Comparaison entre le nazisme et le communisme

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Des comparaisons entre le nazisme et le communisme ont été effectuées par plusieurs historiens, philosophes politiques et intellectuels, du fait des similitudes techniques de la logistique totalitaire entre nazisme et stalinisme (quadrillage policier de la société, hiérarchie étatique étouffant l'expression de la base populaire, propagande omniprésente embrigadant la population, système répressif hypertrophié allant jusqu'aux massacres de masse dans ses actions, réseau de camps de détention). Certains, comme l'allemand Ernst Nolte, y voient deux systèmes qui s'articulent en action-réaction[L1 1]. Dans son livre Le Passé d'une illusion, François Furet affirme que le nazisme et le communisme puisent leur idéologie dans une même opposition envers la démocratie libérale et ce qu'ils nomment la « bourgeoisie capitaliste »[1],[2],[3]. Les deux idéologies se réclament du socialisme et utilisent son image l'une comme l'autre[4], les principaux pays communistes s'affichant « socialistes[Note 1] » et « nazisme » étant une abréviation de national-socialisme[Note 2]. Le Troisième Reich et l'URSS de Staline sont définis par la philosophe allemande Hannah Arendt comme des régimes « totalitaires » (Arendt comparaît le nazisme et le communisme en tant que régimes politiques, et non sur le plan idéologique), qualificatif également appliqué par les médias aux régimes de Mao Zedong, de Pol Pot ou de Kim Il-sung.

L'historien Alain Besançon[5] aborde également ce thème et, déplorant que l'on ne compare pas davantage nazisme et stalinisme, qualifie d'« amnésie historique » la manière dont sont traités les crimes staliniens et d'« hypermnésie historique » la manière dont sont traités ceux des nazis.

D'autres historiens, dont certains encouragent cependant la poursuite d'études comparatives entre le nazisme et le communisme, jugent que les différences entre les deux systèmes idéologiques et politiques l'emportent sur leurs similitudes. Ainsi selon l'historien britannique Ian Kershaw, « la comparaison […] demeure superficielle »[6], tandis que Nicolas Werth, coauteur du Livre noir du communisme, estime que « plus on compare le communisme et le nazisme, plus les différences sautent aux yeux », et que Marc Ferro, qui ne les estime « pas comparables » , critique l’« obsession » comparatiste. Ces positions sont à rapprocher de la critique du concept de totalitarisme, rejeté par une partie des soviétologues et des spécialistes du nazisme[7]. Selon Saul Friedländer, toute comparaison entre le nazisme d'une part et le communisme ou le fascisme italien d'autre part se heurte au caractère central de l'antisémitisme dans l'idéologie nazie et à la spécificité de la Shoah dans l'histoire[8].

Contenus des deux idéologies[modifier | modifier le code]

Nazisme[modifier | modifier le code]

Le nazisme est l'idéologie politique du NSDAP, parti politique fondé en Allemagne en 1920. Il accède au pouvoir dans ce pays en 1933, lorsque son chef Adolf Hitler est nommé chancelier du Reich par le président du Reich Paul von Hindenburg. Cette nomination porte également le sceau d'une onction populaire, le NSDAP obtenant par exemple 37,2 % des voix aux élections législatives de juillet 1932. Né en Allemagne, le nazisme n'est pas conçu pour s'exporter idéologiquement, bien que les conquêtes hitlériennes pendant la Seconde Guerre mondiale ont peu ou prou imposé la politique du IIIe Reich dans les pays occupés. Son application politique prend donc place dans une économie industrialisée, durement frappée par la crise économique mondiale de l'entre-deux-guerres. Le Troisième Reich ne se maintient que pour une courte période de douze ans, presque entièrement marquée par la préparation et le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

L'idéologie nationale-socialiste se rapproche par certains aspects (corporatisme économique, nationalisme, autoritarisme, anticommunisme) de celles de mouvements politiques européens de l'entre-deux-guerres comme la Révolution conservatrice allemande ou le fascisme italien, auxquels elle est parfois associée. Elle comporte une vision politique racialiste essentielle, divisant hiérarchiquement l'espèce humaine en races, hiérarchie au sommet de laquelle se situait la « race aryenne ». Cette vision accorde une place centrale à l'antisémitisme, trouvant son application pratique dans la politique de spoliation puis d'extermination des juifs d'Europe de 1933 à 1945. Le nazisme est anticommuniste. Les nazis ont toujours réprimé les communistes, les ont internés dès leur accession au pouvoir dans leurs premiers camps de concentration, ont interdit et brûlé les textes des auteurs communistes. Si le mouvement nazi adopte à ses débuts un discours sinon révolutionnaire, du moins « anti-bourgeois » et « plébéien »[9], il ne se traduit pas par un bouleversement des rapports de propriété une fois arrivé au pouvoir[10]. Bien au contraire, la politique économique nazie favorise les intérêts du patronat allemand dans les années 1930[11] et se traduit par un renforcement des grands groupes industriels privés qui, selon Ian Kershaw, « prennent une part active au pillage, à l'exploitation, à la destruction et au massacre dans les territoires occupés. »[12]

Communisme[modifier | modifier le code]

Signature du pacte germano-soviétique par Molotov, ministre des Affaires soviétiques.Joachim von Ribbentrop, le ministre allemand des Affaires étrangères est immédiatement derrière lui, à côté de Staline en arrière-plan. En haut, un portrait de Lénine.

Le communisme est un courant de pensée de philosophie politique qui prône une société sans classe, ainsi qu'une organisation sociale sans État basée sur l'abolition de la propriété privée des moyens de productions et d'échange au profit de la propriété collective et fondée sur la mise en commun des moyens de production. Bien que ses racines soient très anciennes, on se réfère presque exclusivement pour en parler aux philosophes allemands du XIXe siècle Karl Marx et Friedrich Engels. Il présente une grande diversité de courants parfois antagonistes, mais se référant toujours à Marx.

Le communisme, à la différence du nazisme, trouve son application dans des pays différents parfois sur plusieurs décennies. Le premier régime se réclamant du communisme est la Russie bolchevique, en 1917, qui catalyse bientôt la pensée communiste mondiale. L'anticommunisme nazi trouve son pendant dans le communisme antifasciste de l'entre-deux-guerre (qui trouve néanmoins une pause lors du pacte germano-soviétique et se déploie dans la résistance au nazisme) et post-1945, où cet antifascisme devient une identité du communisme. La propagande du IIIe Reich est en effet anticommuniste (et réprime les mouvements communistes) et l'URSS est anti-fasciste et, après la fin du pacte germano-soviétique, spécifiquement anti-nazie. Après la Seconde Guerre mondiale émergent d'autres régimes communistes (République populaire de Chine, République démocratique allemande).

Les États communistes sont tous des dictatures, généralement caractérisées par un système de parti unique. Bien que l'usage de la répression politique soit commune à tous ces États, celle-ci varie beaucoup dans ses formes et son intensité. Certains régimes comme l'URSS de Staline ou la Chine de Mao Zedong, souvent qualifiés de totalitaires, sont responsables de la mort de millions d'hommes. Le régime des Khmers rouges a mené une véritable entreprise génocidaire, aboutissant à la mort de 10 % à 20 % de la population du Cambodge. Dans d'autres régimes comme l'URSS post-stalinienne ou Cuba, la répression prend des formes beaucoup moins meurtrières, malgré la permanence de pratiques autoritaires (censure, interdiction de l'opposition, etc.).

