Qom

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Qom
(fa) قم
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Qom
Indicatif téléphonique international +(98)
Démographie
Population 1 081 745 hab. (2006)
Géographie
Coordonnées 34° 39′ N 50° 57′ E / 34.65, 50.9534° 39′ Nord 50° 57′ Est / 34.65, 50.95  
Altitude 928 m
Localisation

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Qom

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Qom
Sources
Index Mundi

Qom (en persan : قم) est une ville d'Iran. Située à 150 km au sud-ouest de Téhéran, c'est la capitale de la Province de Qom. Elle est située le long de la rivière Qom et comptait, en 2005, 1 042 309 habitants.

Qom est une des villes saintes du chiisme, puisque c'est le site où est enterrée Hazrat Fatimah Ma'soumeh, sœur de Ali ar-Rida (en persan Imam Reza, 789-816). La ville accueille la plus grande hawza d'Iran, qui égale en taille celle de Nadjaf en Irak.

Histoire[modifier | modifier le code]

Qom en tant que ville existait déjà à l'époque pré-islamique. Les découvertes architecturales indiquent que Qom était un lieu de résidence depuis le 5e millénaire avant notre ère. Les vestiges pré-islamiques et les textes historiques soulignent le fait que Qom était une grande ville régionale. Kom était l'ancien nom de la ville, que les envahisseurs arabes du VIIe siècle rebaptisèrent Qom.

Pendant le califat de Omar ibn al-Khattab, la région de Qom tomba aux mains des armées de l'Islam. En 645, Abu Musa al-Achari déploya de forces sous son commandement dans la région. Des conflits s'ensuivirent entre les armées d'invasion arabes et les résidents de la zone.

À l'époque Seldjoukide, la cité fleurit de nouveau. Durant l'invasion Mongole de la Perse, la ville connut une destruction importante, mais après que la dynastie mongole régnante, aussi connue sous le nom Ilkhanat, se fut convertie à l'Islam pendant le règne de Oldjaïtou (en persan : Muhammed Kharbenach) la ville reçut une attention spéciale, lui permettant de revivre une fois de plus.

À la fin du XIVe siècle, la ville fut mise à sac par Tamerlan et les habitants furent massacrés. Mais pendant la période de règne des Qara Qoyunlu, des Aq Qoyunlu et spécialement pendant l'époque Safavide, Qom regagna l'attention des monarques et se développa grâce à son mausolée religieux.

En 1503, Qom était devenu un centre théologique important du chiisme et était aussi devenu un site de pèlerinage important.

La ville connut des dommages importants pendant les invasions afghanes et encore pendant le règne de Nâdir Châh et des conflits entre les maisons Zand et Qajar luttant pour le pouvoir en Iran.

Finalement, en 1793, Qom passa sous le contrôle de Agha Mohammad Qajar. Après avoir été victorieux sur ses ennemis, le Shah Qajar Fath Ali Shah fit réparer le sépulcre et le mausolée de Hazrat Ma'sumeh, tel qu'il en avait fait le vœu.

La ville de Qom connut de nouveau la prospérité à l'époque Qajar. Après que les forces russes entrent dans Karaj en 1915, de nombreux habitants de Téhéran vinrent se réfugier à Qom à cause de la proximité des troupes russes, et le transfert de la capitale à Qom fut même envisagé. Mais les Britanniques et les Russes influèrent sur ce projet en mettant la pression sur Ahmad Shah Qajar. À cette période, un "Comité de défense nationale" fut mis en place à Téhéran, et Qom se transforma en foyer de la contestation contre les puissances coloniales britanniques et russes.

Pendant son règne, le shah a voulu faire de Qom une ville industrielle en exploitant les nappes de pétrole de cette région. Après la révolution de 1979, les recherches ont été abandonnées.

Bien plus tard, Qom devint le centre à partir duquel l'Ayatollah Khomeini basa son opposition aux Pahlavi pendant qu'il était en Iran. Qom fut durant plusieurs années la résidence de Khomeini qui mena les évènements de la révolution islamique, qui en changea pour Téhéran après la révolution.

Qom aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, Qom compte parmi les centres les plus importants du chiisme, à la fois en Iran et dans le monde. Son centre théologique (où les musulmans chiites viennent suivre les leçons de leurs maîtres : les ayatollahs) et le mausolée de Hazrat Ma'sumeh sont les caractéristiques essentielles de la capitale de la province de Qom. Un aute site de pèlerinage en dehors de la ville est appelé Jamkaran.

Dans la mosquée où repose Fatimah Ma'sumeh, sœur du huitième Imam, morte il y a douze siècles, les gardiens de sa châsse l'aspergent d'eau de rose du matin au soir. Les femmes viennent toucher les parois du sanctuaire pour obtenir bonheur conjugal et fécondité. Depuis la révolution, la mosquée a tendance à devenir un lieu où l'on vénère plus Khomeiny que Fatimah. L'ayatollah, pensent certains de ses fidèles, doit préparer le retour du « douzième Imam », celui qui annoncera en personne la fin des temps.

La proximité de la ville avec Téhéran a apporté à Qom certains avantages.

