Lyndon B. Johnson

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Lyndon B. Johnson
Image illustrative de l'article Lyndon B. Johnson
Fonctions
36e président des États-Unis
22 novembre 196320 janvier 1969
(&&&&&&&&&&&018865 ans, 1 mois et 28 jours)
Élection 3 novembre 1964
Vice-président Hubert Humphrey
Prédécesseur John Fitzgerald Kennedy
Successeur Richard Nixon
37e vice-président des États-Unis
20 janvier 196122 novembre 1963
Président John Fitzgerald Kennedy
Prédécesseur Richard Nixon
Successeur Hubert Humphrey
chef de la majorité du Sénat des États-Unis
3 janvier 19553 novembre 1961
Biographie
Date de naissance 27 août 1908
Lieu de naissance Stonewall, Texas
Date de décès 22 janvier 1973 (à 64 ans)
Lieu de décès Johnson City, Texas
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Lady Bird Johnson
Diplômé de Texas State University
Profession Enseignant
Religion Christian Church

Signature

Lyndon B. Johnson
Présidents des États-Unis
Vice-présidents des États-Unis

Lyndon Baines Johnson, connu sous ses initiales LBJ, né le 27 août 1908 à Stonewall (Texas) où il est mort le 22 janvier 1973, est un homme d'État américain, 36e président des États-Unis (1963-1969), après en avoir été le 37e vice-président (1961-1963). Il est l'une des quatre seules personnalités à avoir servi dans les quatre charges électives fédérales des États-Unis : représentant, sénateur, vice-président et président.

Démocrate, Johnson est représentant des États-Unis du Texas de 1937 à 1949 et sénateur des États-Unis de 1949 à 1961, dont six ans en tant que chef de la majorité du Sénat américain, deux ans en tant que chef de l'opposition au Sénat et deux ans en tant que whip de la majorité au Sénat. Après avoir tenté en vain d'obtenir l'investiture présidentielle du Parti démocrate, il accepte la proposition de John F. Kennedy de devenir son colistier pour l'élection présidentielle de 1960. Le ticket démocrate l'emporte de justesse face au ticket républicain mené par Richard Nixon.

Le jour-même de l'assassinat en cours de mandat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963, il accède à la présidence des États-Unis en sa qualité de vice-président. Il termine la présidence de Kennedy, puis est élu sur son propre nom, l'emportant largement à l'élection présidentielle de 1964. Son mandat est marqué par de violentes émeutes raciales et des assassinats politiques, notamment celui de Martin Luther King. Johnson conçoit le programme politique de « Great Society », qui comprend des lois qui soutiennent les droits civiques, la radiodiffusion publique, la protection de l'environnement, l'aide à l'éducation. Il lance un programme de « guerre contre la pauvreté », créant ainsi le Medicare et le Medicaid et signe en août 1965 le Voting Rights Act. Johnson est réputé pour sa personnalité dominatrice et sa technique appelée « traitement de Johnson », notamment ses contraintes envers les politiciens puissants afin de faire progresser la législation.

Simultanément, il doit gérer la première partie de la guerre du Viêt Nam, où l'implication américaine s'intensifie. La guerre se prolongeant, la popularité de Johnson connaît une baisse importante. Après les élections au Congrès de 1966, l'hypothèse d'une réélection de Johnson à l'élection présidentielle de 1968 semble compromise en raison des turbulences que suscite l'opposition à la guerre du Vietnam au sein du Parti démocrate. Après la primaire du New Hampshire, lors de laquelle il est mis en difficulté, il renonce à se représenter. Malgré les échecs de sa politique étrangère, Johnson est classé favorablement par certains historiens du fait de sa politique intérieure[1],[2].

