Parti communiste italien

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Parti Communiste Italien
(it) Partito Comunista italiano
Image illustrative de l'article Parti communiste italien
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Amadeo Bordiga, Palmiro Togliatti, Angelo Tasca, Antonio Gramsci, Camilla Ravera, Ruggero Grieco, Luigi Longo, Enrico Berlinguer, Alessandro Natta, Achille Occhetto
Fondation 21 janvier 1921, Livourne
Disparition 3 février 1991, Bologne
Siège Via delle Botteghe Oscure, 4 - Rome
Partis successeurs Parti démocrate de la gauche
Parti de la refondation communiste
Organisation de Jeunesse Federazione dei Giovani Comunisti Italiani
Journal L'Unità
Idéologie Communisme,
Marxisme,
Léninisme,
Eurocommunisme.
Affiliation internationale Komintern (1921-1943)
Kominform (1947-1956)
Affiliation européenne Groupe communiste et apparentés
Coalition Front Populaire Démocrate (Gauche) (1948)
Adhérents 1 264 790 (1990)
Couleurs Rouge
Présidents de groupe
Chambre des députés Giulio Quercini (1991)
Sénat de la République Ugo Pecchioli (1991)
Parlement européen Giovanni Cervetti (GCA) (1989)
Représentation
Députés (1991)
177 / 630
Sénateurs (1991)
101 / 315
Eurodéputés (1989)
22 / 81

Le Parti communiste italien (PCI) était un parti politique italien, issu d'une scission de l'aile gauche du Parti socialiste italien au congrès de Livourne le 21 janvier 1921. La nouvelle formation, dirigée par Amadeo Bordiga et, plus tard (dès 1925) par le philosophe marxiste Antonio Gramsci, prend le nom de Parti communiste d'Italie (section italienne de l'Internationale communiste).

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu des années 1920 le parti se situe sur les positions de la Gauche communiste. Entre 1925 et 1926, la gauche communiste est écartée de façon bureaucratique. En 1927 le PCI publie dans son organe (en exil à Paris) Lo Stato Operaio[1] un « Appel aux fascistes » écrit par Palmiro Togliatti, son secrétaire général, et signé par le comité central au complet ainsi que par des dizaines de dirigeants du parti. Ensuite, en 1930, Pietro Tresso, l'un des fondateurs, victime du stalinisme, fut l'un des trois exclus qui donnèrent naissance à la « Nouvelle opposition italienne », d'obédience trotskiste.

Cependant, il participe à différents gouvernements d'union nationale au sortir de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu'à la rédaction de la constitution italienne, coopérant dans les deux cas avec la Démocratie chrétienne.

Le Parti communiste italien connait une évolution sensible à la suite du rapport Khrouchtchev (XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique, février 1956), qui marque le début de la déstalinisation en URSS. Sous l'impulsion de son Secrétaire général, Palmiro Togliatti, le PCI critique la répression de l'insurrection en Hongrie de novembre 1956 par l'Armée rouge (l'armée soviétique) et prend ses distances avec le PCUS. Le PCI est alors le premier PC d'Europe occidentale à affirmer la validité d'une voie nationale (spécifique) d'être communiste. Palmiro Togliatti théorise alors la doctrine dite du « polycentrisme ». Cette spécificité « avant gardiste » (au sein du mouvement communiste international) va s'accentuer tout au long des années qui suivent, jusqu'au changement de nom, suite au tournant de Bologne, en « Parti démocratique de la gauche » (PDS) en janvier 1991, c’est-à-dire avant même la disparition de l'URSS et la dissolution du PCUS.

Années 1970 : prise de distance avec Moscou et tentative de rapprochement avec les démocrates-chrétiens[modifier | modifier le code]

À partir de l'attentat de la piazza Fontana, en décembre 1969, l'Italie rentre dans les années de plomb, plus ou moins terminées avec l'attentat de la gare de Bologne en 1980. Enrico Berlinguer, le secrétaire du PCI, tente alors de mettre en place le « compromis historique » avec la Démocratie chrétienne (DC), mais l'assassinat de son représentant Aldo Moro en mai 1978 par les secondes Brigades rouges met fin à l'expérience de rapprochement entre les deux grands partis de la péninsule.

Avec le Parti communiste français (PCF), le PCI a été l'un des deux grands partis communistes ouest-européens, membre du Kominform. Dans les années 1970, il lance l'idée d'eurocommunisme, rompant définitivement avec Moscou. Enrico Berlinguer contribue au recentrage du PCI en affichant progressivement ses divergences avec la politique de l'URSS.

Malgré les divergences officielles, pour la seule période de 1971 à 1990, le PCI aura reçu secrètement 47 millions de dollars de la part du gouvernement soviétique. En comparaison, le Parti communiste français aura reçu 50 millions, et le Parti communiste des États-Unis d'Amérique 42 millions[2].

1991 : le tournant de Bologne[modifier | modifier le code]

Le parti s'est dissout en janvier 1991 (le tournant de Bologne — en italien, la svolta della Bolognina) pour donner naissance à deux formations :

Un autre parti, le Parti des communistes italiens (PdCI), est né d'une ultérieure scission du Partito della Rifondazione Comunista (Parti de la refondation communiste) en 1998 après la chute du gouvernement Prodi.

Ses secrétaires ont été, par ordre alphabétique : Enrico Berlinguer, Amadeo Bordiga, Antonio Gramsci, Luigi Longo, Alessandro Natta, Achille Occhetto et Palmiro Togliatti.

Congrès[modifier | modifier le code]

  • Ier congrès - Livourne, 21 janvier 1921
  • IIe congrès - Rome, 20-24 mars 1922
  • IIIe congrès - Lyon, 20-26 janvier 1926 [en exil]
  • IVe congrès - Cologne, 14-21 avril 1931 [en exil]
  • Ve congrès - Rome, 29 décembre 1945 - 6 janvier 1946
  • VIe congrès - Milan, 4-10 janvier 1948
  • VIIe congrès - Rome, 3-8 avril 1951
  • VIIIe congrès - Rome, 8-14 décembre 1956
  • IXe congrès - Rome, 30 janvier - 4 février 1960
  • Xe congrès - Rome, 2-8 décembre 1962
  • XIe congrès - Rome, 25-31 janvier 1966
  • XIIe congrès - Bologne, 8-15 février 1969
  • XIIIe congrès - Milan, 13-17 mars 1972
  • XIVe congrès - Rome, 18-23 mars 1975
  • XVe congrès - Rome, 30 mars - 3 avril 1979
  • XVIe congrès - Milan, 2-6 mars 1983
  • XVIIe congrès - Florence, 9-13 avril 1986
  • XVIIIe congrès - Rome, 18-22 mars 1989
  • XIXe congrès - Bologne, 7-11 mars 1990
  • XXe congrès - Rimini, 31 janvier - 3 février 1991

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Lazar, Maisons rouges. Les Partis communistes français et italien de la Libération à nos jours, Aubier, Paris, 1992.
  • Palmiro Togliatti, Appel aux fascistes (paru initialement dans Lo Stato Operaio, août 1936). Éditions Nautilus, Paris, 1983.
  • Guido Liguori, Qui a tué le Parti Communiste Italien ?, Editions Delga, Paris, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « Stato operaio, Lo », sur treccani (consulté le 8 décembre 2013)
  2. Histoire de l'espionnage mondiale, tome 2, Genevofa Étienne, Claude Moniquet, Éditions du Félin, 2001, p. 268-269.

Voir[modifier | modifier le code]