Antiaméricanisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'antiaméricanisme (ou anti-américanisme ou américanophobie) décrit en général une position systématiquement négative, méfiante ou hostile vis-à-vis des États-Unis. Selon le contexte, il peut s'appliquer simplement envers sa politique, mais aussi envers sa société, son histoire, sa culture ou son peuple.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au cours de l'histoire s'est développé un amour-haine envers les États-Unis. Encore aujourd'hui, les Européens[réf. nécessaire] critiquent régulièrement l'« interventionnisme » américain, l'omniprésence de la langue anglaise, etc. L'Amérique latine est une autre terre traditionnelle de l'antiaméricanisme, à cause de la politique menée par les États-Unis sur cette partie du continent selon certains[réf. nécessaire], comme la crise de la Baie des Cochons d'avril 1961, l'occupation par les marines US de la République dominicaine le 28 avril 1965, ou le coup d'État de Pinochet soutenu par la CIA. A contrario, d'autres[Qui ?] affirment que l'argument de la politique des États-Unis sert à justifier l'échec relatif des démocraties et des économies sud-américaines[réf. nécessaire]. Plus récemment, le sentiment antiaméricain s'est répandu dans le reste du monde, en particulier dans le monde arabe.

L'Amérique fut très tôt considérée comme un continent que l'Europe pouvait coloniser. L'évêque et philosophe irlandais George Berkeley exprima en 1726 la théorie de la translatio imperii, studii et religionis, à savoir que le développement de l'humanité suivait d'est en ouest la course du soleil : l'Europe était à la pointe de la civilisation après que l'Orient et les Arabes eurent joué ce rôle. Les Amériques constituaient le prolongement logique de cette translation.

Cependant, de retour d'un voyage aux États-Unis, Charles Dickens exprima en 1842 sa déception : il publia un carnet de voyage (American Notes) critique vis-à-vis de la société américaine, en particulier du faible attachement au terroir et du manque de savoir-vivre. Les États-Unis représentaient pour les Européens la possibilité d'améliorer leur condition économique. Les Irlandais victimes de la famine, les Scandinaves, les Russes, les Burgenlandais et les Italiens émigrèrent en masse. Pour les opposants politiques, l'exil était une possibilité d'éviter l'emprisonnement : en 1848 les États-Unis connurent une vague d'immigration qui exporta d'Europe vers le Nouveau Monde le mécontentement social. Le caractère universaliste de la Révolution française, les bonnes relations entre les deux pays consécutives à l'intervention de la France dans guerre d'indépendance de 1776 permirent à un Américain, Thomas Payne, de sièger en septembre 1792 à la Convention nationale. Ce terme avait d'ailleurs été emprunté aux institutions américaines.

Au XXe siècle, les États-Unis devinrent un mauvais exemple socioéconomique aux yeux de la majorité syndicalistes ; le fordisme et le taylorisme naissants furent considérés comme inhumains : Bertolt Brecht critiqua le « capitalisme nu ». Dans les années 1920, les films et les compagnies américaines arrivèrent en Europe. La chanteuse noire Joséphine Baker obtint un grand succès en Europe et y devint l'un des symboles de l'Amérique, bien que le jazz fût considéré par l'élite américaine comme un-American (non américain)[réf. nécessaire]. Dans le même temps, la participation des États-Unis à la Première Guerre mondiale engendra un sentiment antiaméricain dans les puissances de la Triple-Alliance. Il se renforça durant le marasme économique de la Grande Dépression. En Allemagne, les nationaux-socialistes accréditèrent l'idée que les États-Unis étaient dirigés par une conspiration juive.


Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la défaite du nazisme, le monde connut une bipolarisation entre l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) communiste et les États-Unis capitalistes. Un antiaméricanisme d'idéologie communiste fut imposé dans les pays d'Europe centrale et de l'Est, et relayé par les partis communistes des pays alliés des États-Unis. En réaction à la menace soviétique, les dirigeants américains menèrent une politique anticommuniste qui culmina avec le maccarthysme. Le harcèlement des sympathisants communistes fut utilisé par les détracteurs des États-Unis[réf. nécessaire] comme un argument de la faiblesse de la démocratie américaine. Jean-François Revel affirme néanmoins dans son ouvrage l'Obsession anti-américaine que

« quelque odieux qu'ait été le maccarthysme et McCarthy, pourquoi omettre de constater que c'étaient les Américains eux-mêmes, républicains en tête, qui avaient déboulonné en moins de quatre ans l'encombrant sénateur ? En outre, c'est un fait que l'espionnage soviétique permit à Moscou de gagner plusieurs années dans la construction de sa bombe atomique. Il a été surabondamment confirmé aujourd'hui, et on avait déjà prouvé en 1970, que les époux Rosenberg étaient effectivement des agents du Komintern et que leur rôle fut des plus néfastes ; ou que Alger Hiss, un des collaborateurs les plus proches du président Franklin Roosevelt, notamment à la conférence de Yalta, travaillait lui aussi pour les services de l'Est et renseignait Staline.  »

. En réplique à l'accusation concernant les défaillances de sa démocratie, les États-Unis répondent qu'ils sont l'un des rares pays à n'avoir jamais connu les deux systèmes totalitaires qu'ont connus l'Europe et d'autres parties du monde : le communisme et le fascisme.

Les interventions militaires américaines (utilisation de la bombe atomique contre le Japon, destruction totale de villes allemandes comme Dresde, guerre de Corée, guerre du Viêt Nam) depuis 1945 peuvent également jeter le doute[réf. nécessaire] sur l'image humaniste et civilisatrice des États-Unis. De plus, les États-Unis décidèrent durant la guerre froide de déstabiliser ou renverser des régimes démocratiques qu'ils craignaient de voir verser dans le communisme (voir coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili contre Salvador Allende) et de soutenir des régimes non démocratiques (par exemple l'Arabie saoudite[réf. nécessaire]). Les pays d'Europe occidentale appliquèrent également cette Realpolitik. Le bombardement de Dresde fut un acte anglo-américain projeté en Grande-Bretagne par Churchill. Durant le même temps, la contre-culture américaine, pacifiste, conquérait l'Europe.

Le soutien des États-Unis à Israël depuis sa création en 1948, puis le maintien de troupes « infidèles » dans le pays des lieux saints de l'islam, l'Arabie saoudite après la guerre du Golfe contribuèrent à développer un sentiment antiaméricain dans le monde arabe. Il fut entretenu par certains gouvernements autoritaires (en Syrie ou en Iran) qui firent des États-Unis un exutoire du mécontentement populaire ; ce sentiment est également alimenté par les fondamentalistes musulmans.