Sommaire

Biographie [modifier]

Jeunesse [modifier]

Photographie de Lyndon Johnson en 1915 dans la maison familiale de Texas Hill Country près de Stonewall et Johnson City

Lyndon Baines Johnson naît à Stonewall, Texas, le 27 août 1908 dans une ferme près de la rivière Pedernales. Ses parents, Samuel Ealy Johnson Junior et Rebkah Baines qui ne possèdent qu’une modeste ferme avec ses trois sœurs et son frère (Rebekah (1910–1978), Josefa (1912–1961), Lucia (1916–1997) et Sam Houston Johnson (1914–1978)) ne peuvent que leur offrir le minimum. La famille Johnson est d'ascendance écossaise-irlandaise et anglaise. Lyndon fréquente l’école publique, mais il est maladroit, bavard. Toutefois, il obtient son diplôme de fin d’études secondaires au lycée de Johnson City en 1924, tout en ayant participé à des prises de parole en public, à des débats, tout en ayant été élu président de sa classe et ayant joué même au baseball[3],[4].

En 1926, Johnson s’inscrit au « Southwest Texas State Teachers College » pour devenir enseignant. Il participe aux débats et à la politique du campus, éditant le journal de l'école. Il abandonne l'école en 1927 et revient un an plus tard pour finalement obtenir son diplôme en 1930.

Juste après son diplôme, Johnson enseigne « la prise de parole en public » et « le débat » dans un lycée de Houston mais il démissionnera rapidement pour se lancer dans la politique. Le père de Johnson avait été élu pour cinq mandats au Capitole de l’État du Texas et était l'ami du sénateur Sam Rayburn, l'une des figures montantes de la politique texane. En 1931, Johnson fait campagne pour Richard M. Kleberg et est récompensé par un poste au secrétariat du sénateur fraîchement élu.

En tant que secrétaire parlementaire, Lyndon B. Johnson se lie avec des personnes influentes, découvre comment elles en sont arrivées là et gagne leur respect grâce à ses compétences. Il compte bientôt parmi ses amis des proches du président Franklin D. Roosevelt, mais aussi des Texans comme lui, parmi lesquels le vice-président John Nance Garner.

Pendant qu’il est secrétaire, Johnson rencontre Claudia Alta Taylor, qui sera connue sous le nom de « Lady Bird », une jeune texane elle aussi. Ils se marient le 17 novembre 1934 après s'être fréquentés pendant une courte période. Ils ont deux filles, Lynda Bird, née en 1944 et Lucy Baines, née en 1947. On peut remarquer que Johnson aimait bien donner ses initiales à de nombreuses choses. Les prénoms de ses filles en sont un exemple.

En 1935, Lyndon Johnson devient directeur d’une agence gouvernementale de l’État du Texas chargée de la jeunesse. Ce poste lui permet de proposer des formations et des emplois à des jeunes et donc de montrer aux électeurs texans qu’il a de l’influence. Il reste directeur pendant deux ans, puis quitte son poste pour se présenter au Congrès. Le futur président est connu pour être un patron très exigeant avec ses employés, leur demandant de nombreuses heures supplémentaires ; toutefois il en fait autant, sinon plus, lui-même.

Il reçoit son premier brevet de franc-maçon le 30 octobre 1937 [réf. nécessaire]. Il s'aperçoit peu de temps après que ses tâches au Congrès lui prennent trop de temps et il ne cherchera pas à s’élever dans la hiérarchie franc-maçonne.

Carrière politique [modifier]

1937 - 1961 : débuts [modifier]

En 1937, Johnson se présente au Congrès lors des élections partielles du 10e district du Texas pour représenter Austin et le comté voisin de Hill. Il base sa campagne sur le principe du New Deal et est aidé efficacement par sa femme, Lady Bird Johnson.

Le président Franklin Delano Roosevelt montre un intérêt personnel pour le jeune Texan dès qu’il entre au Congrès. Johnson est affecté au Comité des affaires navales, position d'une grande importance pour un jeune élu. En 1941, Johnson se présente au Sénat dans une élection partielle, contre le gouverneur sortant du Texas, W. Lee « Pappy » O'Daniel. Johnson est battu, mais seulement après un recomptage de bulletins de votes dans une élection marquée par des fraudes massives de part et d’autre.

