Alcoolodépendance

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Alcoolodépendance ou alcoolisme
Classification et ressources externes
Henri de Toulouse-Lautrec 001.jpg
À la Mie, tableau d'Henri de Toulouse-Lautrec
CIM-10 F10.2
CIM-9 303
MedlinePlus alcoholism
MeSH D000437
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L'alcoolodépendance, alcoolisme ou éthylisme, est l'addiction à l'alcool éthylique (éthanol) contenu dans les boissons alcoolisées. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des « troubles mentaux et troubles du comportement » liés à l'utilisation d'alcool[1]. Cette perte de contrôle s'accompagne généralement d'une dépendance physique caractérisée par un syndrome de sevrage à l'arrêt de la consommation (pharmacodépendance), une dépendance psychique, ainsi qu'une tolérance (nécessité d'augmenter les doses pour obtenir le même effet).

La progression dans le temps est l'une des caractéristiques majeures de cette addiction. L'usage sans dommage (appelé usage simple) précède l'usage à risque et l'usage nocif (sans dépendance), puis enfin la dépendance. L'alcool est une substance psychoactive à l'origine de cette dépendance mais elle est également une substance toxique induisant des effets néfastes sur la santé. L'alcoolodépendance est à l'origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les mots « poivrot », « soulard » « pochtron », « arsouille » ou « ivrogne » sont devenus en pratique relativement désuets pour désigner un « alcoolique ». Pour parler d'un malade alcoolique, les médecins préfèrent le terme d'« alcoolodépendant ». En langage médical, l'alcoolisme possède plusieurs synonymes moins connus n'ayant pas le même caractère péjoratif. Les personnels médicaux emploient ainsi les expressions « œnolisme », « éthylisme », « exogénose » ou encore « intoxication OH ». Le médecin suédois Magnus Huss a été l'un des premiers en 1849 à situer l'alcoolisme dans le champ des maladies et à l'extraire de sa connotation de « vice »[2]. Il l'introduit sous le terme d'« alcoolisme chronique ». Dans les années 1950, Pierre Fouquet décrit le malade alcoolique comme « celui qui a perdu la liberté de s'abstenir de boire ».

« Alcool » est un terme employé de façon courante pour désigner l'éthanol, l'éthanol étant un type d'alcool au sens biochimique, mais non le seul. La dépendance à l'alcool désigne in extenso la dépendance à l'éthanol contenu dans les boissons alcoolisées. La concentration en éthanol varie selon la boisson et éventuellement la dilution. Une concentration en alcool de X ° correspond à X centilitres d'éthanol par litre de boisson. L'alcoologie est la science qui traite des effets de l'alcool sur la santé et des moyens d'y remédier.

Classification[modifier | modifier le code]

Depuis 1978, l'alcoolisme est reconnu comme une maladie par l'Organisation mondiale de la santé (CIM-10). L'OMS classe l'alcoolisme en deux types : la forme aiguë (l'alcoolisme aigu) et l'alcoolisme chronique correspondant à une consommation excessive régulière. L'OMS définit l'état de dépendance lorsque « certains symptômes du trouble ont persisté au moins un mois ou sont survenus de façon répétée sur une période prolongée ; au moins trois des manifestations [selon une liste de six items] sont présentes en même temps au cours de la dernière année. ».

La forme aiguë se manifeste par une consommation occasionnelle, plus ou moins intense (comme le « binge drinking ») et ne comporte pas en règle générale de phénomène de dépendance, contrairement à la dipsomanie et à l'alcoolisme chronique. La forme chronique se manifeste par une consommation répétée (quotidienne, de façon générale) et habituelle, au-delà des seuils de toxicité (deux à trois verres standards par jour, sauf dans le cadre étudiant[3]), et n'a pas forcément comme objectif l'ivresse majeure.

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) classe l'alcoolisme dans les troubles liés à l'utilisation d'une substance (l'alcool). Il caractérise la maladie alcoolique comme une dépendance. Selon le DSM-IV, la « dépendance est un mode d’utilisation inapproprié d’une substance, entraînant une détresse ou un dysfonctionnement cliniquement significatif, comme en témoignent trois (ou plus) manifestations [selon une liste de sept items], survenant à n’importe quel moment sur la même période de douze mois ». La classification du DSM-IV fait une distinction entre dépendance physique (signes de tolérance ou de sevrage) et sans dépendance physique (pas de signes de tolérance ou de sevrage). D'autres formes de classifications de la maladie alcoolique existent : une forme associée à des conduites impulsives et antisociales, à des consommations de toxiques autres (héroïne, cocaïne), à début précoce, associée à des antécédents familiaux nombreux et probablement sous-tendue par des facteurs génétiques (type II de Cloninger) ; une forme à début plus tardif, sans conduites antisociales ni consommation de toxique et sans antécédents familiaux, probablement sous-tendue par des facteurs environnementaux (type I de Cloninger).

