Critiques du communisme

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Les principaux camps du Goulag entre 1923 et 1961, selon les travaux de la fondation russe Memorial.

Les critiques du communisme peuvent être divisées en trois grandes catégories : celles s'attaquant aux principes du communisme (principalement la théorie de Karl Marx et Friedrich Engels), celles concernant les partis communistes et celles s'intéressant aux États communistes aux XXe et XXIe siècles et aux crimes et violations des droits de l'homme dont ils furent les auteurs. Théoriquement distinctes, ces catégories se recoupent souvent. Certains, notamment la plupart des communistes anti-staliniens, sont d'accord avec les principes marxistes mais désapprouvent leur mise en application par certains régimes communistes.

Le communisme comme doctrine visant à mettre en commun et à gérer ensemble les biens appartenant à la société, remonte à Platon en Occident à Mencius en Chine. Cette doctrine s'est développée en France au XVIIIe siècle avec Morelly et surtout Babeuf. Au XIXe siècle, les théories communistes abondent (Flora Tristan, Pierre Leroux, Wilhelm Weitling) et, jusqu'à Karl Marx et Friedrich Engels ne diffèrent que par des nuances des théories socialistes.

Le terme de communisme a été revendiqué à la fois par des mouvements politiques internationaux, par des régimes politiques, par des idéologies diverses (marxisme, communisme chrétien, communisme libertaire, ou encore l'anarchisme non-violent ou chrétien) enfin en se référant à une pratique sociale et culturelle : il s'agit donc d'un phénomène aux multiples facettes, dont la complexité est souvent négligée par des commentateurs qui tendent à privilégier l'une des dimensions aux dépens des autres[1].

Au vu de la diversité des courants communistes et de l'hégémonie politique du marxisme sur ces autres courants, les critiques du communisme se focalisent essentiellement sur sa version dominante : le marxisme, parfois même le mot de « communisme » est vu de façon contemporaine comme le synonyme du « marxisme ».

Sommaire

Critique du communisme, comme mise en commun[modifier | modifier le code]

Déjà chez John Locke, l’un des fondateurs du libéralisme politique, la propriété de soi et la propriété des biens sont étroitement liées et ces propriétés sont essentielles pour la sauvegarde des libertés. À l’inverse, pour Marx, la propriété est un facteur d’aliénation et l’abolition de la propriété privée, une condition de l’émancipation.

Dans Qu’est-ce que la propriété ? (1840) Proudhon répond : « La propriété c’est le vol » et dans son livre Théorie de la propriété (1865) prend la défense de la propriété comme moyen de résister à l’emprise de l’État. En effet, il écrit : « La communauté viole l'autonomie de la conscience ». Pour lui, la propriété sert de contrepoids à l'autorité publique et en donnant toute puissance à l'État (ou la communauté) on ferait disparaître l'individualité.

Critiques de l'idéologie marxiste[modifier | modifier le code]

Cette section est consacrée aux critiques opposées à la doctrine marxiste - en l'occurrence les écrits fondateurs de Karl Marx et Friedrich Engels - et non aux expériences politiques se réclamant d'eux après leurs morts respectives en 1883 et 1895.

Critiques des concepts théoriques[modifier | modifier le code]

Philosophie : Le matérialisme historique[modifier | modifier le code]

Le matérialisme historique a été la cible de critiques, essentiellement pour sa dimension prophétique. Ainsi, le philosophe austro-britannique Karl Popper s'en prend-il à ce point de la théorie marxiste dans Conjectures et Réfutations et dans La Société ouverte et ses ennemis. Popper souligne d'une part l'intérêt de la démarche visant à s'intéresser aux conditions économiques et sociales pour comprendre l'histoire. Il écrit ainsi, parlant de l'aspect « économisme » du matérialisme : « On peut dire de l'économisme de Marx qu'il représente une avancée de grande valeur dans la méthode des sciences sociales »[2]. Néanmoins, il critique fortement la partie historiciste du matérialisme historique, sa dimension de « prophétie historique ». L'économisme doit être utilisé avec modération, sans prétention d'explicitation de tous les évènements. Sinon, en croyant pouvoir tout expliquer par les conditions économiques, la méthode ne passe pas le critère de réfutabilité qui est la pierre de touche de la pensée de Popper. De même résumer l'histoire à une lutte de classes suscite les mêmes problèmes selon Popper.

À la fin du XIXe siècle, Émile Durkheim dans La conception matérialiste de l'histoire avait également attaqué la conception matérialiste de l'histoire. Plus récemment, l'historien britannique spécialiste de l'URSS Robert Conquest écrivait dans Reflections on a Ravaged Century que nombre de périodes historiques ne présentaient pas de signes permettant de confirmer la conception matérialiste de l'histoire[3].

Philosophie : les droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Marx considérait les droits de l'homme issus de la révolution bourgeoise libérale de 1789 comme l'expression politique d'une seule classe sociale ; « Vos idées résultent elles-mêmes du régime bourgeois de production et de propriété, comme votre droit n'est que la volonté de votre classe érigée en loi » (Manifeste du Parti communiste, II). Il s'agirait donc de « libertés formelles », bien différentes des libertés réelles.

Les critiques du courant libéral ont mis en avant la critique marxiste des droits de l'homme afin de tenter de démontrer que le marxisme n'était pas une doctrine humaniste.

De même les libéraux se sont-ils appuyés sur le caractère déterministe de la philosophie historique marxiste (matérialisme historique) qui prévoit que le communisme se réalisera, non par nécessité morale, mais parce qu'il est inévitable compte tenu de la contradiction entre l'évolution des forces productives et le maintien de rapports de production.

À ces critiques, de nouveaux auteurs opposent une vision plus nuancée de Karl Marx. Le juriste espagnol Manuel Atienza (responsable de la revue Doxa) détaille ainsi en 1983 les évolutions de la pensée de Marx sur les droits de l'homme, qui s'inscrit dans la tradition libérale jusqu'en 1843, s'y oppose totalement en 1844 avec La Question juive dans lesquels les droits de l'homme sont considérés comme un élément supplémentaire d'aliénation, accepte certaines idées de droit durant jusqu'en 1852 (mais comme moyen non comme fin) avant d'accepter partiellement la notion de droit à partir de 1853. Atienza n'en estime pas moins que Marx n'a jamais eu de vision éthique des droits de l'Homme qui sont toujours chez lui un élément subordonné[4].

Économie : Théorie de la valeur travail[modifier | modifier le code]

La théorie de la valeur travail a été pleinement définie par les économistes classiques, notamment Ricardo, d'après les hypothèses d'Adam Smith. Elle fut reprise par Marx ; elle est l'un des fondements des théories marxistes. Cette théorie assure que la valeur d'un bien est déterminée par le temps de travail que sa production a nécessité. En d'autres termes, plus un bien nécessite de temps de travail, plus il est cher. Cela induit que la valeur est objective, et n'est donc pas forcément reflétée par le prix de l'objet en question (puisque le prix est déterminé par l'offre et la demande, et n'est pas lié au montant du travail qu'il a fallu exécuter pour produire ce même objet).

Cette théorie a été pleinement définie par Ricardo, d'après les hypothèses d'Adam Smith, et fut adoptée ultérieurement par Marx.


Critiques de la pratique politique marxiste[modifier | modifier le code]

Le refus de la contradiction[modifier | modifier le code]

Une critique du marxisme reproche à celui-ci de se soustraire à la critique rationnelle et au débat par avance en discréditant d'emblée la contradiction. En effet pour Marx, les institutions politiques et économiques de son temps sont une superstructure bourgeoise, masque de l'oppression capitaliste, un artifice à propos duquel les défenseurs ne développent pas un discours conduit par la raison mais en réalité par un intérêt de classe. Pour l'antimarxiste Ludwig von Mises « C'est ainsi que le marxisme se protège contre toute critique désagréable. Il ne réfute pas l'adversaire, il se contente de le traiter de bourgeois. »[5].