Johnson sert brièvement lors de la Seconde Guerre mondiale en tant que lieutenant commander (capitaine de corvette) dans la Marine et est décoré de la Silver Star (étoile d'argent), de la médaille de la campagne dans le Pacifique Sud et de la médaille de la Victoire. Cependant, les circonstances durant lesquelles il aurait « gagné » cette récompense sont controversées et la politique en aurait été l’une des motivations. En 1948, Lyndon B. Johnson se présente de nouveau au Congrès et, cette fois ci, est élu. Mais il faut remarquer que les résultats de cette élection furent aussi très discutés. Bien qu'il ait remporté l'élection générale avec une majorité écrasante, il n’avait gagné l'élection primaire que par 87 voix sur un million de suffrages exprimés. Une plainte est officiellement déposée, mais Johnson engage Abe Fortas pour le représenter devant la cour fédérale. Grâce à des manœuvres légales, Fortas parvient à interrompre l'enquête. Une fois arrivé au Sénat, il est affecté au Comité des forces armées, et plus tard, en 1950, il participe à la création du Sous-comité d'enquête sur la mise en état d’alerte des forces armées. Johnson en devient le directeur et dirige plusieurs enquêtes sur les coûts et l'efficacité de la défense américaine. Ces investigations lui valent l'attention nationale ainsi que le respect de ses aînés au Sénat.

Après seulement quelques années passées au Sénat, Johnson gravit les échelons du pouvoir. En 1953, il est choisi par ses camarades démocrates pour être le chef de l’opposition. Il devient au passage la plus jeune personne à avoir été nommée à ce poste, tous partis confondus. En 1954, Johnson est réélu au Sénat, et comme les démocrates y remportent la majorité des sièges, Johnson est nommé chef de la majorité. Son travail consiste à préparer un programme législatif et à aider l'adoption des mesures proposées par les démocrates.

1961 - 1963 : vice-président des États-Unis [modifier]

Le succès de Johnson au Sénat fait de lui un candidat démocrate potentiel pour les primaires des présidentielles de 1956. Il est le « fils préféré » du Texas lors de la convention nationale du parti en 1956. En 1960, après l'échec de la coalition appelée Stop Kennedy que celui-ci a formé avec Adlai Stevenson, Stuart Symington, et Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson obtient 409 voix lors la convention démocrate, mais c'est John F. Kennedy, sénateur du Massachusetts, qui est élu après ballottage. Tip O'Neill, un représentant qui provient du Massachusetts, État d'origine de Kennedy, s'est rappelé que Johnson s'est approché de lui lors de la convention et a dit: "Je sais que vous devez au début soutenir Kennedy, mais je tiens à vous avoir avec moi au second tour. "O'Neill a répondu: «Sénateur, il ne va pas y avoir de second tour""[5]

Kennedy s'est rendu compte qu'il ne pouvait être élu sans l'appui des démocrates du sud traditionnels, dont la plupart avaient soutenu Johnson. Par conséquent, Johnson s'est vu choisir comme co-listier et candidat au poste de vice-président. Certaines sources (comme Arthur Meier Schlesinger, Jr.) déclarent que Kennedy offrit le poste à Johnson à titre de courtoisie et ne comptait pas qu'il accepterait. D'autres (comme William Marvin Watson) affirment que la campagne de Kennedy était compromise pour gagner les élections présidentielles contre Richard Nixon et Henry Cabot Lodge Jr, et qu'il avait besoin de Johnson sur la liste pour aider à remporter le Sud des États-Unis. Selon encore d'autres sources, Kennedy ne voulait pas de Johnson en tant que colistier et ne voulait pas le lui demander. Le choix premier de Kennedy était Symington. Johnson a décidé de solliciter la vice-présidence et avec l'aide du speaker Sam Rayburn fit pression sur Kennedy pour lui donner une place[6].