Actuellement, la notion de maladie est de plus en plus remise en question, la personne alcoolique étant considérée comme sous l'emprise d'une drogue. Ce point de vue ouvre la voie à de nouvelles méthodes de sevrage qui ne déresponsabilisent pas la personne dépendante et ne considèrent plus l'alcoolisme comme une fatalité contre laquelle un individu doit lutter toute sa vie[4]. L'alcool est une substance psycho-active à l'origine d'une dépendance qui dépend de son usage :

  • L'usage simple : également appelé « usage d’alcool à risque faible ». Il peut être expérimental, occasionnel ou régulier, à condition qu'il soit modéré.
  • L'usage à risque : susceptible d'entraîner des dommages à plus long terme dont la dépendance.
  • L'usage nocif : est caractérisé par la consommation répétée d'alcool au-delà de la modération.
  • L'usage avec dépendance, avec perte de contrôle de sa consommation : par le sujet pouvant entraîner une tolérance plus ou moins marquée avec des signes de sevrage plus ou moins importants.

Étiologie[modifier | modifier le code]

La consommation excessive d'alcool et l'installation d'une dépendance est, dans la plupart des cas, facilitée par des facteurs psychologiques favorisants qui initient et entretiennent le comportement de consommation. Des exemples plus fréquemment rencontrés chez les individus en difficulté avec l'alcool sont notamment : un ou plusieurs troubles anxieux, des déficits dans les capacités à gérer le stress et l'anxiété ; un état dépressif ; des déficits dans les habiletés de communication avec autrui[5] (la consommation peut être amplifiée par des difficultés à refuser les incitations à boire ou les frustrations liées aux conflits interpersonnels) et une intolérance à la frustration plus ou moins marquée. Dans une moindre mesure, il existe également un trouble de la personnalité (personnalité borderline en particulier, mais également antisociale, dépendante, schizoïde, histrionique, trouble bipolaire), des troubles de perception et d'expression émotionnelle (alexithymie) et un état psychotique (schizophrénie)[6].

Des facteurs psychosociaux peuvent exercer également une influence notable comme l'isolement ou le sentiment de solitude, le chômage, les violences conjugales. Des représentations cognitives de l'alcool comme symbole de convivialité, de plaisir ou de virilité sont aussi fréquemment retrouvées. Au niveau du fonctionnement cognitif, un faible sentiment d'efficacité personnelle est perçu (donc une faible confiance à résister à l'envie d'alcool) et des attentes élevées envers l'alcool. Les attentes envers une substance représentent la prédiction que fait l'individu de l'effet qu'il va obtenir en la consommant. Les attentes positives envers l'alcool concernent six domaines principaux : amélioration des relations sociales, diminution des sentiments et émotions négatifs, changements positifs globaux, plaisir social et physique, amélioration des performances sexuelles, agressivité et stimulation physique[7]. Boire à l'excès peut résulter de l'évitement inconscient de l'affrontement des émotions liées à l'activation de certains schémas cognitifs fondamentaux[pas clair] [8]. L'alcoolisme est l'objet de nombreuses études en psychologie expérimentale avec l'approche cognitivo-comportementale. D'un point de vue simplifié, le comportement de prise d'alcool est facilité par certaines pensées caractéristiques liées à celui-ci (anticipatoires, soulageantes et permissives [9], et va se trouver renforcé par l'effet anxiolytique de l'alcool qui apaise un éventuel malaise émotionnel. Ces pensées sont généralement automatiques et échappent la plupart du temps à la conscience explicite de la personne. Selon ce modèle, les pensées anticipatoires représentent les attentes d'effets positifs de l'alcool (« Boire quelques verres va me rendre plus drôle »), les pensées soulageantes concernent les attentes d'apaisement apporté par l'alcool (« Je me sentirai plus détendu si je bois un coup ») et les pensées permissives autorisent la consommation (« Allez, juste pour un verre, je l'ai bien mérité après le boulot... »). Il est à noter que ces pensées relèvent de processus cognitifs normaux au départ et ne sont pas spécifiques de l'alcoolisme[10].

Il est nettement établi qu'une dépendance à l'alcool est fortement accompagnée d'un haut niveau d'anxiété et de dépression qui amplifient encore davantage la consommation. Elle s'accompagne aussi fréquemment de perturbations dans l'identification des expressions émotionnelles d'autrui, notamment d'une hypersensibilité à la colère. La prise en charge psychologique cognitivo-comportementale, généralement proposée après sevrage, peut comprendre un programme de prévention de la rechute (identification des situations à risque, résolution de problème pour améliorer le sentiment d'efficacité personnelle), un entrainement à la relaxation, à l'affirmation de soi (apprendre à refuser l'alcool, à faire face aux critiques...) et un accompagnement psychologique individualisé[11].

Problèmes de santé[modifier | modifier le code]

L'éthanol, une fois ingéré, est directement absorbé au niveau du tube digestif. Il passe directement dans le sang, diffuse dans le corps et atteint le cerveau. Il provoque donc une augmentation rapide de l'alcoolémie après l'ingestion.