Les attentats du 11 septembre 2001 provoquèrent un grand élan de sympathie en Europe vis-à-vis des États-Unis. La gestion, qualifiée d'« unilatérale » et contestée, de la menace terroriste par le pays (détention illimitée de suspects à Guantanamo sans recours possible, intervention militaire en Irak en 2003, soutien aux méthodes israéliennes contestées de lutte contre les groupes palestiniens terroristes[réf. nécessaire], blanc-seing délivré au gouvernement russe pour sa « lutte contre le terrorisme » lors de la seconde guerre de Tchétchénie[réf. nécessaire]) a vraisemblablement fait diminuer cette sympathie et nourri une nouvelle vague d'antiaméricanisme tant dans le monde arabe qu'en Europe et au Canada, particulièrement au Québec.

Facettes de l’antiaméricanisme[modifier | modifier le code]

La sélection des preuves[modifier | modifier le code]

Les adversaires de l'antiaméricanisme accusent notamment leurs adversaires de mauvaise foi. Ainsi, selon Jean-François Revel, l'antiaméricanisme se définirait tout d'abord par une sélection partisane des preuves. Les antiaméricains et les pro-américains, déclarés ou non, choisiraient les angles d'attaque sans examiner les arguments qui infirment leurs hypothèses. Afin d'échapper à une vision manichéenne des États-Unis (soit entièrement « bons », soit entièrement « mauvais »), l'académicien français se dit partisan d'une approche équilibrée, dialectique, qui prenne en compte le pour et le contre, les défaillances et les points forts du « système américain ».

Critique économique[modifier | modifier le code]

Détournement du drapeau américain lors de la seconde investiture de George W. Bush à Washington.

La critique économique est le plus souvent reliée à une contestation de l'économie de marché par les anticapitalistes et les communistes. Des personnalités libérales comme Maurice Allais, prix Nobel français, vont même jusqu'à proposer des réformes fondamentales du système économique. Le système américain libéral, serait responsable de la pauvreté et de la désagrégation des structures sociales. Bien que cette critique ait connu une quasi-disparition avec l'effondrement du bloc communiste en 19891991, le mouvement altermondialiste a repris cet angle d'attaque. En effet, presque toute la classe politique (de l'extrême gauche à la droite libérale) admet que le capitalisme est source d'inégalités ; la politique américaine étant toujours plus libérale que celle des pays Européens, beaucoup dénoncent le mépris de l'économie des pays défavorisés ou même les problèmes sociaux liés au capitalisme. Les crises boursières comme le krach de 1929 provoquent une certaine méfiance des Européens.

Les États-Unis sont également accusés de vivre aux dépens du reste du monde[réf. nécessaire], car ils possèdent un déficit commercial important et persistant.

Dans son ouvrage Un autre monde contre le fanatisme du marché, Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie en 2001, évoque les problèmes que pose le déficit commercial des États-Unis. Le déficit commercial des États-Unis précise-t-il n'est pas soutenable et est source d'instabilité financière internationale (en cas de forte baisse du dollar, hausse de l'euro…). Les États-Unis financent leur déficit commercial par les emprunts à l'étranger et non par l'épargne. Il ajoute, alors que les États-Unis étaient les plus grands créanciers du monde, ils sont devenus les plus grands débiteurs.

Il est à noter[réf. nécessaire] que les États-Unis sont également un grand pays importateur de produits du monde développé et sous-développé, ce qui stimule le développement économique des autres pays. Les pays européens scrutent la croissance américaine, car ils savent que leur propre santé économique dépend de celle des États-Unis. Ce développement est cependant inégal car les pays riches importent des pays pauvres surtout des matières premières bon marché pour y exporter soit des biens de consommation à forte valeur ajoutée soit des produits subventionnés. Ces produits subventionnés faussent le marché des pays vers lesquels ils sont exportés, ce qui provoque la disparition de secteurs entiers de l'économie locale. Les États-Unis comme l'Union européenne se voient souvent reprocher de fausser la concurrence mondiale par le biais de subventions (agriculture, aéronautique) et de porter atteinte, en particulier, aux pays agricoles du tiers monde. Les altermondialistes[réf. nécessaire], quant à eux, dénoncent systématiquement le libéralisme commercial qui développe la fracture entre pays pauvres et pays riches, ainsi que la fracture entre riches et pauvres à l'intérieur même des pays développés. Mais dans les années 1990 les militants altermondialistes de la branche Attac défendirent une idée anti-libérale, au départ américaine, la taxe Tobin du nom d'un prix nobel américain d'économie, James Tobin, ancien conseiller du président John Kennedy

Critique antireligieuse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion aux États-Unis .

L’importance de la religion[modifier | modifier le code]

Dans sa forme antireligieuse, l'antiaméricanisme[réf. nécessaire] critique la place relativement importante que peut occuper parfois la religion dans la société américaine.

Avant même la Déclaration d'indépendance, les treize colonies britanniques en Amérique étaient réputées pour leur tolérance religieuse. Les huguenots français, les protestants néerlandais et allemands, les quakers anglais, les juifs, les amish allemands fuyaient l'Europe à cause des persécutions religieuses pour trouver asile aux États-Unis. William Penn, par exemple, a voulu transformer la ville de Philadelphie en la ville de la fraternité et de l'amitié interconfessionnelle (ce qui explique d'ailleurs le nom de la ville, du grec phila delphos). Dans la Philadelphie du XVIIIe siècle se côtoyaient temples protestants, églises catholiques, et plus tard allaient s'ajouter des mosquées, des synagogues, des églises orthodoxes, etc. Cette politique d'hébergement des minorités religieuses est la cause principale de l'influence de certains groupes religieux dans certaines régions des États-Unis. À ces régions s'opposent les régions fortement urbanisées des côtes est et ouest, qui sont réputées « libérales ».

Le paysage religieux des États-Unis n'a donc pas été modifié par la « déchristianisation »[1] qu'a produite la Révolution française. La séparation de l'État et de l'Église est inscrite dans le premier amendement de la Constitution des États-Unis qui interdit l'établissement d'une Église d’État, mais le secularism américain n'interdit pas l'expression des opinions religieuses dans l'espace public comme le fait la laïcité française (on estime aux États-Unis que abriter et protéger les minorités religieuses implique de les laisser s'exprimer).

La présence importante de la religion chrétienne dans le débat public est l'objet de vives critiques en France et ailleurs (y compris aux États-Unis même) : la mention de Dieu sur les billets de banque (In God we trust : « Nous avons confiance en Dieu »), l'interdiction faite, dans certaines écoles et pour motifs religieux, d'enseigner la théorie de l'évolution de Charles Darwin[2] ou l'instauration d'un jour de prière par le Sénat pour la protection de l'Amérique y sont particulièrement mal perçus.