En même temps que sa course à l'élection à la vice-présidence, Johnson a également cherché un troisième mandat au Sénat américain. Selon Robert Caro, «le 5 novembre 1960, Lyndon Johnson a remporté l'élection à la fois pour la vice-présidence des États-Unis, sur la liste Kennedy-Johnson, et pour un troisième mandat comme sénateur (il avait changé la loi du Texas pour lui permettre de concourir pour les deux bureaux). Quand il gagna la vice-présidence, il a pris des dispositions pour démissionner du Sénat, comme il était tenu de le faire en vertu du droit fédéral, dès qu'il fut convoqué le 3 janvier 1961."[7] (En 1988, Lloyd Bentsen, le candidat à la vice-présidence du candidat à la présidence du parti démocrate Michael Dukakis, a profité de la «loi de Lyndon", pour conserver son siège au Sénat après la défaite de Dukakis face à George H. W. Bush. La même chose eut lieu pour le sénateur Joe Lieberman du Connecticut en 2000 après la défaite d'Al Gore face à George W. Bush. En 2008, Joseph Biden a été élu vice-président et réélu sénateur américain, comme Johnson l'avait fait en 1960.)

Johnson a été réélu sénateur avec 1.306.605 voix (58 %) face au républicain John Tower 927.653 voix (41,1 %). Le confrère démocrate William A. Blakley a été nommé pour remplacer Johnson en tant que sénateur, mais a perdu une élection spéciale en mai 1961 face à John Tower.

Après l'élection, Johnson s'est retrouvé impuissant. Il a d'abord tenté de transférer l'autorité du chef de la majorité du Sénat à la vice-présidence, puisque ce bureau fait de lui le Président du Sénat, mais fit face à l'opposition véhémente de la part de la coalition démocrate, y compris les membres sur lesquels il avait compté comme ses partisans[8]. Son manque d'influence a été mise en relief plus tard cette année-là quand Kennedy a nommé Sarah Tilghman Hughes un ami de Johnson, en tant que Juge fédéral de la magistrature, tandis que Johnson avait essayé et échoué à rallier la candidature pour Hughes au début de sa vice-présidence, le Président de la Chambre des représentants Sam Rayburn marchandait la nomination de Kennedy, en échange du soutien pour une loi administrative.

Malgré les efforts de Kennedy pour garder Johnson occupé, informé, et souvent présent à la Maison-Blanche, des conseillers de JFK et certains membres de la famille Kennedy ont été dédaigneux envers Johnson. Kennedy l'a nommé à des postes tels que chef du Comité du président sur les chances égales dans le travail, ce qui lui permet de s'occuper des afro-américains et autres minorités. Bien que Kennedy pourrait avoir eue l'intention que cela reste pour Johnson une position plus symbolique, Taylor Branch dans le Pillar of Fire affirme que Johnson servit à pousser les actions de l'administration Kennedy pour les droits civiques plus loin et plus vite que Kennedy ne l'avait prévu au départ. Branch constate l'ironie d'utiliser Johnson, dont la famille Kennedy comptait pour faire appel aux électeurs conservateurs du sud, comme défenseur des droits civils. En particulier, il constate que le discours de Johnson lors du Memorial Day de 1963 à Gettysburg, en Pennsylvanie, a été un catalyseur qui a conduit à plus d'action.

Johnson a pris de nombreuses missions diplomatiques mineures, ce qui lui a donné un aperçu assez limité dans les questions d'ordre mondiale. Il a été permis de suivre les réunions du Cabinet et du Conseil de sécurité nationale. Kennedy donna à Johnson le contrôle sur toutes les nominations présidentielles impliquant le Texas, et il a été nommé président du President's Ad Hoc Committee for Science. Lorsque, en avril 1961, les Soviétiques ont battu les États-Unis avec le premier vol spatial habité, Kennedy a chargé Johnson de se présenter avec un pactole de scientifiques qui prouverait le leadership mondial [citation nécessaire]. Johnson savait que le programme Apollo et l'élargissement de la NASA étaient réalisables, donc il a piloté la recommandation vers un programme pour l'atterrissage d'un Américain sur la Lune.