Effets directs et de court terme[modifier | modifier le code]

Selon la dose ingérée et l'habitude, il induit une diminution de la vigilance ou va jusqu'à l'ivresse aiguë qui se caractérise par un ralentissement des réflexes, une perte totale de vigilance, un état d'euphorie ou, au contraire, de tristesse, une mauvaise appréciation des situations, des troubles de l'équilibre ainsi qu'une vasodilatation. A dose élevée, l'ivresse peut conduire au coma éthylique puis au décès.

Effets biologiques de moyen et long terme[modifier | modifier le code]

Une consommation chronique d'éthanol a des répercussions directes sur différentes fonctions et organes du corps :

Modification des analyses biologiques[modifier | modifier le code]

L'alcoolisme chronique induit un dérèglement général de l'organisme, avec notamment :

Alcool et cancer[modifier | modifier le code]

La consommation régulière d'alcool augmente le risque de contracter un cancer, pour plusieurs types de cancers des voies aérodigestives supérieures. Dès 1910, Lamy (sur la base de l'étude de 134 cas de cancers dont 114 hommes et 20 femmes) avait clairement identifié l'alcoolisme comme facteur de risque : 80 % de ces cancers de l'œsophage détectés l'étaient chez des alcooliques.

En 1951, on montre en Chine que ceci vaut aussi pour le cancer du cardia[13] et le cancer de l'estomac[13]. En 1955, des observations similaires seront ensuite faites au Japon[14]. Des conclusions similaires sont tirées d'études plus récentes. Elles montrent en outre que ce risque est fortement aggravé par le tabagisme : l'analyse de 200 cas masculins de cancers de l'œsophage comparés à 778 témoins a en 1977 montré que la consommation d'alcool et/ou de tabac augmentent de façon indépendante le risque de cancer de l'œsophage, mais que l'exposition conjointe à ces deux cancérigènes a un effet multiplicateur en termes de risques, qui explique certaines différences homme/femme et ville/campagne observées dans la seconde moitié du XXe siècle[15]. Ces données seront confirmées par de nombreuses études, dont en 1962 par une enquête rétrospective [16].

On estime en 2011 qu'environ un cancer sur dix chez l'homme et un sur trente chez la femme sont attribuables à l'alcool[17]. Ce sont essentiellement des cancers du foie, cancers du pancréas, cancers des voies aérodigestives supérieures (cancer de la bouche ; langue, cavum, lèvres), cancer de l'œsophage et cancer de l'estomac. Chez les femmes, l'alcool augmente aussi le risque de cancer du sein (Selon le CIRC, une femme consommant 50 grammes d'alcool par jour (5 demis (0,25l) de bière, 5 verres de vin (0,10l)) augmente ce risque de 50 %. Pour 18g/jour (2 verres) son risque se voit augmenté de 7 %[18].

Complications[modifier | modifier le code]

Grossesse[modifier | modifier le code]

Le principal risque lié à l'alcool est celui des effets fœtaux de l'alcoolisation (EFA), qui désignent les troubles des apprentissages et/ou du comportement au cours de la petite enfance, et dont la survenue est reliée à une ou des prises d'alcool occasionnelles par la mère (quelle qu'elle soit) durant sa grossesse. Plus rare est le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), observé parfois et dès la naissance chez l'enfant né d'une mère souffrant d'un problème chronique d'alcoolisation, et qui se traduit par un ensemble de signes cliniques morphologiques et neurologiques, susceptibles de handicaper l'avenir de l'enfant.

D'une manière générale, la quantité d'alcool susceptible d'être nocive pour l'enfant à naître est mal connue, et le risque pourrait exister même pour des quantités faibles. Il est ainsi recommandé aux femmes enceintes de s'abstenir de toute consommation pendant la durée de la grossesse (à tous les trimestres) ainsi que durant l'allaitement. L'idée que des consommations faibles de certains alcools, notamment le Champagne, seraient moins nocive est une légende urbaine n'ayant aucun fondement scientifique.

Tabagisme[modifier | modifier le code]

Il y a une forte corrélation entre dépendance à l'alcool et dépendance au tabagisme (85 à 90 % des alcooliques sont fumeurs). Boire donne envie de fumer : la stimulation cérébrale de l'alcool est plus faible que celle liée à l'absorption de nicotine et une stimulation faible induit une envie de toujours plus fumer. Certaines techniques d'arrêt du tabagisme peuvent être utiles pour le sevrage à l'alcool. En cas de dépendance conjointe, il peut être envisagé d'arrêter le tabac en même temps, avant ou après l'alcool. Tout dépend de la situation.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

La consommation de benzodiazépines peut s'associer à une consommation d'alcool, celle-ci augmentant de façon nocive l'effet sédatif des produits et conduisant vers une dépendance à plusieurs substances[3]. 73 %[réf. nécessaire] des anciens utilisateurs de benzodiazépines passent par une dépendance à l'alcool lors de leurs sevrages.

Comportement sexuel[modifier | modifier le code]

Il existe depuis l'Antiquité un certain nombre d'idées reçues relativement tenaces selon lesquelles l'alcool améliorerait les performances sexuelles, ces attentes sont d'autant plus marquées chez les alcoolodépendants. En réalité, l'alcool produit un effet sédatif sur l'appareil sexuel dès le premier verre, faisant ainsi diminuer la réactivité sexuelle physique[19]. À l'opposé, l'alcool provoque dans le même temps une excitation psychologique subjective inversement proportionnelle.

