Guerre sino-indienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre sino-indienne
India China Locator.png
Informations générales
Date 20 octobre – 21 novembre 1962
Lieu Aksai Chin et sud du Tibet
Issue Victoire militaire chinoise
Changements territoriaux L'Aksai Chin devient territoire chinois
Belligérants
Flag of India.svg Inde Flag of the People's Republic of China.svg République populaire de Chine
Forces en présence
10 000 80 000
Pertes
1 383 morts
3968 prisonniers
1696 disparus
722 tués
1697 blessés

La guerre sino-indienne est un conflit ayant opposé la République populaire de Chine et l'Inde en 1962, pour le contrôle de territoires himalayens.

Aksai Chin Sino-Indian border map.png

Première avancée chinoise en 1959[modifier | modifier le code]

Après l'annexion du Tibet en 1951, la Chine a repoussé sa frontière sud-ouest au détriment de l'Inde. L'armée populaire de libération pénétra au Ladakh le 7 août 1959, dans l'Himalaya occidental, et y construisit une route reliant l'Aksai Chin à la province chinoise du Sinkiang[1].

Conflit de 1962[modifier | modifier le code]

La guerre est déclenchée le 20 octobre 1962 par la Chine, dirigée par Mao Zedong, qui entend modifier la frontière héritée de la ligne McMahon en sa faveur.

Elle surprend le gouvernement indien, dirigé par Jawaharlal Nehru, qui avait, dans les années 1950, tenté de se rapprocher de la République populaire de Chine.

Les faibles garnisons des forces armées indiennes le long des 2 500 km de la frontière dont l'altitude dépasse parfois les 5 000 mètres ne sont pas préparées à répondre à cette agression et battent rapidement en retraite, 80 % des soldats défendant les postes avancés périssent ou sont faits prisonniers[2].

L'armée chinoise occupe les territoires de l'Aksai Chin au Cachemire et du futur État indien de l'Arunachal Pradesh, dans l'Assam, des zones très montagneuses revendiquées par la Chine. Le cessez-le-feu est déclaré le 20 novembre 1962, bien que l'armée chinoise ait les moyens de continuer sa progression. L'APL se retire des territoires occupés, sauf de l'Aksai Chin, qui est unilatéralement annexé et aujourd'hui toujours revendiqué par l'Inde, tandis que l'Arunachal Pradesh est revendiqué par la Chine.

Ce conflit a renforcé les tensions à la frontière sino-indienne et a causé la perte d'environ 3 000 Indiens et de 900 Chinois, essentiellement militaires[3] .

Suites et conséquences[modifier | modifier le code]

En octobre 1962, le Consulat général de l'Inde à Lhassa est fermé et n'a pas été rouvert depuis lors[4],[5].

Cette guerre eut une influence notable sur la rupture sino-soviétique, le gouvernement soviétique ayant pris ouvertement parti pour l'Inde, tout comme le gouvernement des États-Unis[6].

Des Lockheed U-2 de la CIA sont appelés à surveiller la frontière sino-indienne dès le 5 décembre 1962 depuis la Thaïlande puis à partir de la base aérienne de Charbatia, près de Cuttack en Inde, de fin mai 1964 jusqu'en juillet 1967[7].

En 1965, durant la Deuxième Guerre indo-pakistanaise, la Chine a menacé d'intervenir militairement au côté du Pakistan[8].

En avril 2005, un accord sino-indien est intervenu afin de régler leur différend frontalier, accord fixant les "grands principes" pour un règlement "définitif" du contentieux frontalier qui les oppose le long de l'Himalaya depuis la guerre de 1962.

Les violations de frontière par les forces chinoises restent malgré cela fréquentes avec, en 2008, 270 cas recensés entraînant une augmentation de la présence militaire indienne sur zone[9]. En 2010, le différend frontalier n'est toujours pas réglé[10].

En 2011, la Chine renforce ses troupes le long de la ligne de démarcation, déploie des missiles balistiques et multiplie les incursions en territoire indien, provoquant ainsi un regain de tension. En réponse, l'armée indienne prévoit de recruter 100 000 soldats sur cinq ans pour les déployer aux abords de la ligne de contrôle et d'y installer des missiles de croisière[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Serge-André Lemaire, « L'Himalaya indien », sur http://www.zonehimalaya.net/, Zone Himalaya,‎ 2010 (consulté le 14 mars 2010) .
  2. (fr) Claude Arpi, « LA GUERRE DE 1962 : LA POSITION DE LA FRANCE ENTREVUE DE GAULLE-NEHRU DE SEPTEMBRE 1962 », sur http://www.jaia-bharati.org/, La Revue d'Auroville,‎ mars 2005 (consulté le 14 mars 2010).
  3. (en) This tallies.
  4. Claude Arpi, An Indian Consulate in Lhasa?.
  5. India can reopen consulate in Lhasa:Chinese foreign ministry official, 25 août 2009.
  6. (fr) « Le conflit sino-indien », sur http://www.cartage.org.lb/, Le Monde,‎ 21 février 1979 (consulté le 14 mars 2010).
  7. « la CIA aidait New Dehli à surveiller les entrées chinoises en Inde », sur RTL,‎ 16 août 2013 (consulté le 17 août 2013).
  8. (fr) Christiane Tirimagni-Hurthig, « La fin de la guerre indo-pakistanaise de 1965, épuisement ou impasse », Revue française de science politique,‎ 1974 (consulté le 14 mars 2010).
  9. (en) Indrani Bagchi, « Chinese incursions into Indian territory rose sharply in 2008 », sur http://timesofindia.indiatimes.com/, Times of India,‎ 9 juin 2009 (consulté le 14 mars 2010) .
  10. (fr) Antoine Guinard, « La Chine et l’Inde continuent d’entretenir le flou frontalier au Ladakh », sur http://www.aujourdhuilinde.com/,‎ 13 janvier 2010 (consulté le 14 mars 2010).
  11. source : le nouvel observateur no 2454 du 17 au 23/11/2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]