En août 1963, Johnson a été touché par un scandale au Sénat quand Bobby Baker, le secrétaire de la majorité au Sénat et un protégé de Johnson, firent l'objet d'une enquête par le Comité d'éthique du Sénat pour des allégations de corruption et malfaisance financières. Baker a démissionné en octobre, et l'enquête s'arrêta à Johnson. La publicité négative de l'affaire s'alimentant de rumeurs dans les milieux de Washington fuit telle que Kennedy décida de laisser tomber Johnson, le rayant de la liste démocrate à la prochaine élection présidentielle 1964.

1963 - 1969 : président des États-Unis [modifier]

Assassinat de John F. Kennedy [modifier]
Lyndon Johnson pendant son investiture à bord de Air Force One par le juge Sarah T. Hughes, après l’assassinat de John F. Kennedy.
Voyages à l'étranger de Lyndon Johnson durant sa présidence.

Lyndon Johnson est investi président des États-Unis à bord d'Air Force One, à l'aéroport de « Love Field » de Dallas, deux heures et huit minutes après l'assassinat du président John F. Kennedy, le 22 novembre 1963. Il est investi par le juge fédéral Sarah Tilghman Hughes, une amie de la famille, faisant de lui le premier président investi par une femme. Il est également le seul président à avoir prêté serment sur le sol du Texas. Johnson n'a pas juré sur la Bible, car il n'y en avait aucune sur Air Force One. Un missel catholique romain a été trouvé dans un bureau des Kennedy et fut utilisé pour le serment.

Depuis, de nombreux livres et documentaires ont apporté des éléments soutenant l'hypothèse selon laquelle Johnson aurait fait partie des commanditaires du meurtre de John F. Kennedy. C'est également l'opinion de l'épouse de ce dernier, Jacqueline Kennedy[9]. Peu avant son assassinat, le président Kennedy avait fait part à des confidents, parmi lesquels sa secrétaire particulière à la Maison-Blanche, Evelyn Lincoln, de sa volonté de choisir un autre colistier que Lyndon Johnson lors de l'élection présidentielle de 1964. Johnson était en effet impliqué dans pas moins de quatre enquêtes criminelles. Celles-ci furent classées après l'accession de Johnson à la présidence.

Dans les jours suivant l'assassinat, Lyndon B. Johnson, prononce une allocution devant le Congrès, et déclare notamment : « Aucun discours ou éloge ne pourrait plus éloquemment honorer la mémoire du Président Kennedy que de valider le plus tôt possible le projet de loi des droits civiques pour lequel il a combattu si longtemps[10]. »

Cependant, Johnson doit faire face à de nombreux problèmes à son arrivée à la Maison-Blanche. Il a l’impression que les personnels en poste et nommés par Kennedy restent attachés à ce dernier, et ne le respectent pas. Il les remplace rapidement, à l’exception de Bobby Kennedy qui reste ministre de la Justice et dont Johnson a besoin malgré une animosité réciproque. Durant la première année de son mandat, Johnson se dispute notamment avec des sénateurs et le rédacteur de ses discours, qui veulent conserver la mémoire de Kennedy et refusent de soutenir ses propositions. Johnson parvient à faire passer sa politique et, en 1964, le Congrès vote une loi sur la réduction des impôts et la loi sur l'égalité des chances, dans le cadre de la guerre contre la pauvreté, que Johnson a décrétée lors de son discours sur l'état de l'Union de janvier 1964.

