Joe Biden

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Joe Biden
Portrait officiel de Joe Biden, 2013.
Portrait officiel de Joe Biden, 2013.
Fonctions
47e vice-président des États-Unis
En fonction depuis le
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur Dick Cheney
Sénateur des États-Unis
pour le Delaware
Prédécesseur J. Caleb Boggs
Successeur Ted Kaufman
Biographie
Nom de naissance Joseph Robinette Biden, Junior
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Scranton (Pennsylvanie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Neilia Hunter (1966-✝1972)
Jill Tracy Jacobs (depuis 1977)
Enfant(s) Joseph Biden III
Robert Hunter Biden
Naomi Christina Biden
Ashley Blazer Biden
Diplômé de Université du Delaware
Université de Syracuse
Profession Professeur de droit constitutionnel
Résidence Number One Observatory Circle

Signature

Joe Biden
Vice-présidents des États-Unis

Joseph Robinette « Joe » Biden, Jr. (né le à Scranton en Pennsylvanie) est le 47e et actuel vice-président des États-Unis.

Sénateur américain élu dans le Delaware depuis 1973, membre centriste du Parti démocrate, président du Comité judiciaire et criminel du Sénat de 1987 à 1995, il présidait depuis 2002 le Comité des affaires étrangères du Sénat et était, depuis 1991 professeur adjoint en droit constitutionnel à l'école de droit de l'université Widener.

Ancien candidat dans le cadre des primaires démocrates aux élections présidentielles de 1988 et de 2008, Joe Biden a été choisi, le , par Barack Obama pour être son colistier et le candidat à la vice-présidence des États-Unis en vue de l'élection présidentielle américaine de novembre 2008[1]. Il est élu vice-président des États-Unis (il est le premier vice-président catholique de l'histoire politique américaine[2]) le 4 novembre 2008 et est entré en fonction le , avant d'honorer un deuxième mandat à ce poste après la réélection de Barack Obama le 6 novembre 2012.

Origine, études et famille[modifier | modifier le code]

Joseph Biden est né dans une famille catholique irlandaise modeste de Scranton (Pennsylvanie). Il est le fils de Joseph R. Biden, Sr. et de son épouse Catherine Eugenia, née Finnegan. Sa grand-mère paternelle Robinette descend de huguenots français ayant émigré en Angleterre puis en Pennsylvanie. Joseph Biden grandit avec ses deux frères et ses deux sœurs, d'abord à Scranton puis, après ses 10 ans, à Claymont dans le comté de New Castle, État du Delaware, où son père vend des voitures.

Diplômé d'histoire et de science politique en 1965 à l'université du Delaware, il poursuit des études supérieures à la faculté de droit de l'université de Syracuse. Il y rencontre Neilia Hunter qu'il épouse en 1966 et avec qui il a trois enfants.

Diplômé en droit en 1968, il commence sa carrière juridique à Wilmington (Delaware), puis est élu au conseil du comté de New Castle de 1970 à 1972.

Sa vie est marquée par un drame familial alors qu'il n'a que 30 ans et qu'il vient d'être élu sénateur. Une semaine avant Noël 1972, sa femme Neilia et leurs 3 enfants sont victimes d’un accident de la route, leur voiture ayant été percutée par un chauffard ivre. Son épouse et sa fille, Naomi Christina, âgée de 13 mois, sont tuées et ses deux fils gravement blessés[3].

Joe Biden élève seul ses deux fils puis se remarie, en 1977, avec Jill Tracy Jacobs avec qui il a une fille, Ashley, née en 1981.

Son fils aîné, Beau Biden, capitaine dans une unité de la garde nationale du Delaware, a servi durant la guerre en Irak de 2003. Il est ministre de la Justice du Delaware. Son second fils, Hunter Biden, est avocat à Washington.

Sénateur[modifier | modifier le code]

Joe Biden en 2005.

Joseph Biden est élu en novembre 1972 au Sénat des États-Unis comme membre du parti démocrate, et constamment réélu depuis (il en est à son sixième mandat de six ans). En 2002, il a obtenu 58 % des voix avec un budget deux fois plus important que son rival républicain, l'homme d'affaires Ray Clatworthy. Biden est cependant souvent accusé d'être plus concerné par les affaires internationales que par les problèmes locaux de sa circonscription du Delaware.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Joe Biden est un centriste du parti démocrate. Il est favorable au droit à l'avortement mais hostile à son financement public. Il est opposé au mariage des homosexuels mais favorable à un contrat d'union civile pour les homosexuels. Il accepte la peine de mort et est favorable à un contrôle modéré de la vente des armes à feu. Enfin, en 2007, il a soutenu la régularisation des immigrés illégaux proposée par le président George W. Bush sous certaines conditions, notamment l'apprentissage obligatoire de l'anglais[4].