Un pays puritain[modifier | modifier le code]

Les antiaméricains considèrent[réf. nécessaire] que les États-Unis sont un pays « puritain », ce qui impliquerait une société à la morale austère et refusant toute libéralisation des mœurs. Cependant, le puritanisme reste mal connu, notamment en France. D’autre part, il faut rappeler que le protestantisme dont il est issu est aujourd’hui en recul face à la montée des « sans-religion » (athées, agnostiques, déistes, indifférents) et dans une moindre mesure celle du catholicisme pratiqué par la communauté hispanique grandissante[réf. nécessaire]. L’histoire des États-Unis montre en outre que le pays a su libéraliser ses mœurs, parfois même avant la France (pour la légalisation de l’avortement par exemple). Dès les années 1960, le mouvement hippie a contesté les valeurs bourgeoises et le conformisme, en utilisant par exemple le nudisme et le naturisme. Aujourd’hui, le secteur des loisirs nus représente environ 400 millions de dollars chaque année aux États-Unis[3] ; le chiffre d’affaires des films pornographiques américains est comparable à celui d’Hollywood[4]. Le taux de divorce est l’un des plus élevés du monde. En 2004, 62 % des Américains étaient favorables à la reconnaissance d'un statut légal des unions homosexuelles (mariage ou union civile)[5]. 66 % des Américains considèrent l'avortement comme un droit[6] et 1,29 million de femmes ont subi une IVG en 2002 aux États-Unis[7], soit un taux proche de 5 pour mille, qui est l'un des plus forts des pays riches.

Le procès de l’islamophobie[modifier | modifier le code]

Les États-Unis sont également accusés[réf. nécessaire] d'une politique hostile vis-à-vis de l'Islam, qu'elle soit motivée par les chrétiens fondamentalistes américains, par le groupe de pression sioniste ou par le racisme.

Washington a défendu les musulmans du Kosovo et de Bosnie-Herzégovine à la fin du XXe siècle (a contrario ce soutien à des populations musulmanes a suscité l'ire des mouvements d'extrême droite européens). Le 12 septembre 2001, George W. Bush proclame qu’il est confiant dans le patriotisme des citoyens américains de confession musulmane[8]. Enfin, les États-Unis participèrent en janvier 2005 à hauteur de 350 millions de dollars en secours aux victimes du tsunami en Indonésie, premier pays musulman du monde (le premier chiffre annoncé avait été, il est vrai, de 15 millions de dollars). Toutefois des enquêtes par sondage ont montré une forte méfiance de la population américaine envers les musulmans.

Les ingérences américaines en matière de religion[modifier | modifier le code]

Durant la présidence de Bill Clinton, les États-Unis reprochèrent a contrario à leurs alliés européens de ne pas respecter la liberté de culte notamment à cause des refus allemand et français de reconnaître l'Église de scientologie comme telle – ces pays la considèrent comme une secte. Cette ingérence dans les affaires religieuses en Europe y est globalement mal perçue[réf. nécessaire], tout comme les jugements européens sur les États-Unis sont réprouvés dans ce pays.

Critique antilibérale en matière de mœurs[modifier | modifier le code]

L'antiaméricanisme peut également être a contrario « antilibéral » : beaucoup de personnes[réf. nécessaire] ayant des croyances religieuses critiquent la décadence morale des États-Unis (par exemple en raison de l'industrie pornographique et de la tenue vestimentaire des femmes et leur perte des valeurs religieuses). Il est toutefois à noter que ces critiques sont présentes autant aux États-Unis qu'ailleurs dans le monde[réf. nécessaire] ; elles ne sont donc pas automatiquement associées à de l'antiaméricanisme.

Critique anti-impérialiste[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire américain et Hyperpuissance (politique).

Une forme anti-impérialiste assimile les interventions militaires, économiques ou diplomatiques américaines à une nouvelle forme de « colonisation ». L'unilatéralisme est une accusation souvent portée ; ainsi l'historien Tony Judt résume-t-il que les Américains « sont peu enclins à participer aux initiatives et aux accords internationaux, que cela soit dans la question du réchauffement climatique, celle des armes biologiques, celle du droit pénal international (Cour pénale internationale) ou celle du droit des femmes ». A contrario, les États-Unis font partie d'un nombre important d'organisations internationales, d'alliances politiques, militaires et économiques.

Aperçu des doctrines[modifier | modifier le code]

La politique internationale des États-Unis s'est inscrite, au long de l'histoire, entre plusieurs pôles : isolationnisme, égalitarisme, universalisme démocratique et impérialisme postcolonial.

L’isolationnisme est une doctrine qui affirme que les États-Unis devraient se tenir à l'écart de la scène internationale. Cette politique a été appliquée tout le XIXe siècle jusqu'à la dernière phase de la Première Guerre mondiale, puis lors de l'entre-deux-guerres, jusqu'en 1941. Il faut également remarquer que le programme sur lequel George Walker Bush a été élu président en 2000 était un programme isolationniste, qui s'est modifié radicalement après les attentats du 11 septembre.

La politique égalitariste affirme que les États-Unis doivent agir sur la scène internationale comme n'importe quel autre État.

L’universalisme démocratique peut être mieux compris par comparaison avec l'universalisme à la française. Alors que l'universalisme de la Révolution française voulait étendre la liberté, l'égalité et la fraternité à l'échelle européenne, l'universalisme démocratique américain voudrait étendre la démocratie dans le monde entier. Des accents universalistes démocratiques peuvent être perçus dans les discours de maints présidents américains, de la guerre froide à l'époque contemporaine.

L'impérialisme postcolonial serait une doctrine tacite, selon certains[réf. nécessaire], des gouvernements américains depuis le XIXe siècle, et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale. Il aurait eu ses premières bases à partir la « doctrine de Monroe » selon laquelle les États-Unis auraient la mission de protéger la sécurité du continent américain (des visées européennes), avec toutes les ambiguïtés que peut comporter cette notion. Bien que l'impérialisme n'ait jamais été revendiqué par les États-Unis (au contraire de pays comme la France, l'Espagne ou le Royaume-Uni) en tant que tel, les États-Unis ont occupé des territoires (Cuba, Philippines, Vietnam, Irak, Afghanistan, Panama...) à la place des anciennes puissances coloniales. Mais l'accusation d'impérialisme la plus souvent relayée dans les critiques contemporaines fait référence aux interventions ponctuelles des troupes américaines dans des territoires étrangers, et peut-être plus encore aux stratégies politiques et économiques menées par les États-Unis hors de leurs frontières, sans qu'ils n'interviennent d'une manière directe.

Ces différentes orientations de la politique extérieure des États-Unis, quoique concurrentes, ne sont pas incompatibles.

Du « Grand » à l’« hyperpuissance »[modifier | modifier le code]

Si l’on remet souvent en cause l’hégémonie américaine dans le monde, on ne s’interroge que rarement sur les causes de cette situation. Certains intellectuels ont démontré que la désagrégation du bloc communiste, la crise du continent africain et l’incapacité de l’Union européenne à s’organiser ont provoqué la suprématie américaine après 1990. Jean-François Revel pose en outre le problème du concept d’hyperpuissance, forgé en 1999, par le ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine : le terme « superpuissance » existant déjà, il est inutile selon lui de parler d’hyperpuissance, d’autant que le préfixe grec hyper signifie exactement la même chose que le préfixe latin super[9]. Pour Revel et d’autres, le monde n’est pas unipolaire mais de plus en plus multipolaire avec la croissance des pays émergents. Selon Sylvain Allemand et Jean-Claude Ruano-Borbalan, les États-Unis ne chercheraient pas à dominer intentionnellement le monde, mais simplement à protéger leurs intérêts et préserver leur sécurité[10]. Dans cette logique, l’attaque du 11 septembre a provoqué un renforcement des interventions américaines dans le monde, dans un but uniquement sécuritaire.

