Ernest Mandel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mandel.

Ernest Mandel (, Francfort-sur-le-Main - , Bruxelles), économiste, est l'un des dirigeants trotskistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle. Il est aussi un économiste et un des théoriciens marxistes les plus importants.

Citation[modifier | modifier le code]

« Les idées qui flottent dans l'air, qui sont écrites sur papier, imprimées ou portées par la parole, ce n'est pas cela que ces messieurs craignent. Ce qu'ils craignent, c'est l'organisation, l'action organisée, les tentatives organisées de réaliser ces idées. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Élevé dans un foyer socialiste de gauche — son père fut un ami du bolchevique Karl Radek. Ernest Mandel rejoint en 1939 la petite section belge de la Quatrième Internationale et devient un ami d'Abraham Léon, qu'il a rencontré au sein du mouvement Hachomer Hatzaïr, et dont les positions sur le judaïsme et le sionisme vont beaucoup l'influencer.

À l’âge de 19 ans, Mandel devient membre du Comité Central de l’organisation belge clandestine, et trois ans plus tard, en 1944, il participe à la Conférence européenne clandestine de la Quatrième Internationale. Peu de temps après, il est arrêté pour la troisième fois. Il passe le reste de la guerre dans un camp de travail nazi.

Après la guerre, Mandel devient un participant clé dans la nouvelle direction internationale que Pablo et d’autres sont en train de reconstituer. Très rapidement, il devient un écrivain, un organisateur et un théoricien. En 1946, âgé de 23 ans, Mandel est élu au Secrétariat International. C’est pendant cette période qu’il fait des contributions significatives sur deux questions majeures auxquelles la jeune direction internationale doit faire face : la guerre israélo-arabe en Palestine et la nature de classe des pays de l’Europe de l’Est.

Parallèlement à son activité politique, il devient un des conseillers les plus écoutés du dirigeant du syndicat FGTB, André Renard et joue un rôle déterminant dans la confection du programme de réforme de structures adopté par la FGTB[1]..

Lors de sa scission de 1953, il est l'un des bras droits de Pablo. En Belgique, en 1956, il met sur pied l'hebdomadaire La Gauche, avec des membres de l'aile gauche du PSB, le parti socialiste belge de l'époque. Il s'allie avec Jacques Yerna, dirigeant de la FGTB wallonne.

Dans les années 1960, il publie des ouvrages de théorie économique marxiste et d'autres, de vulgarisation, sur le même thème. Au début des années 1970, il définit un "troisième âge du capitalisme" : après un âge de la concurrence, est venu un âge monopolistique et impérialiste : l'impérialisme est le « stade suprême du capitalisme », selon Lénine. Cet âge se prolonge dans l'après Seconde Guerre mondiale, mais l'accumulation du capital ne provoque plus principalement de l'exportation de capital fixe des pays impérialistes vers la périphérie, mais plutôt de l'échange inégal réalisé entre le centre impérialiste et les pays vendant des produits primaires. Il reprend, en la modifiant d'un point de vue marxiste, les théories des cycles de Kondratiev : pour lui, l'histoire du capitalisme industriel n'est que la succession d'ondes de stagnation ou d'accumulation accélérée du capital qui s'expliquent par des fluctuations du taux de profit. La phase longue d'expansion déclenchée après 1945, ne peut aboutir qu'à un retournement et à une période de crise du capitalisme, marquée par des récessions et des crises[2],[3].

En 1963, Mandel est l'un des principaux artisans de la constitution du Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale, dont la LCR française était la plus importante section. Après la rupture avec Pablo en 1964, Mandel en devient le dirigeant incontesté.

La même année, il est exclu du Parti socialiste belge, avec beaucoup d'autres « radicaux ». Ernest Mandel participe alors à la création du Parti wallon des travailleurs et à l'Union de la gauche socialiste. Puis à la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), en 1971, qui se présente alors comme la section belge officielle de « la Quatre ».

Il crée en 1982, avec Livio Maitan et le soutien de la Quatrième Internationale (SU), l'Institut International pour la Recherche et la Formation. Ernest Mandel, resté l'éminence grise du Parti ouvrier socialiste (issu en 1984 de la LRT) [4] meurt d'une crise cardiaque en 1995 à Bruxelles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Editions de l'université de Bruxelles, coll. « UB lire références » (no 6),‎ 2010, 390 p. (ISBN 978-2-800-41479-9, OCLC 690814570), p. 152-153
  2. Pierre Souvri, Compte-rendu de lecture du Troisième âge du capitalisme, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1979, p. 379-381.
  3. Gabriel Maissin, "Ernest Mandel, le capitalisme et ses trois vies", Politique, revue de débats, Bruxelles, no 42, décembre 2005.
  4. Pascal Delwit, Giulia Sandri, "La gauche de la gauche", in Pascal Delwit, Jean-Benoit Pilet, Emilie van Haute (Eds), Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2011, p. 295-296

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]