Guerre civile angolaise

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Guerre civile angolaise
LocationAngola.svg
Informations générales
Date 1975-2002
Lieu Angola
Issue Victoire du MPLA
Belligérants
Drapeau de l'Angola République populaire d'Angola (1975-1992)
Drapeau de l'Angola République d'Angola (1992-2002)
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA)
Drapeau de Cuba Cuba (jusqu'en 1991)
Drapeau de l'URSS Union soviétique (jusqu'en 1989)
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord (présumément)
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg South-West African People's Organisation
Flag of UNITA.svg Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA)
Flag of South Africa 1928-1994.svg Afrique du Sud
Drapeau du Zaïre Zaïre
Bandeira da FNLA.svg Front national de libération de l'Angola (FNLA)
Flag of Cabinda.svg Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda (FLEC)
Commandants
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg Agostinho Neto
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg José Eduardo dos Santos
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg Sam Nujoma
Drapeau de Cuba Arnaldo Ochoa Sánchez (1975-1989)
Drapeau de Cuba Leopoldo Cintra Frías (1989-1991)
Flag of UNITA.svg Jonas Savimbi
Flag of Zaire.svg Mobutu Sese Seko
Flag of Cabinda.svg Henrique N'zita
Flag of South Africa 1928-1994.svg Magnus de Merindol Malan (1976-1980)
Flag of South Africa 1928-1994.svg Constand Viljoen (1980-1985)
Flag of South Africa 1928-1994.svg Johannes Geldenhuys (1985-1989)
Forces en présence
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg 40 000-70 000[1] (1987)
130 000 (2001)
Flag of UNITA.svg 65 000 (1990)
Bandeira da FNLA.svg 22 000 (1975)
4 000-7 000 (1976)
Pertes
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg inconnues
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg 11 000 morts
Drapeau de Cuba 2 077-10 000 morts
Drapeau de l'URSS 55 tués
Flag of UNITA.svg inconnues
Flag of South Africa 1928-1994.svg 2 300 morts
Flag of Zaire.svg 600 morts

La guerre civile angolaise a débuté en 1975 lors de l'indépendance du pays, comme un conflit opposant le gouvernement de la République populaire d'Angola et son parti dirigeant, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), à la guérilla de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). Le MPLA, qui adoptera officiellement le marxisme-léninisme en 1977, est soutenu par l'URSS et Cuba, tandis que l'UNITA est soutenue par les États-Unis et l'Afrique du Sud. Le conflit, cependant, ne se résume pas à un simple théâtre de la guerre froide. La fin de celle-ci contribue à entraîner l'abandon par le gouvernement angolais de l'idéologie marxiste-léniniste et du régime de parti unique, ce qui ouvre la porte à un processus de paix. À la suite d'élections qu'elle perd, l'UNITA relance cependant les hostilités en 1992 et le conflit dure jusqu'en 2002 (mort du leader de l'UNITA, Jonas Savimbi).

Origines du conflit[modifier | modifier le code]

Trois mouvements concurrents participent à la guerre d'indépendance angolaise :

Quand la Révolution des Œillets met fin au régime salazariste au Portugal, en avril 1974, le nouveau pouvoir annonce son intention de se retirer des colonies portugaises en Afrique. En Angola, les trois mouvements commencent alors immédiatement entre eux une lutte pour le pouvoir. Le FNLA, entrant en Angola par le nord, reçoit le soutien de l'armée zaïroise et de mercenaires, l'UNITA celui de l'armée sud-africaine (encore sous le régime de l'Apartheid), et le MPLA de l'armée cubaine[2]. Au moins 11 militaires de l'armée rouge sont morts dans ce pays[3] et plusieurs aéronefs soviétiques détruits[4]. Le service Action du SDECE français apporte une aide à l'UNITA. Un Mil Mi-8 abattu en 1980 l'aurait été par le service Action[5].

Les accords d'Alvor du 15 janvier 1975, obtenus par l'intermédiaire du Portugal, semblent permettre un rapprochement momentané des trois factions et l'établissant d'un gouvernement d'union. Cependant, les hostilités recommencent aussitôt après, et le 11 novembre 1975 le MPLA déclare l'indépendance du pays à partir de la capitale Luanda, et au même moment le FNLA et l'UNITA font, ensemble, la même déclaration à partir de la ville d'Huambo. Les combats entre les deux camps continuent et ont dorénavant le caractère d'une guerre civile.