Le philosophe austro-britannique Karl Popper intègre le marxisme aux croyances irréfutables, au même titre que l'astrologie ou la psychanalyse. Le philosophe français Paul Ricœur parle de « philosophie du soupçon ».

Une intolérance face aux autres socialismes ?[modifier | modifier le code]

Le marxisme a été accusé de dogmatisme menant à un attitude d'intolérance face aux autres courants de pensée du socialisme (associationnisme, réformisme, anarchisme…). En 1894, le dirigeant syndicaliste libertaire français Fernand Pelloutier parle ainsi de « combattre l’intolérance marxiste »[6].

Les marxistes ont cependant reconnu le mérite de courants socialistes antérieurs. Marx a milité pendant huit ans au sein de l'Association internationale des travailleurs avec les autres courants socialistes, écrivant que l'AIT « n’est fille ni d’une secte, ni d’une théorie. Elle est le produit spontané du mouvement prolétaire ».

Critiques de l'objectif : la société communiste[modifier | modifier le code]

Les critiques visant la société communiste sont de deux ordres :

  • certaines critiques jugent que la société communiste n'est pas souhaitable. Dans cette catégories figurent les critiques se situant sur le terrain moral (les critiques d'origine conservatrices, libérales bourgeoises...) et certaines critiques soulignant son impact écologique.
  • d'autres critiques - sans nécessairement juger du fond - jugent que la société communiste est impossible à mettre en place, notamment compte tenu de la nature de l'homme (ce sont les critiques anthropologiques) ou de certains principes économiques.

Critiques morales traditionnelles[modifier | modifier le code]

Historiquement, la critique contre le marxisme s'est d'abord portée, sur le terrain moral, contre les objectifs de la société communiste, objectif du processus marxiste, généralement considéré comme assez proche ou identique à l'objectif final de l'anarchisme, même si les moyens pour y parvenir sont différents. De nombreux objectifs affichés par le « marxisme » dès 1848[7] - l'athéisme, l'abolition de la famille, l'abolition de la propriété privée, la mise en commun des biens, le système démocratique - étaient considérés comme immoraux au regard des traditions morales en place : morale catholique, morale conservatrice, morale bourgeoise libérale, etc. Karl Marx s'en explique et répond à certaines de ces critiques dans le Manifeste du Parti communiste, en 1848.

Ces critiques considèrent généralement l'ensemble de la pensée marxiste comme immorale, voire, dans certains cas, l'incarnation du « Mal » ou de « Satan »[8].

Critiques anthropologiques[modifier | modifier le code]

Les critiques anthropologiques au communisme ne se placent pas sur le plan de la morale mais de la pratique. Elles jugent l'établissement d'une société communiste difficile voire impossible compte tenu de la nature humaine.

Certains critiques rejoignent de facto les critiques morales traditionnelles mais sur la base d'un raisonnement différent. Elles jugent que l'instinct de propriété, de famille, l'attachement aux traditions et aux patries, les croyances religieuses, sont des éléments consubstantiels de la nature humaine qui ne peuvent être abolis sans renaître spontanément à chaque génération.

D'autres critiques mettent l'accent sur les défauts de l'Homme, également consubstantiels à sa nature, et qui empêcheraient la réalisation du communisme. Le professeur de philosophie Yvon Quiniou (membre de la rédaction de la revue Actuel Marx) décrit en 2008 ce courant de pensée ; « On voit en effet réapparaître une ancienne argumentation, mais nourrie désormais de cet échec, selon laquelle le communisme serait irréalisable car contraire à un certain nombre de caractéristiques disons « négatives » de l’être humain définissant une « nature humaine » rétive au vivre-ensemble communiste : égoïsme, poids de l’intérêt, cupidité, ambition, violence, goût du pouvoir, rivalités de toutes sortes. »[9].

Yvon Quiniou cite plus précisément[9] :

  • Le darwinisme social (les hommes sont voués à la concurrence pour la sélection des meilleures caractéristiques de l'espèce et la survie de celle-ci) ;
  • Les idées nietzschéennes (une volonté de puissance inhérente à l’Homme, vouant les forts à dominer les faibles) ;
  • L’idée de Sigmund Freud d'une agressivité naturelle de l'Homme. Dans Malaise dans la civilisation (1929), Freud juge que le communisme repose sur un « postulat psychologique » (l'optimisme sur la nature humaine) qui constitue une « illusion », ce qui l'amène à souhaiter le maintien d'un État.

La réponse marxiste classique aux critiques anthropologiques remet en cause la notion de « nature humaine », jugeant, comme le professeur de philosophie Yvon Quiniou, qu'« une grande part du « négatif » en l’homme qui paraît faire obstacle à la possibilité du vivre-ensemble communiste, relève précisément de conditions socio-historiques, liées aux sociétés de classes, que le communisme entend et peut abolir. »[9]

Critique économique[modifier | modifier le code]

Un autre axe de critique majeur, apparu dès le XIXe siècle, porte sur la possibilité d'existence d'une économie communiste. Pour les théoriciens de la rationalité comme pour les penseurs libéraux (Mises et Hayek), l'absence de salaires ou de prix rendent l'offre et la demande inopérantes, et donc inutilisables pour déterminer l'allocation des biens répondant aux demandes des populations. De tels critiques affirment qu'en l'absence de système de prix, les individus accapareraient davantage de biens qu'il ne leur en faut, au détriment d'autrui qui peut en avoir plus besoin et le manifestent en y mettant un prix plus élevé, et ne tenteront plus de produire au-delà de ce dont ils ont besoin, le surplus leur coutant un effort sans contre-partie, ce qui les mènerait à l'inefficacité. Les tenants du rationalisme estiment que les penseurs communistes ignorent qu'il est nécessaire d'inciter les gens à produire des biens de consommation pour qu'ils deviennent des acteurs sociaux productifs. Au contraire, les théories communistes, postulant un état d'abondance dans lequel chacun doit bénéficier de ce dont il a besoin et contribuer à la mesure de ses possibilités, n'inciteraient nullement les gens à ne pas prendre ce qu'ils veulent plutôt que ce dont ils ont besoin.


Critique écologique[modifier | modifier le code]

Le marxisme de Marx et Engels, marqué par la culture technicienne et industrielle du XIXe siècle, se préoccupe de questions sociales et économique, mais rarement de la question écologique[10], évoquée à l'époque par un nombre retreint de précurseurs. La définition de la nature par Karl Marx - « La nature est le corps non organique de l'homme » (Manuscrit de 1844) - rentre dans un courant de pensée utilitariste, positiviste, issu des Lumières. « Marx participe totalement de l'idéologie biblico-cartésienne de la conquête de la Nature », juge en 1995 l'économiste et théoricien écologiste français Alain Lipietz.

Pour Alain Lipietz, à la différence de la pensée marxiste majoritaire, mais « Comme déjà les versions althusseriennes ou maoïstes du marxisme, l'écologie politique refuse le primat des forces productives, elle les subordonne aux rapports sociaux et à la vision du monde qui les inspire, et juge les rapports humanité-nature, non à l'aune de la maîtrise, mais du respect (de l'être humain, et des générations futures, et même des autres espèces). »

Concrètement, la réalisation politique du marxisme (phases du socialisme puis du communisme) suppose d'« augmenter au plus vite la quantité des forces productives » (comme l'écrit Karl Marx dans le Manifeste du Parti communiste) pour permettre la réalisation du « à chacun selon ses besoins », ce qui peut avoir des répercussions négatives sur l'environnement. À la formule de Marx, Alain Lipietz répond ; « Aujourd'hui l'écologie vient nous dire que d'ores et déjà le salariat, dans les pays développés, obtient en moyenne davantage pour ses « besoins » qu'il n'est écologiquement soutenable pour l'écosystème planétaire ».

Cependant dans le Capital, Marx évoque déjà explicitement le problème écologique posé par la surexploitation des sols[11]. À partir de la fin du XXe siècle, d'autres auteurs chercheront à concilier marxisme et écologie[12].