Il est nettement établi que l'alcool facilite les comportements sexuels à risque (rapports sexuels non protégés, agression sexuelle...)[20].

Accidents et troubles imputables[modifier | modifier le code]

Une consommation d'alcool, même légère peut être responsable de morts violentes, notamment par accident de la route, accident du travail, homicides ou suicides. En France, entre 2002 et 2003 les décès par accident de la route imputables à une ivresse alcoolique représentent un total de 2 200 personnes[21].

Syndrome de sevrage alcoolique[modifier | modifier le code]

Le syndrome de sevrage alcoolique survient six à douze heures après la dernière prise d'alcool chez une personne dépendante et chez qui ce risque n'a pas été prévenu. Il évolue spontanément vers la disparition de la dépendance physique en une semaine. Il peut néanmoins rester une dépendance psychologique. Cette dernière peut être forte et conduire à une réalcoolisation ou rechute. Dans les formes mineures, de façon plus ou moins associée, sont notés des nausées, des céphalées, une agitation, des trémulations, une tachycardie, une hypertension artérielle, des sueurs, une fièvre, des symptômes anxieux et dépressifs, des troubles de la concentration. Dans les formes sévères, il y a des crises convulsives avec ou sans hallucinations. Ces formes sévères peuvent être inaugurées par des troubles visuels, auditifs et sensitifs, favorisés par des stimuli sensoriels (gène de la lumière, du bruit, démangeaisons), des idées délirantes et hallucinatoires. Elles nécessitent une hospitalisation pour surveillance.

Les éléments qui permettent de détecter les formes sévères, permettant ainsi un repérage dans le but d'une meilleure prise en charge, sont la consommation prolongée de quantités importantes en alcool, des antécédents de crises convulsives et de délirium tremens, la nécessité de boire rapidement de l'alcool après le réveil afin de soulager les formes débutantes de sevrage. L'administration de benzodiazépine, une hydratation restent les traitements de choix pour prévenir le delirium tremens. Ces traitements peuvent être pris à domicile de manière préventive. Les vitamines souvent données n'ont pas comme rôle de diminuer le délirium tremens mais de corriger les carences fréquentes.

Prévention[modifier | modifier le code]

Les méfaits de l'alcoolisme sur un panneau scolaire après 1918.

L'éducation, la réglementation de la publicité, mais aussi l'augmentation des prix des boissons alcoolisées (par la taxation) sont des moyens permettant de diminuer la consommation globale d'alcool[22].

Traitements[modifier | modifier le code]

Démarche de soins[modifier | modifier le code]

Spontanément, la personne alcoolodépendante n'ira que très tardivement vers une structure de soins. Souvent, elle n'entamera cette démarche que sous la contrainte (du conjoint par exemple), lors d'une autre pathologie ou lors d'un sevrage brutal non prévu. Il lui est très difficile de parler de son problème et la personne alcoolodépendante présente souvent un déni de sa dépendance. Ainsi, ne pouvant pas parler de sa difficulté, elle restera longtemps à en souffrir, seule. Un principe de l'alcoologie réside alors à lui proposer "l'avance de la parole": à aborder le sujet sans attendre qu'elle le fasse elle-même, et sans attendre non plus qu'elle approuve ce qui lui est dit, peut-être même qu'elle ne répondra rien. Il semble en effet que l'alcoolodépendance, et le déni, entraîne un changement du rapport à la langue au point que les modalités conversationnelles sont modifiées[23],[24]. En abordant le problème avec l'individu, l'entourage peut ainsi contribuer à l'amener plus rapidement à une démarche de soins. Actuellement, la modalité d'entretien le plus souvent préconisé est l'entretien motivationnel.

Sevrage[modifier | modifier le code]

L'abstinence est souvent prônée afin d'arrêter l'évolution de la dépendance et de revenir à une vie « normale ». La maladie étant chronique, il n'est pas question de « guérison » mais plutôt de « rétablissement ». En raison de la dépendance induite, le sevrage est souvent délicat, exposant à un risque important de rechute. Il est facilité si l'alcoolodépendant est accompagné socialement et médicalement, si le sevrage est programmé et si l'alcoolodépendant a déjà vécu l'expérience du sevrage et de la rechute. L'abstinence définitive résultant aussi d'un processus d'apprentissage.

Le sevrage est effectué en ambulatoire dans la plupart des cas, et en hospitalisation pour les cas les plus à risque de complications (il existe des services spécialisés en alcoologie). De nombreuses associations peuvent aider le malade alcoolique, abstinent ou non. Ces associations sont souvent des mouvements d'anciens buveurs. L'utilisation de groupes de paroles (les plus connus étant les Alcooliques anonymes, Alcool Assistance (anciennement La Croix d'Or), la Croix-Bleue, Vie Libre, Alcool Ecoute Joie et Santé, le Nouveau Chemin) est d'une certaine efficacité dans le maintien d'une abstinence à long terme[25]. Certains courants prônent non pas l'abstinence mais un contrôle de la consommation alcoolique. Ces courants sont minoritaires à l'heure actuelle mais ces méthodes sont reprises parfois en psychothérapie et les résultats des tests ne permettent pas à l'heure actuelle d'invalider l'une ou l'autre des méthodes [26].

