XIVe siècle)
  • le monastère Tchoudov (XIVe siècle)
  • le couvent de l’ascension (XIVe siècle)
  • la cathédrale du sauveur dans la forêt (XIVe siècle)
  • les chapelles attenantes aux tours de l'enceinte

Les tours[modifier | modifier le code]

Le Kremlin est flanqué de dix-neuf tours. La vingtième, la Tour Koutafia, ne fait pas partie de l'enceinte de Kremlin.

Toutes les tours du Kremlin sont différentes et irrégulièrement disposées le long de l'enceinte. Certaines sont rondes, d'autres quadrangulaires ou polygonales. Cinq d'entre elles possèdent une porte monumentale permettant l'accès à l'intérieur de l'enceinte. Elles sont construites en brique ; la partie inférieure est d'un aspect dépouillé conforme à leur fonction défensive, alors que la partie supérieure de certaines d'entre elles a une fonction décorative soulignée par les motifs de pierre blanche.

Les cinq plus hautes tours étaient autrefois ornées d'un aigle bicéphale : Vodovzodnaïa, Borovitskaïa, Troïtskaïa, Nikolskaïa et Spasskaïa. En 1935, les aigles bicéphales impériaux furent enlevés et remplacés deux ans plus tard par des étoiles en verre rouge pesant chacune entre 1 et 1,5 tonne.

On trouve, dans le sens des aiguilles d'une montre en partant du coin sud-ouest (le long de la Moskova) :

La tour Vodovzodnaïa

Vodovzodnaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de l'Eau, la Tour Vodovzodnaïa (Водовзводная башня) est une tour d'angle au sud-ouest du Kremlin; elle domine la berge sur la Moskova. Elle fut édifiée en 1488 par l'architecte italien Antonio Gilardi (pour les russes: Anton Friazine, Antoine l'Italien). Au début on l'a appelée la Tour Sviblov (Свиблова башня) du nom d'une famille de boyards qui avait sa maison, à l'intérieur de l'enceinte, près de la tour. Elle fut ensuite renommée, en 1633, après qu'on y eut installé une machine à pomper l'eau (Vodovzodnaïa peut se traduire par "de la pompe à eau"). En 1805, elle fut détruite parce qu'elle menaçait de ruine, et reconstruite. Minée par les français en 1812, elle fut restaurée en 1817-1819 par l'architecte Joseph Beauvais. Sa hauteur est de 61,85 mètres.

Borovitskaïa[modifier | modifier le code]

La Tour Borovitskaïa (Боровицкая башня) est une tour comportant l'une des entrées vers le Kremlin. Elle tient son nom de la colline Borovitski, l'une des sept collines de Moscou. Elle fut édifiée en 1490, sur ordre de Vassili III à la place d'un ancien portail par l'architecte italien Pietro Antonio Solari - que les Russes appelaient Piotr Friazine, ou Pierre l'Italien, friaz or friag signifiait alors "italien"). Le tsar Alexis Ier, en 1658, lui donna le nom de Predtetchenskaïa (tour du précurseur - предтеча en russe) d'après l'église Saint Jean-Baptiste, qui en était proche, mais qui fut détruite pour la construction du Palais des Armures. Cependant, ce nom ne fut guère utilisé. En 1812, elle fut endommagée par les troupes françaises qui allaient quitter Moscou et battre en retraite. Elle fut ensuite reconstruite en 1817-1819 par l'architecte Joseph Beauvais. En 1935, Staline fit installer une étoile rouge à son sommet. Avec cette étoile, sa hauteur est de 54,05 m.
La tour des Armures (Оружейная)

Oroujeïnaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour des Armures, la Tour Oroujeïnaïa (Оружейная башня) fut construite en 1495. Elle reçut ce nom au XIXe siècle après la construction du Palais des Armures. Auparavant, on la désignait par Tour Koniouchennaïa (Конюшенная башня), eu égard aux écuries royales qui étaient derrière elle.


Komendantskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Commandant, la Tour Komendantskaïa (Комендантская башня) fut construite en 1495. Elle était jadis appelée Kolymajnaïa (Колымажная башня), du nom du terrain du Kremlin où étaient parqués les chevaux et garées les voitures. On lui donna son nom actuel lorsque, au XIXe siècle, le commandant militaire de Moscou installa sa résidence dans le Palais des Menus Plaisirs. Comme les autres tours du Kremlin, elle fut surmontée d'un guet et d'un toit en forme de tente en 1676-1686. Sa hauteur mesurée depuis le Jardin d'Alexandre est de 41,25 m.