Ancrage historique de la comparaison[modifier | modifier le code]

Intellectuels[modifier | modifier le code]

La philosophe Hannah Arendt a assimilé les régimes hitlérien et stalinien dans son essai Le système totalitaire, comme emblèmes du « Totalitarisme »

Dans les années 1920, l'économiste libéral Ludwig von Mises avait déjà assimilé économiquement le nazisme à un socialisme, sachant que pour Mises, et encore aujourd'hui pour les conservateurs des États-Unis[13], toute intervention de l'État dans l'économie, et par extension dans la société (les impôts par exemple), est considérée comme une caractéristique strictement socialiste[14].

Cependant, c'est dans les années 1930 que Marcel Mauss va rapprocher communisme et fascisme (strictement dans ce sens) dans ses écrits sur le Bolchévisme[15]. Mais, « Il faudra toutefois attendre la fin de la guerre pour que Hannah Arendt précise et popularise cette parenté en condamnant conjointement hitlérisme et stalinisme dans ses différents travaux sur le système totalitaires qui auraient, à l'en croire, "banalisé le mal". Dans le climat de guerre froide qui régnait alors, cette assimilation entre les deux régimes rencontra un échos favorable dans de nombreux secteurs du monde occidental, et notamment dans les milieux russes, dont certains (ukrainien et géorgiens notamment) n'avaient pas répugné, durant l'occupation, à jouer contre Staline la carte nazie;... »[16]

En 1944, Ludwig von Mises, écrit dans son ouvrage « Omnipotent Government, The Rise of the Total State and Total War », que « Huit des dix points (du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels) ont été exécutés par les nazis avec un radicalisme qui aurait enchanté Marx. Seuls deux points n’ont pas encore été complètement adoptés par les nazis, à savoir l’expropriation de la propriété foncière et l’affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat (point n°1 du Manifeste) et l’abolition de l’héritage (point n°3). Cependant, leurs méthodes de taxation, leur planisme agricole et leur politique concernant la limitation des fermages vont chaque jour dans le sens du marxisme. »[17].

L'Allemand Kurt Schumacher, dirigeant du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD, gauche) après 1945, et contemporain du nazisme et du communisme soviétique, déclara que les communistes étaient des « nazis repeints[18]. »

Dans la période de guerre froide et après la chute de l'URSS, différentes comparaisons entre stalinisme et nazisme ont été faites assimilant ainsi le communisme au nazisme (et non l'inverse). Ainsi, Ernst Nolte[19], Robert Conquest[20], Alain Besançon[21],[22] ou Stéphane Courtois[23] se sont penchés à partir d'analogies sur la question du communisme comme matrice du nazisme. L'historien François Furet répond à Ernst Nolte en apportant ses points de convergence et de divergence : cette correspondance est publiée en 1998 sous le titre Fascisme et communisme.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Le Livre noir du communisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Livre noir du communisme.

Dans son chapitre introductif Stéphane Courtois, qui a été maoïste dans sa jeunesse, rapproche les systèmes répressifs des nazis et des communistes, mais récuse l'assimilation des deux idéologies.

Stéphane Courtois pose la comparaison entre nazisme et communisme comme une question à traiter par les historiens. Il compare ainsi l'organisation des deux mouvements, ainsi que le nombre de victimes attribuées au communisme aux morts causés par le nazisme. Il établit un parallèle entre « génocide de race » nazi et ce qu'il nomme, à la suite d'Ernst Nolte, le « génocide de classe[24]. » Le communisme étant, pour ses partisans, une idéologie égalitaire et humaniste, à la différence du nazisme, plusieurs historiens - à commencer par la moitié des auteurs de l'ouvrage (Karel Bartošek, Jean-Louis Margolin et Nicolas Werth) responsables de plus de la moitié de celui-ci[25]- ont affirmé publiquement leur désaccord avec Courtois. Nicolas Werth, notamment, dit que « plus on compare le communisme et le nazisme, plus les différences sautent aux yeux[26]. »

Selon Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS, « Stéphane Courtois dresse une comparaison de la prise de conscience du génocide juif et de celle du communisme qui n'est qu'un tissu de contrevérités ou d'approximations », soulignant notamment que la Shoah n'est devenue un objet privilégié de la recherche historique que dans les années 1970 et ne s'est imposée dans la mémoire collective que dans les années 1980. Elle cite aussi François Furet (qui aurait dû rédiger la préface s'il n'était pas décédé prématurément) : le génocide des Juifs a « l'affreuse particularité d'être une fin en soi[27]. »

Certains, malgré les démentis répétés du principal intéressé, ont vu dans cette comparaison une assimilation pure et simple, et à ce titre ont jugé bon de la dénoncer. Ainsi le journaliste Benoît Rayski accuse certains intellectuels, dont Stéphane Courtois, Alain Besançon, Ernst Nolte ou Jean-François Revel de vouloir décomplexer l'Occident à propos de la question du nazisme, afin de promouvoir leur propre anticommunisme[28].

Pour Jean-Jacques Becker « C'est un « combattant » [Stéphane Courtois] qui veut faire de l'histoire « efficace », c'est-à-dire exactement le contraire de l'histoire[29]... »

Critiques[modifier | modifier le code]

L'historien Nicolas Werth, un des principaux auteurs du Livre noir du communisme, estime pour sa part que comparer le communisme et le nazisme, c'est en découvrir les différences[30]. Pour l'historien Stanley Payne, qui recense une dizaine de similitudes fonctionnelles entre les régimes nazi et stalinien tout en soulignant qu'il ne cherche pas à démontrer que le communisme et le nazisme seraient essentiellement identiques, le système national-socialiste est le régime non-communiste qui, dans l'histoire, s'est le plus rapproché du régime communiste russe[31].

Le Passé d'une illusion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Passé d'une illusion.

Dans Le Passé d'une illusion, François Furet écrit : « la bourgeoisie, sous ses différents noms, constitue pour Lénine et pour Hitler le bouc émissaire des malheurs du monde. Elle incarne le capitalisme, pour l'un fourrier de l'impérialisme et du fascisme, pour l'autre du communisme, pour l'un et l'autre origine de ce qu'ils détestent »[2]. Et il ajoute: « On n'en finirait pas de citer dans l'un et l'autre camp des textes dénonçant le régime parlementaire ou la mise en œuvre du pluralisme politique comme autant de tromperies bourgeoises »[3],[32],[33].

Il souligne également l'attrait du communisme et du fascisme auprès de certains intellectuels : « En mettant ensemble tous les auteurs européens célèbres qui ont été au XXe siècle, communistes ou procommunistes, fascistes ou profascistes, on obtiendrait un Gotha de la pensée, de la science et de la littérature[34] ». La comparaison est pour l'auteur, nécessaire: « ce qui rend inévitable une analyse comparée n'est pas seulement leur date de naissance et leur caractère à la fois simultané et météorique à l'échelle de l'histoire. C'est aussi leur dépendance mutuelle. Le fascisme est né comme une réaction anticommuniste. Le communisme a prolongé son bail grâce à l'antifascisme. La guerre les a mis aux prises, mais après les avoir associés[3] ; cependant, il reconnaît que « la différence tient naturellement à ce que les deux discours n'ont pas la même ascendance intellectuelle »[35] ».