Attractions de Qom[modifier | modifier le code]

L'Organisation de l'héritage culturel d'Iran liste 195 sites historiques à Qom. Les plus visités sont :

  • Grotte Kahak
  • Grotte Vashnuh
  • Lac salé Howz-e Soltan
  • Grand lac salé Namak
  • Bibliothèque Mar'ashi Najafi, contenant plus de 500 000 manuscrits et copies.
  • Musée Astaneh Moqaddaseh
  • Bazaar de Qom
  • Séminaire Feyzieh
  • Mosquée Jamkaran
  • Mosquée du vendredi
  • Mosquée Atiq
  • Mosquée A'zam
  • Mausolée de Fatimah al-Masumeh

Universités à Qom[modifier | modifier le code]

  1. Université Shaikh Mufid de Qom
  2. Université islamique libre de Qom
  3. Université de Qom
  4. Institut de recherche Hawzeh va Daneshgah
  5. Centre de recherche informatique des sciences islamiques, Qom
  6. Institut d'éducation et de recherche Imam Khomeini
  7. Université des sciences médicales de Qom
  8. École des sciences médicales Fatemieh

Séminaires de Qom[modifier | modifier le code]

Qom est actuellement l'un des deux plus grand centres d'éducation chi'ite duodécimain du monde. Les séminaires (hawzah) suivants sont situés dans la ville :

  • Séminaire Amuliyah
  • Séminaire Ayatollah Golpayegani
  • Séminaire Ayatollah Mar'ashi Najafi
  • Séminaire Abul-Sadigh
  • Séminaire Imam al-Husayn
  • Séminaire Imam al-Askari
  • Séminaire Imam al-Mahdi
  • Séminaire Imam al-Hadi
  • Séminaire Rasul ul-A'dham
  • Séminaire Sayyed Hasan al-Shirazi
  • Séminaire Alwandiyah
  • Séminaire Imam al-Khamenei
  • Séminaire Imam al-Baqir
  • Séminaire Imam Hasan al-Mujtaba
  • Séminaire Imam Khomeini
  • Séminaire Imam al-Sadiq
  • Séminaire Imam al-Hadi
  • Séminaire Amir al-Mu'menin
  • Séminaire Bi'that
  • Séminaire Jabir ibn al-Hayyan
  • Séminaire Al-Zahra
  • Séminaire Jafariyah
  • Séminaire Haj Sayyed Sadiq
  • Séminaire Haj Ghazanfar
  • Séminaire Hojattiyeh
  • Séminaire Hossaynie
  • Séminaire Hadhrat al-Masuma
  • Séminaire Dar al-Shifa
  • Séminaire Rasul al-Akram
  • Séminaire Sa'adat
  • Séminaire Sharafiddin Amili
  • Séminaire Shahabiyah
  • Séminaire Shahid Sadr
  • Séminaire Shahidayn
  • Séminaire Sadiqqiyah
  • Séminaire Saduq
  • Séminaire de la justice
  • Séminaire Alavi
  • Séminaire Fatimie
  • Séminaire Feyzie
  • Séminaire Qadiriye
  • Séminaire Kermani-ha
  • Séminaire Ma'sumiye
  • Séminaire Mahdi Mow'ud
  • Séminaire Na'ini
  • Séminaire Wahidiyah
  • Séminaire Wali Asr
  • Séminaire Al-Alam
  • Séminaire Ad-Dirasat al-Islamiyya
  • Séminaire Maktab al-Mahdi
  • Séminaire Maktab at-Towhid
  • Séminaire al-Kawthar

Les séminaires reçoivent quelque 70,000 élèves.

Liste de hauts-personnages du clergé de Qom[modifier | modifier le code]

La liste suivante est une liste de Grands Ayatollahs et des ayatollahs de plus haut niveau à Qom (ou directement reliés à Qom).

Actuels[modifier | modifier le code]

Décédés[modifier | modifier le code]

Site nucléaire de Fordow[modifier | modifier le code]

Le 21 septembre 2009, l'Iran déclare à l'AIEA un site construit près de la ville de Qom, à Fordow ((en) en anglais : Fordu). Un premier site secret d'enrichissement avait été découvert à Natanz 7 ans plus tôt.

Le site souterrain d'enrichisement d'uranium de Fordow, présenté par l'Iran comme faisant partie du programme nucléaire civil iranien a été dévoilée au public lors du G20 de Pittsburgh de septembre 2009 par une déclaration de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown qui craignent un usage non-civil des centrifugeuses qu'il abrite. La configuration du site et sa taille ne sont pas selon le président américain compatible avec un usage civil[1]. Les représentants de l'Iran estiment que cette usine n'est pas illégale (l'AIEA n'imposant, selon les responsables iraniens du nucléaire, une déclaration du site que 180 jours avant l'introduction de matériel radioactif).

Selon Bruno Tertrais[2], la capacité présumée de cette usine (d'environ 3 000 centrifugeuses selon certaines informations en septembre 2009) et le fait qu'elle soit installée sur un site militaire laissent penser qu'elle a un objectif militaire. Selon les responsables iraniens, l'uranium n'y sera enrichi qu'à hauteur de 5 %, mais l'installation permet un enrichissement à 90 % permettant la production d'armes nucléaires[3].

En mai 2012, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé que 350 nouvelles centrifugeuses ont été installées depuis février dans le centre iranien d'enrichissement d'uranium de Fordow[4]

Villes jumelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Personnel de rédaction, « Deadline missed », The Economist,‎ 23 octobre 2009 (lire en ligne)
  2. Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la prolifération nucléaire et auteur d'un ouvrage Le Marché noir de la Bombe, Buchet-Chastel, 2009.
  3. Usine nucléaire secrète en Iran: «Une taille suffisante pour des visées militaires», Libération, 25 septembre 2009.
  4. 20 minutes - 24/05/2012 : Nucléaire: De nouvelles centrifugeuses auraient été installées en Iran

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Aspects religieux

Bibliographie[modifier | modifier le code]