Critiques des moyens : Révolution et phase socialiste[modifier | modifier le code]

Le marxisme prévoit la prise de l'État par le prolétariat au moyen d'une révolution, puis l'établissement d'un régime transitoire dans lequel l'État concentre les pouvoirs économiques et établit la dictature du prolétariat. On parle de « première phase du communisme » ou parfois de « phase socialiste ». Karl Marx ne l'a jamais décrite avec précision. En 1875, il écrit : « Entre la société capitaliste et la société communiste se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle- ci. À quoi correspond une période de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat »[13].

Cette « phase socialiste », qui distingue le marxisme de l'anarchisme ou du socialisme réformiste, a subi plusieurs axes de critiques.

La révolution[modifier | modifier le code]

L'idée de révolution a fait l'objet de nombreuses critiques portant sur des considérations morales - la violence est-elle nécessaire en politique ? - ou pratiques - la révolution est-elle possible ? Est-elle la seule voie politique vers le pouvoir ? Quel rapport entretenir avec le système politique démocratique bourgeois ?...

Cette critique n'est pas faite qu'au marxisme.

La dictature du prolétariat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dictature du prolétariat.

La question de la démocratie, dans le cadre du développement marxiste de l'histoire marxiste (le matérialisme historique), se pose avec la phase transitoire de dictature du prolétariat qui prévoit la prise du pouvoir du prolétariat. Karl Marx lui-même a très rarement évoqué cette phase, sans aucune précision.

Avant la révolution bolchévique d'octobre 1917, certains penseurs politiques de gauche - anarchistes, socialistes « humanitaires » selon le terme utilisé au XIXe siècle - et de droite - bourgeois libéraux[14] et chrétiens notamment - ont critiqué la doctrine marxiste à travers le fait que cela mènerait à un système autoritaire.

Critiques anarchistes[modifier | modifier le code]

Les anarchistes, qui partagent avec les marxistes l'objectif d'une société communiste, ont concentré leurs attaques sur le caractère autoritaire et étatique de la phase « socialiste ». Le leader anarchiste Bakounine (1814-1876) estimait ainsi que « Ce serait pour le prolétariat un régime de casernes, où la masse uniformisée des travailleurs et travailleuses s’éveillerait, s’endormirait, travaillerait et vivrait au tambour... À l’intérieur, ce sera l’esclavage, à l’extérieur la guerre sans trêve. »[15]

L'écrivain anarchiste Octave Mirbeau (1848-1917) écrit en 1896 à propos du marxisme ; « Qu’est-ce donc le collectivisme[16], sinon une effroyable aggravation de l’État, sinon la mise en tutelle violente et morne de toutes les forces individuelles d’un pays, de toutes ses énergies vivantes, de tout son sol, de tout son outillage, de toute son intellectualité, par un État plus compressif qu’aucun autre, par une discipline d’État plus étouffante et qui n’a d’autre nom dans la langue, que l’esclavage d’État ? »[17]

Critiques libérales[modifier | modifier le code]

Les critiques du communisme favorables à l'économie de marché estiment que la mise en place d'une économie socialiste d'État mène mécaniquement à une forme étatique autoritaire. Dans cette perspective, l'avènement d'une structure comme l'URSS ne signifie nullement une aberration dans la réalisation du socialisme mais au contraire la correcte - et régulière - conséquence des mesures socialistes. Le philosophe et économiste libéral Friedrich Hayek ou l'économiste libéral Milton Friedman mettent en avant l'impossibilité de conjuguer communisme et liberté individuelle. Dans La Route de la servitude publiée en 1944, Hayek développe ainsi la thèse selon laquelle le communisme et plus généralement la planification et l'étatisme, conduise au totalitarisme, fasciste ou communiste. Milton Friedman reprit cette thèse du lien entre liberté économique et liberté politique dans plusieurs écrits dont Capitalisme et liberté, publié en 1962. Ce dernier écrit ainsi :

« L'histoire suggère uniquement que le capitalisme est une condition nécessaire à la liberté politique. Clairement ce n'est pas une condition suffisante. »

— Milton Friedman, Capitalisme et liberté

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Raymond Aron lie pareillement dans ses Mémoires économie de marché et démocratie, la première étant une condition de la seconde, même s'il affirme, dans ses Études politiques, l'absence de lien nécessaire entre l'économie de marché et la démocratie libérale[18].

Ils soulignent ainsi la violation du droit de propriété par le communisme[19][réf. incomplète], Droits de l'homme reconnu par l'article II de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. »

Différents économistes critiquent ou réfutent la théorie communiste développée par Marx, que ce soit sur la valeur-travail, la lutte des classes, la plus-value ou la baisse tendancielle du taux de profit[20]. Le philosophe Roger Scruton résume ainsi[21] ; « Les critiques intellectuelles du communisme font remonter la tyrannie du système à la théorie réfutée de la valeur-travail, à l'inversion entre cause et effet dans la théorie de la base et de l'infrastructure, à l'idée simpliste de la lutte des classes, et à la contradiction potentielle dans l'idée que les classes sont à la fois les produits et les agents du changement social. »

Estimant que les « États communistes » sont totalitaires par nature, et que la pratique marxiste accorde un pouvoir total à l'État, ils considèrent que les régimes communistes de type « marxiste-léninistes » représentent bien l'application du marxisme, comme le disait la propagande stalinienne.

Autres critiques[modifier | modifier le code]

Le philosophe français Jean-Claude Milner (université Paris-VII), ancien maoïste, critique les silences de Marx sur la politique ; « Pour la politique, on ne peut passer sous silence le prix que Marx a dû payer pour se détacher de Hegel : l'absence de toute réflexion véritable sur les institutions. Sur l'État, sur le suffrage, sur les pouvoirs, sur le droit, rien que de la critique hautaine. C'est pourquoi il a fallu que Lénine improvise - brillamment, certes, mais l'improvisation dans ces domaines est interdite : elle conduit à la catastrophe. »[22].

Critiques sur la transition du socialisme au communisme[modifier | modifier le code]

Un axe de critique central du marxisme concerne les modalités du passage de la phase « socialiste » de la société (dictature du prolétariat à travers le contrôle de l'économie par l'État[réf. nécessaire], développement massif de la production pour pouvoir offrir à chacun selon ses besoins) à la phase communiste (dépérissement de l'État par abolition des classes sociales et réalisation du « à chacun selon ses besoins »). Cette transition est ainsi décrite par Marx ; « ... quand avec le développement multiple des individus, les forces productrices s’accroîtront et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’étroit horizon du droit bourgeois pourra être complètement dépassé et la société pourra inscrire sur ses drapeaux : « De chacun selon ses capacités, à chacun ses besoins » » (Critique du Programme de Gotha, 1875).

L'atteinte de l'« abondance » économique[modifier | modifier le code]

Pour Marx et Engels, le développement de la production et l'abondance sont indispensables au passage à la société communiste : « Ce développement des forces de production (..) est une prémisse pratique absolument nécessaire, sans laquelle la privation serait rendue générale, ce qui relancerait la lutte pour les biens nécessaires, et ce qui restaurerait ainsi tout le sale vieux business... »[23].

Le volet économique des critiques sur la transition concerne donc la capacité à atteindre le niveau de production d'« abondance » permettant d'offrir « à chacun ses besoins » :

  • La pensée libérale bourgeoise critique avec constance l'idée de l'efficacité d'une économie étatisée et planifiée. L'économiste libéral de l'école autrichienne Ludwig von Mises a attaqué dès 1920 les fondements théoriques du communisme, arguant dans un article sur le calcul économique dans un régime socialiste, que l'« économie » socialiste est condamnée à l'échec par son refus d'un système de prix libres. Dans son ouvrage de 1922 qui reprend cette idée, Socialisme, il écrivit ainsi :

« Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu'il est impossible d'y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l'on dénomme économie planifiée n'est pas une économie du tout. C'est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. »

— Ludwig von Mises, Socialisme

  • Le philosophe Denis Collin estime en 2003 à la fois que « La société d’abondance qui éliminerait toute répartition fondée la rareté des ressources est, à un horizon visible, hors de portée » et que « si la société d’abondance n’est pas possible, alors le dépérissement de l’État n’est pas possible non plus », ce qui empêche le passage au communisme et allonge pour une durée indéterminée la phase socialiste[24].
  • La pensée écologiste critique pour sa part l'idée d'un fort développement des capacités de production (lire plus haut).

