Doctrine Jdanov

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La doctrine Jdanov, du nom du 3e secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique, proclamée le 22 septembre 1947, au début de la Guerre froide, affirme la division du monde en deux camps : les « forces impérialistes », dirigées par les États-Unis, et les « pacifistes », menées par l'URSS.

La déclaration[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

C'est lors de la conférence de Szklarska-Poreba (Pologne), fondatrice du Kominform, qu'Andreï Jdanov présente son rapport le 22 septembre 1947. Celui-ci a été ensuite publié le 7 octobre 1947, dans le journal Le Monde. Il s'agit d'y définir la nouvelle orientation politique soviétique face au camp occidental, en réaction à la « doctrine Truman ».

Extrait[modifier | modifier le code]

  • « Le but des États-Unis est la consolidation de la domination mondiale de l'impérialisme américain […]. »
  • « Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique. »
  • « Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L'Angleterre et la France sont unies aux États-Unis et marchent comme des satellites en ce qui concerne les questions principales, dans l'ornière de la politique impérialiste des États-Unis. Le camp impérialiste est soutenu aussi par des États pos­sesseurs de colonies, tels que la Belgique et la Hollande, et par des pays au régime réactionnaire antidémocratique, tels que la Turquie et la Grèce, ainsi que par des pays dépendant politiquement et économiquement des États-­Unis, tels que le Proche‑Orient, l'Amérique du Sud, la Chine. »
  • « Les forces anti‑impérialistes et antifascistes forment l'autre camp. L'URSS et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. Les pays qui ont rompu avec l'impérialisme et qui se sont engagés résolument dans la voie du progrès démocratique, tels que la Roumanie, la Hongrie, la Finlande, en font partie. Au camp anti-impé­rialiste adhèrent l'Indonésie, le Viêt-Nam, l'Inde. L'Égypte et la Syrie y apportent leurs sympathies. Le camp anti-impérialiste s'appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, sur les partis communis­tes frères, sur les combattants des mouvements de libéra­tion nationale dans les pays coloniaux et dépendants, sur toutes les forces progressistes et démocratiques qui exis­tent dans chaque pays… Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'An­gleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense nationale et de la souveraineté de leurs propres pays. »
  • « Le but que se donnent les États-Unis est l'établissement de la domination mondiale de l'impérialisme américain. C'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe. S'ils restent fermes sur leurs positions, s’ils ne se laissent pas influencer par l’intimidation et le chantage, s’ils se comportent résolument en sentinelles de la paix durable et de la démocratie populaire, de la souveraineté nationale, de la liberté et de l’indépendance de leur pays, s’ils savent, dans leur lutte contre les tentatives d’asservissement économique et politique de leur pays, se mettre à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l’honneur et de l’indépendance nationale, aucun des plans d’asservissement de l’Europe ne pourra être réalisé. »

Conséquences[modifier | modifier le code]

Jdanov propose une analyse manichéenne qui allait devenir caractéristique de la problématique de la Guerre froide qui s'annonce alors. Contre la guerre et l'impérialisme américain, il fallait, selon lui, mobiliser toutes les forces. Il n'était plus question de collaborer avec les bourgeois et les sociaux-démocrates, considérés dorénavant comme les « alliés objectifs » de l'impérialisme. À cette occasion, les partis communistes occidentaux (en particulier le Parti communiste français) furent vivement critiqués pour leur participation gouvernementale et se virent contraints de durcir leur ligne politique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Rioux, La France de la Quatrième République, Tome 1, « L’ardeur et la nécessité : 1944-1952 », Nouvelle Histoire de la France contemporaine 15, Paris, Seuil, 1980.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]