Conflit frontalier sino-soviétique de 1969

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Conflit frontalier sino-soviétique
Localisation du fleuve Oussouri.
Localisation du fleuve Oussouri.
Informations générales
Date 2 mars 1969 - 11 septembre 1969
Lieu Xinjiang, île Zhenbao
Issue Les deux camps revendiquent la victoire, retour au status quo ante bellum
Belligérants
Drapeau de la République populaire de Chine Chine Drapeau de l'URSS Union soviétique
Commandants
Flag of the People's Republic of China.svg Mao Zedong Flag of the Soviet Union.svg Léonid Brejnev
Forces en présence
814 000 658 000
Pertes
plus de 800 tués
(sources chinoises)[réf. nécessaire]
58 tués, 94 blessés
(sources soviétiques)[réf. nécessaire]

Le conflit frontalier sino-soviétique de 1969 est une série d'incidents armés entre l'Union soviétique et la Chine, point culminant de la rupture sino-soviétique des années 1960.

Des combats au sujet d'une île du fleuve Oussouri, l'île Zhenbao (珍宝岛) en chinois et île Damanski (Остров Даманский) en russe, située sur la frontière sino-soviétique, menèrent ces deux États communistes au bord de la guerre nucléaire, avant qu'un accord sur la délimitation de la frontière ne soit trouvé en 1991.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Déclenchement[modifier | modifier le code]

Le conflit commence dans la nuit du 1er au 2 mars 1969 lorsqu'un groupe de 300 soldats chinois armés de SKS tend une embuscade à des gardes-frontières soviétiques sur l'île Zhenbao, provoquant la mort de 31 Soviétiques et faisant 14 blessés, le lieutenant Ivan Strelnikov, sorti pour un pourparler avec les soldats chinois a été tué sans sommation. Le 14 mars 1969, les Soviétiques envoient 4 chars T-62A pour contrer l'assaut chinois. Le char n°545 du colonel Leonov est capturé après avoir roulé sur une mine antichar chinois. Leonov et le reste de l'équipage du T-62A sont tués lorsqu'ils tentaient de quitter le char immobilisé. Ce jour, les soviétiques ont été très inférieurs numériquement face aux chinois, et après avoir épuisé leurs munitions, ils ont du battre en retraite sur la rive nord du fleuve. Le 15 mars 1969, l'Armée rouge décide de riposter en bombardant les troupes de l'Armée populaire de libération sur la rive chinoise de l'Oussouri avec des unités Grad (secrètes à l'époque) et en prenant d'assaut l'île Zhenbao. La base chinoise étant en majeure partie dévastée par l'artillerie Grad, au soir du 16 mars le calme est revenu sur l'île. À la fin des opérations, l'île Zhenbao reste sous contrôle soviétique.

Montée des tensions[modifier | modifier le code]

Les combats cessèrent pendant près de 5 mois, avant de reprendre finalement en août 1969, cette fois-ci le long de la frontière sino-soviétique au Xinjiang. Les tensions s'accroîtront au point d'évoquer la perspective d'une guerre nucléaire entre la République populaire de Chine et l'Union soviétique.

Stratégie des États-Unis[modifier | modifier le code]

Durant le conflit, la position des États-Unis restera neutre, n'ayant pas d'avis sur un conflit opposant « deux États communistes ». Toutefois, suite à ce conflit Pékin se rapprocha de Washington. Selon Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité du président Nixon, en janvier 1969, le gouvernement soviétique sonda discrètement le nouveau président pour lui soumettre l'éventualité d'une frappe préventive soviétique sur les installations nucléaires chinoises. Nixon refusa, mais prévint les chinois de la demande soviétique, puis leur proposa, quelques mois plus tard, de recevoir secrètement Kissinger...

Conclusion[modifier | modifier le code]

Le conflit s'achèvera le 11 septembre 1969 par un cessez-le-feu entre les deux géants communistes.

Lors de ces affrontements frontaliers, l'URSS déclara avoir perdu 60 membres de l'Armée rouge, tandis que de son côté la Chine dénombrait la perte de 100 militaires de l'Armée populaire de libération[1],[2].

En 1991, un traité initié par Boris Eltsine établit la souveraineté chinoise de l'île Zhenbao, et les autorités russes la rendent à Pékin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir.: Рябушкин Д.С.(Ryabushkin, D.S.) Мифы Даманского. (Mifi Damanskogo)— Мoscow: АСТ, 2004. — С. 151, 263—264.
  2. http://rt.com/Top_News/2008-10-14/Worlds_biggest_country_becomes_a_little_bit_smaller.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]