Le dépérissement de l'État[modifier | modifier le code]

Le volet politique des critiques sur la transition concerne la capacité des dirigeants de l'État socialiste à le laisser dépérir une fois sa tâche historique achevée. Les critiques du marxisme relèvent deux types d'obstacles au dépérissement de l’État : la psychologie des dirigeants et la sociologie des organisations à travers la perpétuation de la bureaucratie.

Un obstacle psychologique au dépérissement de l’État a notamment été avancé par certains anarchistes qui jugent cette transition impossible en raison de la psychologie associée au pouvoir. Le leader anarchiste girondin Jean Barrué estime ainsi en 1970 (citant Proudhon et Bakounine) que, systématiquement, « Le culte de la personnalité naîtra à la fois de la démission du peuple acceptant un chef et de l’orgueil insensé des dictateurs. » (L'anarchisme aujourd'hui, 1970)[25].

Un obstacle sociologique au dépérissement de l’État reposerait sur la tendance naturelle de chaque organisation à chercher son maintien voire l'accroissement de son pouvoir, éventuellement en oubliant sa raison d’être originelle. Dans cette perspective, au sujet de la mise en œuvre d’un socialisme d’inspiration marxiste, l’historien et syndicaliste socialiste modéré français Jacques Julliard objecte ainsi en 1969 ; « Je pense ici à des analyse classiques ; celle de Robert Michels sur les partis politiques par exemple. Nous n’avons pas de solution, pourquoi ? Parce que dans tous les pays, à plus forte raison dans un pays dont la gestion économique, politique et diplomatique est devenue extrêmement complexe, il y a des « risques professionnels du pouvoir », suivant l’expression d’un vieux bolchevik compagnon de Trotsky, qui avait tiré un certain nombre de conclusions de l’expérience trotskyste elle-même, Rakowsky. J’avoue n’avoir jamais découvert le palliatif de cette tendance naturelle du pouvoir à persévérer dans son être et à utiliser les avantages évidents qu’il détient pour se perpétuer. »[26].

Critiques liées à la responsabilité du marxisme dans les régimes communistes[modifier | modifier le code]

L'un des axes de majeurs de critique du marxisme repose sur son applicaiton concrète avec les régimes communistes - l'Union soviétique à partir de 1922 et les régimes ayant suivi son modèle. Pour résumer ce débat qui reste vif au début du XXIe siècle et intègre un éventail de points de vu plus nuancés :

  • Des opposants au marxisme affirment que ces régimes représentaient l'application fidèle de la doctrine de Karl Marx. Leur chute marquerait alors, à leurs yeux, l'échec total et définitif du marxisme.
  • Des défenseurs du marxisme affirment que ces régimes avaient tout ou partie trahi les idées de Karl Marx. Leur chute ne remettrait donc pas en cause le marxisme, qui resterait une doctrine politique pertinente pour le monde actuel.

Arguments en faveur d'une responsabilité de la doctrine marxiste[modifier | modifier le code]

Des opposants au marxisme affirment que ces régimes représentaient bien l'application fidèle de la doctrine de Karl Marx. Ils affirment donc que le léninisme comme le stalinisme est, sinon l'application fidèle de la doctrine marxiste, du moins la conséquence de sa mise en œuvre. Pour eux, la critique du marxisme se confond donc avec celle des régimes communistes.

On notera que les critiques du marxisme affirmant la responsabilité de cette doctrine dans les régimes communistes :

  • ne cherchent pas toujours à analyser finement le marxisme, confondant le moyen et la fin. Les critiques simplistes sont facilement démontées par les connaisseurs du marxisme.[réf. nécessaire]
  • argumentent souvent peu la part éventuelle de responsabilité de la doctrine marxiste, se contentant avec facilité de suivre ce que disent les propagandes de ces régimes eux-mêmes.

Les critiques affirmant la responsabilité du marxisme dans les régimes communistes se basent notamment sur les arguments suivants :

  • Ces régimes revendiquaient eux-mêmes la filiation marxiste, consacraient des moyens à l’édition de textes marxistes (en réalité certains textes de Marx étaient censurés en URSS[27]) et utilisaient à tout propos des concepts « marxistes » (concepts par ailleurs souvent absents des textes de Marx).
  • Les organisations communistes hors d’Union soviétique – mais financées par elle - ont admis la filiation marxiste de ces régimes, ceci jusque dans les années 1960 ou 1970.
  • Les « 10 mesures » figurant dans le Manifeste du Parti communiste, à la lecture facile, semblaient globalement réalisés dans les régimes communistes (passant outre le fait que Marx et Engels ont désavoué ces mesures dans leur préface de 1872).
  • L’absence de passage au communisme – même après 70 ans de « phase socialiste » comme en URSS, qui ne semblait de surcroît pas en prendre le chemin – laisserait penser que le passage à la « phase communiste » est impossible (lire plus haut les critiques sur la transition au communisme).
  • Aucune « expérience marxiste », où qu’elle ait été réalisée à travers le monde, n’aurait donné des résultats très différent du régime soviétique et n’est parvenu à la « phase communiste ».
  • Avant 1917 - donc à la seule lumière de la doctrine de Marx et Engels -, la propagande bourgeoise et anarchiste avait souvent décrit les « États » marxistes[réf. nécessaire] comme des régimes dictatoriaux, militarisés et « esclavagistes »[réf. nécessaire], ce qui semblait se réaliser au sein des régimes communistes sous leurs aspect les plus négatifs.

Certaines critiques reconnaissent que la société communiste évoquée par Marx et Engels était différente de la réalité des États « communistes », mais en rendent tout de même la doctrine marxiste responsable de cet échec. Il serait dû, selon eux :

  • soit au caractère utopique et inatteignable de la société communiste (pour des raisons anthropologiques, économiques...),
  • soit à l'impossibilité de sortir de la phase de transition « socialiste » (pour des raisons économiques ou politiques) qui aurait alors tendance à s'éterniser et se figer (C'est notamment le cas des critiques provenant de l'anarchisme et du socialisme utopique et soixante-huitard[réf. nécessaire]).
  • soit aussi au manque de précision légué par Marx et Engels sur la forme à donner à la révolution et à l'application du socialisme scientifique.

Arguments opposés à une responsabilité la doctrine marxiste[modifier | modifier le code]

Des objections rejettent la responsabilité de la doctrine de Marx et Engels dans les États communistes. Historiquement, ces objections émanent notamment de marxistes non léninistes (tels les conseillistes ou les luxemburgistes) et de marxistes léninistes non staliniens (tels les trotskistes).

Des défenseurs du marxisme affirment que ces régimes avaient tout ou partie trahi la doctrine de Karl Marx. Cette trahison viendrait selon certains dès Lénine (c'est le point de vue des marxistes non léninistes, notamment des partisans du communisme de conseils), et selon d'autres à partir de Staline. Ils critiquent donc le léninisme et/ou le stalinisme, mais pas le marxisme.