Critique de la culture américaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des États-Unis.

L'antiaméricanisme culturel dénigre la production culturelle et le mode de vie américains, accusés d'envahir le monde et de l'uniformiser.

Contre une culture de masse envahissante[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les intellectuels français stigmatisaient un prétendu vide culturel aux États-Unis ; au siècle suivant, ils s’insurgent contre l’envahissement culturel en forgeant des néologismes tels que « macdonalisation » ou «  cocacolonisation ».

La culture américaine est pourtant le fruit des influences européennes (académie des beaux-arts, impressionnisme) puis mondiales. Certains pensent d’ailleurs que ce mélange des cultures permet d’expliquer le succès planétaire des productions culturelles américaines. La culture américaine s’est diffusée grâce à la mondialisation et au libéralisme. Mais elle ne s’impose pas par la force, comme le rappelle le politologue Joseph Nye avec la stratégie du soft power. Adrien Lherm reprend cette idée que les Américains profitent de la mondialisation sans l’imposer par la contrainte :

« […] L’exportation du modèle américain répond moins à un programme impérialiste qu’à la « pure «  et simple logique du profit – gourmand, oui, mais pas conquérant au sens militaire et politique. Ce qu’ils s’emploient aujourd’hui à faire, à l’échelle de la planète, c’est moins à imposer un exemple […] qu’à assurer des débouchés à leur puissant secteur culturel […][11]. »

La culture de masse aux États-Unis a un rayonnement très important, mais le pays possède également un nombre important de galeries et de musées d'art (le Metropolitan Museum de New York, par exemple), de bibliothèques (la Bibliothèque du Congrès, la plus grande du monde), etc. Mais la France, elle-même a, à Paris, une grande bibliothèque américaine, TheAmérican Library in Paris.

Dénigrement du cinéma hollywoodien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma américain.

L'Accord Blum-Byrnes de 1946 a donné au cinéma américain un avantage important en permettant que toutes les salles de cinéma françaises soient ouvertes aux films américains sauf une semaine par mois. Il existe un sentiment anti-Hollywood[12], même si la plupart des gens[réf. nécessaire] continuent à regarder des films américains, qui font souvent plus de recettes que les productions locales. Aux États-Unis, les sympathisants du Parti démocrate considèrent Hollywood comme une tribune des idées progressistes (liberal)[réf. nécessaire], et Hollywood est considéré par nombre de sympathisants du Parti républicain comme un « repaire de gauchistes »[réf. nécessaire], au même titre que l'université de Californie à Berkeley.

Le cinéma américain est accusé de simplisme et d’angélisme[13]. Pourtant, il existe de nombreux films et séries qui critiquent l'American way of life et le gouvernement américain[14].

L’omniprésence de la langue anglaise[modifier | modifier le code]

Les linguistes ont montré qu’une langue évolue par apports étrangers. Il faut rappeler aussi que la langue anglaise utilise des mots français, que l’on trouve fréquemment dans les journaux américains en italique.

Critique de la démocratie américaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique américaine.

Les adversaires des États-Unis[réf. nécessaire] soulignent les faiblesses et les carences de la démocratie américaine (notamment le bipartisme). Ils agiraient aussi non pour diffuser la démocratie dans le monde, mais pour protéger leurs intérêts.

Les réponses à ces critiques[réf. nécessaire] sont de divers ordres : on peut objecter par des faits historiques. Depuis sa création, les États-Unis n’ont jamais connu de dictature. L'Allemagne leur ayant déclaré la guerre quelques jours après l'attaque japonaise de Pearl Harbour, ils sont intervenus pour libérer l’Europe du joug nazi en 1944-1945 et ont endigué les Soviétiques à l’Est du rideau de fer. Washington a soutenu des régimes fascistes en Amérique latine dans le contexte de la guerre froide. Aux États-Unis, la justice et le droit font avancer la démocratie et sont le garant des citoyens contre l’arbitraire du pouvoir. Les libertés fondamentales sont respectées, sauf en temps de guerre. La constitution garantit la séparation des pouvoirs.

Critique humaniste[modifier | modifier le code]

L'antiaméricanisme résulte parfois d'un humanisme qui s'insurge contre certaines pratiques jugées barbares, comme l'exécution sur la chaise électrique ou la condamnation à perpétuité prononcée dans certains comtés de Californie après la deuxième récidive d'un menu délit. Les États-Unis sont le seul pays à avoir dit non aux résolutions des droits de l'enfant[réf. nécessaire] et un des seuls pays à n'avoir pas ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant après l'avoir signée en 1995[15].

Human Rights Watch et Amnesty International dans un rapport publié conjointement en 2005[16] affirment qu'au moins 2 225 délinquants mineurs purgent des peines de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle (« Life without parole », ou LWOP) dans des prisons américaines pour des crimes commis avant l’âge de 18 ans. Par ailleurs, la prison aux États-Unis a en 2000, le taux d'incarcération le plus élevé du monde.

Un fort courant abolitionniste européen[réf. nécessaire] conteste le recours même à la peine capitale et argue que seuls de rares pays développés y ont encore recours (Japon, États-Unis).

La peine de mort n’est pas du ressort du gouvernement fédéral mais dépend des États fédérés. Certains de ces états l’ont supprimée ou ne l’appliquent pas. La peine de mort aux États-Unis n’est pas la même chose qu’en Chine : appliquée dans un état de droit, les condamnés ont des garanties de procédure et sont défendus par un avocat. Le sujet n’est pas tabou aux États-Unis et de nombreux films la remettent en question.

Critique écologiste[modifier | modifier le code]

D'un point de vue écologiste, les États-Unis sont accusés de gaspiller les ressources non renouvelables (notamment le pétrole) et de ne pas chercher à réduire leurs émissions de substances polluantes (refus de ratifier le protocole de Kyoto sur la limitation de l'émission des gaz à effet de serre) dont ils sont de loin le plus gros producteur. Pourtant, le gouvernement américain est le premier à avoir institué les parcs nationaux et des efforts sont réalisés pour développer les énergies renouvelables. Le protocole de Kyoto est appliqué dans de nombreuses villes du pays et en Californie[17]. Les nombreuses associations et les lobbies écologistes font pression sur le gouvernement[18].

Critique du différentialisme[modifier | modifier le code]

D'un point de vue universaliste[réf. nécessaire], les États-Unis sont accusés de différentialisme, c'est-à-dire de considérer les individus en fonction de leur origine nationale, ethnique et religieuse. Est en cause le système communautaire.