Il souligne encore le respect manifesté par Hitler envers le régime stalinien et Staline lui-même, en tant que « chef politique ». Pour preuve, il cite ces propos d’Hitler qu’il considère comme annonciateurs de la future alliance entre Staline et Hitler en 1939 et qui ont été rapportés par Hermann Rauschning dans « Hitler m'a dit », ouvrage dont « de nombreux historiens ont suspecté l'authenticité mais dont la plupart continuent d'estimer qu'il s'agit d'une source importante », selon Raoul Girardet qui l’écrit dans l’avant-propos de la réédition française de 2005  :

« Ce n'est pas l'Allemagne qui va devenir bolchevique, vaticine Hitler devant Rauschning au printemps 1934, mais le bolchevisme qui se transformera en une sorte de national-socialisme. En plus, il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d'éléments qui nous en séparent. Il y a, par-dessus tout, un vrai sentiment révolutionnaire, qui est vivant partout en Russie sauf là où il y a des juifs marxistes. J'ai toujours fait la part des choses, et toujours enjoint que les anciens communistes soient admis dans le parti sans délai. Le petit bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui. »[36]

« Ce qui m'a intéressé et instruit chez les marxistes, ce sont leurs méthodes. [...] Tout le national-socialisme est contenu là-dedans. [...] Les sociétés ouvrières de gymnastique, les cellules d'entreprises, les cortèges massifs, les brochures de propagande rédigées spécialement pour la compréhension des masses, tous ces nouveaux moyens de la lutte politique ont été presque entièrement inventés par les marxistes. Je n'ai eu qu'à m'en emparer et à les développer et je me suis ainsi procuré l'instrument dont nous avions besoin.. »[37]

Cependant, l'authenticité des propos attribués à Hitler par Rauschning est réfutée par plusieurs auteurs, en particulier : Wolfgang Hänel (Hermann Rauschnings "Gespräche mit Hitler : eine Geschichtsfälschung", Ingolstadt, 1984, 136 p.), Fritz Tobias (« Auch Fälschungen haben lange Beine. Des Senatspräsidenten Rauschnings „Gespräche mit Hitler“ »), Karl Corino (Gefälscht! Betrug in Politik, Literature, Wissenschaft, Kunst und Musik, Greno, 1988, p. 91–105) et Eckhard Jesse (« Hermann Rauschning. Der fragwuerdige Kronzeuge », Ronald Smelser et al. Die braune Elite II: 21 weitere biographische Skizzen, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1993). Quant à l'historien britannique Ian Kershaw, il a écrit : « Je n'ai pas une seule fois cité le Hitler m'a dit de Hermann Rauschning, ouvrage dont l'authenticité apparaît désormais si mince que mieux vaut carrément l'oublier » (lire Ian Kershaw, Hitler, tome I, Flammarion, 2000, p. 11).

Fascisme et communisme[modifier | modifier le code]

La pensée « infréquentable » d'Ernst Nolte[modifier | modifier le code]

Dans Fascisme et communisme, l'universitaire allemand Ernst Nolte entreprend une réponse aux propos de François Furet dans Le Passé d'une illusion, qui le citait notamment aux pages 195 et 196. Au cours de cet échange, Furet, tout en avouant sa dette envers Nolte, refuse sa thèse centrale, qui est de considérer le fascisme italien et le national-socialisme (il parle de « fascisme radical » en Allemagne et de « fascisme normal » en Italie[L1 2]), comme des idéologies essentiellement antimarxistes visant à répondre au totalitarisme bolchevique dont ils seraient des copies, certes « plus horrible[s] que l’original »[38].

François Furet évoque d'abord le « dialogue » nécessaire dans la conception des idéologies communiste, nazie et fasciste, issues de la matrice de la Première Guerre mondiale : « La guerre de 1914 a pour l'histoire du XXe siècle le même caractère matriciel que la Révolution française pour le XIXe siècle. D'elle sont directement sortis les événements et les mouvements qui sont à l'origine des trois « tyrannies » dont parle en 1936 Élie Halévy. La chronologie le dit à sa manière, puisque Lénine prend le pouvoir en 1917, Mussolini en 1922, et que Hitler échoue en 1923 pour réussir dix ans plus tard. Elle laisse supposer une communauté d'époque entre les passions soulevées par ces régimes inédits qui ont fait de la mobilisation politique des anciens soldats levier de la domination sans partage d'un seul parti ».

Mais François Furet ne s'arrête pas à ce qui pourrait constituer une simple références « de la version politico-logico-structurelle de Hannah Arendt et Carl Joachim Friedrich »[L1 3] ; il indique ainsi pourquoi « la pensée d'Ernst Nolte a fait l'objet, en Allemagne et en Occident, d'une condamnation si sommaire qu'elle mérite un commentaire particulier »[L1 4]. En effet, « Un de des mérites est d'avoir très tôt passé outre à l'interdiction de mettre en parallèle communisme et nazisme »[L1 4]. Selon François Furet, le fait que l'historien « devrait ignorer ce que l'avènement de Hitler doit à l'antériorité de la victoire bolchevique, et au contre-exemple de la violence pure érigée par Lénine en système de gouvernement ; enfin à l'obsession kominternienne d'étendre la révolution communiste à l'Allemagne […] empêche de faire l'histoire du fascisme »[L1 5]. « L'obsession du nazisme » a en effet été « dès l'origine, instrumentalisé par le mouvement communiste. [Elle] n'est jamais aussi visible et puissante qu'au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, quand l'Histoire, par la défaite de Hitler, semble donner un certificat de démocratie à Staline, comme si l'antifascisme, définition purement négative, suffisait à la liberté. De ce fait, l'obsession antifasciste a ajouté à son rôle nécessaire un effet néfaste : elle a rendu sinon impossible, du moins difficile, l'analyse des régimes communistes »[L1 6].

Points de raccord entre fascisme et communisme[modifier | modifier le code]
À bas les démocraties. Caricature suédoise de Dag W. Scharp, 1959

Ernst Nolte se distingue d'Hannah Arendt, qui rapprochait les idéologies en vertu de structures communes (embrigadement des masses, de l'économie, instauration d'un parti unique, , etc.) ; il insiste, comme le dit Alain Besançon en 1998 sur la « généalogies de régimes s'érigeant sur les imperfections de la démocratie moderne […]. La haine du bolchevisme amène Adolf Hitler au pouvoir. Et l'antifascisme, en voilant les crimes d'un Staline derechef identifié comme défenseur du monde libre, permet à ce dernier de pérenniser son régime - au prix d'une sanglante imposture »[39]. Ernst Nolte a ainsi avancé que « le système libéral, par ce qu'il offre de contradictoire et d'infiniment ouvert sur l'avenir, a constitué la matrice des deux grandes idéologies, communiste et fasciste »[L1 7] : le communisme s'y oppose en offrant une transcendance par un « universalisme démocratique » et le fascisme une protection « contre l'angoisse d'être libres et sans déterminations »[L1 7]. Les deux idéologies partagent en définitive la haine du monde bourgeois[L1 8]. C'est également face à un « déficit politique » de la démocratie contemporaine (qui passe notamment par une exclusion des masses au principe de décision, au profit de la bourgeoisie) que s'engage dans les idéologies communiste et fasciste une haine et une lutte contre le même ennemi : la démocratie bourgeoise[L1 9].