La tour Troïtskaïa

Troïtskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de la Trinité, la Tour Troïtskaïa (Троицкая башня) commande une entrée du Kremlin au milieu de son mur nord-ouest ; elle domine le Jardin d'Alexandre. Elle fut construite en 1495-1499 par l'architecte italien Aloisio da Milano (pour les russes : Aleviz Friazine Milanets c'est-à-dire Aloïs l'Italien de Milan). Cette tour a eu plusieurs autres noms : Rizopolojenskaïa, Znamenskaïa et Karetnaïa. Son nom actuel date de 1658, elle le tient du relais de poste de la Trinité (Троицкое подворье).
La base de la tour, comprenant deux étages, abritait une prison aux XVIe et XVIIe siècles. Le pont de la Trinité, dont l'entrée est commandée par la tour Koutafia, mène à l'entrée de la tour Troïtskaïa. Celle-ci possédait une horloge entre 1585 et 1812. En 1707, devant le danger d'une invasion suédoise, les meurtrières de la tour furent élargies pour s'adapter au fût des canons de gros calibre. Le pouvoir soviétique fit installer une étoile rouge, symbole du communisme, à son sommet.
Les tours Koutafia et Troïtskaïa

Koutafia[modifier | modifier le code]

La Tour Koutafia (Кутафья башня) ne fait pas partie de l'enceinte du Kremlin. C'est pourquoi elle est considérée comme la vingtième tour. Celle-ci est reliée par un pont à la Tour Troïtskaïa. Sous ce pont coulait autrefois la rivière Neglinnaïa, rivière qui formait une douve sur le flanc ouest du Kremlin. La Tour Koutafia devenait ainsi le seul accès à l'entrée de la Tour Troïtskaïa.
La tour médiane de l'Arsenal

Srednaïa arsenalnaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour médiane de l'Arsenal, la Tour Srednaïa Arsenalnaïa (Средняя Арсенальная башня) a été bâtie en 1495 à l'emplacement d'une ancienne tour d'angle datant du règne du Grand Duc Dimitri Donskoï. Son nom actuel date de la construction de l'Arsenal, au milieu du XVIIIe siècle. Son nom original était la Tour à Facettes (Гранёная), en raison de la forme de sa façade. En 1680, une terrasse d'observation surmontée d'un petit toit en pyramide lui a été ajoutée. En 1821, au moment où le jardin Alexandrovsky a été organisé à l'emplacement où la rivière Neglinnaïa longeait le mur du Kremlin, une grotte a été construite au pied de la tour d'après un projet de Joseph Beauvais.


La tour d'angle de l'Arsenal

Ouglovaïa arsenalnaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour d'angle de l'Arsenal, la Tour Ouglovaïa Arsenalnaïa (Угловая Арсенальая башня) fut construite en 1492 par l'architecte italien Pietro Antonio Solari. Elle terminait la ligne de défense du Kremlin du côté de la Place Rouge. Elle porta le nom de Tour Sobakine du nom d'un boyard dont la maison était adjacente puis Tour du Nord (Северная башня) et reçut son nom actuel après la construction de l'arsenal. Elle possède encore un puits secret.
En 1707, du fait d'une menace d'invasion par les Suédois, les meurtrières ménagées dans les murs de la tour furent élargies pour s'adapter au fût de canons de fort calibre. En 1812, elle fut endommagée par l'explosion de mines disposées par l'armée française en retraite. Elle fut ensuite restaurée de 1816 à 1819 par l'architecte Joseph Beauvais. Elle mesure aujourd'hui plus de soixante mètres de haut.


la tour Nikolskaïa

Nikolskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de Nicolas, la Tour Nikolskaïa (Никольская башня) comporte un des points d'entrée du Kremlin à partir de la Place Rouge, qu'elle domine à l'une de ses extrémités ; elle est située à proximité du Musée Historique. Elle a été construite en 1491 par l'architecte italien Pietro Antonio Solari. Il s'agit de la tour par laquelle Minine et Pojarski pénétrèrent dans le Kremlin.
La Tour Nikolskaïa tient son nom du monastère grec dit Nikolaïevski (ou Nikolsk) maintenant disparu. En 1806, elle fut reconstruite dans un style néo-gothique par l'architecte Karl Rossi. En 1812, sa partie supérieure fut détruite par les Français. Elle fut restaurée en 1816 par l'architecte Joseph Beauvais. Elle fut à nouveau sévèrement endommagée par un tir d'artillerie en 1917 et une fois de plus restaurée par Nikolaï Markovnikov. En 1935, les autorités soviétiques la firent surmonter d'une étoile rouge, symbole de communisme. Sa hauteur totale actuelle est de 70,4 m.
Murs du Kremlin sur la Place Rouge : la tour Senatskaïa est entre le mausolée de Lénine et le Sénat ; au fond : la tour Spasskaïa

Senatskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Sénat, la Tour Senatskaïa (Сенатская башня) a été construite en 1491 par l'architecte Pietro Antonio Solari comme tour exclusivement défensive. Elle défendait le Kremlin du côté de la Place Rouge et fut sans nom pendant de nombreuses années. C'est seulement en 1787 qu'elle reçut son nom actuel, lorsque le Sénat fut édifié dans l'enceinte du Kremlin par l'architecte Matvei Kazakov. Le dôme du Sénat est visible de la Place Rouge. Dans la partie centrale de la tour se trouvent trois étages de pièces voûtées. En 1860, son sommet, qui était plat, fut surmonté d'une toiture en pierre en forme de tente, elle-même support d'une girouette dorée. Sa hauteur est de 14,30 m.
La tour Spasskaïa et, à sa gauche, la tour Tsarskaïa

Spasskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Sauveur, la Tour Spasskaïa (Спасская башня) doit son nom à une icône du Christ installée au-dessus de sa porte en 1648. La tour était autrefois l'entrée d'apparat du Kremlin. Toute personne passant par cette porte, y compris le Tsar, devait se découvrir par respect pour l'icône. Celle-ci fut enlevée après la Révolution russe.
La construction de la tour se fit en deux étapes. La partie inférieure fut réalisée par l'architecte italien Solario en 1491. Ogourtsov et l'Anglais Holloway ajoutèrent la partie supérieure et le chatior en 1625. À l'origine, le carillon de l'horloge jouait l'hymne tsariste, qui fut remplacé, en 1917, par un hymne révolutionnaire. Aujourd'hui, l'horloge joue l'hymne national russe.
Haute de 70 mètres, la silhouette majestueuse de la Tour Spasskaïa domine la Place Rouge.
La tour Tsarskaïa

Tsarskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Tsar, la Tour Tsarskaïa (Царская башня) est la plus petite tour du Kremlin. Elle a été construite en 1680, directement sur la muraille, pour une hauteur totale de 15 mètres. Elle tire son nom de ce que, sur une tour de bois construite à cet endroit, le tsar Ivan IV regardait les exécutions qui avaient lieu sur la place de la décollation, ou en général la Place Rouge lorsqu'il s'y produisait quelque événement.


La tour du Tocsin

Nabatnaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Tocsin, la Tour Nabatnaïa (Набатная башня), construite en 1495, est celle d'où le tocsin était sonné lorsque les rondes apercevaient des feux ou des fumées laissant supposer l'approche d'ennemis. En 1771, lors de la "Révolte de la Peste", la cloche du tocsin servit de signal de ralliement aux insurgés. Catherine II décida de punir la cloche et lui fit "ôter la langue". De nos jours, la cloche du tocsin, fondue par Ivan Motorine (l'un des créateurs de la cloche-princesse), est conservée au musée du Palais des Armures.


La Tour de Constantin-et-Hélène

Konstantino-Eleninskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de Constantin-et-Hélène, la Tour Konstantino-Eleninskaïa Tower (Константино-Еленинская башня) est située sur la muraille orientale de l'enceinte ; elle domine l'esplanade pentue qui part de la Place Rouge, à hauteur de la Cathédrale Saint-Basile, vers la Moskova. Cette tour fut construite en 1490 par Pietro Antonio Solari à la place d'une entrée du précédent Kremlin en pierre. Elle tient son nom de l'ancienne église des Saints Constantin et Hélène construite à l'intérieur du Kremlin pendant la seconde moitié du XVIIe siècle et qui fut démolie par les soviétiques en 1928. La tour était initialement munie d'un portail et d'un pont levis, gardés en permanence par des militaires. Au début du XIXe siècle, le passage fut muré et le pont démoli. La tour mesure 36,8 m de hauteur.