Le système de discrimination positive destiné à favoriser les personnes issues de minorités ethniques défavorisées serait également un exemple de différentialisme[réf. nécessaire].

Critique du patriotisme[modifier | modifier le code]

Unevolution par Carlos Latuff.

Les internationalistes et les pacifistes reprochent également le patriotisme des Américains ainsi que leur militarisme[réf. nécessaire]. Font également l'objet de critiques la culture des armes et l'important groupe de pression des armes à feu, la National Rifle Association.

Questions de société[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Société américaine et American way of life.

Les critiques[modifier | modifier le code]

Les défauts de la société américaine ne manquent pas : violence par arme à feu, inégalités, etc. Les écrivains américains ont depuis longtemps relaté ces problèmes sociaux : William Faulkner, Tennessee Williams (dans la Fêlure), Sinclair Lewis, Tom Wolfe, John Dos Passos, Ruben Berrios Martinez. À la fin du XIXe siècle les muckrakers (littéralement « remueurs de boue ») étaient des journalistes américains qui dénonçaient les injustices sociales et les scandales. Au XXe siècle, la société américaine est critiquée parce qu’elle incarne le modèle capitaliste libéral. Les artistes du Pop Art puis les écologistes mettent en accusation les gaspillages de la société de consommation née aux États-Unis.

Les réponses[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protection sociale aux États-Unis.

Le fait est que les États-Unis attirent toujours des immigrés venus de tous horizons, du scientifique français au Mexicain fuyant la misère de son pays. Le solde migratoire est largement positif, et la population américaine grandit grâce à l’immigration. Cela montre que le pays n’est pas répulsif pour tout le monde. Les États-Unis sont le troisième foyer touristique du monde derrière la France et l’Espagne.

On considère les États-Unis comme une société violente. Ce jugement est cependant réévalué : au vu des dernières statistiques, la violence a tendance à se réduire depuis les années 1980 alors qu’elle augmente en Europe[19]. Contrairement à une idée reçue, la vente d’armes à feu est strictement encadrée : tout acquéreur doit se faire enregistrer, se voir relever ses empreintes digitales et payer pour l'obtention d'une licence[20].

On[réf. nécessaire] décrit également la société américaine comme une société injuste, sans aucune protection sociale ni solidarité. Or l’IDH américain est l’un des plus élevés du monde et l’espérance de vie est comparable à celle des autres pays industrialisés. Il existe également des programmes sociaux, et le nombre de pauvres n’est que légèrement supérieur à celui des autres nations développées.

Quant à l’accusation de l’échec du « communautarisme » américain, elle est surtout portée par les Français attachés au modèle républicain intégrateur[21]. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, comme en témoigne les propos du journaliste indien Dinesh D'Sousa :

« Les États-Unis ont réussi à intégrer des populations d'origines diverses en favorisant une culture de la réussite qui transcende les conflits religieux et ethniques[22] . »

Polémique au sujet du concept[modifier | modifier le code]

Antiaméricanisme et xénophobie[modifier | modifier le code]

Dans certains cas[réf. nécessaire], la cristallisation de l'antiaméricanisme est vue comme de la xénophobie. L'« Américain » peut alors devenir la somme de toutes les critiques exprimées au pays, une accumulation de clichés : un Texan obèse ne mangeant que du fast-food, ignorant tout du monde extérieur et roulant dans un 4×4 polluant. Favorable à la peine de mort, il a pour seules passions les armes à feu et le drapeau étoilé. Il fait des patrouilles dans une milice pour empêcher les Hispaniques d'envahir sa patrie. Il est conservateur, puritain, contre l'avortement et le mariage homosexuel[réf. nécessaire].

On[réf. nécessaire] accuse entre autres l’émission satirique Les Guignols de l'info de ce type de caricature (par exemple, les militaires américains tous représentés par la même marionnette de Sylvester Stallone, n'ayant que violence et patriotisme en tête).

Une part de la xénophobie envers les Américains pourrait être liée à l'antisémitisme de l’extrême droite[23], la théorie du complot décrivant les États-Unis comme un pays gouverné par les Juifs. Ce mouvement xénophobe aurait connu un nouvel essor avec le soutien accordé à Israël. Pierre-André Taguieff écrit ainsi que « la judéophobie va désormais de pair avec une xénophobie antiaméricaine »[24].

Denis Jeambar reprend cette idée que l’antiaméricanisme est une forme de xénophobie en évoquant l’affaire du journaliste Daniel Pearl, égorgé par des islamistes au Pakistan : « Daniel Pearl était américain, mais c'était d'abord un journaliste et, à ce titre, un défenseur de ces valeurs universelles que sont les libertés de penser et de publier… L'indignation française et européenne, si prompte à se manifester pour dénoncer le traitement des prisonniers taliban de Guantanamo, aurait donc dû retentir haut et fort. Hélas ! Nous n'avons rien entendu, ou si peu[25]. »

Roger Garaudy, auteur d'un pamphlet Qu'est-ce que l'anti-américanisme ? (et négationniste condamné par la justice française) donne cette définition de l'antiaméricanisme : « L'anti-américanisme n'est ni une forme de nationalisme ni de racisme ni d'aucune forme du refus de l'autre, d'un autre homme ou d'un autre peuple. Il est la lutte contre un système, contre une conception de l'homme et d'un mode de vie. Historiquement il est né dans un continent qui tente de l'imposer au monde par la puissance des oligarques politiques, financiers et militaires aujourd'hui à la tête des États-Unis. Ils ne peuvent d'ailleurs le faire qu'avec la complicité et la servilité des dirigeants d'un grand nombre de pays ».

Pour être plus clair encore – pour ceux surtout qui voudraient confondre antiaméricanisme et xénophobie – pour enlever au mot « américain », qui désigne un mode de vie et une conception du monde, toute attache géographique ou ethnique avec ceux qui sont nés ou ont émigré en Amérique depuis 1620, avec le Mayflower, et qui y ont créé ce système à la fois colonial et racial (selon ses origines), dominateur et mercantile (selon son histoire), j'appelle « américain  » tous ceux, dans le monde, qui veulent imposer au peuple ce « modèle ». Sa caractéristique principale est que la société tout entière est soumise aux exigences de l'économie et du marché et non l'économie et le marché au service de la société.[non neutre]

L’antiaméricanisme : une critique facile[modifier | modifier le code]