François Furet n'apporte pas ici une réelle définition de fascisme et continue : « sur le plan idéologique, l'extrémisme universaliste du bolchevisme provoque l'extrémisme du particulier dans le nazisme. Sur le plan pratique, l'extermination de la bourgeoisie accomplie par Lénine au nom de l'abstraction de la société sans classes crée une panique sociale au point de l'Europe le plus vulnérable à la menace communiste ; elle fait triompher Hitler et la contre-terreur nazie »[L1 10]. François Furet se distingue pourtant de son collègue, en voyant le fascisme et le communisme comme « deux figures potentielles de la démocratie moderne »[L1 11] alors que Nolte insistait sur le « caractère réactif »[L1 12] des deux idéologies. Pour François Furet, « l'extrême droite allemande, et même la droite tout entière, n'ont pas besoin du communisme pour détester la démocratie […] d'ailleurs, certains de ses plus proches affidés [à Hitler], comme Goebbels, ne font pas mystère de détester Paris et Londres plus que Moscou »[L1 13].

Ernst Nolte « a exprimé à plusieurs reprises son horreur de l'extermination des Juifs par les nazis, et même la singularité du génocide juif en tant que la liquidation industrielle d'une race »[L1 5], mais « il maintient l'idée que la suppression des bourgeois comme classe par les bolcheviks a montré la voie et que le Goulag est antérieur à Auschwitz »[L1 14]. Alors que François Furet parle d'un antisémitisme hitlérien ancien, qui annihilerait tout rapport de cause à effet entre les massacres entrepris par Lénine contre la bourgeoisie russe et l'extermination des Juifs par le IIIe Reich[L1 15], Ernst Nolte y voit un « nexus causal », un précédent qui permettrait aux choses de s'enchaîner[L1 16] (mais il ne s'agit pas pour lui de l'unique cause[L1 17]). Il trouve dès lors injustifiée « l'idée que ce serait faire l'apologie du nazisme que de le considérer comme étant d'abord une réaction contre le bolchevisme »[L1 1]. Il trouve ainsi la réaction national-socialiste légitime, dans le sens où il y eût aussi des réactions nationalistes ailleurs en Europe ; mais cette réaction devient illégitime au moment où le national-socialisme entame à légiférer sur la privation des droits puis le processus de spoliation et d'extermination des Juifs. Au sein de l'Historikerstreit, il se place néanmoins en défenseur de l'intentionnalisme[L1 18] et reconnaît la « nature propre d'Auschwitz comparé au Goulag »[L1 19]. Sa réflexion s'achève sur cette question : « ne devrait-on pas juger plus sévèrement un mouvement dont les intentions peuvent être qualifiées de « douces » et qui, en réalité, partout où il s'est imposé par la violence, a provoqué un nombre gigantesque de victimes, plus sévèrement donc qu'un parti dont les intentions d'emblée sont à qualifier de mauvaises ? »[L1 20], établissant ainsi une ultime comparaison entre l'idéologie communiste prétendument démocratique et le nazisme, qui ne se cachait lui pas d'être anti-démocratique.

Autres sources de comparaison[modifier | modifier le code]

Parmi les écrivains, historiens et philosophes[modifier | modifier le code]

L'écrivain roumain et français Eugène Ionesco place sur le même plan dans ses écrits, Hitler et Staline, le nazisme et le communisme, qu'il nomme « les deux horribles cauchemars du siècle[40]. »

Soldats allemands et soviétiques réunis sous un portrait de Staline, lors du transfert de la ville de Brest sous contrôle soviétique, après l’invasion et le partage de la Pologne par l’Allemagnie nazie et l’URSS, en 1939.

Selon le théologien laïc Gérard Leroy, « la parenté profonde entre communisme et facisme est dure à accepter, particulièrement pour ceux qui ont combattu le nazisme aux côtés des communistes » et, selon le philosophe Raymond Aron, qui qualifie de « religions séculières » le socialisme, le communisme et le nazisme[41], « les totalitarismes, nazi ou communiste, fonctionnent de la même manière, sur deux principes : la foi des militants et la peur des opposants[42]

Dans L'erreur de l'Occident[43], Alexandre Soljénitsyne écrit en 1980 : « Le communisme montre plus de solidité et de longévité que le nazisme ; il met aussi beaucoup plus de finesse et d’intelligence dans sa propagande (...) » et « Du vivant même de Lénine, il n'y a pas eu moins d'innocents massacrés dans la population civile que sous Hitler, et pourtant les écoliers occidentaux, qui donnent aujourd'hui à Hitler le titre de plus grand scélérat de l'Histoire, tiennent Lénine pour un bienfaiteur de l'humanité » et « Le stalinisme n’a jamais existé ni en théorie ni en pratique, on ne peut parler ni de phénomène stalinien ni d’époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes ».

L'essayiste et romancière américaine, Susan Sontag, déclara en 1982 que « les gens de gauche », comme elle, « croyaient à, ou du moins appliquaient, un deux poids, deux mesures au langage angélique du communisme »[44] ». Elle ajouta : « Le communisme est un fascisme — un fascisme qui a réussi, si vous voulez. Ce que nous avons appelé fascisme est, plutôt, la forme de tyrannie qui peut être renversée — qui a, en grande partie, échoué. Je répète : non seulement le fascisme (et le gouvernement militaire déclaré) est la probable destinée de toutes les sociétés communistes — particulièrement quand leur population est amenée à se révolter —, mais le communisme est en lui-même une variante, la variante la plus efficace, du fascisme[44] ».

Sous la direction de l'historien Henry Rousso, comparaison est faite entre communisme et nazisme dans Stalinisme et nazisme : Histoire et mémoires comparées, aux éditions Complexe[45].

Pour Philippe Burrin, historien, professeur à l'Institut des hautes études internationales à Genève, même si « le communisme était une révolution sociale effectuée au nom d'une idéologie rationaliste, matérialiste et universaliste, et le nazisme une révolution politique prenant appui sur les élites conservatrices et fondée sur l'exaltation de la race et de l'instinct », « il n'en demeure pas moins possible de déceler entre les deux de nettes similitudes »[46],[47].

Le 14 novembre 1997, le philosophe, écrivain et journaliste Jean-François Revel qui a inventé la formule « La comparaison interdite : communisme et nazisme »[48], a déclaré dans le journal Le Figaro : « Être assassiné par Pol Pot est-il moins grave que d’être assassiné par Hitler ? Il n’y a pas lieu d’établir de distinction entre les victimes des totalitarismes "noir" ou "rouge". Le totalitarisme nazi n’a pas fait mystère de ses intentions : il entendait éliminer la démocratie, régner par la force et développer tout un système de persécutions raciales. On nous dit que les communistes avaient un idéal. Je suis presqu’enclin à trouver cela encore pire. Parce que cela signifie que l’on a délibérément trompé des millions d’hommes. Parce que l’on a ajouté ainsi aux crimes le mensonge le plus abject »[49]. Et Revel résume sa pensée dans cette autre formule : « Le communisme, c'est le nazisme, le mensonge en plus ».

L'écrivain espagnol Jorge Semprún a expliqué comment le camp de Buchenwald avait été créé par les nazis en 1937 pour interner les opposants au nazisme avant d'être utilisé par les Soviétiques pour y interner les opposants au communisme, après avoir été libéré par les Américains de la IIIe armée de Patton, le 11 avril 1945[50].

L'historien Pierre Chaunu qualifie le nazisme et le communisme de « jumeaux hétérozygotes », dans un article de la revue Commentaire, intitulé « Les jumeaux malins du deuxième millénaire »[51].

