Bataille du Caucase

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec Campagne du Caucase (Première Guerre mondiale).
Bataille du Caucase
Les avancées allemandes en juillet 1942.
Les avancées allemandes en juillet 1942.
Informations générales
Date -
Lieu Caucase, URSS
Issue Victoire soviétique
Belligérants
Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Flag of Romania.svg Royaume de Roumanie
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Hongrie Royaume de Hongrie
Flag of Independent State of Croatia.svg État indépendant de Croatie
Insurgés tchétchènes et ingouches
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Front de l’Est

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La bataille du Caucase ou campagne du Caucase est le nom donné à l'ensemble d'opérations des forces de l'Axe et de l'URSS entre le et le sur le Front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale pour le contrôle du Caucase, une région stratégique pour l'effort de guerre allemand.

Le facteur prédominant de cette campagne militaire est la nécessité du Troisième Reich de capturer les champs de pétrole du Caucase et en particulier ceux de Bakou pour ravitailler ses blindés : « Il s’agit de la prise de Bakou, maréchal. Sans le pétrole de cette région, la guerre est perdue[1] », disait Hitler au maréchal Erich von Manstein en 1942.

L'invasion allemande du Caucase portait le nom de code Opération Edelweiss.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Opération Barbarossa et Bataille de Moscou.
Troupes de montagne allemandes avec un canon antiaérien dans le Caucase près de Teberda, septembre 1942.

En mai 1942, l'opération Barbarossa, l'invasion de l'Union soviétique par les forces de l'Axe, lancée le 22 juin 1941, a en partie échoué. Elle connut des débuts heureux pour l'Allemagne nazie avec de multiples victoires et des gains territoriaux immenses (États baltes, Biélorussie, Ukraine et une partie de la Russie européenne), mais ralentit progressivement et s'arrêta aux portes de Moscou. Puis une violente contre-offensive manqua de balayer le nord du dispositif allemand. Un front de plusieurs milliers de kilomètres se stabilisa alors de Léningrad au nord à Rostov-sur-le-Don au sud, au bord de la mer Noire. Adolf Hitler rêvait d'une victoire rapide sur le front de l'Est, mais le froid, la boue, les lignes de ravitaillement étirées, l'épuisement, l'immensité du territoire et surtout l'étonnante capacité de régénération de l'Armée rouge eurent raison de ses desseins.

Moscou fut sauvée, l'Armée rouge se ressaisit et de nombreuses usines purent être transférées à temps vers l'est du pays, permettant à l'Union soviétique de préserver son potentiel industriel pour poursuivre la guerre. L'Allemagne, qui combattait sur un large front, ne pouvait se payer le luxe d'un affrontement long, elle devait donc reprendre l'initiative et frapper un grand coup.

À partir de l'automne 1941, Hitler est parfaitement conscient de l'échec de la stratégie qui a présidé à la réalisation de l'opération Barbarossa[2]. Il assigne donc à la Wehrmacht un nouvel objectif, la conquête du Caucase, de ses réserves de pétrole, puis, au-delà, des champs de pétrole irakiens, devant se réaliser entre novembre 1941 et septembre 1942[3], dans un contexte marqué par la phase finale du processus aboutissant à l'entrée en guerre des États-Unis[4]; ainsi, l'offensive au Sud de l'URSS, malgré son caractère hasardeux, qui frappe les généraux allemands[5] est placée dès le départ dans la perspective d'une stratégie mondiale de lutte contre les Alliés[5].

Planification et ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Convoi allemand dans les montagnes du Caucase, 1942.

Hitler avait ordonné au Groupe d'armées A (sous le commandement de Wilhelm List) d'avancer vers le Caucase et de capturer les champs de pétrole (nom de code Opération Edelweiss, de la célèbre plante de montagne éponyme). Celui-ci était notamment composé de la 1re Panzer Armee du général Ewald von Kleist et de la 17e armée allemande du Generaloberst Richard Ruoff

Côté soviétique, les principales unités déployées sur le front et qui seront engagées sont le Front du Caucase Nord du maréchal Semion Boudienny (jusqu'en septembre 1942), le Front transcaucasien du général Ivan Tioulenev, la Flotte de la mer Noire du vice-amiral Filipp Oktiabrski ainsi que la Flottille de la mer d'Azov du contre-amiral Sergueï Gorchkov.