Prévention de la rechute[modifier | modifier le code]

Le traitement de l'addiction à l'alcool n'est pas seulement pharmacologique, il est aussi psychologique. Le soutien de la personne dépendante à l'alcool est important, quel que soit le niveau d'abstinence. Le recours à la psychothérapie peut être une possibilité. De nombreux mouvements d'anciens buveurs tels que les Alcooliques anonymes ou Vie Libre, qui fonctionnent sous la forme de groupes de paroles, jouent aussi un rôle efficace pour aider les malades alcooliques à parvenir à l'abstinence complète d'alcool.

Les spécialités médicamenteuses disponibles pour la prévention de la consommation d'alcool ont plusieurs objectifs :

  • Recherche de l'effet antabuse. Le disulfirame possède un effet antabuse : l'absorption d'alcool provoque alors des effets secondaires désagréables mais parfois dangereux. Ce médicament n'est plus recommandé en raison de sa dangerosité en cas de consommation d'alcool et de sa faible efficacité.
  • Diminution de l'appétence. L'acamprosate et le naltrexone permettent de diminuer l'appétence pour l'alcool. Néanmoins, malgré près de vingt ans d'utilisation de ces médicaments sur des millions de sujets alcoolodépendants, aucune réduction de la mortalité ni de la morbidité de l'alcoolisme n'a été rapportée et le taux de rechute pour les patients qui réussissent à devenir abstinents est de l'ordre de 90 %[27].

D'autres molécules sont à l'essai, comme le baclofène. Il s'agit d'un myorelaxant indiqué dans le traitement de la spasticité musculaire, un trouble bénin mais hautement inconfortable observé par exemple dans les suites d'un accident vasculaire cérébral, chez les paraplégiques, ou dans l'infirmité motrice cérébrale, les patients atteints de sclérose en plaques mais aussi dans le simple torticolis spasmodique[28]. Il est commercialisé sous le nom de Liorésal, mais génériqué depuis les années 1980. Il est prescrit depuis 1966 comme traitement de confort. L'AMM autorise jusqu'à 80 milligrammes par jour. Au-delà de 80 milligrammes par jour, il est question de hautes doses. Le baclofène a cependant été testé comme traitement de confort pour des troubles bénins à des doses de 300 milligrammes par jour[29] pendant plusieurs années consécutives chez l'adulte et de 180 milligrammes par jour (par exemple pour des torticolis chez l'enfant)[28] sans effets secondaires limitants. Ils soulignent n'avoir jamais rencontré d'effets secondaires importants. Les plus fréquents sont de la somnolence ou de la faiblesse musculaire qui tous deux régressent toujours en 24 ou 48 heures sans jamais laisser de séquelles.

Cette efficacité du baclofène est à prendre avec beaucoup de précaution. Les quelques études allant dans le sens d'une diminution de la consommation d'alcool sous traitement par baclofène n'ont pas un niveau de preuve scientifique suffisant[30],[31],[32], tel qu'argumenté par l'Afssaps encore à ce jour: "l'efficacité du baclofène dans la prise en charge de l'alcoolo-dépendance n'est pas encore démontrée" [33].

Prévalence[modifier | modifier le code]

En Europe, la quantité d'alcool consommée par habitant diminue depuis le début des années 1980[34]. Le graphique suivant représente pour différents pays la consommation d'alcool par an et par habitant âgé de 15 ans et plus, en litres d'alcool pur, pour l'année 2003.

À l'échelle mondiale, en 2003, l'Organisation mondiale de la santé estime à 140 millions le nombre de personnes souffrant de dépendance à l'alcool.

Consommation de litre d'alcool par personne de 15 ans et plus par année et par pays. OMS, 2004.

En France[modifier | modifier le code]

En 2003, 100 000 personnes consultent dans les centres de cure en alcoologie[35] et 48 000 consultent un médecin pour un sevrage[36]. En 2002, 93 000 hospitalisations avec comme diagnostic principal des troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool sont dénombrées[37].

En France, vers 2006, l'usage problématique d'alcool touche environ 5 millions de personnes (dont 2 millions seraient dépendantes)[38] (soit plus de 7 800 personnes pour 100 000 habitants), dont 600 000 femmes ; d'après une étude récente[39], chaque Français de 15 ans et plus a consommé en moyenne 13,4 litres d'alcool pur en 2003 (ce qui représente trois verres standards d'alcool par jour et par habitant).

Des associations d'anciens buveurs (Alcool Assistance, Alcooliques anonymes, Croix-Bleue, Vie Libre...etc...) participent aussi au traitement de la maladie alcoolique et permettent aux malades de se rétablir durablement.