Président de la Commission judiciaire du Sénat de 1987 à 1995, il est parvenu à bloquer la nomination de Robert Bork à la Cour suprême des États-Unis et a aussi tenté, mais sans succès, de bloquer celle de Clarence Thomas, lors de sa nomination par le président George H. W. Bush. Les deux procédures avaient été marquées au Sénat par des attaques personnelles.

Parmi les nombreuses lois dont Joe Biden est l'auteur ou le coauteur, on peut citer celle de 1994 sur les crimes violents intitulée « Violent Crime Control and Law Enforcement Act of 1994 », plus connue sous le nom de « Biden Crime Law », celle également contre la violence domestique sur les femmes de 2000 (Violence Against Women Act of 2000) mais dont une partie fut déclarée par la suite inconstitutionnelle et enfin les lois contre les narcotrafiquants. Joe Biden est un farouche partisan de la propriété intellectuelle, lié à la Recording Industry Association of America, la Motion Picture Association of America et la Business Software Alliance. Il est un fort soutien du Digital Millennium Copyright Act[5].

Il est connu pour être non seulement un « bavard » mais aussi pour tenir parfois des propos embarrassants[3], le Los Angeles Times le surnommant ainsi « la machine à gaffes[6] ». Il déclara notamment que l'on ne pouvait pas « entrer dans un 7-Eleven ou un Dunkin Donuts (des petits magasins populaires) à moins d'avoir un léger accent indien[7] ». Électoraliste, il n'hésita pas à tenir des propos populistes en rappelant que son État avait « été esclavagiste », afin de démontrer qu'il pouvait ainsi rallier l'électorat sudiste et blanc[8].

Au Comité des affaires étrangères du Sénat[modifier | modifier le code]

Membre du comité des affaires étrangères du Sénat, il en devient le chef de la minorité démocrate en 1997. En tant que tel, il est l'un des premiers, au milieu des années 1990, à demander la levée de l'embargo sur les armes à destination des Musulmans de Bosnie[8] lors de la guerre en ex-Yougoslavie et à qualifier le président serbe Slobodan Milosević de criminel de guerre. Il fut le coauteur en 1999, avec le sénateur John McCain, d'une résolution du Congrès autorisant le président Bill Clinton à utiliser toute la force nécessaire pour faire cesser les violences contre les droits de l'homme au Kosovo[9].

Après les attentats du 11 septembre 2001, en tant que président du Comité des affaires étrangères du Sénat, il est le premier élu américain à se rendre en Afghanistan, en janvier 2002, après la chute des talibans[10]. Durant l'ère Bush, il soutient ainsi le président Hamid Karzai contre ceux qui, au sein de l'administration Bush, préfèrent modérer son pouvoir en favorisant un schéma décentralisé et régional, quitte à favoriser les seigneurs de guerre[10].

Par ailleurs, Joe Biden organise des auditions sur l'Irak. Il en conclut alors que les États-Unis « n'ont d'autre choix que d'éliminer Saddam Hussein » mais soutient une opération menée dans le cadre de l'ONU[8]. Comme l'extrême majorité du Congrès, il vote également en faveur du Patriot Act et, en octobre 2002, vote en faveur de la résolution autorisant le président George W. Bush à mener des opérations militaires à l'encontre de l'Irak [3]. Il n'en devient pas moins l'un des plus virulents critiques de la gestion de l'après-guerre, proposant en 2006 la partition de l’Irak entre chiites, sunnites et Kurdes[11] ainsi que la prise en charge par la communauté internationale de l'occupation du pays. Il considère aussi que l'administration Bush se concentre trop sur l'Irak au détriment de l'aide à la reconstruction de l'Afghanistan [10]. Après y avoir été favorable, il s'est opposé, sans succès, au renforcement militaire des troupes militaires américaines en 2007 déclarant que le renforcement des effectifs sur place n'était « pas dans l'intérêt de la nation[12] ». Joe Biden est aussi l'un des premiers hommes politiques à demander la fermeture du camp de Guantanamo et à s'opposer aux commissions militaires chargées de juger en dehors du droit américain les « combattants ennemis », privés d'habeas corpus.