La Tour Beklemichevskaïa

Beklemichevskaïa[modifier | modifier le code]

La tour Beklemichevskaïa (Беклемишевская башня) est située au coin sud-est du Kremlin, près de la Moskova. Sa hauteur est de 46 mètres. Elle fut construite en 1487 par l'architecte italien Marco Ruffo (aussi connu sous le nom de Marco Friazine). Elle doit son nom au boyard Bersen-Beklemichev dont le palais se trouvait à proximité. Étant à la jonction de la Moskova et du fossé, elle était la première tour à subir les attaques de l'ennemi. Ceci explique une architecture simple, comportant en outre un espace caché dans la cave permettant de détecter le bruit d'ennemis creusant un tunnel ou disposant des explosifs. Au XVIIe siècle, la tour a été surmontée d'un toit en pente qui éclaire l'aspect initial sévère de la tour.
Située non loin du pont de la Moskova (Moskvoretskiï) Москворецкий мост, la tour est souvent appelée par les moscovites tour de la Moskova (Moskvoretskaïa) Москворецкая башня


La Tour Petrovskaïa

Petrovskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de Pierre, la Tour Petrovskaïa (Петровская башня) tient son nom de l'église du Métropolite Pierre qui était située à proximité, dans l'enceinte du Kremlin. Cette tour fut détruite au canon lors de l'invasion polonaise de 1612, pendant le « Temps des Troubles » et reconstruite en 1783. Dès 1812, les troupes napoléoniennes en retraite la firent sauter à l'explosif. Elle fut à nouveau reconstruite en 1818 par l'architecte Joseph Beauvais. Cette tour était utilisée par les jardiniers du Kremlin. Sa hauteur est de 27,15 m.


Première Tour sans nom

Pervaïa Biezimiannaïa[modifier | modifier le code]

En fait, l'expression russe Первая Безымянная башня signifie « Première Tour sans nom », ce qui est maintenant son nom. La première tour sans nom fut construite à proximité de la tour Taïnitskaïa dans les années 1480. Elle avait des fonctions purement défensives. En 1547, la tour fut détruite par l'explosion d'une réserve de poudre qui y était stockée ; elle fut reconstruite au XVIIe siècle. En 1770, on la démolit pour faciliter les travaux de construction du Grand Palais. Après la fin de ces travaux, elle fut reconstruite en 1783, plus près de la tour Taïnitskaïa qu'auparavant. Tout comme la tour Petrovskaïa, elle fut détruite par les troupes françaises en 1812 ; elle fut pourtant reconstruite à l'identique par Joseph Beauvais. Sa hauteur est de 34,15 m.


Deuxième Tour sans nom

Vtoraïa Biezimiannaïa[modifier | modifier le code]

C'est la Deuxième Tour sans nom (Вторая Безымянная башня). Elle fut bâtie au milieu du XVe siècle et a une fonction purement défensive. En 1680, une structure quadrangulaire et un grand toit pyramidal en forme de tente ont été ajoutés à son sommet. Elle est surmontée d'une coupole à base octogonale avec une girouette.


Tour du secret

Taïnitskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour du Secret, la Tour Taïnitskaïa (Тайницкая башня), également appelée jadis « Tour de l'Eau » (Водяная башня), est située sur le flanc sud du Kremlin, celui qui longe la Moskova. Elle fut construite en 1485 par Antonio Gilardi à la place d'une poterne donnant accès à la forteresse de pierre blanche de Dmitri Donskoï. La Tour Taïnitskaïa possédait un puits et un passage secrets vers la rivière, d'où son nom car taïnitskaïa signifie « secrète ». En 1770, cette tour fut démolie à cause de la construction du Grand Palais du Kremlin par Vassili Bajenov, puis reconstruite. En 1930-1933, les Soviétiques ont muré le tunnel secret et comblé le puits. Cette tour mesure 38,4 m de hauteur.


Tour de l'Annonciation

Blagovechtchenskaïa[modifier | modifier le code]

Aussi appelée la Tour de l'Annonciation, la Tour Blagovechtchenskaïa (Благовещенская башня) fut construite en 1487-1488. Son nom provient de l'icône miraculeuse dite de l'Annonciation qui y était conservée, et rappelle aussi l'église de l'Annonciation accolée à la tour au début du XVIIIe siècle et démolie en 1932. À sa base subsistent des restes du calcaire blanc qui servit à édifier le Kremlin au XIVe siècle. Pendant le règne d'Ivan le Terrible, cette tour servit de prison. Au XVIIe siècle, les poternes Portomoïniye furent construites à proximité afin que les lavandières du Kremlin puissent rejoindre le quai Portomoïny sur la Moskova pour y laver le linge et les sous-vêtements. Ces poternes furent garnies de briques en 1813. La hauteur de la tour est de 30,7 mètres, ou 32,45 mètres en y comprenant la girouette qui a remplacé la croix d'origine en 1932.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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