Histoire et société[modifier | modifier le code]

Coût social et économique[modifier | modifier le code]

Le coût de l'alcoolisme est considérable tant par ses conséquences sanitaires que par l'absentéisme au travail qui en découle ou par la criminalité qui y est associée. Il s'élèverait à près de 39 milliards de dollars par an en Grande-Bretagne[25] et 17,4 milliards d'euros en France. Il dépasse les 200 milliards de dollars annuel aux États-Unis[40]. Un autre calcul montre que le coût atteint 1 % du produit national brut des pays développés[41]. Ces estimations de coûts comprennent à la fois les coûts directs liés à la consommation de biens médicaux mais aussi les coûts indirects liés à la perte de productivité en raison d'arrêt de travail.

Divers accidents et criminalité[modifier | modifier le code]

En France, il est estimé que 10 à 20 % des accidents du travail sont imputables à l'alcool[42] et 10 % des salariés ont une consommation problématique d'alcool[43]. Chez les jeunes, 50 % des accidents mortels de la circulation sont associés à une consommation d'alcool. L'alcool est associé dans 50 % des bagarres et 50 à 60 % des crimes et délits. Ces statistiques sont particulièrement sujettes à caution (ne pas confondre association et cause-conséquence) : l'évaluation rigoureuse est très difficile en raison d'une dénégation quasi-constante des faits.

Alcoolisme et mortalité[modifier | modifier le code]

L'alcoolisme a causé environ 1 800 000 morts par an dans le monde vers 2004 (soit autour de 3 % des décès[44]), dont 45 000 en France (deuxième cause de mortalité évitable en France après le Tabac)[38] (73 pour 100 000 habitants) — 23 000 décès directs — 11 000 cancers des lèvres, de la bouche, du pharynx et du larynx, 9 000 cirrhoses, 2 500 par alcoolodépendance, et 22 000 morts indirectes (troubles mentaux, maladies cardiovasculaires, accidents...). Tous les ans, 5 000 à 7 000 bébés naissent en France avec des malformations graves (syndrome d'alcoolisation fœtale) en raison de l'alcoolisation de la mère ; dans le Pas-de-Calais, cela représente 1 naissance sur 3 000. En France, il est considéré que l'alcoolisme est la quatrième cause de mortalité après le suicide, l'obésité et le tabac, et devant les maladies infectieuses et les accidents de la route.

Les risques de cirrhose du foie et d'accidents sont bien connus de la majorité des Français, mais il n'en est pas de même des risques de cancers et de maladies cardio-vasculaires. Pour les maladies cardio-vasculaires, les études scientifiques montrent qu'une consommation modérée (un verre par jour) diminue le risque cardio-vasculaire, mais qu'une consommation de plus de trois verres l'augmente rapidement. L'excès d'alcool crée également des carences en vitamines, ce qui diminue la résistance aux maladies. L'association alcool–tabac est un facteur d'aggravation du risque, qui devient alors supérieur à la somme des risques de l'alcool et du tabac pris séparément.

Aspects juridiques[modifier | modifier le code]

Conseil de l'Europe[modifier | modifier le code]

L'article 5 de la Convention européenne des droits de l'homme (dite « convention européenne des droits de l'homme ») dispose : « Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales :
[...]
s'il s'agit de la détention régulière d'une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d'un aliéné, d'un alcoolique, d'un toxicomane ou d'un vagabond ;
[...]
Toute personne arrêtée doit être informée, dans le plus court délai et dans une langue qu'elle comprend, des raisons de son arrestation et de toute accusation portée contre elle.
[...]
Toute personne privée de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d'introduire un recours devant un tribunal, afin qu'il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale.
Toute personne victime d'une arrestation ou d'une détention dans des conditions contraires aux dispositions de cet article a droit à réparation. »

Ce texte n'impose pas que la détention d'un alcoolique soit décidée par une autorité judiciaire: en effet, la disposition de cet article selon laquelle « Toute personne arrêtée ou détenue, dans les conditions prévues au paragraphe 1.c du présent article, doit être aussitôt traduite devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires et a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable, ou libérée pendant la procédure » s'applique uniquement aux personnes « arrêté[es] et détenu[es] en vue d'être conduit[es] devant l'autorité judiciaire compétente, lorsqu'il y a des raisons plausibles de soupçonner qu'[elles ont] commis une infraction ou qu'il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l[es] empêcher de commettre une infraction ou de s'enfuir après l'accomplissement de celle-ci  ».

Jurisprudence[modifier | modifier le code]

Arrêt Witold Litwa c. Pologne, 4 avril 2000 : « les personnes dont la conduite et le comportement sous l'influence de l'alcool constituent une menace pour l'ordre public ou pour elles-mêmes, même si aucun diagnostic d'« alcoolisme » n'a été posé les concernant, peuvent être détenues à des fins de protection du public ou dans leur propre intérêt, par exemple leur santé ou leur sécurité personnelle.
62. Il ne faut pas en déduire que l'article 5 § 1 e) de la Convention peut être interprété comme autorisant la détention d'un individu simplement parce qu'il consomme de l'alcool. Toutefois, pour la Cour, dans le texte de l'article 5, rien n'indique que cette disposition interdit à un État de prendre cette mesure à l'égard d'un individu qui abuse d'alcool afin de restreindre les effets néfastes de sa consommation pour lui-même et pour la société, ou pour empêcher un comportement dangereux après l'ingestion d'alcool.
 »

Histoire[modifier | modifier le code]

Lutte contre l'alcoolisme avec appel aux femmes, épouses et mères de famille.