Élection présidentielle de 1964 [modifier]

Lors de l'élection présidentielle de 1964, Lyndon Johnson l'emporte avec 61 % des voix et plus de 15 millions de voix de majorité. Toutefois, cette même année, on note qu’à la Convention nationale du Parti démocrate, Johnson avait soutenu les délégués racistes du Mississippi en refusant de faire une place à ceux élus par une branche dissidente, le Parti démocrate du Mississippi pour la liberté.

Lyndon Johnson, le 9 janvier 1969.

Johnson inscrit sa politique de « Great Society » au programme de travail du Congrès en janvier 1965 : aide à l'éducation, lutte contre la maladie, sécurité sociale, rénovation urbaine, embellissement, écologie, développement des zones négligées, lutte à grande échelle contre la pauvreté, contrôle et prévention du crime et de la délinquance, soutien au mouvement des droits civiques en signant, en août 1965, le Voting Rights Act. De plus, il signera la même année le Immigration Act de 1965, cessant ainsi la discrimination contre les immigrés non européens. Le Congrès vote rapidement les lois correspondant aux recommandations de Johnson.

À partir de 1965, des millions de personnes âgées ont bénéficié de l'amendement Medicare à la Loi sur la Sécurité sociale. En 1966, il signe la loi sur la liberté de l'information (FOIA) qui permet au public d'accéder plus facilement aux documents de l'administration américaine.

Sous l'influence de Johnson, les États-Unis explorent l’espace de façon spectaculaire dans le cadre d'un programme qu’il a soutenu dès ses débuts. Lorsque trois astronautes du programme Apollo font le tour de la Lune en décembre 1968, Johnson les félicite en disant : « Vous nous avez emmenés... nous tous, tout autour du monde, dans une nouvelle ère… ».

Néanmoins, deux crises importantes prennent de l'ampleur à partir de 1965. En dépit des nouveaux programmes anti-pauvreté et anti-discrimination, des troubles et des émeutes dans les ghettos noirs désorganisent le pays. Le président Johnson a toujours pesé de tout son poids contre la ségrégation et pour l’ordre et le droit.

Émeutes raciales et Commission Kerner [modifier]

Après les émeutes de Newark et de Détroit en juillet 1967 (Hot summers), Johnson ordonne la création d'une commission d'enquête sur les causes des émeutes raciales ayant lieu tous les étés depuis 1964, dirigée par le gouverneur de l'Illinois Otto Kerner[11].

La Commission Kerner publia son rapport en mars 1968, stigmatisant le « racisme blanc » et mettant en garde la Maison-Blanche contre une fracture sociale et raciale grandissante, ainsi que contre le risque de la mise en place d'un « système d'apartheid » dans les grandes villes[11]. Elle affirmait ainsi : « Our nation is moving toward two societies, one black, one white—separate and unequal. »[11] Pour lutter contre ce danger, la commission Kerner appelait à approfondir les programmes de protection sociale et d'aider les bidonvilles[11]. Un mois après la publication du rapport, l'assassinat de Martin Luther King provoqua des émeutes dans plus de cent villes[11].

Les recommandations de la Commission Kerner furent cependant rejetées par Johnson[11].

Guerre du Viêt Nam et coexistence pacifique [modifier]
Johnson et Nguyễn Văn Thiệu, président de la République du Viêt Nam, lors d'une rencontre en juillet 1968.

L'autre crise vient du Sud Viêt Nam. Le nouveau président pense en terme de politique intérieure, ayant en tête le précédent de la guerre civile chinoise qui avait servi à Joseph McCarthy pour dévaster l'administration Truman, la défaite de Tchang Kaï-chek en 1949 ayant été mise à l'époque sur le compte d'une trahison démocrate.

Malgré les efforts de Johnson pour combattre les communistes vietnamiens et soutenir la république du Viêt Nam, les affrontements continuent. La controverse sur la guerre devient critique à partir de mars 1968, lorsqu'il limite les bombardements du Viêt Nam du nord pour entamer des négociations. Ces bombardements sont arrêtés sur ordre de Johnson le 3 octobre 1968[12]. En même temps, il stupéfie le monde en annonçant son intention de ne pas se représenter aux élections et de consacrer tout son temps à la recherche de la paix.