Les critiques des États-Unis refusent généralement[réf. nécessaire] d'être décrits comme antiaméricains et arguent que le concept est le plus souvent employé de manière péjorative à leur encontre. Il est vrai que les détracteurs de l'antiaméricanisme le qualifient souvent de « primaire »[réf. nécessaire], formant ainsi l'expression « antiaméricanisme primaire ». Cette formule, assez souvent utilisée par les journalistes, discréditerait toutes les analyses critiques de la société et des valeurs américaines, même celles qui sont les plus recevables. Face à ce constat, Noam Chomsky écrit : « Le concept d'antiaméricanisme est intéressant. Son équivalent n'est utilisé que dans les États totalitaires et les dictatures militaires… Ainsi, dans l'Union soviétique, les dissidents étaient condamnés pour antisoviétisme. C'est un usage naturel parmi les personnes avec des instincts totalitaires bien implantés qui identifient la politique de l'État avec la société, la population, la culture. A contrario, les personnes ayant tant soit peu d'esprit démocratique traitent ces notions ridicules avec dédain. À supposer qu'une personne en Italie qui critique la politique italienne soit condamnée comme « anti-italienne », l'événement serait considéré comme trop ridicule même pour que l'on puisse en rire. » Les Antiaméricains supposés disent que si les Etats-Unis n'ont pas connu de dictature de type nazi, ils ont construit leur nation sur le génocide des nord-amérindiens, les premiers américains d'origine. On vient même de découvrir aux États-Unis que le Général William Sherman prononça en 1867, 70 ans avant Hitler, l'expression "solution finale au problème indien"[26]. Ils rappellent aussi l'élaboration, après l'abolition de l'esclavage en 1865, d'une ségrégation raciale séculaire à l'encontre des Noirs, qui formaient 10 % de la population, accompagnée de nombreux lynchages des hommes de couleur, pratiqués notamment par le Ku Klux Klan dans le Deep South.

Tout le problème de ce concept repose sur le préfixe anti-, qui n'est pas, d'un point de vue linguistique, compatible avec la modération. L'antiaméricanisme est donc forcément total. Comme l'anti-soviétisme qui avait cours au temps de l'Union soviétique, l'antiaméricanisme est forcément primaire, même si cet adjectif concerne en premier lieu celui qui l'utilise afin de ne pas avoir à débattre avec lui.

Jean-François Revel cite plusieurs exemples de discours antiaméricains : quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, la presse française sous-entendait que les Américains dans leur ensemble étaient responsables de la tragédie. Outre cette tentative d’amalgamation, l’écrivain rappelle que l’antiaméricanisme consiste à reprocher aux États-Unis tout et son contraire. Washington est tour à tour taxé d’isolationnisme et d’impérialisme lorsqu’il s’agit des relations internationales : il donne pour cela l’exemple de l’intervention américaine dans les Balkans au cours des années 1990 : « Il faut, pour faire cesser ou diminuer les massacres, que les États-Unis se chargent de l’opération, successivement en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine. Les Européens les remercient ensuite en les traitant d’impérialistes, tout en tremblant de frousse et en les qualifiant de lâches isolationnistes dès qu’ils parlent de retirer leurs troupes[27]. »

D'autres exemples apparaissent régulièrement dans la presse française et internationale. Ainsi, après la victoire des démocrates au Congrès en novembre 2006, Courrier international indiquait : « Après avoir voulu diriger le monde, les États-Unis pourraient être tentés de se replier sur eux-mêmes. Une bien mauvaise idée. […] Il serait imprudent de penser que la planète sera rendue plus sûre par une Amérique paralysée qui se désengage. Ce serait certes une bonne chose que l’Amérique soit moins adepte de l’unilatéralisme, mais sûrement pas qu’elle devienne isolationniste[28]. »

Aussi, pour Revel, l’antiaméricanisme devient « primaire »[29], irrationnel, lorsque la contestation est illogique et surtout dénué de fondements. La mauvaise connaissance du pays, de sa culture et de son histoire serait la cause de l’hostilité à l’égard des États-Unis[30]. Si l’antiaméricanisme est une critique du système capitaliste libéral, et non une attaque contre les Américains, alors pourquoi les États-Unis sont toujours cités en exemple, ou plutôt en repoussoir, comme la référence obligée du discours journalistique et politique, alors qu’il existe d’autres pays qui pratiquent ce modèle économique ? D’après Jean-François Revel, à force d’attaquer constamment et en toute mauvaise foi les Américains, ils finissent par ne plus écouter les critiques fondées qui leur sont adressées[31].

Le sentiment antiaméricain selon les pays[modifier | modifier le code]

Amériques[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

L'antiaméricanisme canadien se développa initialement pendant la guerre d'indépendance américaine. Les Canadiens francophones craignirent que les treize colonies à majorité protestante ne reconnaissent pas la culture française et la religion catholique, et les groupes indigènes s'inquiétèrent de la perte de la protection accordée par les traités signés avec le Royaume-Uni. Lorsque les colonies rebelles tentèrent d'envahir le Québec et de libérer leurs voisins de force, nombre de Canadiens commencèrent à considérer les Américains comme une nation arrogante, violente et dangereuse. Ces sentiments furent amplifiés par la migration subite de milliers de loyalistes hors des treize colonies.

Pendant la guerre de 1812, les craintes canadiennes se sont soudain avérées lorsqu'une force américaine envahit le Canada. Il y eut de nombreux morts et aujourd'hui encore, les Canadiens ont le sentiment que les Américains ont perdu la guerre, bien qu'ils soient trop fiers pour admettre avoir perdu contre le Canada – Même si le Canada n'existait pas en tant que tel et que les Américains ont en réalité combattu les Britanniques.

La menace américaine fut l'une des raisons de la confédération canadienne en 1867. Après de nombreuses attaques contre le Canada dirigées par la Fenian Brotherhood stationnée aux États-Unis et l'expansion de ces derniers vers l'ouest, les Canadiens et les Britanniques sentirent une menace planer sur leurs terres. Elle n'était pas infondée, puisque le gouvernement américain poursuivait le programme Manifest Destiny et cherchait à répandre leurs valeurs démocratiques chez leurs voisins septentrionaux.

Un sentiment de compagnonnage avec les États-Unis se développa durant les deux guerres mondiales et rapprocha les deux pays sur les plans politique et économique. Ils font aujourd'hui partie d'institutions communes comme l'OTAN et l'ALENA.

Les Canadiens plaisantent à l'envi au sujet de l'ignorance supposée des Américains aux cultures étrangères, notamment canadienne. Un thème revenant souvent est l'idée des Américains réactionnaires au sujet de l'État-providence, du féminisme, de l'avortement, de la peine capitale, des relations avec Cuba, de l'écologie, de l'homosexualité, de la lutte contre les drogues, de l'immigration, de la défense, etc.

L'antiaméricanisme canadien est désormais calqué sur la géopolitique du pays. En effet, les sondeurs tendent à distinguer l'antiaméricanisme québécois de l'antiaméricanisme anglophone. Non que leur portée soit différente, mais leurs expressions et manifestations divergent bien souvent, imposant aux politiciens du pays de jongler avec ces deux perspectives. Ainsi, durant la campagne électorale de décembre 2005, le premier ministre, Paul Martin, a cherché à s'appuyer sur l'antiaméricanisme canadien — et notamment québécois — en tenant des propos antiaméricains. Ce qui a conduit l'ambassadeur des États-Unis au Canada — fait rare mais pas inusité — à intervenir en pleine campagne électorale pour adresser des remontrances au gouvernement canadien.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Une partie de la population américaine partage certaines des vues des antiaméricains. Les conservateurs accusent régulièrement les liberals (partisans de la gauche) d'avoir des points de vue antiaméricains. Les libéraux, quant à eux, sont convaincus que les conservateurs mènent à la destruction du pays. Ces accusations exagérées s'inscrivent dans les culture wars américaines qui divisent la population entre deux visions extrêmes et diamétralement opposées de la nation qui sont toutes deux convaincues d'êtres les « vrais américains », chacun accusant l'autre de trahir l'idéal américain.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Bannière anti-USA lors d'une manifestation au Brésil.