En 1998, l'écrivain Alain de Benoist, théoricien du mouvement de la Nouvelle Droite, justifie la comparaison entre les deux idéologies, en particulier par « l'étroite imbrication dialectique de leur histoire » (« Tout comme le système soviétique a puissamment mobilisé au nom de l'« anti-fascisme », le système nazi n'a cessé de mobiliser au nom de l'anti-communisme »)[52].

L'académicien et historien français Max Gallo parle du communisme et du nazisme comme des « totalitarismes complémentaires, le Rouge et le Noir[53]. » Il qualifie par ailleurs le Pacte germano-soviétique de « Pacte des Assassins, entre communistes et nazis[54]. »

Selon Christophe Geffroy, Alexandre Soljénitsyne a comparé « l’horreur absolue du communisme » à celle du nazisme, « bien avant les travaux fondamentaux de François Furet et Stéphane Courtois »[55].

En 2008, le philosophe et historien libéral Philippe Nemo, liste les points communs qui existent selon lui entre le nazisme, le socialisme et le communisme, dans un ouvrage intitulé Les Deux Républiques françaises[17].

Selon l'écrivain juif britannique Hyam Maccoby (université de Leeds) et l'historien Bernard Lewis (université de Princeton) les propos de Karl Marx dans un article intitulé Sur la Question juive, écrit en 1843 et publié en 1844, ne seraient pas simplement anti-religieux mais antisémites[56],[57] et auraient inspiré les membres du Parti national-socialiste ainsi que les soviétiques[58],[59].

Dans la littérature et le cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans le roman écrit en 1949 et intitulé La Vingt-cinquième Heure, l’écrivain roumain Virgil Gheorghiu raconte l’existence et les périples d’un simple paysan qui subit au quotidien, de 1938 à 1948, les conséquences des discriminations raciales de l'idéologie fasciste en Roumanie et Hongrie, puis nazie en Allemagne, et enfin celles, sociales et politiques, du totalitarisme communiste victorieux[60]. Un film du même titre en a été tiré en 1966 par Henri Verneuil.
  • Dans son roman intitulé Vie et Destin (1955-1960), Vassili Grossman oppose nazis et communistes à partir des contenus différents de leurs idéologies, mais les rassemble quant à la servilité humaine qu'ils encouragent, notamment en mettant face à face un vieux bolchevique et un officier national-socialiste, qui déclare au premier : « Regardez-vous, nous nous ressemblons ; le monde, pour vous comme pour nous, n'est-il pas volonté ? »[61]. Dans Tout Passe (1955-1960), il écrit : « Pour massacrer, il était nécessaire de déclarer que les koulaks n'étaient pas des êtres humains, tout comme les Allemands déclaraient que les Juifs n'étaient pas des êtres humains. Lénine et Staline dirent donc : les koulaks ne sont pas des êtres humains ».
  • Le documentaire The Soviet Story, réalisé par le cinéaste letton Edvins Snore, archives, citations et interviews d'historiens à l'appui, que le nazisme et le communisme stalinien puisent aux mêmes sources idéologiques, qu'ils se sont mutuellement influencés et qu'ils ont collaboré dès 1935, y compris sur le terrain de l'antisémitisme, Staline livrant aux nazis les juifs allemands réfugiés en URSS[62].
  • Le film intitulé Katyń, réalisé par le cinéaste polonais Andrzej Wajda et diffusé à partir du 17 septembre 2007, jour anniversaire de l'invasion de la Pologne par les soviétiques en 1939, raconte le Massacre de Katyń, crime de masse perpétré par les soviétiques et longtemps attribué par les communistes aux nazis allemands. En France, où la victoire gaulliste aux côtés, entre autres, des soviétiques en 1945, et la Résistance unie à partir de juin 1941, communistes inclus, font partie de l'identité nationale (depuis la Libération), Jean-Luc Douin critique Andrzej Wajda dans un article publié dans Le Monde du 1er avril 2009, pour « le renvoi dos à dos des nazis et des soviétiques comme prédateurs du territoire national » et « sur l'étrange confusion entre Katyń et le génocide des juifs ». Cette analyse suscite une vigoureuse prise de position de l'ancien dissident polonais, Adam Michnik, publiée dans Le Monde du 15 avril 2009, dans laquelle il se déclare consterné par la « troublante ignorance » du quotidien français : « À l'époque, la Pologne fut morcelée par deux puissances totalitaires liées par le pacte germano-soviétique. La terreur dans les deux parties occupées du pays fut comparable ; la brutalité et la cruauté avec lesquelles les deux occupants emprisonnaient et assassinaient les Polonais étaient les mêmes. […] En Europe occidentale, […] le dogme idéologique interdisait de mettre côte à côte les crimes d'Hitler et ceux de Staline. La critique du Monde est donc prisonnière de ce dogme, alors que Wajda le défie. Le metteur en scène polonais brise le mur du silence. […] Ce fut un sujet tabou pour la gauche française. Pendant de longues années, elle garda le silence autour de l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge, des crimes des Soviétiques, de même que sur Katyń. Jusqu'à aujourd'hui, ce tragique événement historique est un cadavre dans le placard de la gauche française, si longtemps indulgente à l'égard du Grand Linguiste, Joseph Staline[63]. »

Dans l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Au sein de deux encycliques quasiment simultanées, Mit brennender Sorge publiée le 10 mars 1937 et Divini Redemptoris publiée le 19 mars 1937, le Pape Pie XI établit un parallèle entre les deux idéologies, souligne les analogies qui existent entre elles et condamne dans la première la doctrine nazie comme « fondamentalement antichrétienne » et dans la seconde le communisme comme « intrinsèquement pervers »[64]. Le pape Jean-Paul II compare avortement, nazisme et communisme dans un livre de souvenirs où il met en garde contre les « idéologies du mal »[65],[66].

S’exprimant sur son ouvrage La Liberté des hommes. Lecture politique de la Bible, Armand Lafferère écrit : « Les véritables totalitarismes - le nazisme et le communisme - ont toujours considéré, et avec raison, la Bible comme la plus grande ennemie de leurs ambitions démentes. Il y a à cela une raison précise : les textes bibliques comprennent, en plus de leur contenu spirituel, une réflexion longue et sophistiquée sur le pouvoir politique. Les conclusions de cette réflexion sont sans ambiguïté. La Bible répète sans cesse qu’il faut se méfier des hommes de pouvoir, quels qu’ils soient, parce qu’ils ne peuvent pas échapper à la tendance qui est au centre de la nature humaine »[67].

Reconnaissance des victimes du nazisme et du communisme[modifier | modifier le code]

Soldats nazis et soviétiques fraternisant en septembre 1939.

Commémoration européenne[modifier | modifier le code]

À l'encontre de la concurrence mémorielle, le parlement de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe adopte le 3 juillet 2009 un texte (dit Déclaration de Vilnius (en)) condamnant tous les régimes totalitaires communistes et nazis de l’Histoire européenne et leur éventuelle glorification.

Par une décision du 3 juin 2008 le même parlement décide que la journée du 23 août deviendra la Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme (International Black Ribbon Day).
Cette commémoration inaugurée en 2009 correspond au 70e anniversaire du pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939.

Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, des musées sont créés dans les anciens pays de l'est de l'Europe ayant souffert du nazisme et du communisme, en mémoire des grandes épreuves subies pendant cinquante années [68].