Les conduites d'alcoolisation sont des conduites anciennes. Des traces de ces conduites sont retrouvées aussi bien dans la mythologie que dans les récits des peuples anciens. Les ivresses de Dionysos (dieu de la vigne, du vin et de ses excès) et celles de Noé sont célèbres. En 3000 av. J.-C., les Sumériens avaient déjà inventé les pictogrammes bière et brasseur. En hiéroglyphes égyptiens, le mot repas est représenté par l'association du pain et de la bière. À Pompéi, environ deux cents tavernes sont encore identifiables. Marc Antoine était connu pour son alcoolisme. Horace est à l'origine du proverbe latin : « Nunc est bibendum » signifiant « c'est maintenant qu'il faut boire ». Tibère était surnommé Biberius Caldius Mero : le Buveur de vin pur et chaud et Attila est décédé d'un syndrome de Mallory-Weiss.

Les Gaulois furent approvisionnés en vins par les Grecs puis les Romains. Parfois était échangée une amphore de vin contre un esclave. Les premiers viticulteurs furent les vétérans de l'armée romaine qui, au moment de leur retraite militaire, recevaient des terres à cultiver. Les Gaulois experts en ferronnerie développèrent l'utilisation du tonneau[45].

Dès le XVIe siècle apparaissent des sociétés de tempérance[46]. Au XVIIIe siècle, les boissons alcoolisées coûtent cher. Deux modes de consommation s'opposent. Les maîtres et leurs valets ont une alcoolisation régulière tandis que le peuple s'alcoolise les jours chômés, c'est-à-dire le dimanche. À la veille de la Révolution française, le prix du vin est trois fois plus élevé dès qu'il franchit la porte de Paris. Le 12 juillet 1789, le mur des fermiers généraux (barrières pour payer l'octroi à l'entrée de Paris) est pillé et le vin peut ainsi passer librement pendant plusieurs journées. Dès la fin de la révolution, le prix du vin augmente à nouveau. Le vin consommé sur l'eau (la Seine) échappe cependant à cette taxe. C'est le cas du vin d'Argenteuil appelé Picolo d'où le terme picoler[réf. nécessaire].

La révolution industrielle bouleverse les modes de production de l'alcool ainsi que ses modes de transport (avec l'apparition du chemin de fer) entraînant irrémédiablement une augmentation massive des ventes et des débits de boisson (en 1850, la France compte un débit de boissons pour 100 habitants). Les populations détachées du milieu rural sont logées dans des conditions précaires. Les premières régions industrielles sont aussi les premières régions où l'alcoolisation de masse apparaît. Parallèlement c'est à cette époque que se développe l'eau potable grâce à des sociétés spécialisées dans l'épuration et la distribution d'eau, telle la Compagnie générale des eaux créée en 1853. Contrairement à une idée répandue, le paysan jusqu'au XIXe siècle boit essentiellement de l'eau ou un vin très léger issu de la deuxième ou troisième presse[47].

La consommation d'alcool de 350 milles hectolitres en 1820 est passée à 978 mille en 1869, d'après la journal la Tempérance voulant luter contre ce fléau[48].

Au cours de la Première Guerre mondiale, le vin est baptisé pinard dans les tranchées et l'eau-de-vie appelée la gnôle des combattants. Ces produits sont particulièrement appréciés sur les champs de bataille en raison de leurs propriétés désinhibitrices et anxiolytiques. De l'époque ancienne jusqu'au milieu du XXe siècle, l'espérance de vie étant faible, l'impact au long cours des conduites d'alcoolisation l'était de fait. Les pathologies d'apparition tardive, comme les cancers des voies aérodigestives supérieures, les cirrhoses etc. étaient des problèmes de santé beaucoup moins répandus que la famine ou certaines épidémies. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, ces problèmes de santé prirent une place de plus en plus importante dans la société jusqu'à être actuellement la deuxième cause de mortalité évitable en France après la consommation de tabac[47].

Médias[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Affiche du peintre Frédéric Christol (1850-1933), intitulée L'Alcool ! Voilà l'ennemi.

L'alcoolisme est très présent dans les lettres et les arts. Il constitue un ressort dramatique permettant la modification, soit progressive et de fond, soit au contraire temporaire mais brutale, du caractère d'un personnage. Permettant notamment de donner lieu à des événements extraordinaires (un crime sous l'emprise de l'alcool) ou de montrer une lente dégradation (comme dans L'Assommoir de Zola).