« C'est pour les Latino-Américains un scandale insupportable qu'une poignée d'Anglo-Saxons, arrivés dans l'hémisphère beaucoup plus tard que les Espagnols [...] soient devenus la première puissance du monde. Il faudrait une impensable auto-analyse collective pour que les Latino-Américains puissent regarder en face les causes de ce contraste. C'est pourquoi, tout en sachant que c'est faux, chaque dirigeant politique, chaque intellectuel latino-américain est obligé de dire que tous nos maux trouvent leur explication dans l'impérialisme nord-américain[32] »

Le président du Venezuela Hugo Chávez affiche régulièrement son antiaméricanisme dans ses discours publics. Le 11 août 2008, il déclara au cours d'un meeting politique : « Allez en enfer, yankees de merde. Nous sommes un peuple digne, allez en enfer cent fois »[33].

Europe[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

L'ancienne Allemagne de l'Ouest se caractérisait par son américanophilie en raison du soutien américain après la Seconde Guerre mondiale : le plan Marshall et la réaction américaine au blocus de Berlin sont l'une des raisons du miracle économique des années 1950. En revanche, l'antiaméricanisme fut cultivé en République démocratique allemande par le régime communiste. Aujourd'hui, il continue d'y être exploité avec succès dans les Länder de l'Est par les partis d'extrême droite NPD et DVU (par exemple en assimilant le bombardement de Dresde à un holocauste), par la mouvance néo-nazie et par les communistes du PDS. La politique, qualifiée d'« unilatérale », du président George Walker Bush, notamment en termes d'interventions militaires et d'écologie, a contribué à l'émergence d'un sentiment antiaméricain y compris dans les partis politiques de gouvernement.

Belgique[modifier | modifier le code]

Du fait que la Belgique abrite les plus hautes instances de l'OTAN, dont les États-Unis occupent un siège prédominant pour des raisons historiques, sa politique étrangère a toujours été mesurée, à l'image de ses conflits fédéraux intérieurs, cherchant les compromis plutôt que la guerre ouverte.

Il existe cependant quelques mouvements réclamant notamment le retrait des troupes américaines de son territoire (le SHAPE, installé à Casteau, dans le Hainaut) ainsi que le retrait des têtes nucléaires installées dans plusieurs bases aériennes. Le gouvernement a parfois relayé la question des missiles nucléaires, mais l'écho fit long feu ; certains ministres s'expriment contre la politique étrangère du président George W. Bush, à la suite de la guerre du Golfe notamment.

Espagne[modifier | modifier le code]

L'antiaméricanisme espagnol débuta avec la guerre perdue en 1898 contre les États-Unis, qui signifia la fin des colonies espagnoles du Nouveau Monde.

Du côté de l'Axe au début de la Seconde Guerre mondiale et adversaire des Juifs et des francs-maçons, le Général Franco adopta une attitude plus neutre puis favorable aux États-Unis en raison de la défaite de l'Axe et de son opposition au communisme. Le pays, ruiné par la guerre civile, ne reçut cependant pas l'aide du plan Marshall, déception portée à l'écran dans la comédie Bienvenido Míster Marshall, qui reste un des classiques de l'antiaméricanisme espagnol.

L'opposition républicaine des années 1960 et 1970, de gauche, voyait dans les États-Unis le soutien de Franco. Le soutien aux guérillas sud-américaines d'inspiration marxiste (donc combattues par les États-Unis) renforça le sentiment antiaméricain.

Malgré un sentiment antiaméricain dans la population, l'Espagne a rejoint l'OTAN et participa, sous le gouvernement de José María Aznar et contre l'avis d'une majorité écrasante de la population, à la guerre en Irak aux côtés des États-Unis. En 2004, la population élisait le candidat socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, qui promettait un désengagement immédiat des troupes espagnoles d'Irak, ce qu'il fit.

France[modifier | modifier le code]

L'antiaméricanisme est un phénomène minoritaire en France : en effet seuls 15 % des Français éprouvent de l'antipathie à l'égard des États-Unis en mai 2007[34]. Les autres se partagent entre sympathie (30 %) et indifférence (55 %).

L'antiaméricanisme est très présent parmi les altermondialistes et frontistes français : le 9 mai 1994 des militants du Groupe union défense, une organisation d'extrême droite, avaient organisé une manifestation contre l'impérialisme américain, rassemblement qui avait pourtant été interdit par le préfet de police[35],[36].

« [...] l'Amérique essaie d'imposer son ordre moral, économique et militaire. Elle règne sur le FMI, tient en dépendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi à l'ONU, soutient les Talibans d'Afghanistan et veut faire de l'Otan le maître militaire du monde […] elle tente de coloniser nos assiettes avec son bœuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachète nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la « mauvaise graisse » des salariés. Elle se dote d'une milice planétaire, l'OMC, à laquelle elle donne mission de régenter le commerce mondial, culture et santé comprises […]. L'Amérique, c'est le record d'obèses, le record absolu d'armes détenues par des personnes privées […], la peine de mort appliquée aux mineurs[37], le poids du puritanisme et des sectes, la dépendance des politiques vis-à-vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres… » Noël Mamère et Olivier Warin, Quatrième de couverture de Non merci, Oncle Sam !, Ramsay, 1999.

Grèce[modifier | modifier le code]

Le courant antiaméricain considère en Grèce que c'est à l'Amérique qu'elle doit la dictature des Colonels et que c'est sous son ordre qu'ils n'ont pas assumé le traité de défense conclu avec Chypre.

Andréas Papandréou ancien premier ministre Grec mais aussi ancien citoyen américain et ancien membre d'un de ses gouvernements[réf. nécessaire] (voir John Fitzgerald Kennedy) écrit dans l'en-tête de son testament politique Démocratie au peloton d'exécution : « Mon pays est sous occupation et cette occupation est américaine. »

L’opinion grecque est celle de tous les pays où les États-Unis ont manifesté leur pouvoir sans voile et il s'agit d'un pouvoir total et absolu. Après la chute des Colonels, Constantin Caramanlis doit en grande partie sa victoire, non à l'opinion des gens mais à la crainte d'une nouvelle dictature provoquée par les États-Unis. Míkis Theodorákis membre du parti communiste l'exprima ainsi : « Ou on vote à droite, ou c'est les tanks ».