Johnson renforce constamment l'effort de guerre entre 1965 et 1968, ce qui entraîne la mort de milliers de soldats américains, et peut-être 60 fois plus de soldats vietnamiens (les estimations vont de 500 000 à 4 000 000). En même temps, Johnson craint que la guerre ne détourne l'attention de son programme social, c’est pourquoi l'escalade militaire, bien que significative, n'est jamais suffisante pour faire pencher la balance sur le plan militaire. Cette approche est très mal vue par le Pentagone et les alliés des États-Unis au Viêt Nam du sud. La stratégie de Johnson est perçue par certains comme la cause de la défaite des Américains au Viêt Nam. La présidence de Johnson est très vite dominée par la guerre du Viêt Nam. Alors que de plus en plus de soldats américains meurent au Viêt Nam, la cote de popularité de Johnson diminue, particulièrement lorsqu’il est confronté aux manifestations étudiantes (« Hé, hé, LBJ, combien d’enfants as-tu tué aujourd’hui ? ») et après l'offensive du Têt, en 1968, où les Vietcongs bousculent l'armée américaine et prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Saïgon faisant d'une défaite militaire une victoire médiatique.

Le président du conseil des ministres de l'Union soviétique Alexis Kossyguine et Lyndon B. Johnson le 23 juin 1967.

Pourtant la politique de coexistence pacifique avec l'URSS, qui livre régulièrement des armes au nord-Vietnam tout en gardant une certaine retenue, continue ; le Président rencontre Alexis Kossyguine à Glassboro en juin 1967. cette ville du New Jersey est choisie parce qu'elle se trouve à équidistance entre New York et Washington. Un traité sur la démilitarisation de l'espace y est signé. On parle désormais de l'esprit de Glassboro.

Retraite et décès [modifier]

Une couronne du souvenir sur la tombe du Président Johnson au Texas
Cercueil de Johnson placé sous la rotonde du Capitole.

Le 31 mars 1968, à l'occasion d'un discours retransmis en direct à la télévision, Johnson annonce, à la surprise générale, qu'il ne cherchera pas à obtenir un second mandat. Il annonce également l'arrêt immédiat et sans condition des raids au Viêt Nam et appelle Hô Chi Minh à négocier la paix[13]. Les démocrates donnent finalement leur investiture à son vice-président, Hubert Humphrey, qui est battu par Richard Nixon.

À la fin de son mandat, en 1969, Johnson se retire dans son ranch de Johnson City au Texas. C’est là qu'il décède à 3 h 39 du matin le 22 janvier 1973, des suites d’une crise cardiaque. Sa santé avait été affectée par des années de forte consommation de tabac, d'alcool, une mauvaise alimentation et un stress extrême ; l'ancien président avait une affection avancée de l'artère coronaire. Une première crise cardiaque a failli lui être fatale en juillet 1955, et une deuxième en avril 1972, mais il avait été incapable d'arrêter de fumer après avoir quitté le Bureau ovale en 1969.

Il a été honoré par des obsèques nationales au cours desquelles le membre du Congrès du Texas James Jarrell Pickle et l'ancien secrétaire d'État Dean Rusk lui firent un éloge funèbre dans l'enceinte du Capitole. La fin du service a eu lieu le 25 janvier. Les funérailles ont eu lieu à la National City Christian Church à Washington, lieu qu'il avait souvent fréquenté en tant que président. Le service a été présidé par le président Richard Nixon, en présence de dignitaires étrangers tels que l'ancien Premier ministre japonais Eisaku Sato, qui a servi durant la présidence de Johnson. L'éloge a été prononcé par le révérend George Davis, pasteur de l'église, et William Marvin Watson, ancien ministre des Postes. Nixon n'a pas parlé, mais il a assisté, comme il est coutume pour les présidents lors de funérailles nationales.

