Années de plomb

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L'expression « années de plomb » désigne, dans plusieurs pays, une période historique récente, marquée par la violence de l'activisme politique.

Cette dénomination provient de la réception italienne, sous le titre Anni di piombo, du film de Margarethe von Trotta Die bleierne Zeit, qui reçut le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 1981 et qui met en scène l'engagement d'une journaliste féministe dans la Fraction armée rouge. Elle a d'abord servi à désigner les années 1968 et suivantes en Italie, pour en stigmatiser la fréquence du recours au meurtre lors des luttes politiques[1].

Europe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années de plomb (Europe).

En Europe, les années de plomb désignent une période allant grossièrement de la fin des années 1960 à la fin des années 1980.

Amérique[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, des groupes tels que les Weathermen ou l'Armée de libération symbionaise (SLA) participeront à des attentats contre des cibles variées, rejoignant ainsi les pratiques de propagande par le fait adoptées par une minorité du mouvement anarchiste à la fin du XIXe siècle.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Le coup d'État du 11 septembre 1973 d'Augusto Pinochet fait rentrer le Chili dans les années de plomb, dont l'épisode le plus connu reste l'Opération Condor, où la plupart des dictatures d'Amérique latine coopéraient pour traquer et assassiner les dissidents, souvent en les faisant « disparaître » (les desaparecidos) au cours de cette « guerre sale ». La Triple A (Alliance anticommuniste Argentine) commettra aussi une série d'attentats en liaison avec le pouvoir d'État, dirigé par Isabel Peron, la troisième femme de Peron. La junte de Jorge Rafael Videla sera ensuite une des participantes principales du plan Condor, et les membres de sa police secrète, dont certains ont été entraînés par des anciens de la guerre d'Algérie, participeront ensuite à l'instruction de paramilitaires au Guatemala dans les années 1980.

Afrique[modifier | modifier le code]

Nigéria[modifier | modifier le code]

Au Nigéria, sous plusieurs régimes, une répression féroce s'installait à chaque fois ponctuée par des coups d'État successifs. À la fin des années 1990, le général Abacha exerça un pouvoir très fort, ce qui lui a valu le surnom du « meilleur dictateur de cette fin de siècle ».[réf. nécessaire]

Guinée[modifier | modifier le code]

En Guinée sous le règne de Sékou Touré, la théorie du complot était omniprésente. Certaines personnes apprenaient qu'elles allaient être arrêtées par le biais de la radio. De nombreux Guinéens choisirent l'exil.

Maroc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Années de plomb au Maroc.

Période historique du Maroc contemporain marquée par la répression des opposants politiques sous le règne d'Hassan II. Au cours de cette période, le peuple marocain s'est révolté à plusieurs reprises contre le régime d'Hassan II, notamment dans les grandes villes (Casablanca, Fès, Rabat...) réclamant plus de démocratie, ou au Rif qui a connu de violentes émeutes. Parmi les romans et témoignages d'anciens prisonniers de Tazmamart, terrible bagne au sud marocain, on peut citer :

  • Cellule no 10 d'Ahmed Marzouki, paru aux éditions Paris-Méditerranée
  • Tazmamort d'Aziz Binebine, paru aux éditions DeNoel
  • Années de plomb – Chronique d'une famille marocaine de Sietske de Boer, Ed. Le Fennec.

Asie[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, de nombreux mouvements de violence ont pu être observés dans les années 1970 et 80. On retiendra surtout Massacre de l'aéroport de Lod du 30 mai 1972 perpétré par l'armée rouge japonaise avec l'aide du FPLP, faisant 26 morts et 80 blessés ainsi que l'attentat à la bombe du 30 août 1974 contre la société Mitsubishi revendiqué par le Front armé anti-japonais d’Asie du Sud qui lui aura fait 8 morts et 376 blessés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carmela Lettieri, « L’Italie et ses Années de plomb. Usages sociaux et significations politiques d’une dénomination temporelle », Mots, les langages du politique, ENS Editions, n°87, 2008, p. 43-55, ici p. 43-44. Article en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]