Critiques de la comparaison nazisme-communisme[modifier | modifier le code]

En Roumanie[modifier | modifier le code]

L'historien roumain du communisme Victor Frunză, ancien membre du P.C.R., considère que « nazisme et communisme ne sont pas comparables, parce que le premier, resté fidèle à ses racines idéologiques naturalistes, a séduit et entraîné d'abord son propre peuple dans un projet historique conformément auquel il a terrorisé et opprimé ses opposants et des peuples étrangers ou définis comme tels, tandis que le second, tournant le dos à ses racines idéologiques humanistes, a terrorisé et opprimé non seulement ses opposants mais d'abord son propre peuple : les prolétariats des pays où il a pris le pouvoir, alors qu'il a séduit et mobilisé intellectuels, syndicalistes, ouvriers et même prêtres chez des peuples étrangers »[69].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

L'écrivain Thomas Mann a écrit : « Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »[70].

En France[modifier | modifier le code]

Pour l'historien de la Russie Jean-Louis Van Regemorter : « Ces amalgames simplistes ne risquent-ils pas d'éloigner l'historien de sa déontologie traditionnelle qui consiste à analyser et à comprendre ? »[71].

De même Georges Mink et Jean-Charles Szurek s'interrogent sur la valeur de cette comparaison : « À quoi sert-il de comparer les crimes et dans quel but ? si on ne les rapporte au système social dont ils sont issus, à l'origine de ce système, à son projet, à son histoire ? À cet égard, tout distingue le communisme du nazisme. Et d'abord le fait que le communisme a modelé en profondeur les structures sociales et économiques des pays, en général peu développés et majoritairement paysans, où il s'est implanté. »[72].

L'historien français Marc Ferro estime que le stalinisme et le nazisme ne sont pas comparables car ce sont deux philosophies totalement différentes qui sont nées dans des contextes et de manière opposés[73]. Sur un plan historiographique et méthodologique, il regrette ce qu'il voit comme l'« obsession » de la comparaison entre les deux régimes[74].

Revenant sur la thèse de Stéphane Courtois selon laquelle le « génocide de race » nazi vaut le « génocide de classe » stalinien, l'historien spécialiste de l'URSS Jean-Jacques Marie a dénoncé le fait que cette comparaison repose sur une fausse citation de Staline : « À la page 19 du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois écrit : “Le mot officiel de Staline [...] était d'exterminer les koulaks en tant que classe.” Stéphane Courtois remplace “liquider” par “exterminer” et s'appuie sur cette citation modifiée pour affirmer : “ici le génocide de « classe » rejoint le génocide de « race ».”
Donc le “communisme” par Staline interposé et le nazisme sont jumeaux puisque l'un tente d'exterminer une couche sociale et l'autre une race. Il est fâcheux que pour étayer cette affirmation Stéphane Courtois commence par trafiquer la formule de Staline. Les guillemets et le mot “officiel” n'y changent rien »[75].

Selon Stéphane Courtois encore, « la mort de faim d’un enfant de koulak ukrainien délibérément acculé à la famine par le régime stalinien vaut la mort de faim d’un enfant juif du ghetto de Varsovie... »
Pour Gilles Perrault cette affirmation ne tient pas la route car si l'enfant ukrainien survit, il pourra continuer sa vie a priori normalement alors que si l'enfant juif survit, il sera de toute manière tué par les nazis en tant que tel, en tant que juif considéré comme sous-homme[76]. Mark Tauger, de l'Université de Californie est du même avis.

Pour Andrea Graziosi, l'Holodomor est cependant très différent de la Shoah : « Il ne se proposait pas l’extermination de la nation ukrainienne tout entière, il ne reposa pas sur le meurtre direct des victimes, il fut motivé et élaboré théoriquement et politiquement — peut-on dire « rationnellement » ? — et non pas sur des bases ethniques et raciale. »[77].

Deux des auteurs du Livre noir du communisme (Nicolas Werth et Jean-Louis Margolin) remettent en cause les thèses introductives de Courtois : « On chercherait cependant en vain, dans le chapitre introductif comme dans le reste de l'ouvrage, la discussion serrée et approfondie que nécessiteraient des questions aussi complexes et délicates que la comparaison entre fascisme et communisme, ou la présence de potentialités terroristes dans la théorie marxiste elle-même. »[78].

Quelques années plus tard, Nicolas Werth, cite Hannah Arendt dans ce sens, à propos du parallèle entre les camps de concentration soviétiques et des camps nazis : « le Purgatoire » et "« l'Enfer » :

« Le Purgatoire est représenté par les camps de travail en Union soviétique, où l'abandon se combine avec un travail forcé chaotique. L'Enfer, au sens littéral du terme, a été incarné par ces types de camps, réalisés à la perfection par les nazis : là l'ensemble de la vie fut minutieusement et systématiquement organisé en vue des plus grands tourments »[79]. Nicolas Werth explique avoir trouvé confirmation de ce diagnostic ancien « dans les archives de l'immense bureaucratie goulaguienne »[80].

Les nazis réprimèrent toujours les communistes, ces derniers étant les premiers à voir leur activité politique interdite en Allemagne (début 1933). Les divers courants communistes eurent un rôle très important dans la résistance allemande antinazie de 1933 à 1945. L'historien Gilbert Merlio écrit que « Les communistes ont été les opposants les plus décidés et les plus actifs au nazisme. »[81].

Pour le philosophe et théoricien troskyste Daniel Bensaïd, François Furet et Stéphane Courtois se sont livrés à « une entreprise de brouillage de repère », les promesses de la Révolution d'Octobre ne devant pas être effacées par les horreurs du stalinisme tout comme la Révolution française ne devait être oubliée à cause de la Terreur et des reculs ultérieurs. Il rejette l'amalgame fait par Courtois entre stalinisme et communisme et considère au contraire ces deux termes comme antagonistes, le stalinisme étant « la contre-révolution bureaucratique » du communisme. Il critique également le décompte des morts fait par Courtois qui amalgame famines et guerre civile avec les purges staliniennes. Pour Bensaïd même si Trotsky parlait d'Hitler et Staline comme « d'étoiles jumelles » les différences entre stalinisme et nazisme sont importantes, le nazisme accomplissant son programme mortifère, le stalinisme s'édifiant « à l'encontre du projet d'émancipation communiste » et devenant « le pays du mensonge »[82].

Selon la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, sans minimiser les crimes du communisme stalinien, faire l'amalgame entre nazisme et communisme est dénaturer l'histoire, le nazisme étant un phénomène unique. La FNDRIP s'est opposé à la création de la "Plate-forme pour la mémoire et la conscience de l’Europe" soutenue par de nombreux pays de l'est et qui met sur le même plan les crimes du nazisme et du communisme. Pour la FNDRIP cette plate forme est la conséquence de la résolution adoptée par le Parlement européen le 2 avril 2009 sur la Conscience européenne et le totalitarisme, qui créé le 23 août jour anniversaire du pacte germano-soviétique, une journée consacrée aux “victimes de toutes les dictatures totalitaires et autoritaires”[83].