Les objections des défenseurs du marxisme contre les critiques accusant la doctrine marxiste d'avoir une part de responsabilité dans les régimes de type soviétiques concernent notamment les points suivants :

  • Marx et Engels ne seraient pas responsables de la mise en place du rôle dirigeant ou monopoliste du Parti communiste dans la révolution puis dans la direction de l’État au cours de la « phase socialiste », mais ce serait Lénine.
  • Marx et Engels n’ont jamais décrit précisément la forme que prendrait l’État dans sa « phase socialiste ». L’exemple, donné par Marx, de la Commune de Paris fait lui-même l’objet d’interprétations différentes. L’État léniniste, qui reprend les instruments de l’État bourgeois (État centralisé, hiérarchisé, policier, bureaucratique), n’est pas le seul mode possible de mise en œuvre du marxisme : les marxistes non léninistes proposent d’autres types d’organisation politique donnant à la base du prolétariat un rôle plus important (notamment à travers des conseils). La nécessité même d'un État après la révolution est remise en cause par certains marxistes.
  • Marx et Engels ont très peu employé l’expression de « dictature du prolétariat ». Ils n’auraient pas voulu parler de « dictature » au sens courant du terme.
  • La forme de l’État des régimes de type soviétique, victime à la fois d’une excroissance bureaucratique, d’une dérive liée au culte de la personnalité et de la mise en place d’une forme nouvelle de capitalisme d’État, est très éloignées de la doctrine marxiste qu’elle aurait trahi. Les nombreuses purges opérées au sein du Parti communiste de l'Union soviétique contre d'authentiques révolutionnaires prouveraient également la trahison de Marx par Staline, voire par Lénine selon les points de vue.
  • Marx avait élaboré sa théorie dans le cadre de sociétés se trouvant dans une phase industrielle capitaliste. Les résultats de l’application de la doctrine marxiste en Russie (pays encore agraire et féodal en 1917) comme dans le tiers-monde ne seraient donc pas de la responsabilité de Marx. Ceci notamment en raison, sur le plan politique, de la faiblesse de la base prolétarienne ouvrière capable de contrôler l’État socialiste ; et sur le plan économique, de l’impossibilité de passer rapidement à la phase de satisfaction des besoins du peuple.
  • La réalisation du socialisme dans un seul pays – ou un seul groupe de pays - est impossible selon les communistes internationalistes. Elle serait au contraire possible selon Staline grâce à des contorsions politiques spéciales comme le pacte germano-soviétique, les fronts populaires, l'entré des communistes chinois dans le Kuomintang, et économiques, comme la collectivisation forcée des terres, le stakhanovisme, etc.
  • Une minorité marxiste a, dès le début du léninisme, affirmé que le léninisme – et d’autant plus le stalinisme – correspondait à la trahison de leurs idéaux. Ce qui prouverait la divergence doctrinale fondamentale entre le marxisme et les régimes de type soviétique.
  • Dès le début du pouvoir des Bolcheviks, Lénine a clairement annoncé qu'il voulait mettre en place le capitalisme d'État, ce qui lui a été reproché par des marxistes russes s'opposant à sa politique[28].
  • Le régime de l'URSS a été dénoncé très tôt par des marxistes, qui ont écrit dans les années 1930 des textes iconoclastes pour l'époque qui sont considérés comme des références depuis : par exemple les ouvrages de Boris Souvarine (à l'époque militant du Cercle communiste démocratique) contre Staline, ou de Ante Ciliga[29].

Other views of Marx and Marxists[modifier | modifier le code]

(à traduire)


Critiques des mouvements communistes[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de critiques concernent les mouvements et partis se réclamant du communisme mais non parvenus au pouvoir.

Les mouvements communistes se réclamant du marxisme ont parfois été accusé d'intolérance par les autres courants de pensée du socialisme - anarchisme, associationnisme, socialisme réformiste, etc.

Les mouvements communistes se réclamant du marxisme ont été accusés par certains socialistes d'immobilisme du fait de leur refus du réformisme, d'une part, et de l'échec ou de l'impossibilité de réussir la révolution, d'autre part. C'est vrai notamment les pays francophones marqués par le guesdisme. D'où, par exemple, la volonté de certains socialistes au cours de l'entre-deux-guerres de parvenir à une nouvelle doctrine socialiste, réformiste et pratique. D'où le planisme théorisé par le chef du Parti ouvrier belge Henri De Man (livre Au-delà du marxisme, 1926) et le courant néo-socialiste au sein de la SFIO en France, puis sa scission en 1933[30].

Les partis communistes léninistes - staliniens, mais aussi trotskistes ou maoïstes - ont fait l'objet de nombreuses critiques internes sur leur fonctionnement centralisé (le centralisme démocratique) et autoritaire, à l'image du Parti communiste de l'Union soviétique. C'est particulièrement le cas après la déstalinisation (1956) puis après les mouvements de mai 1968, d'inspiration libertaire[31].

Les partis communistes dits orthodoxes (staliniens), adhérents au Komintern, ont été critiqués pour leur alignement servile sur la politique de l'URSS et ont été accusés par leurs adversaires d'être des traîtres à l'internationalisme. Par exemple, Édouard Depreux disait du PCF « le Parti communiste n'est pas à gauche, il est à l'est ! »[32],[33]. Léon Blum dira du PC stalinien qu'il n'est « pas un parti internationaliste, mais bien un parti nationaliste étranger ». Il s'agit de critiquer l'attitude du PCF qui ne défend pas les intérêts des travailleurs du monde entier, mais les intérêts de la politique étrangère de l'URSS.

Critique des régimes communistes[modifier | modifier le code]

La critique des régimes communistes se distingue des critiques du marxisme. Notamment parce qu'une partie importante des marxistes du XXe siècle et la majorité des personnes se réclamant actuellement du communisme dénient à ces régimes un caractère marxiste ou communiste.

Les régimes communistes sont essentiellement l'URSS après la révolution bolchévique d'octobre 1917 et les pays organisés sur le modèle soviétique après la Seconde Guerre mondiale.

La notion d'État communiste[modifier | modifier le code]

Article connexe : État communiste.

L'idéologie communiste promeut un système social dans lequel la propriété privée des moyens de production est abolie, de même que les classes sociales et l'État. À ce titre, le terme d'État communiste est, à l'origine, un oxymore. De nombreux pays ont donné un rôle particulier au parti communiste dans leur constitution ou texte fondamental, en se construisant à l'image du régime soviétique. Le terme souvent utilisé par la propagande de ces régimes était « État socialiste ». Plusieurs pays se disaient socialistes - ou en marche « vers le communisme » - comme l'Union soviétique, la Yougoslavie, le Viêt Nam, Cuba. Le terme d'États communistes a été utilisé par les pays occidentaux pour désigner de tels pays. Ce sont ces pays dans lesquels un Parti unique (qu’il se dise communiste ou non) affichait une adhésion au « marxisme-léninisme » qui sont visés par les critiques ci-dessous[34].

Les termes d'État communiste ou de régime communiste sont couramment employés pour désigner le type de régime où le monopole du pouvoir est détenu par un parti se réclamant du communisme et du marxisme-léninisme. Pour autant, ces États se présentaient comme socialistes et affirmaient non pas avoir atteint le stade du communisme, mais pouvoir le faire dans le futur. Au milieu des années 1950, Khrouchtchev prévoyait ainsi que le communisme en URSS serait atteint en 1980. Aujourd'hui encore, quelques États continuent de se réclamer du communisme à travers leur doctrine officielle (Cuba, Corée du Nord...).

Pour terminer, certaines écoles du marxisme[Lesquelles ?] dès les années 1920 considèrent que les « États communistes » n'ont jamais appliqué le communisme ni le socialisme, et que leur politique a été dictée (principalement ou totalement) par des principes capitalistes et/ou nationalistes. Ces doctrines sont contestées par les opposants au communisme, qui considèrent que certains faits observés dans le monde « communiste » n'ont pas eu d'équivalent dans les pays capitalistes (en particulier en matière de développement économique, de liberté politique et d'environnement), et qu'ils sont révélateurs de « tares » consubstantielles au marxisme en tant que tel.

Points de vue sur les États communistes[modifier | modifier le code]

Les pays communistes affirmaient représenter la mise en pratique du « marxisme-léninisme » (terme inventé par Staline pour justifier son régime). La pertinence, ou non, de cette affirmation, revêt une importance historique et politique considérable. Il existe au moins quatre types de jugements à ce propos :

  1. Les pays communistes ont mis en pratique le « marxisme-léninisme ». Cette thèse est défendue à la fois par les staliniens, qui soutiennent ces pays, et par les anticommunistes.
  2. Les pays communistes ne mirent pas véritablement le léninisme en pratique. Ils y eurent recours uniquement à des fins de propagande et leurs actions ont été une perversion, voire une trahison du léninisme, notamment sur l'internationalisme. Ceci constitue le point de vue des marxistes léninistes ayant des rapports ambivalents avec les pays communistes (en particulier le trotskisme et les débats sur la notion de capitalisme d'État).
  3. Les pays communistes mirent effectivement en pratique le « marxisme-léninisme », mais cette doctrine, qui est en réalité le stalinisme, est une contradiction du marxisme. L'application du marxisme conduirait à des résultats radicalement différents. Les marxistes non-léninistes soutiennent cette hypothèse (cf. entre autres Communisme de conseils, Luxembourgisme, Socialisme démocratique).
  4. Les pays communistes ne mirent en pratique que certains aspects du marxisme. Leur orientation est complexe et inclut des aspects à la fois positifs et négatifs.