Déroulement de la guerre civile[modifier | modifier le code]

17 ans de conflit[modifier | modifier le code]

Le MPLA s'attaque tout d'abord au FNLA, soutenant ainsi des mouvements rebelles katangais contre le Zaïre. Suite à l'intervention de la France, l'Angola et le Zaïre, et donc le MPLA et le FNLA, se rapprochent en 1978. Le MPLA utilise la même tactique contre l'Unita, en soutenant le South-West African People's Organisation. À plusieurs reprises, l'Afrique du Sud pénètre sur le territoire angolais et affronte les armées angolaise et cubaine, combats qui participent à la guerre de la frontière, tandis que l'Unita progresse, gagnant un certain soutien de la population. Le conflit prend une forme de guerre classique en 1987-1988, le gouvernement angolais perdant peu à peu ses soutiens internationaux et tentant donc de mettre fin rapidement à l'Unita[2].

Participation étrangère au conflit[modifier | modifier le code]

1 200 soldats de l'armée soviétique furent déployés en Angola en 1985, ainsi qu'entre 20 000 et 40 000 soldats des forces armées cubaines dont 10 000 trouvèrent la mort[6], et 3 000 soldats de l'Armée populaire de Corée afin d'apporter un soutien au MPLA[7]. L'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie, le Mozambique, la Jamahiriya arabe libyenne, la République populaire de Bulgarie, l'Algérie, la Tanzanie, la Guinée-Bissau, la République socialiste de Roumanie et le Zimbabwe fournirent par ailleurs un soutien logistique au MPLA.

De son côté, l'UNITA était soutenu par la Chine, les États-Unis, Israël, le Zaïre, le Gabon, le Maroc et par la Côte d'Ivoire. L'Afrique du Sud a envoyé 20 000 soldats en Angola en 1976 afin de soutenir militairement l'UNITA pour les retirer en 1989.

Processus de paix[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 1988 sont signés les accords de New York, organisant l'indépendance de la Namibie et le désengagement progressif de l'Afrique du Sud, de Cuba et de l'Union soviétique. Malgré ces accords, l'Afrique du Sud, les États-Unis et le Zaïre continuent d'intervenir dans le conflit. Le 1er mai 1991 sont signés les accords de Bicesse, mettant en place un cessez-le-feu, la démobilisation des groupes armés (et leur intégration dans les Forces armées angolaises) et l'organisation d'élections. Celles-ci se tiennent le 29 et 30 septembre 1992 et donnent la victoire du MPLA aux élections législatives et une majorité relative à José Eduardo dos Santos aux élections présidentielles[2]. Selon la constitution, un deuxième tour aurait été nécessaire pourqu'il soit légalement élu. Cependant, l'UNITA considère les élections comme truquées, ne les reconnaît pas et recommence aussitôt la guerre civile.

Reprise et fin des hostilités[modifier | modifier le code]

Les hostilités reprennent immédiatement après les élections de 1992 et prennent fin avec la mort du leader de l'UNITA, Jonas Savimbi le 22 février 2002. L'UNITA, qui s'était déjà constitué en parti politique en 1991, démobilise ses forces armées qui sont en partie intégrées dans les Forces Armées Angolaises (dont un général de l'UNITA devient le chef d'état major).

Le bilan humain global est estimé à 500 000 morts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Las Guerras Secretas de Fidel Castro, cubamatinal.com, 17 août 2008
  2. a, b et c Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 1074-1077
  3. « Implication des troupes russes dans des conflits à l'étranger », sur RIA Novosti,‎ 16 février 2012 (consulté le 17 février 2012)
  4. (ru)« Сергей Коломнин. "История сбитого летчика". », sur Veteran Angola (consulté le 5 janvier 2013)
  5. Roger Faligot, Jean Guisnel (dir.), Rémi Kauffer, Renaud Lecadre, François Malye, Martine Orange et Francis Zamponi, Histoire secrète de la Ve République, Paris, La découverte,‎ 2006, 752 p. (ISBN 2-7071-4902-0 et 978-2-7071-4902-2), p. 156-157
  6. Cuba, une odyssée africaine
  7. (en) Angola - Foreign Influences - Communist Nations, consulté le 21 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • W. Martin James: A Political History of the Civil War in Angola 1974-1990, [1]. Transaction Publishers, Piscataway 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]