Doctrine Truman

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Synonymes de « Doctrine Truman » : Endiguement.
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La doctrine Truman est élaborée le 12 mars 1947. Elle est la base de la politique des États-Unis contre le Bloc communiste durant la guerre froide.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les Économies occidentales sont en ruine et la Grande-Bretagne avertit les États-Unis en février 1947 qu'ils devront interrompre leur aide militaire et financière à la Grèce et à la Turquie à la fin mars. Jusqu'alors, les Américains n'envisageaient pas une présence permanente en Europe. Le président Truman change la donne, mais doit convaincre le parti Républicain traditionnellement isolationniste. Il prononce le 12 mars un discours volontairement dramatisé qui deviendra la doctrine Truman ou politique de containment (« endiguement »)[1].

Extrait du discours[modifier | modifier le code]

« Je crois que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement […]. Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin […]. Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier. […] de maintenir la liberté des États du monde et à les protéger de l'avancée communiste. »

— Harry Truman au Congrès des États-Unis le 12 mars 1947

Contenu[modifier | modifier le code]

Cette politique doit beaucoup aux idées de Kennan préconisant la résistance à l'expansionnisme soviétique pour forcer l'URSS à y renoncer et à se consacrer à ses problèmes économiques intérieurs. Selon Kennan l'idéologie communiste postule que les contradictions internes du capitalisme rend sa chute inéluctable ; il en conclut que les chefs communistes n'ont pas d'intérêt à adopter une attitude trop aventureuse et qu'il adapterons donc une tactique prudente[2]. Concrètement cette politique repose sur une offre d'assistance militaire et financière de la part des États-Unis envers les pays décidés à s'opposer aux pressions communistes. Dans l'immédiat d'après-guerre, elle concernait des pays comme la Grèce, alors en guerre civile, la Turquie soumise à d'intenses pressions de Moscou concernant les Dardanelles, ou encore l'Iran, en pleine crise irano-soviétique.

Si elle a porté ses fruits en Europe (avec en particulier le « plan Marshall » qui en découle directement), la doctrine Truman n'a pas eu le même succès en Asie (en particulier en Chine). Cependant, elle est à l'origine de l'ascension économique du Japon grâce à l'aide économique apportée par les États-Unis dès avril 1947 (suspension du paiement des réparations pour soutenir l'économie du pays).

L'historien Howard Zinn relève toutefois, concernant la Grèce notamment : « En fait, la plus importante [des] pressions extérieures venait des États-Unis eux-mêmes. [...] L'Union soviétique, comme les États-Unis, ne semblait pas désireuse de favoriser des révolutions qu'elle n'était pas capable de contrôler[3]. »

Cette doctrine de politique étrangère marque le début véritable du bras de fer de la guerre froide. Elle sera suivie de la proclamation soviétique antagoniste de la doctrine Jdanov.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le discours de Truman intervient huit jours après le traité franco-britannique de Dunkerque et en pleine Conférences des ministres des Affaires étrangères qui se tenait sur la question allemande du 10 mars au 25 avril à Moscou. La Conférence est un échec, ce qui a pour effet d'accélérer le processus de rupture Est-Ouest. L'Italie, la France et la Belgique rassurées par la présence affirmée des États-Unis en Europe procèdent au renvoi des ministres communistes[4]. Les américains proposent une aide financière à l'Europe occidentale dans le cadre du Plan Marshall ; les soviétiques répliquent immédiatement par la création du Kominform. En février 1948 intervient le Coup de Prague qui sera suivi par le Blocus de Berlin. La guerre froide est réellement engagée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges-Henri Soutou, La Guerre de cinquante ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990, Fayard 2001, p. 163
  2. Soutou, Op.Cit. p. 165
  3. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 157.
  4. Soutou, Op.Cit. p. 174

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]