À la lumière de ces jugements, de nombreux auteurs ont dressé des conclusions variées quant à l'expérience communiste et sa défaite finale durant la Guerre froide.

Les critiques des anticommunistes[modifier | modifier le code]

D'après les anticommunistes, les pays communistes ont été la cause de grands maux et leur effondrement prouverait la faillite de leurs modèles sociaux, politiques et économiques.

Jugeant que les régimes soviétiques relevaient bien du marxisme, nombre de critiques parlent d'un gouffre existant entre le communisme théorique et pratique. Beaucoup d'anticommunistes estiment que la théorie est bonne mais la mise en œuvre est défaillante. Les socialistes démocratiques comme George Orwell ou Bertrand Russell et les théoriciens anarchistes voient le communisme comme une doctrine dont les objectifs sont nobles dans sa théorie mais qui ne réussit pas les atteindre.

Ceux qui soutiennent les États « communistes » estiment au contraire que ces États amenèrent de nombreux bienfaits à leurs populations et au monde, et que leur chute est un drame causé par les pressions du capitalisme occidental[35].

D'après la théorie marxiste, il ne peut exister d'« État communiste ». La société communiste est une société qui a aboli la propriété privée, les classes sociales et l'État. Aucun pays ne s'est jamais présenté comme un « État communiste » ni affirma avoir atteint le stade du communisme; cependant, de nombreux États pluralistes donnèrent au Parti Communiste un statut constitutionnel particulier et se dirent officiellement « marxistes-léninistes ». Tous ces États disaient avoir pour but d'atteindre le communisme dans un futur relativement proche ; Nikita Khrouchtchev, par exemple, prévoyait que le communisme serait atteint en Union Soviétique vers 1980, soit d'ici un quart de siècle. Le titre d'« État communiste » a été utilisé en Occident pour désigner de tels États. Les États communistes qui n'existent plus n'ont jamais atteint la société communiste et aucun de ceux qui subsistent n'en semble proche.

Cependant, les théories de Marx et Engels incluent également une phase transitoire connue comme la dictature du prolétariat[36]. Par la suite, l'État devrait peu à peu disparaître et la dictature du prolétariat serait remplacée par la société communiste. Les États communistes se revendiquaient comme appliquant la dictature du prolétariat. S'ils appliquèrent réellement le marxisme, alors cette théorie est critiquable en raison de l'échec assumé des États communistes et non leur effacement au profit de la société communiste quand cette théorie fut réellement testée. Albert Szymanski, après analyse de l'État soviétique, en conclut qu'il s'agissait d'une véritable dictature du prolétariat[37].

L'avis des léninistes non staliniens[modifier | modifier le code]

Les léninistes non staliniens - notamment les trotskistes - estiment que les États dits communistes n'ont pas, après la mort de Lénine, suivi la voie du marxisme, mais des perversions staliniennes ou largement influencées par le stalinisme[38]. Ils parlent alors d'« États ouvriers dégénérés » ou, pour certains, de capitalisme d'État.

Leurs adversaires (anticommunistes ou marxistes non léninistes) leur ont opposé que Lénine était le créateur des institutions répressives que Staline réutilisa ultérieurement. Analysant, la Commune de Paris, Lénine en conclut qu'elle avait échoué en raison de son « excessive générosité-elle aurait dû exterminer ses ennemis »[39]. Le régime léniniste est comptable de l'exécution sommaire de centaines de milliers d'individus, de la création de la Tchéka, d'avoir créé ce qui devint le goulag, et d'une politique de réquisitions alimentaires qui entraînèrent une famine causant de 3 à 10 millions de morts pendant la Révolution russe[40],[41],[42],[43]. Emma Goldman a critiqué Léon Trotski en raison de son rôle dans la répression de la révolte de Kronstadt et pour avoir ordonné l'incarcération à grande échelle dans des camps ainsi que l'exécution de nombreux opposants, tels que les anarchistes.

L'avis des marxistes non léninistes[modifier | modifier le code]

Les marxistes opposés aux États communistes estiment qu'aucun d'entre eux n'était marxiste, entre autres car aucun n'était démocratique. Alexandre Zinoviev affirme que « L'idée n'est pas marxiste, elle n'a pas même rien à voir avec le marxisme classique. Loin d'être le fruit de la théorie, elle a surgi dans la vie pratique comme le produit d'un communisme bien réel, rien moins qu'imaginaire »[44], « Les promesses de la collectivisation n'étaient que le masque d'une exploitation féroce »[45].

Cependant, les antimarxistes affirment que Marx et Engels avaient établi de nombreuses pistes afin de déterminer comment la dictature du prolétariat ou la future société communiste devaient être établies. Ils rejetaient la démocratie libérale, estimant que ce système ne défendait pas les intérêts du prolétariat. On a souvent prétendu que Marx et Engels prenaient en modèle la démocratie directe que revendiquait la Commune de Paris[46]. Ceci est néanmoins contestable[47] et l'on a relevé des entorses aux droits de l'homme[48] jusque dans les quelques mois d'existence que connut la Commune[49]. En effet, au plus 500 personnes ont été exécutées sans procès et la plupart lors de la répression de la semaine sanglante quand plusieurs milliers de communards, hommes, femmes, et enfants, même des personnes qui n'ont pas pris part à la Commune ont été exécutées par les Versaillais sans justice. Par l'argumentations des Droits de l'Homme, les antimarxistes dénoncent ainsi les violences des révolutions sociales du peuple contre l'ordre en place (malgré le fait que les Droits de l'Homme sont justement la conquête d'une révolution violente). Violences qui sont (et qui même existent déjà pour le prolétariat), que ni Marx, ni Engels ne nient et qui doit être ainsi pour Lénine.


Résultats économiques et sociaux[modifier | modifier le code]

Plus que tout autres, les régimes communistes ont suscité controverses et polémiques violentes entre admirateurs et adversaires. Ceux-ci se sont opposés sur les performances des régimes communistes en termes de développement économique, de libertés individuelles, de politique étrangère, de progrès scientifique et de dégradation de l'environnement.

Les défenseurs des régimes communistes [Qui ?] arguent souvent que les États communistes ont devancé les pays capitalistes dans certains domaines comme la garantie de l'emploi, les soins médicaux et le logement. Les critiques condamnent les pays communistes en utilisant les mêmes critères, rappelant que sous ces régimes, ces pays sont restés loin derrière les pays industrialisés occidentaux en termes de développement économique et de niveau de vie.

La planification de l'économie a dans certains cas produit des avancées importantes et certains pays communistes ont longtemps affichés des taux de croissance officiels bien plus élevés que les pays industrialisés de l'Ouest. Ainsi, le Produit matériel net de l'URSS a été multiplié par 10 entre 1928 et 1985[réf. nécessaire] et 5 fois pour le PMN par habitant. Cependant, l'URSS a fait face à une crise économique pendant les années 1970 et 1980 qui contribua à son effondrement.

Critiques[50] et défenseurs[51] des régimes communistes utilisent des comparaisons entre des pays particuliers pour montrer la supériorité de l'un des deux modèles sur l'autre, en utilisant pour les uns la comparaison RDA/RFA (ou bien Corée du Sud/Corée du Nord), pour les autres Cuba/Jamaïque.

