Kominform

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Le Kominform est l'organisation centralisée du mouvement communiste international dans la période de 1947 à 1956. Il est en quelque sorte le successeur du Komintern.

Le nom de Kominform vient de la contraction, en russe, de Bureau d'information des partis communistes et ouvriers. Le but de l'organisation est de contrôler étroitement l'évolution idéologique et politique des États ou partis communistes participants (voir liste ci-dessous). Il n'a en fait d'autre réalité que l'exécution des volontés de Staline.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Depuis 1945, l'URSS cherche à étendre sa puissance politique. Le Kominform est ainsi créé le 5 octobre[1] 1947 à l'occasion de la conférence des partis communistes européens de Szklarska Poreba, en Basse Silésie polonaise, du 22 au 27 septembre. L'organisation centralise la liaison entre les partis communistes européens, renforçant l'influence soviétique sur ces derniers. Preuve de l'européocentrisme de l'organisation, les PC chinois et vietnamiens ne sont pas invités.

La création du Kominform par Staline apparaît comme une réponse au plan Marshall américain, refusé par les démocraties populaires d'Europe orientale (sous la pression soviétique). C'est au cours de cette réunion que fut prononcée la doctrine Jdanov.

La participation du PCF[modifier | modifier le code]

Lors de la première réunion, à leur grande surprise, les représentants du Parti communiste français (en particulier Jacques Duclos) sont vivement critiqués par Andreï Jdanov (secrétaire du PCUS) pour leur stratégie nationale de participation ministérielle. Dès lors, la position nationale du PCF se radicalise, le parti entrant explicitement dans l'opposition.

Georges Cogniot et Etienne Fajon étaient les représentants du PCF à la création du Kominform.

Exclusion yougoslave[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rupture Tito-Staline.

Après une seconde réunion en janvier 1948 en Yougoslavie, les mentalités changent et le conflit éclate ensuite entre Tito et Staline. Aussi, lors de la troisième réunion, qui se déroule du 25 au 28 juin 1948 à Bucarest, le Kominform juge le communisme yougoslave de Tito comme éloigné de la vision soviétique. De fait, Belgrade est exclue et une épuration "anti-titiste" intervient chez tous les membres de l'organisation.

La lutte pour la paix[modifier | modifier le code]

La quatrième réunion se tient à Mátra en Hongrie, du 27 au 29 novembre 1949. Elle entérine l'accentuation de l'effort vers la sauvegarde de la paix, le Kominform se dressant comme organe directeur (mais toujours occulte) du Mouvement mondial des partisans de la paix.

Disparition[modifier | modifier le code]

La dernière réunion de l'organisation a lieu durant l'année 1950 à Bucarest et traite des aspects fonctionnels.

Après la mort de Staline en mars 1953, le Kominform se met petit à petit en veille : on se dirige vers la coexistence pacifique entre les deux blocs, l'organisation est dissoute le [2]. Cette dissolution est l'effet notamment de la déstalinisation lancée par Nikita Khrouchtchev en février 1956, après le XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique et le « rapport secret » sur le « culte de la personnalité » et les crimes de Staline.

PC participants[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

  • « Le Kominform était le camouflage d’une mini Internationale toujours dirigée de Moscou[3]. » (Charles Tillon)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie Chautard, Les éléments clés de la Guerre froide, Studyrama, 2001
  2. Lilly Marcou, Le Kominform: le communisme de guerre froide,Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1977.
  3. Charles Tillon, Un procès de Moscou à Paris, Seuil, Paris, 1971, 198 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]