Le philosophe Fabrice Midal réfute toute comparaison entre le nazisme et le communisme car, selon lui, « le nazisme dépend [...] d'un rapport profond à la rationalité de la production industrielle », dans lequel « réside l'aspect de nihilisme absolu qui est le sien - et qui le distingue de tous les autres crimes, y compris le goulag »[84].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est notamment le cas de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, souvent abrégée en URSS.
  2. « Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix » (Discours d'Hitler le 1er mai 1927 1927, cité par John Toland dans Adolf Hitler : The Definitive Biography (1976), Knopf Doubleday Publishing Group)
    « La Chine est à la première étape du socialisme. L'État a pour tâche fondamentale de concentrer ses efforts sur la modernisation socialiste selon la théorie de réalisation du socialisme avec des caractéristiques chinoises. Les différentes nationalités de Chine, dirigées par le parti communiste chinois et guidées par le marxisme-léninisme et la pensée de Mao Zedong, maintiendront la dictature démocratique populaire, poursuivront dans la voie socialiste, dans la politique de réforme et d'ouverture sur le monde extérieur, continueront sans cesse à améliorer les institutions socialistes, à développer la démocratie socialiste et à raffermir la légalité socialiste, compteront toujours sur leurs propres forces et travailleront avec le même acharnement pour réaliser progressivement la modernisation de l'industrie, de l'agriculture, de la défense nationale et des sciences et techniques, afin de transformer le pays en un État socialiste hautement civilisé et hautement démocratique. » (Constitution de la Chine, 2e amendement, 29 mars 1993).