Les critiques du communisme rappellent que ces pays restèrent moins développés économiquement que les pays industriels occidentaux. À l'inverse, les partisans du communisme rappellent que leurs taux de croissance étaient généralement plus élevés et qu'ils auraient pu rattraper l'Ouest si ces taux avaient continués. D'autres [Qui ?] encore rejettent toute comparaison car les pays communistes ont démarré avec un développement moindre.

Crimes et politiques dictatoriales des régimes communistes[modifier | modifier le code]

Scène de rue à Kharkiv en 1933.

Les régimes communistes, bâtis sur le principe du parti unique, ont fonctionné selon une logique dictatoriale, voire totalitaire et se sont rendus coupables de nombreuses violations des droits de l'homme et, pour certains, de crimes de masse. crimes contre l'humanité.

Il s'agit[style à revoir] notamment du traitement réservé aux prisonniers dans leurs camps de concentration : du Laogai en Chine Populaire, au Goulag en URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), en Corée du Nord.

On peut également noter[style à revoir] les effets des famines gigantesques, organisées par les gouvernement communistes (la grande famine en URSS, connue aussi sous le nom « Holodomor » en Ukraine, et la la famine chinoise de 1959-1961, conséquence du « Grand Bond en avant » en sont des exemples notables), ou conséquences de la gestion calamiteuse de l'agriculture de ces États.

Enfin l'URSS a été l'alliée de l'Allemagne nazie avec laquelle elle a procédé a l'invasion de la Pologne, avant de commettre, entre autres exactions en Europe de l'est, le Massacre de Katyń.

Au Cambodge, les Khmers rouges ont été reconnus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Atteintes à la démocratie et aux droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En outre, les régimes communistes ont notamment pratiqué la censure de toute dissidence[52], appliquant une répression particulièrement dure contre les communistes opposés au régime[53]. Le niveau de censure varie énormément selon le pays et l'époque mais elle a presque toujours existé à un degré plus ou moins fort. La plupart de ces pays recrutaient des réseaux d'informateurs dans la société, volontaires ou forcés[54] pour obtenir des informations et dénoncer les dissidents. Les partis uniques au pouvoir de même que leurs partisans [Qui ?] soutiennent souvent ces mesures comme malheureuses mais nécessaires face à la « subversion capitaliste financée par les puissances étrangères ». À l'opposé, leurs adversaires [Qui ?]dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux de l'individu et affirment que ces assertions sont infondées.

Les interdictions de quitter les pays communistes sont également courantes. La plus célèbre est le Mur de Berlin, mais la Corée du Nord continue aussi par exemple à interdire toute émigration vers l'étranger, et les restrictions à Cuba sont régulièrement dénoncées par la communauté cubaine installée aux États-Unis. Néanmoins, seules l'Albanie et la Corée du Nord ont imposé un blocus total sur l'émigration. Une immigration légale était possible ailleurs, quoique souvent rendue volontairement très difficile. Certains pays ont relâché ces mesures à partir des années 1960. Pour les défenseurs des États communistes, ces restrictions n'étaient pas pires que celles imposées par les pays capitalistes dans le passé[55]. Leurs adversaires disent à l'inverse que, indépendamment des évènements passés, les barrières à l'émigration étaient bien plus fortes dans les pays communistes. L'URSS mis en place un passeport intérieur, limitant la circulation au sein même du pays.

Les plus virulentes des attaques concernent le nombre de victimes de ces régimes. Staline et Mao Tsé-toung sont tenus pour les responsables de la plus grande partie des millions de morts. À ce titre, les critiques se focalisent sur ces deux régimes même si d'autres affirment que « par essence », le communisme est responsable de morts injustes.

La plupart des pays communistes utilisaient la peine de mort malgré quelques exceptions. L'URSS l'a ainsi officiellement abolie de 1947 à 1950, mais elle était en réalité toujours appliquée. Les critiques du communisme affirment que la plupart des victimes de la peine de mort étaient non des criminels mais des dissidents politiques. Les grandes purges de Moscou organisées entre 1936 et 1938 en sont un exemple.

Le travail forcé a aussi été utilisé à titre de sanction pénale dans certains États communistes ; selon les critiques, ces peines ont davantage frappé (conformément à leur objet légal) les prisonniers politiques que les criminels de droit commun. Les camps de travail forcé (le goulag en URSS, le laogai en Chine) étaient, et sont parfois toujours situés dans des environnements très rudes, comme la Sibérie, où de très nombreux détenus sont morts (la déportation correspondant à une condamnation à mort indirecte). Selon les défenseurs de ces régimes, le nombre de victimes aurait été exagéré, et les camps auraient été nécessaires pour se protéger de menaces intérieures ou extérieures (comme le nazisme dans la Seconde Guerre mondiale), et les capitalistes/anti-communistes auraient été responsables d'autant de morts. D'après les opposants, les camps étaient de toute façon injustifiés.

La place des arts et des sciences dans le monde communiste a aussi été sujette à discussion, ceux-ci étant parfois considérés comme de purs instruments de propagande au service du parti, qui en faisait prévaloir une conception « idéologiquement correcte » (par exemple le réalisme socialiste, la biologie de Lyssenko, etc.), malgré la persistance d'artistes et de savants de très grande qualité dans l'ensemble de ces pays.

Politique internationale[modifier | modifier le code]

Les régimes communistes se sont souvent revendiqué de l'anti-impérialisme, ont défendu la décolonisation en Afrique et en Asie, ainsi que les rébellions opposées aux États-Unis en Amérique latine; ils ont aussi déclaré défendre tous les peuples qui seraient soumis à des États capitalistes ou nationalistes, ainsi que leurs propres minorités ethniques. Pour les critiques, ces actions et ces discours seraient hypocrites, l'Union soviétique et la Chine populaire étant elles-mêmes impérialistes ; la première ayant reconquis de force plusieurs nations qui avaient obtenu l'indépendance à la chute du tsar (Russie blanche, Ukraine, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan), puis les États baltes en 1939, avant de créer les États satellites en Europe de l'Est à la suite des Accords de Yalta, sur lesquels elle a exercé une mainmise politique lourde ; la seconde a conquis le Tibet, a envoyé des troupes dans plusieurs pays voisins, et a pratiqué une politique d'assimilation des minorités ethniques ou religieuses.

Impact sur l'environnement[modifier | modifier le code]

Les pays communistes ont très souvent mené une politique d'industrialisation rapide et lourde, sans tenir compte des risques sur l'environnement; de graves catastrophes écologiques ont été causées, comme l'assèchement de la mer d'Aral ou l'explosion du réacteur de Tchernobyl. D'une manière moins spectaculaire, les industries lourdes d'Europe centrale (République démocratique allemande, Pologne, Tchécoslovaquie, Pays baltes) ont engendré une pollution chronique du sol et de l'air, nocive pour les forêts, l'agriculture, la santé humaine et le patrimoine culturel[56]. Pour les défenseurs du communisme, les dégradations de l'environnement n'étaient pas pires que celles qui pouvaient être connues dans les pays occidentaux au XIXe siècle ; les opposants considèrent que les industries des pays communistes ont été destructrices sur une bien plus grande échelle, et que certaines des catastrophes qui y ont eu lieu n'ont jamais eu d'équivalent ailleurs.

Autres critiques[modifier | modifier le code]

Critique de la société soviétique par Alexandre Zinoviev[modifier | modifier le code]

Alexandre Zinoviev estime « avoir observé la réalité soviétique, [avoir perçu] comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et [en avoir] conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les confessions d'un homme en trop).

Bien que les phénomènes communalistes selon Alexandre Zinoviev soient visibles dans toutes les sociétés aussi bien communistes qu'occidentalistes, c'est en Union Soviétiques et probablement dans tous les pays avec un système social communiste (communiste réel) que ces phénomènes suivant les lois sociales et de la nature humaine jaillissent aux quotidiens dans la vie de millions de gens d'une façon extrême et poussée à outrance.