Déroulement de la campagne[modifier | modifier le code]

Soldats allemands dans la campagne du Caucase, 22 décembre 1942.
Monument soviétique aux défenseurs tombés pour la libération du Caucase, mont Chessy (1 839 mètres d'altitude).
Carte des opérations entre le 13 décembre 1942 et le 18 février 1943.

Les offensives allemandes dans le Caucase, visant à envahir l'Azerbaïdjan, débutent proprement dit en 1942 mais sont stoppées en septembre de la même année par les Soviétiques en Tchétchénie. Leur progression est stoppée sur l'ensemble du front, y compris sur les côtes de la mer Noire.

L'opération Fall Blau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Fall Blau.

Après leur victoire à Rostov en juillet et le Don franchi, les Allemands peuvent se concentrer sur leur prochain objectif : la conquête de Bakou. C'est le déclenchement de l'opération Edelweiss, la dernière phase du plan bleu, plus vaste offensive de la Wehrmacht sur le front caucasien.

La 17e Armée (avec des éléments de la 11e Armée) avançait vers la mer Noire tandis que la 1re Armée de Panzer traversait un Kouban largement abandonné par l'Armée rouge. Le 9 août, elle atteignit les contreforts du Caucase et la ville pétrolière de Maïkop, avançant de 500 km en moins de deux semaines. Néanmoins les Soviétiques avaient eu le temps de saboter les puits de pétrole et le rendement de ceux-ci resta faible durant l'occupation allemande.

Le 20 août, le Groupe d'armées reçut l'ordre d'avancer vers l'ouest pour capturer Krasnodar, la capitale du Kouban. Pendant ce temps la Wehrmacht continua son avancée vers Grozny et Bakou. Dans le même mois, les forces allemandes capturèrent la péninsule de Taman et la base navale de Novorossiisk et continuèrent leur avance vers Touapsé, la clé de la domination de la côte est de la mer Noire.

Durant l'été 1942, Hitler se réjouit de la possibilité d'envahir le Kazakhstan. Cette prise permettrait d'offrir un excellent front pour flanquer les positions britanniques au Moyen-Orient, menacer l'Inde britannique et peut-être établir un contact avec le Japon. Mais ce dernier ne se rendit plus vraiment compte de la réalité du terrain. Il avait d'ailleurs renvoyé tous les généraux du Groupe d'armées Sud et dirigeait désormais toutes les opérations. Le ravitaillement n'arrivait plus à suivre à travers la steppe et les montagnes. Le front atteignit plus de 3 000 km.

Le 2 novembre, la Wehrmacht captura Naltchik et poussa vers Vladikavkaz, qui ouvrirait la route de Grozny. Plus tard, les Allemands décidèrent de se retrancher à Naltchik et à Mozdok pour reprendre l'offensive au printemps suivant, où elles furent stoppées. Les troupes de montagne se payèrent même la gloriole d'escalader l'Elbrouz situé sur le territoire de la république de Kabardino-Balkarie et d'y planter à son sommet le drapeau national-socialiste.

La retraite allemande[modifier | modifier le code]

En janvier 1943, les Allemands reculent sur le front caucasien et se retirent vers la péninsule de Taman (tête de pont de Kouban), dans l'espoir de pouvoir relancer ultérieurement une offensive contre les champs pétrolifères du Caucase. La reprise de Kharkov en 1943 coupe les lignes d'approvisionnement allemandes et les troupes de la Wehrmacht au Caucase se retrouvent isolées.

Les Soviétiques reprennent Novorossiisk en septembre 1943 et la péninsule de Taman au bord de la mer Noire le 9 octobre. Les tentatives de contre-attaques allemandes sont balayées.

Environ 240 000 soldats allemands et 115 477 tonnes d'équipement militaire (principalement des munitions mais aussi 21 230 véhicules, 74 chars 1 815 canons et 74 657 chevaux) sont évacués par la mer pour être redéployés en Crimée. Le général Ewald von Kleist est relevé de ses fonctions en mars 1944 après qu'il eut ordonné à ses hommes de se replier alors que son armée était menacée de destruction par les Soviétiques, en violation directe des ordres d’Hitler. La reconquête de la Crimée pouvait alors commencer.