Fascisme et communisme[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 55.
  2. p. 80-81.
  3. p. 30.
  4. a et b p. 15.
  5. a et b p. 18.
  6. p. 37.
  7. a et b p. 16.
  8. p. 40.
  9. p. 63-64.
  10. p. 17.
  11. p. 41.
  12. p. 41.
  13. p. 42.
  14. p. 19.
  15. p. 69-70.
  16. p. 53.
  17. p. 79.
  18. p. 78.
  19. p. 115.
  20. p. 116.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, p. 16
  2. a et b François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, p. 19
  3. a, b et c François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, p. 46
  4. Le socialisme quand même, Bataille socialiste
  5. Dans Mémoire et oubli du bolchevisme, discours prononcé à l’Institut de France lors de la séance publique annuelle des cinq académies, le 21 octobre 1997 et dans son livre Le malheur du siècle : sur le communisme, le nazisme et l’unicité de la Shoah, Fayard, Paris, 1998, 165 p.
  6. « La comparaison du nazisme et du stalinisme permet donc de préciser un certain nombre de traits communs qui distinguent ces deux régimes d'autres formes d'autoritarisme moderne. La comparaison n'en demeure pas moins superficielle. Pour ce qui est du IIIe Reich, son principal mérite est d'éclairer la singularité du nazisme. », Retour sur le totalitarisme. Le nazisme et le stalinisme dans une perspective comparative, Enzo Traverso, Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Seuil, Points,‎ 2001, 928 p., p. 862
  7. Voir par exemple Sheila Fitzpatrick, « New Perspectives on Stalinism », The Russian Review, vol. 45, no 4, octobre 1986, p. 357-373 et la controverse qui a suivi (The Russian Review, octobre 1986 et octobre 1987).
  8. Saul Friedländer, "Le nazisme, fascisme ou totalitarisme ?", Enzo Traverso, Le Totalitarisme. Le XXe siècle en débat, Seuil, Points,‎ 2001, 928 p., p. 801-811.
  9. Robert Paxton, Le Fascisme en action, Seuil, 2004.
  10. Ian Kershaw, Qu'est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d’interprétation, Gallimard, coll. « Folio », 1992 (Éd 1997), p. 280.
  11. Ian Kershaw, Qu'est-ce que le nazisme..., p. 274-275.
  12. Ian Kershaw, Qu'est-ce que le nazisme..., p. 124.
  13. Kevin D Williamson, The Politically Incorrect Guide to Socialism, ed. Regnery Publishing, coll. Politically Incorrect Guides, 304  p., 2011
  14. « Bastiat, repère intellectuel de la droite américaine », books and ideas.net, Michael C. Behrent, 16 juin 2010.
  15. « Marcel Mauss interprète d'un phénomène social total : le bolchevisme », par Giovnni Busino in "Revue européenne des sciences sociales", N° 105, pp. 75 à 81 (1996)
  16. François-Xavier Coquin, 2011, p. 411
  17. a et b « Nazisme », Mélanges en l'honneur des Deux Républiques françaises (Philippe Nemo, Les Deux Républiques françaises, PUF, 2008), p. 305 et suivantes
  18. (en) Patrick Majo, The Death of the KPD: Communism and anti-communism in West Germany, 1945-1956, Oxford University Press, 1998, p.43
  19. Ernst Nolte, La Guerre civile européenne (1917-1945) : national-socialisme et bolchevisme, Paris, Édition des Syrtes, 2000
  20. Robert Conquest, Staline, 1993, 350 pages sur sur Google Books
  21. Alain Besançon, Le malheur du siècle, communisme - nazisme - shoah, Fayard, 1998 sur du livre sur Google Books
  22. « Le malheur du siècle : Communisme - Nazisme - Shoah d’Alain Besançon », Canal académie
  23. Stéphane Courtois, Le livre noir du communisme dans Le livre noir du communisme sur Google Books
  24. Fascisme & Totalitarisme, p. 14.
  25. History and Theory, n° 42, mai 2003, Wesleyan University, p. 238 : « As soon as it appeared, controversy erupted. The authors responsible for over half of the book and its only original studies, on the Soviet Union and Cambodia, publicly denounced Courtois (...) and also rejected Courtois’s assertion that the crimes of Communism were rooted in its ideology » ; voir aussi Jean-Louis Margolin et Nicolas Werth, Communisme : retour à l’histoire, Le Monde, 14 novembre 1997
  26. Le Monde, 21 septembre 2000.
  27. Annette Wieviorka, Le Monde du 27 novembre 1997
  28. Benoît Rayski, L'enfant juif et l'enfant ukrainien. Réflexions sur un blasphème. Voir également le compte rendu de Dominique Vidal, « L’enfant juif et l’enfant ukrainien. Réflexions sur un blasphème », Le Monde Diplomatique, février 2002
  29. « Le Livre noir du communisme : de la polémique à la compréhension », Vingtième siècle. Revue d'histoire, no 59, juillet-septembre 1998
  30. Nicolas Werth a déclaré dans Le Monde du 21 septembre 2000 : « Plus on compare le communisme et le nazisme, plus les différences sautent aux yeux. » sur Extraits.
  31. (en) Stanley G. Payne, Fascism: Comparison and Definition, University of Wisconsin Press, 1983, (ISBN 9780299080648), p. 104.
  32. Selon Pierre Milza, « À partir du début 1932, le grand patronat s'est rallié massivement, sinon généralement, au nazisme. » (Pierre Milza, Les fascismes, 1985)
  33. Selon François Delpla, « Les grands patrons allemands ont été chargés d’opprobre par les historiens » et « L’histoire se doit d’y mettre le holà. » (« Hitler prend le pouvoir sans l’argent du patronat », Article publié par Historia - N° 639, mars 2000)
  34. François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, p. 17 et 18
  35. François Furet, Le Passé d'une illusion, éditions Librairie Générale Française, 1996, p. 47
  36. François Furet, Le Passé d'une illusion. Essai sur l'idée communiste au XXe siècle, 1995, Robert Laffont/Calmann Lévy, page 229
  37. François Furet, Le Passé d'une illusion. Essai sur l'idée communiste au XXe siècle, 1995, Robert Laffont/Calmann Lévy, page 228
  38. « Légende historique ou révisionnisme. Comment voit-on le IIIe reich en 1980 », article traduit dans Fascisme et totalitarisme, Robert Laffont, coll. « Bouquins », p. 858.
  39. Libération, 8 octobre 1998, page X.
  40. « Le nazisme et le communisme chez Ionesco », pages 479, 485, 487… Travaux de littérature, Les Grandes Peurs, Volume 2 publié par Madeleine Bertaud, ADIREL, Ministère de la Recherche, Centre National du Livre et de l'Université Nancy 2
  41. « Religion "séculière" ou "politique" », Sécularisation et religions politiques, Jean-Pierre Sironneau (Éditeur : Walter de Gruyter - 1er janvier 1982).
  42. « Après la mort de Soljenitsyne, brève comparaison de deux totalitarismes », Questions en Partage, de Gérard Leroy
  43. L'erreur de l'Occident, de Alexandre Soljénitsyne Éditions Grasset (Paris, 1980).
  44. a et b (en) « Susan Sontag Provokes Debate on Communism », The New York Times,‎ 27 février 1982 (lire en ligne)
  45. « Stalinisme et nazisme. Histoire et mémoire comparées. », Persée.
  46. « Nazisme et stalinisme pendant la SGM : une base de réflexion », Forum le monde en guerre, 21 janvier 2007
  47. Fascisme, nazisme, autoritarisme de Philippe Burrin (Seuil, 2000)
  48. Jean-François Revel: La comparaison interdite : communisme et nazisme sur Article de Jean-François Revel dans Le Figaro Magazine du 12 février 2000, sur Communisme/Nazisme et Revel dans mediapart.fr et sur La grande parade : Livre de Jean-François Revel
  49. Page 108 de La grande parade - Essai sur la survie de l'utopie socialiste, Jean-François REVEL, 2000, Plon - ISBN 2-259-19056-1
  50. « Jorge Semprun : “Comment un camp nazi est devenu un camp stalinien” », Libération, 10 avril 1995.
  51. Pierre Chaunu, « Les jumeaux malins du deuxième millénaire », in revue Commentaire, avril 1998, p. 219
  52. « Communisme et nazisme: 25 réflexions sur le totalitarisme au XXe siècle (1917-1989) » de Alain de Benoist, Labyrinthe (1998).
  53. Max Gallo, Le Pacte des Assassins, 2006, p. 6
  54. Max Gallo, Le Pacte des Assassins, 2006, p. 6 et quatrième de couverture.
  55. « Hommage au dernier géant », La nef, septembre 2008.
  56. (en) Jack Jacobs et Richard S. Levy (éditeur), Antisemitism: A Historical Encyclopedia of Prejudice and Persecution, Santa Barbara, CA, ABC-CLIO,‎ 2005 (ISBN 1851094393 et 9781851094394, présentation en ligne), « Marx, Karl (1818–1883) », p. 446–447
  57. (en) Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites: An Inquiry into Conflict and Prejudice, New York, W. W. Norton & Company,‎ 1999 (réimpr. 1987) (1re éd. 1986), poche (ISBN 978-0-393-31839-5 et 0393318397), p. 112
  58. (en) Marvin Perry et Frederick M. Schweitzer, Antisemitism: Myth and Hate from Antiquity to the Present, New York, Palgrave,‎ 2005, 1e éd. (ISBN 978-0-312-16561-1 et 0312165617, LCCN 2002022035), p. 154–157
  59. (en) Arieh Stav et Shlomo Sharan (éditeur), Israel and the Post-Zionists: A Nation at Risk, Brighton, Sussex Academic Press,‎ 2003 (ISBN 1903900522 et 9781903900529, présentation en ligne), « Israeli Anti-Semitism », p. 171:"Hitler simply copied Marx's own anti-Semitism."
  60. « L'individu face au nazisme et au communisme », Critiques libres, 27 août 2008.
  61. « L’intercession du nazisme dans la prise de conscience antitotalitaire de Vassili Grossman », par Frédérique Leichter-Flack, dans la revue Silene, janvier 2012.
  62. (en) « Telling the Soviet story », The Economist,‎ 2008-05-22 (lire en ligne)
  63. «Katyn» ou le film du massacre des Polonais par les Soviétiques par Adam Michnik dans Le Monde
  64. Pie XI, nazisme et communisme. Deux encycliques de mars 1937
  65. Mémoire et identité, Jean Paul II. Flammarion (ISBN 2082105024)
  66. « Jean-Paul II compare avortement, nazisme et communisme », Le Monde, 23 février 2005.
  67. Armand Laferrère, interview de Mathieu Laine, « La Bible a inspiré la gauche comme la droite », in Le Figaro magazine, semaine du 18 janvier 2013, page 106.
  68. « Communisme, nazisme : les musées du passé fleurissent à l'Est », Marianne, 9 juillet 2012.
  69. Victor Frunză, Histoire du communisme en Roumanie, éditions EVF, Bucarest, 1999, 588  p., (ISBN 973-9120-05-9), p. 6.
  70. Thomas Mann, Deutsche Hörer, 24 octobre 1942 éd. Essays, présenté par H. Kurzke, Fischer, Frankfurt a.M., 1986, vol.2 page 271
  71. Jean-Louis Van Regemorter, Le Stalinisme, La Documentation française, juin 1998, p.15
  72. Georges Mink et Jean-Charles Szurek, "Pour une analyse complexe du communisme", Le Monde, 27 novembre 1997
  73. « Le stalinisme et le nazisme ne sont pas comparables », Entretien de Marc Ferro avec Gilles Nadeau, pour la Quinzaine littéraire (vidéo publiée sur YouTube le 22 juin 2012)
  74. Marc Ferro, introduction au livre Nazisme et communisme : Deux régimes dans le siècle, Hachette, 1999 ; voir Revue française de science politique, volume 50, n°2, Presses universitaires de France, 2000, p.365
  75. Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, p. 349
  76. Le Monde diplomatique, décembre 1997.
  77. « Les famines soviétiques de 1931-1933 et le Holodomor ukrainien », Cahiers du monde russe, no 46/3, 2005, p. 470-471
  78. Le Monde, 14 novembre 1997.
  79. Hannah Arendt, Le système totalitaire, Paris, Seuil 1972, p. 182-183, cité par Nicolas Werth, '« Le phénomène concentrationnaire soviétique au XXe siècle », La Terreur et le désarroi ; Staline et son système, 2007, p.199 (Les tumultes d'un siècle, éditions Complexe, 2000, p. 157-175)
  80. Nicolas Werth, '« Le phénomène concentrationnaire soviétique au XXe siècle », La Terreur et le désarroi ; Staline et son système, 2007, p.199.
  81. Gilbert Merlio, Les Résistances allemandes à Hitler, Tallandier, Paris, 2003, p. 49
  82. Communisme et stalinisme: Une Réponse au Livre noir du communisme, Daniel Bensaïd, Rouge, hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire, Section française de la Quatrième Internationale, novembre 1997
  83. « Ne laissons pas dénaturer l’histoire », Le Patriote Résistant, mensuel de la Fédération nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes, N° 862 - mars 2012
  84. Auschwitz, l'impossible regard, Paris, éditions du Seuil, 2012, (ISBN 978-2-02-108093-3), p. 157.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]