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classification internationale des maladies de l'OMS, Liste de codes CIM-10 (F10)
  2. À propos du concept de Magnus Huss
  3. a et b INPES / Mildt, Drogues & dépendances, le livret d'information, état des connaissances, éditions INPES,‎ mars 2007, relié, 179 p.
  4. Amnon Jacob Suissa (2008) Pourquoi l'alcoolisme n'est pas une maladie", 231 pages, Éditions FIDES.
  5. Perea F. et Morenon J., 2009, Langage et clinique de l'alcoolisme, éd. Presses Universitaires de la Méditerranée
  6. Adès J. & Lejoyeux M. (2003) Alcoolisme et psychiatrie, données actuelles et perspectives, Paris: Masson.
  7. Brown S.A., Goldman M.S., Inn A. & Anderson L.R. (1980) Expectations of reinforcement from alcohol: Their domain and relation to drinking patterns. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 48 (4), 419-426.
  8. Young J.E., Klosko J.S. et Weishaar M.E. (2005) La thérapie des schémas, approche cognitive des troubles de la personnalité. Bruxelles: De Boeck.
  9. Beck et al. 1993; validé par Hautekèete et al. 1999 Hautekèete M., Cousin I. & Graziani P. (1999) « Pensées dysfonctionnelles de l'alcoolo-dépendance: Un test du modèle de Beck : schémas anticipatoire, soulageant et permissif » Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive 9(4):108-112.
  10. (en) Beck A.T., Wright F.D, Newman C.F. & Liese B.S. (1993) Cognitive Therapy of Substance Abuse. New York : Guilford Press.
  11. Cottraux J. (2004) Les Thérapies Comportementales et Cognitives, Paris: Masson.
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  23. http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=13530422
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  26. Peele S, Au plus profond d'un verre
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  34. Global Status Report on Alcohol 2004, voir Global overviews: Alcohol consumption and beverage preferences, page 12.
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  36. Observatoire français des drogues et toxicomanies, Paris, 2005
  37. Données du PMSI
  38. a et b Julie Lasterade, « L'alcoolisme sur la table », dans Libération, 07/10/2006, [lire en ligne]
  39. Tableaux de l'Économie Française : Consommation d'alcool - Édition juillet 2007 publié par l'Insee
  40. Bouchery EE, Harwood HJ, Sacks JJ, Simon CJ, Brewer RD, Economic costs of excessive alcohol consumption in the U.S., 2006, Am J Prev Med, 2011;41:516-524
  41. Rehm J, Mathers C, Popova S, Thavorncharoensap M, Teerawattananon Y, Patra J, Global burden of disease and injury and economic cost attributable to alcohol use and alcohol-use disorders, Lancet, 2009;372:2223-2233
  42. Cécile Prieur, « Combattre l'alcool au travail », dans Le Monde web, 23/05/2006
  43. Synthèse d'études menées auprès de PME-PMI de Bretagne et Midi-Pyrénées par l'Anpaa, publié dans L'Express du 9 mars 2006, article Alcool : 1 salarié sur 10.
  44. WHO, Global status report on alcohol, 2004.
  45. Jean Paul Lacroix, Bois de la tonnellerie : de la forêt à la vigne et au vin, Gerfaut,‎ 2006 (lire en ligne), p. 25
  46. Depuis celle fondée en 1524 par les grands Electeurs de Trèves et du Palatinat jusqu'à l'Union française anti-alcoolique fondée en 1897 par Paul Maurice Legrain.
  47. a et b Didier Nourrisson, Crus et cuites : Histoire du buveur, Librairie Académique Perrin,‎ 2013, 386 p.
  48. gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5407202n/f10.image.r=Schrammel.langFR

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Lacroix, La campagne antialcoolique, le gouvernement et l’alcoolisme, Revue de février 1917.
  • Ploye, Rapport sur l’alcoolisme Paul Bayé, 1918. 16 p.
  • Paul Serieux, L’alcool, composition et effets des boissons alcooliques, l’hygiène de la boisson, la lutte contre l’alcoolisme, Alcan, 1895. 191 p.
  • Henri Dagonet, L’alcoolisme au point de vue de l’aliénation mentale, Baillère, 1873. 11 p.
  • Thierry Fillaut, Véronique Nahoum-Grappe, Myriam Tsikounas, Histoire et alcool, L’Harmattan, 1999. 220 p.
  • Haut comité d’information et d’étude sur l’alcoolisme, L’alcoolisme, morbidité, mortalité, La documentation française, 1986. 47 p.
  • Maurice Yvernes, L’alcoolisme et la criminalité, Rey, 1912. 35 p.
  • Alain de Mijolla avec Salem Shentoub : Pour une psychanalyse de l'alcoolisme, 2004, Éd. : Payot-poche, (ISBN 2-228-89911-9) (réédition d'un ouvrage de référence)
  • Paul Kiritzé-Topor, Aider les alcooliques et ceux qui les entourent, Éd. Abrégés-Masson; 2005, (ISBN 2-294-01780-3)
  • Jean-Paul Descombey, L'économie addictive - L'alcoolisme et autres dépendances, Éd. : Dunod, 2005, (ISBN 978-2-10-048837-7)
  • François Perea, Paroles d'alcooliques, 2001, Éd. : L'Harmattan, (ISBN 2-7475-2577-5) [résumé de l'ouvrage].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]