Contestation des élections législatives russes de 2011

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Protestations postélectorales russes de 2011

Description de cette image, également commentée ci-après

Manifestation du .

Informations
Date - en cours
Localisation Drapeau de la Russie Russie
Caractéristiques
Organisateurs manifestations, opposition politique russe
Participants Opposants
Revendications Annulation des élections
Répression
Arrestations au moins 1 600[1]

La contestation des élections législatives russes de 2011 désigne une série de manifestations se déroulant depuis les élections législatives russes du 4 décembre 2011.

Contexte[modifier | modifier le code]

Selon les résultats officiels, Russie unie, présidée par Vladimir Poutine, remporte la majorité absolue des sièges avec 49,32 % des voix. Au mois de , Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie de 2000 à 2008 et président du gouvernement depuis 2008, avait annoncé son intention de retrouver son poste de président à l'occasion de l'élection présidentielle de 2012 et promis, une fois élu, de nommer l'actuel chef de l'État, Dmitri Medvedev, à la tête du gouvernement. Ce « tour de passe-passe » aurait méconté la population et fait perdre de nombreuses voix à Russie unie lors de ces élections législatives[2], puisque le parti recule de 15 points par rapport au scrutin de 2007.

Ces résultats sont largement conforme aux principaux sondages pré-électoraux (Levada donnait ainsi 53 % à Russie-Unie, VTsIOM 53,7 % et l'International Statistical Institute 49,6 % - soit tous plus que le score finalement obtenu), aux sondage de sortie des urnes et aux sondages post-électoraux[3].

L'opposition et les médias indépendants estiment néanmoins que les irrégularités ont été importantes. Le Parti communiste de la Fédération de Russie dénonce, dès le début du scrutin, des fraudes massives. Le Parti libéral-démocrate de Russie et Iabloko remettent également en cause les résultats. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe relève de « sérieuses indications de bourrages des urnes »[2], tandis que plusieurs médias font état d'exemples de fraudes flagrantes[4]. Une vidéo montre ainsi un homme qui déclare : « Si on commence à vous embêter, appelez un policier… Il est au courant »[2]. Plusieurs chaines de télévisions diffusent au soir des élections des résultats pour le moins surprenant. Ainsi dans la région de Rostov, la somme des scores de chaque formation atteint 146,47 %[5], un phénomène que certaines ONG russes explique comme le résultat d'un bourrage d'urnes en faveur de Russie unie mais dont les auteurs auraient oublier d'enlever des voix aux autres partis. Dans les casernes, les prisons, les hôpitaux psychiatriques, le parti au pouvoir a recueilli de 92 à 95 % des voix et même 99 % en Tchéchénie[6]. Une ONG, l'Observateur citoyen, avance même sur son site internet que le score réel de Russie unie serait à peine de 30 % et donc surévalué de 20 points[7].


Estimations des résultats selon l'Observateur citoyen[8]
Parti
%
  Russie unie 30,90
  Parti communiste de la Fédération de Russie 22,80
  Russie juste 20,50
  Parti libéral-démocrate de Russie 13,80
  Iabloko 7,80
  Patriotes de Russie 1,50
  Juste Cause 0,90

Manifestations[modifier | modifier le code]

Manifestations, place Bolotnaya, le .

Durant la journée du scrutin, plusieurs manifestations ont lieu à Moscou et Saint-Pétersbourg contre Russie unie et sont réprimées. Il y aurait eu 170 arrestations[9].

Les 5 et 6 décembre, les manifestations continuent à Moscou avec jusqu'à plusieurs milliers de manifestants. Parmi les figures de l'opposition, l'ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov et le chef de Iabloko Sergueï Mitrokhine sont arrêtés, de même que le blogueur Alexeï Navalny. Au total, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées[10].

Le 10 décembre, une manifestation rassemble entre 50 000 et 80 000 personnes[11]. Le 18 décembre, de nouvelles manifestations mobilisent plusieurs milliers de personnes à travers plusieurs villes de Russie occidentale[12],[13].

Le 24 décembre, le nombre de personnes s'étant rassemblées à Moscou pour défiler est estimé à 120 000 par les organisateurs et au moins 29 000 selon la police, tandis qu'un expert mandaté par RIA Novosti en dénombrait au moins 56 000[14].


Réactions[modifier | modifier le code]

Manifestations, le .

Les contestataires reçoivent notamment le soutien de l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, de l'ancien maire de Moscou Iouri Loujkov, de l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine, ou encore de l'écrivain Boris Akounine[15],[11].

De son côté, Vladimir Poutine accuse les États-Unis de soutenir l'opposition[16] et compare les manifestants à des singes (banderlog) lors d'une émission télévisée[17].

Le 24 décembre, le Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin critique les fraudes lors de ces législatives et réclame un scrutin anticipé[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Russie : "rendez-nous les élections !", Europe1
  2. a, b et c « Poutine passe mal », Le Point, 15 décembre 2011.
  3. Une liste complète renvoyant aux différents sondages peut être trouvée ici : (en)List Of Estimates On Fraud In Russia’s 2011 Duma Elections
  4. Bruno Ripoche, « Russie > Tous les coups sont permis pour faire gagner Vladimir Poutine », sur Ouest-France,‎ 5 décembre 2011
  5. « En Russie, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les fraudes électorales », Le Monde, 6 décembre 2011.
  6. « Russie > En Russie, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les fraudes électorales »
  7. « Russie > Russie unie surévaluée de 20 points ? »
  8. (ru) http://www.nabludatel.org/hod-vyborov, site de l'ONG.
  9. Victoire de Poutine sur fond d'arrestations d'opposants
  10. Moscou: arrestations en pagailles pour la seconde journée consécutive
  11. a et b « Plus de 100.000 personnes défilent dans les rues de Moscou », nouvelobs interactif, 24 décembre 2011.
  12. (en) Thousands rally in Russia over fraud-tainted vote, AP, 18 décembre 2011
  13. (en) Poll protest in downtown Moscow gathers over 3,000, RIA Novosti, 18 décembre 2011
  14. Manifestation du 24 décembre : le résultat n’est pas évident, RIA Novosti, 26 décembre 2011.
  15. Gorbatchev réclame de nouvelles élections, l’opposition russe ne désarme pas euronews
  16. (en) Putin says U.S. encouraging Russian opposition, RIA Novosti, 8 décembre 2011
  17. « Poutine dévisse, l'opposition mobilise », Le Figaro, 16 décembre 2011.
  18. « Russie: législatives anticipées demandées », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 24 décembre 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]