Suisse[modifier | modifier le code]

L'affaire des comptes en déshérence – comptes bancaires appartenant pour bon nombre à des Juifs disparus pendant la Seconde Guerre mondiale – a généré un certain sentiment antiaméricain dans ce pays[réf. nécessaire]. Bien que l'attitude des banques pendant la guerre ait été dénoncée de manière argumentée, le peuple suisse a été heurté par les accusations de collaboration avec le régime nazi, jugeant l'État américain et ses tribunaux comme interventionniste dans les affaires d'un pays étranger.

Actuellement, la Suisse est l'un des pays européens qui expriment la plus forte opposition à George W. Bush dans les enquêtes d'opinion publique, ceci avant tout en raison du soutien américain inconditionnel à Israël et des guerres en Irak et en Afghanistan.

Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Peinture murale sur l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran.

En général, le Moyen-Orient est sujet à de forts sentiments d'antiaméricanisme[réf. nécessaire]. À très forte majorité musulman, l'une des raisons principales est due au soutien des États-Unis envers Israël. Les interventions militaires américaines ont augmenté l'appréhension des habitants du Moyen-Orient[réf. nécessaire].

Asie[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

À la suite des explosions nucléaires des bombes de Hiroshima et de Nagasaki, certains Japonais gardent un sentiment hostile envers les États-Unis[réf. nécessaire]. Cependant le Japon a connu après la Seconde Guerre mondiale un redressement fortement aidé par les États-Unis. Il est aujourd'hui le principal allié des États-Unis dans le Pacifique avec l'Australie et, comme elle, se trouve fortement dépendant de la protection américaine.

Ces facteurs contradictoires (non-violence et opposition aux armes nucléaires, opposées à l'intérêt stratégique national) expliquent à la fois l'appui apporté par le gouvernement japonais aux États-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003 et la réticence populaire à cet appui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Furet, La Révolution française, Paris, Hachette, 1963 (ISBN 2-0127-8950-1)
  2. Actualités sur les sectes en avril 2006
  3. Dara Colwell, AlterNet, dans « Cachez ce nu que je ne saurais voir », dans Courrier international du 31-08-2007, [lire en ligne]
  4. Adrien Lerm, La Culture américaine, Paris, Le Cavalier bleu, 2002 (ISBN 2-8467-0047-8), page 87
  5. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.168
  6. Chiffre 2002 cité dans Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.169
  7. Selon l'institut Guttmacher, un organisme américain spécialisé, cité par Le Monde du 1er novembre 2005
  8. J.-F. Revel, l’Obsession anti-américaine, 2002, p. 128
  9. J.-F. Revel, l’Obsession anti-américaine, 2002, p. 40
  10. Sylvain Allemand, Jean-Claude Ruano-Borbalan, La Mondialisation, Paris, Le Cavalier bleu, Collection « Idées reçues », 2005 (ISBN 2-8467-0107-5), page 73
  11. Adrien Lherm, La Culture américaine, Paris, Le Cavalier bleu, 2002 (ISBN 2-8467-0047-8), page 20
  12. La mondialisation favorise la culture du navet
  13. La dégénérescence du cinéma américain depuis 1980
  14. Exemples : Prison Break dénonce les erreurs judiciaires, Platoon la guerre du Viêt Nam, Nixon le scandale du Watergate, Gangs of New York l'importance du crime dans l'histoire américaine, Super Size Me les fast-food, Bowling for Columbine le commerce des armes à feu, The Wire la politique, The Shield la politique sécuritaire, etc.
  15. (fr) Convention relative aux droits de l'enfant - un.org
  16. (en) The Rest of Their Lives - Human Rights Watch, 11 octobre 2005
  17. Voir l'article Politique environnementale des États-Unis ; lire aussi : Claudine Mulard, « La Californie, chantre entêté de l'air pur » dans Le Monde du 23/09/2006, [lire en ligne] ; Marion Festraëts, Christophe Carrière, « L'Amérique vire au vert », dans L'Express, 10/10/2006 ; « La Californie s'engage à réduire les émissions de gaz à effet de serre », dépêche AFP dans Le Monde, 31/08/2006, [lire en ligne] ; Guillaume Serina, « La révolte des maires américains », dans Le Monde du 12/10/2006, [lire en ligne]
  18. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.63
  19. Alain Bauer, Émile Pérez, L’Amérique, la violence, le crime, les réalités et les mythes, Paris, PUF, 2000
  20. J.-F. Revel, l’Obsession anti-américaine, 2002, p. 158
  21. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.113
  22. (fr) Dinesh D'Sousa, « Intégration : la grande leçon américaine pour l'Europe », dans Financial Times, repris par Courrier international, n°606, 13 juin 2002, [lire en ligne]
  23. Pierre-Antoine Cousteau, L'Amérique juive, Les Éditions de France, 1942.
  24. http://www.uejf.org/tohubohu/dossier/anti.html. Les États-Unis comptent environ 4 millions de juifs sur une population de 300 millions
  25. Denis Jeambar, L'Express, 28 février 2002
  26. Thomas J. DiLorenzo, "Feds versus Indians",Independant Institut, 1er janvier 1998
  27. J.-F. Revel, l’Obsession anti-américaine, 2002, p. 43 ; l'argument est repris par Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p.216
  28. Andrew Rawnsley, « Les dangers de la tentation isolationniste », dans Courrier international n°837 du 16/11/2006, [lire en ligne]
  29. Le mot « primaire » signifie « simpliste et borné »
  30. On retrouve cette idée dans André Kaspi, Les États-Unis d’aujourd’hui – mal connus, mal aimés, mal compris (2004)
  31. J.-F. Revel, l’Obsession anti-américaine, 2002, p. 291
  32. Carlos Rangel, traduction de Françoise Rosset, Du bon sauvage au bon révolutionnaire, Paris, Robert Laffont, 1976
  33. Hugo Chávez expulse l'ambassadeur des États-Unis - Le Monde, 12 août 2008
  34. « France - États-Unis : regards croisés », sondage de l'institut CSA pour la French-American Foundation France et le Sénat, mais 2007, [lire en ligne]
  35. Béatrice Jérôme, « Le préfet de police de Paris interdit un défilé annuel de l'extrême droite radicale », Le Monde,‎ 9 mai 2008 (consulté le 15 janvier 2010)
  36. R.D., « Delanoë réclame l'interdiction d'une manifestation « pro-nazie » », Le Parisien,‎ 7 mai 2008 (consulté le 15 janvier 2010)
  37. Depuis 2005, la peine de mort pour les mineurs a été supprimée aux États-Unis : dans son arrêt sur l'affaire Roper contre Simmons, rendu le 1er mars 2005, la Cour suprême a aboli la peine de mort pour les criminels de moins de 18 ans au moment des faits avec 5 voix contre 4. La cour a jugé que la peine de mort pour les mineurs était inconstitutionnelle en violant le 8e amendement de la Constitution des États-Unis qui interdit les châtiments cruels ou disproportionnés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]