Johnson est enterré dans le cimetière familial (qui peut être vu aujourd'hui par les visiteurs dans le Lyndon B. Johnson National Historical Park à Stonewall au Texas), à quelques pas de la maison où il est né.

Principaux membres de son gouvernement [modifier]

Dean Rusk, Lyndon B. Johnson et Robert McNamara, Février 1968
Secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères)
Secrétaire du Trésor (ministre des Finances)
Secrétaire à la Défense (ministre de la Défense)
Procureur général (ministre de la Justice)

Hommages [modifier]

Le Centre de contrôle des vols spatiaux habités de Houston, au Texas, fut renommé le Centre spatial Lyndon B. Johnson en 1973. Le Texas a décrété le 27 août comme un jour férié pour célébrer l'anniversaire de Johnson sous le nom de Lyndon Baines Johnson Day. Le Lyndon Baines Johnson Memorial Grove on the Potomac a été inauguré le 27 septembre 1974. L'école Lyndon B. Johnson School of Public Affairs a été nommé en son honneur tout comme le Lyndon B. Johnson National Grassland.

L'autoroute 635 (Interstate 635) à Dallas se prénomme la Lyndon B. Johnson Freeway ainsi que la piste d'atterrissage 17R/35L de l'Aéroport international Austin-Bergstrom.

En 1980, Johnson a reçu à titre posthume la Médaille présidentielle de la liberté. Le 3 mars 2007, le président George W. Bush signe la loi nommant le siège du Département de l'Éducation des États-Unis Lyndon Baines Johnson[14]. 2008 a été l'année de célébration du centenaire de Johnson au Texas et à Washington.

Le 4 avril 2012 débute la construction du 3e destroyer de la classe Zumwalt baptisé le 16 avril USS Lyndon B. Johnson (DDG-1002)[15] livrable en l'année fiscale 2018.

Bibliographie [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. (en) Presidency: How Do Historians Evaluate the Administration of Lyndon Johnson?, Hnn.us. Consulté le 17 juin 2010
  2. (en) Survey of Presidential Leadership — Lyndon Johnson, C-SPAN. Consulté le 17 juin 2010
  3. (en) Patty Greenbaum (éditeur), Lisa Lewis (éditeur), Anne Drake (éditeur) et Zazel Loven (éditeur), Yearbook, New York, NY, Dolphin, 1990 (ISBN 9780385416252), p. 89 
  4. Caro, Robert A. Volume I
  5. (en) John A. Farrell, Tip O'Neill and the Democratic Century: A Biography, Little, Brown, 2001 (ISBN 0-316-26049-5) 
  6. Seymour M. Hersh, The Dark Side of Camelot, 1997, Chapter 12
  7. Master of the Senate, p. 1035.
  8. http://www.senate.gov/artandhistory/history/resources/pdf/lyndon_johnson.pdf
  9. « Des conversations inédites de Jackie Kennedy dévoilées », L'Express, 10 août 2011.
  10. 1963 Year In Review - Part 1: Transition to Johnson
  11. a, b, c, d, e et f « Our Nation Is Moving Toward Two Societies, One Black, One White—Separate and Unequal » : Excerpts from the Kerner Report
  12. Peter Lang, Documents diplomatiques Français: 1968-Tome II (1er juillet-31 Décembre),Ministère des Affaires étrangères, Ministère des Affaires étrangères et européennes, mars 2010.
  13. Journal radiodiffusé du 1er avril 1968 relatant le discours de Lyndon Johnson (archive INA)
  14. (en) President Bush Signs H.R. 584, Designates U.S. Department of Education as the Lyndon Baines Johnson Federal Building, Whitehouse.gov. Consulté le 6 octobre 2008
  15. (en) Navy Names Zumwalt Class Destroyer USS Lyndon B. Johnson, sur Département de la Défense des États-Unis, 16 avril 2012. Consulté le 17 avril 2012

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]