Candidat aux élections primaires démocrates de 1988 et de 2008[modifier | modifier le code]

Candidat aux élections primaires démocrates en vue de l'élection présidentielle de novembre 1988, Joe Biden est obligé d'abandonner la course présidentielle, suite au scandale provoqué par son plagiat d'un discours du leader travailliste anglais, Neil Kinnock, qu'il avait prononcé lors de sa campagne électorale dans l'État d'Iowa[13]. Le scandale, révélé par l'équipe de campagne de Michael Dukakis, a également révélé une ancienne affaire de plagiat alors qu'il était étudiant en droit, vingt ans plus tôt. Son hospitalisation pour une double rupture d'anévrisme met définitivement fin à sa campagne électorale. Il lui faudra 7 mois de convalescence avant de revenir au Congrès.

En 2003, Biden refusa d'être candidat aux primaires démocrates malgré les sollicitations de son camp. Candidat putatif à la vice-présidence au côté de John Kerry en 2004, il a publiquement fait part de son choix personnel pour un ticket présidentiel entre Kerry et le républicain John McCain, un ami personnel des deux hommes[14].

Vingt ans après sa première tentative, il est de nouveau candidat aux élections présidentielles de 2008. Lors des primaires démocrates, durant les débats avec ses concurrents, il s'en prend notamment à la faible capacité de jugement du sénateur Barack Obama en matière de politique étrangère, affirme alors que ce dernier n'est pas prêt à être président[15] et raille son style à l'emporte-pièce déclarant qu'il « est le premier (candidat) afro-américain qui s'exprime bien, soit brillant, propre sur lui et beau garçon[8] ».

Arrivé cinquième lors du Caucus de l'Iowa, Joe Biden s’est retiré de la course dès janvier 2008 mais n'a pris parti ni pour Barack Obama ni pour Hillary Clinton.

Candidat démocrate à la vice-présidence en 2008[modifier | modifier le code]

Le samedi , à 1 heure du matin, CNN a annoncé que Joseph Biden avait été choisi par Barack Obama pour être son colistier sur le ticket démocrate aux élections de novembre[16]. En choisissant Joe Biden comme colistier, Barack Obama opte pour un homme qui lui permet de se prémunir de l'accusation d'« inexpérience », notamment en politique étrangère[4]. Lors de son premier discours de candidat à la vice-présidence, Joe Biden ne manque pas de s'attaquer à son ami John McCain sur sa richesse « qui le rendrait insensible aux difficultés économiques de bon nombre d'Américains[4] ».

Le , s'adressant à des donateurs de Seattle, Biden commet une gaffe qui sera rapidement exploitée par John McCain. Il déclare en effet : « Croyez-moi. Il ne se passera pas six mois avant que le monde ne mette à l'épreuve Barack Obama, comme il l'avait fait avec Kennedy [...]. Écoutez, nous allons avoir une crise internationale, une crise fabriquée, pour voir de quel bois se chauffe ce gars-là [...]. Je vous garantis que cela va arriver. » Destinée initialement à démontrer la pugnacité et le courage de son jeune colistier en le comparant au JFK de la crise des missiles cubains, cette déclaration maladroite est exploitée par McCain qui juge que le pays n'a pas besoin « d'un président qui invite le monde à le tester à un moment où notre économie est en crise, et où les Américains se battent déjà dans deux guerres ! »[17]

Le 4 novembre 2008, en tant que colistier de Barack H. Obama, il est élu vice-président des États-Unis.

Ce même jour il est également réélu sénateur du Delaware (un tiers du Sénat était renouvelé ce jour là). Bien que se présentant à la vice-présidence, il avait maintenu sa candidature à l'élection sénatoriale comme le permet la loi au Delaware.

Le , avant sa prise de fonction comme vice-président, il démissionne de son poste de Sénateur du Delaware ; le démocrate Ted Kaufman le remplace jusqu'en 2011.

Vice-Présidence des États-Unis[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Joe Biden prêtant serment le .
Joe Biden et le président du Parlement géorgien David Bakradze à Tbilissi, le 23 juillet 2009.

Comme le veut la tradition Biden retourne au Delaware peu après l’élection présidentielle, il reste cependant en contact étroit avec le président-élu Barack Obama afin de mener le projet de transition. Les services secrets américains lui ont donné le nom de code de Celtic en référence à ses origines irlandaises. Il démissionnera le de son mandat de sénateur.