Campagnes de la mer Noire[modifier | modifier le code]

Un sous-marin Unterseeboot type II, similaires à ceux engagés par l'Allemagne en mer Noire.
Médaille de la Défense du Caucase. Environ 870 000 soldats soviétiques se virent décernés cette médaille.

Parallèlement aux opérations terrestres, la mer Noire était le théâtre d'une guerre navale entre les deux belligérants.

L'ordre de bataille des forces navales, opérant à partir des côtes de Bulgarie et de Roumanie, de l'Axe était le suivant :

L'URSS alignait quant à elle 1 cuirassé, 5 croiseurs, 18 destroyers, 44 sous-marins, 2 patrouilleurs, 18 mouilleur de mines et 84 torpilleurs.

La fin des opérations navales allemandes ne prendra fin que le après la libération de la Crimée et d'Odessa et la capitulation nazie.

Analyse de la défaite allemande[modifier | modifier le code]

L'offensive planifiée par l'État major allemand et plus particulièrement par Hitler était trop ambitieuse et audacieuse, sous-estimant les capacités de l'Armée rouge.

La Blitzkrieg permet initialement de capturer de vastes territoires durant l'été 1942 mais celle-ci est freinée parallèlement avec la bataille de Stalingrad dans la région de la Volga. Les troupes allemandes étaient par ailleurs dispersées en plusieurs axes divergents, sur plus de 1 200 kilomètres.

L'échec des forces de l'Axe est notamment dû à un terrain inadapté pour les Panzers, le vaste arrière-pays russe étant en effet très montagneux. L'Armée rouge disposait par ailleurs de redoutables chars KV-2 sur le front caucasien pour les blindés allemands, quasiment invulnérables à toutes les armes excepté le canon antiaérien Flak de 88 mm et les tirs directs d’artillerie.

Les insurgés tchétchènes et ingouches[modifier | modifier le code]

Durant l'invasion allemande, de 5 000 à 18 000 Tchétchènes et Ingouches (résistant initialement à la collectivisation forcée des terres) prennent les armes contre les Soviétiques, dirigés par Khassan Israïlov et Mairbek Cheripov afin de mettre fin « au barbarisme bolchévique et au despotisme russe ». Un gouvernement rebelle fut mis en place à Galantchoj. Elle poussa ainsi de nombreux soldats ingouches et tchétchènes de l'Armée rouge à déserter, 62 750 au total selon des sources russes[6]. Dans certaines zones de la Tchétchénie, près de 80 % des habitants étaient insurgés et l'Armée rouge dut utiliser des bombardiers afin d'en venir à bout, provoquant de lourdes pertes civiles.

L'insurrection, soutenue par les Allemands, sera sévèrement réprimée par la 58e armée soviétique et le NKVD. Celle-ci prit fin en 1944 et s'ensuivit une déportation des Tchétchènes (500 000 au total) vers la Sibérie, le Kazakhstan et le Kirghizistan (voir opération Lentil), accusés d'avoir collaboré avec les nazis.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Nick, Operation Edelweiss: The most audacious mission of World War Two.
  • (fr) Christian Baechler, Guerre et Exterminations à l'Est, Hitler et la conquête de l'espace vital, 1933-1945, Taillandier, 2012, 524 p., (ISBN 978-2-84734-906-1).
  • (fr) Philippe Richardot, « Le Reich part à l'assaut du Caucase », Magazine 2e Guerre mondiale, no 10, 2006.
  • (fr) A la conquête du Caucase : Epopée géopolitique et guerres d'influence, Eric Hoesli, Editions des Syrtes, 2006, 666 p. (ISBN 978-2845451308).
  • (ru) Иван Тюленев. Крах операции "Эдельвейс". Орджоникидзе, 1975.
  • (ru) К.-М. Алиев. В зоне "Эдельвейса". М.-Ставрополь, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les plans secrets de la Seconde Guerre mondiale, citation, page 97
  2. C. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 219.
  3. C. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, pp. 219-220.
  4. C. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 218.
  5. a et b C. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 220.
  6. (ru) Эдуард Абрамян. Кавказцы в Абвере. М. "Яуза", 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]