« Le stalinisme historique (ou simplement stalisnisme) est la forme sous laquelle la société communiste s'est créé en Union Soviétique sous l'impulsion de Staline, de ces lieutenants et de tous ceux qui exécutaient leurs volontés et agissaient conformément à leurs idées et directives (ces derniers peuvent-être qualifiés de « staliniens historiques ». La société communiste n'est pas le produit de la volonté d'un homme. Elle surgi en obéissant à des lois sociales objectives, qui se sont révélées à travers l'activité de certains individus, de sorte qu'elles ont prise porte la marque de Staline et des staliniens »[57]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire par exemple Bruno Groppo (historien) et Bernard Pudal (professeur de sciences politiques), « Une réalité multiple et controversée », dans Le Siècle des communismes, Éditions du Seuil, coll. « Points », Paris, 2004, p. 24.
  2. Karl Popper, La Société ouverte et ses ennemis, chapitre 15
  3. Conquest, Reflections on a Ravaged Century. W. W. Norton & Company (ISBN 0-3930-4818-7) p. 47-51
  4. Manuel Atienza, Marx y los Derechos humanos, Madrid, Edotorial Mezquita, 1983
  5. Ludwig Von Mises, Le Socialisme, introduction, édition corrigée de 1938, lire en ligne
  6. Article de février 1896 dans L’Action sociale, cité in Jacques Julliard, Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d’action directe, Paris, Le Seuil, 1971, page 138 et Site Pelloutier.net
  7. Le terme n'existait pas à l'époque.
  8. Richard Wurmbrand, Marx et Satan
  9. a, b et c Yvon Quiniou, Marx et Freud. Le communisme est-il une utopie ?, colloque sur l'actualité de la pensée de Marx organisé par Espaces Marx Aquitaine Bordeaux Gironde à l’IEP de Bordeaux, 5 et 6 décembre 2008
  10. L'ouvrage Marx écologiste, par John Bellamy Foster (professeur à l'université d'Oregon), donne un point de vue différent.
  11. Le Capital, Chapitre XV, X, Grande industrie et agriculture
  12. Marxisme écologique ou écologie politique marxienne - Jean-Marie Harribey [PDF]
  13. Karl Marx et Friedrich Engels, Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt, Ed. sociales, 1950, p.34, cité sur Naissance, vie et mort de l'État
  14. Par exemple discours de l'homme politique libéral français Paul Deschanel, discours à l'Assemblée nationale vers octobre 1894, référence à préciser
  15. Bakounine, Lettre au journal La Liberté, cité in Philosophie de tous les temps, Ed. Seghers, 1966, page 161 et cité par Jean Barrué, L'Anarchisme aujourd’hui in Cahiers Spartacus no 35B, juillet-août 1970. Selon une autre traduction (à retrouver), le texte est « (..) une caserne : un régime où des travailleurs embrigadés dormiront, se réveilleront, travailleront et vivront au rythme du tambour ; (..) »
  16. Le marxisme était communément désigné sous le nom de « collectivisme » en France à la fin du XIXe siècle
  17. Octave Mirbeau, « Questions sociales », Le Journal, 20 décembre 1896
  18. Nicolas Baverez, Raymond Aron, Manufacture, 1986, 253 pages, p. 46.
  19. Yves Guyot, La Tyrannie collectiviste
  20. Lire par exemple Philippe Simonnot, Trente-neuf leçons d'économie; Raymond Aron, Mémoires
  21. A political philosophy, arguments for conservatism, p148, traduction libre
  22. Jean-Claude Milner (université Paris-VII), in Le Monde des Livres, 29 février 2008, page 8.
  23. Karl Marx et Friedrich Engels, L'Idéologie Allemande, 1845-1846, page 49), cité sur [www.ernestmandel.org/fr/ecrits/txt/1987/questce_que_le_communisme.htm]
  24. Denis Collin, Kant, Marx et le morale, Revue Actuel Marx en Ligne no 27 (PUF-Université Paris X-CNRS), 17 février 2004
  25. Jean Barrué, L'anarchisme aujourd'hui, in Cahiers Spartacus no 35B, juillet-août 1970
  26. in Michel Rocard, Le PSU et l’avenir du socialisme français, Seuil, 1969, page 75
  27. Maximilien Rubel, « Karl Marx, auteur maudit en URSS », 1951, Preuves no 7 et 8.
  28. C'est le cas par exemple de Nikolaï Ossinski et de la revue Kommunist (parue en 1918).
  29. Dix ans au pays du mensonge déconcertant, 1938.
  30. Lire notamment sur la naissance du néo-socialisme et la dérive d'une partie du courant : Zeev Sternhell, Ni droite ni gauche, l'idéologie fasciste en France, Seuil 1983
  31. Par exemple, : Louis Althusser, Ce qui ne peut plus durer dans le parti communiste, Maspero, 1978
  32. Formule reprise par Guy Mollet (Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier, Les partis et la république: la recomposition du système partisan, 1956-1967, Presses universitaires de Rennes, 2007, 325 pages, p. 163 (ISBN 2-7535-0521-7)). « Le parti communiste n'est ni à gauche ni à droite, il est à l'est! », supplément à la Documentation socialiste, SFIO, 4 décembre 1955, no 16, 14 pages.
  33. université de Nantes
  34. Il est fait abstraction [Par qui ?] des communistes qui revendiquent une identité politique différente de celle incarnée par le Komintern puis par le Kominform.
  35. Cette pression ou l'une de ces pressions seraient le pétrole d'après Eric Laurent, La face caché du pétrôle.
  36. « Dictatorship of the Proletariat », The Encyclopedia of Marxism (consulté le 3 octobre 2005)
  37. Albert Szymanski, Is the Red Flag Flying? The Political Economy of the Soviet Union Today (Londres : Zed Press, 1979)
  38. « Trotskyism », The Encyclopedia of Marxism (consulté le 6 octobre 2005)
  39. Bibliography: Pipes, 1990. p. 789-795.
  40. Bibliography: Pipes, 1990. Pipes, 1994. Courtois, 1999. Yakovlev, 2004.
  41. « Russian Civil War », Historical Atlas of the 20th Century (consulté le 2 octobre 2005)
  42. « The Soviet Famines of 1921 and 1932-3 » (consulté le 2 octobre 2005)
  43. « Lenin and the First Communist Revolutions, VII », Museum of Communism (consulté le 2 octobre 2005)
  44. Alexandre Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop, Folio Actuel, 700p, 1991, p.68.
  45. Alexandre Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop, Folio Actuel, 700p, 1991, p.72.
  46. « Democracy », The Encyclopedia of Marxism (consulté le 2 octobre 2005)
  47. « Paris Commune: Myth vs. Reality » (consulté le 1er octobre 2005)
  48. Théorie qui a émergé et dont ces lois n'ont été appliquées petit à petit grâce aux différentes révolutions du XIXe comme celle de 1848 avec l'abolition définitive de l'esclavage en France. De plus, pour certains socialistes seuls les droits de l'homme de 1793 faisaient foi.
  49. « Martyrs of the Paris Commune », The Catholic Encyclopedia (consulté le 1er octobre 2005)
  50. notamment les économistes libéraux, et en général les divers tenants du libéralisme, mais aussi de nombreuses figures de gauche et d'extrême gauche comme le philosophe Castoriadis
  51. les groupes dits staliniens tel que le PCF jusqu'à une certaine période
  52. Voir par exemple l'article sur le film La Vie des autres qui dépeint la surveillance au jour le jour d'un couple d'artistes par un agent de la Stasi est-allemande.
  53. Alexandre Soljenitsyne rapporte dans L'Archipel du Goulag que les prisonniers considérés comme "trotskistes" (c'est-à-dire en réalité tous les communistes anti-staliniens) étaient traités plus durement.
  54. La Vie des autres rappelle ainsi qu'en 1984 il y avait 200 000 informateurs travaillant pour la Stasi et montre l'exemple d'une femme qui devient informatrice en échange de sa dose hebdomadaire de produits illicites
  55. Les pays européens avaient ainsi une législation restrictive en matière d'immigration à la fin du XIXe et au début du XXe siècle
  56. (en) Toxic Legacy, The Economist, 29 mai 2008
  57. A. Zinoviev, Les confessions d'un homme en trop, éditions Folio, p.337

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages théoriques[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]