Joe Biden devient le 47e vice-président des États-Unis le succédant ainsi au républicain Dick Cheney. Il est le premier vice-président issu du Delaware et le premier catholique à atteindre cette fonction. Sa prestation de serment, dirigée par le juge à la cour suprême John Paul Stevens, a lieu au Capitole.

Durant les premiers mois de l’administration Obama, Biden joue un important rôle de conseiller auprès du président même si son travail reste discret. La vision de Biden de ce que doit être un vice-président marque clairement la rupture avec le très influent vice-président Cheney.

Considérant qu'Hamid Karzai a failli à sa tâche, il ne soutient plus guère ce dernier[10]. En mars 2009, son conseiller à la sécurité nationale, Antony Blinken, était le seul à ne pas penser que d'importantes opérations de contre-insurrection devaient être montées contre les talibans[18]. Biden veut en effet limiter l'engagement de l'armée américaine en Afghanistan[18].

Par ailleurs, Joe Biden veut faire avancer le dialogue en cours entre les États-Unis et ses alliés les plus proches sur l'avenir de la sécurité européenne[19]. Il est considéré comme l'un des 100 hommes les plus influents de la planète selon le Time Magazine (2 mai 2011).

Au niveau international, Joe Biden a été évoqué dans l'affaire Megaupload, son créateur Kim Dotcom accuse le vice-président des États-Unis d'avoir fermé Megaupload par intérêt pour la MPAA (Motion Picture Association of America), plus particulièrement pour son ami Chris Dodd, CEO (Chief Executive Officer) de la MPAA[réf. nécessaire].

Le 6 novembre 2012, il est réélu vice-président en tant que colistier de Barack Obama.

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]

Il prête serment le au Number One Observatory Circle en privé, puis le 21 janvier sur le capitole.

Il se rend en France au début de l'année 2013, afin de rencontrer le président François Hollande, sur la question de la guerre au Mali. Barack Obama lui a confié en la mission de trouver des propositions sur le port des armes à feu après les attentats du marathon de Boston et la fusillade d'Aurora notamment.

Joe Biden pourrait, en cas de candidature, être le premier vice-président démocrate sortant depuis Alben W. Barkley à échouer à la primaire du Parti démocrate, Hillary Clinton partant favorite à l'investiture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vice-présidence : Barack Obama choisit Biden », LInternationalMagazine.com, 24 août 2008.
  2. Joe Biden se sent-il pousser des ailes? lejdd.fr, 2 février 2013
  3. a, b et c « Présidentielles USA : qui est Joe Biden ? », LInternationalMagazine.com, 23 août 2008.
  4. a, b et c « Les atouts de Joe Biden : catholique, col bleu et vieux routier du Sénat », Le Monde, .
  5. « Joe Biden, colistier d’Obama et pro-copyright », linformaticien.com, .
  6. « La presse américaine souligne les faiblesses du « bavard » Joseph Biden », Le Monde, avec AFP, 23 août 2008.
  7. Nicole Bacharan, « Obama-Biden : un bon ticket ? », le blog USA 2008, .
  8. a, b, c et d Philippe Gélie, « Joe Biden, l'antidote d'Obama à McCain », Le Figaro, .
  9. Monica Langley, « Biden Camp Pressed Hard For a Slot on the Ticket », Wall Street Journal, .
  10. a, b, c et d Norman Kurz (directeur de la communication du sénateur Biden et porte-parole des Démocrates à la Commission des affaires étrangères du Sénat de 2000 à 2006), Biden's Afghan Journey, Washington Post, 8 octobre 2009
  11. François Clemenceau, « Sauf coup de théâtre, Biden donc… », le blog USA 2008, .
  12. « Joe Biden, la caution politique étrangère », La presse canadienne, .
  13. « Joe Biden, un vétéran de la scène politique américaine », Libération, 23 août 2008.
  14. « Biden endorses a fusion ticket: Kerry-McCain », MSNBC,
  15. « Biden, un « leader fort et expérimenté » selon Hillary Clinton », Libération, .
  16. « Le sénateur du Delaware Joseph Biden désigné comme colistier par Barack Obama », Le Monde, .
  17. Cyriel Martin, « Joe Biden : « Obama sera mis à l'épreuve dans six mois » », Le Point, 22 octobre 2008, consulté le 26 octobre 2008.
  18. a et b Rajiv Chandrasekaran, Civilian, Military Officials at Odds Over Resources Needed for Afghan Mission, Washington Post, 8 octobre 2009
  19. http://www.whitehouse.gov/blog/2010/05/05/advancing-europes-security

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]