Extrême gauche

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L'extrême gauche désigne les individus, groupes, mouvements, organisations et partis les plus à gauche sur l'échiquier politique, situés à gauche des partis socialistes et partis communistes traditionnels[1], c’est-à-dire les mouvements révolutionnaires qui militent pour le renversement du capitalisme, situés à gauche des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale[2].

Le terme « extrême gauche » désigne un courant politique aux racines diverses, voire contradictoires, qui englobe des mouvements comme le communisme, le socialisme, l'écologisme, le marxisme, le trotskisme, le léninisme, l'internationalisme, l'anarchisme et le féminisme[3].

Gauche et extrême gauche[modifier | modifier le code]

Le poing levé est le symbole de ralliement de nombreux militants d'extrême gauche.

L'extrême gauche, désignée parfois comme gauche radicale par certains politologues, se situe à gauche de la gauche, des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale. Il n'existe pas de définition qui puisse réellement circonscrire l'extrême gauche en termes de valeurs ou d'organisations, d'autant que la classification est parfois rejetée par les intéressés[réf. souhaitée]. Le concept d'extrême gauche est un concept politique qui amalgame (parfois abusivement) des courants divers et parfois contradictoires, de ce que l'on pourrait appeler la gauche anti-capitaliste. L'extrême gauche s'oppose aussi à la « gauche gestionnaire » de gouvernement. On peut néanmoins relever deux critères définissant l'extrême gauche au sens contemporain du terme : d'une part l'adhésion à différents courants du socialisme historique, soit d'une part le marxisme et ses variantes (léninistes, conseillistes…), d'autre part l'anarchisme et ses différentes tendances (communiste, collectiviste, mutualiste, individualiste…). L'extrême gauche se caractérise également par de très grandes disparités, que ce soit de par un nombre important d'organisations parfois éphémères, dans les détails des programmes de celles-ci, ou dans leur rapport à la violence : de nombreuses organisations d'extrême gauche ont ainsi participé historiquement au processus électoral dans le cadre de la démocratie parlementaire, tandis que des petits groupes comme les Brigades rouges en Italie ou la Fraction armée rouge en Allemagne, ont pratiqué la lutte armée ou le terrorisme. La définition de l'extrême gauche a varié avec le temps, se caractérisant surtout par un refus affiché des institutions politiques et sociales : en France, le PCF a ainsi cessé d'être classé comme un parti d'extrême gauche du fait de son acceptation des institutions et de sa participation à divers gouvernements.

Affiche du NPA à propos de la Révolution tunisienne, à Besançon (Doubs, France).

Il se distingue à cet égard des organisations trotskistes, ainsi que des anarchistes, anti-parlementaires par définition[4]. L'absence d'une définition opératoire unique de l'extrême gauche est en outre compliquée par la multiplication des vocables : l'extrême gauche peut être désignée par des termes comme « gauche de la gauche », « gauche radicale », ou « ultra-gauche », qui peuvent parfois se confondre avec elle et en être des synonymes, mais également désigner des objets politiques distincts. Le nom de gauche radicale peut être employé pour désigner, au sens large, les mouvements se situant à gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates proprement dit, ce qui inclut la gauche antilibérale dans son ensemble[5] et ne se limite pas à l'extrême gauche proprement dite[6]. Celui d'ultra-gauche tend à désigner, spécifiquement et historiquement, une tendance opposée au léninisme et incluant le conseillisme ou le situationnisme[7].

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Le drapeau rouge, utilisé comme symbole du mouvement ouvrier à partir du XIXe siècle et repris par les mouvements socialistes et communistes.

Les courants politiques désignés d'« extrême gauche » rejettent parfois cette appellation qui peut être interprétée comme une assimilation avec l'extrémisme. Le terme se réfère à l'origine aux emplacements respectifs des partis dans les assemblées ; or, certains courants d’extrême gauche rejettent le parlementarisme (d'autres la formation de parti elle-même). En effet, il faut distinguer d'une part l'étymologie et le sens originel du terme extrême gauche, avec d'autre part le sens actuel d'extrême gauche.

Au sein de l'extrême gauche, on peut distinguer :

Le terme « extrême gauche » regroupe des courants très différents, aux conceptions souvent radicalement opposées : par exemple, le courant léniniste au pouvoir en URSS a réprimé l’ensemble des courants d’extrême gauche[8]. Pour Serge Cosseron, il existe plusieurs stratégies parmi les mouvements d’extrême gauche actuels : « Les uns ont une politique léniniste classique (renforcement du parti), et d'autres ont une politique plus « mouvementiste » tentant de s'articuler à des mouvements sociaux[9] ». Les deux n'étant pas incompatibles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 par Hoüel.
Vladimir Ilitch Lénine, chef du premier gouvernement à s'être, dans l'histoire, réclamé du communisme.

Les origines de l'extrême gauche remontent à la Révolution française[10], et plus particulièrement à Gracchus Babeuf, un révolutionnaire français qui pensa à une société sans classe et créera la « Conjuration des Égaux » en 1796, une tentative pour renverser le Directoire dans le but d'établir une « parfaite égalité ». Les idées de cette Conjuration sont présentées dans un livre de Sylvain Maréchal et de Babeuf intitulé Manifeste des Égaux, publié en 1796. On peut y lire :

« Il nous faut non pas seulement cette égalité transcrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, nous la voulons au milieu de nous, sous le toit de nos maisons. […] Qu'il cesse enfin, ce grand scandale que nos neveux ne voudront pas croire ! Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvre, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés. […] L'instant est venu de fonder la République des Egaux, ce grand hospice ouvert à tous les hommes. […] L'organisation de l'égalité réelle, la seule qui réponde à tous les besoins, sans faire de victimes, sans coûter de sacrifices, ne plaira peut-être point d'abord à tout le monde. L'égoïste, l'ambitieux frémira de rage. »

Le « babouvisme », cette doctrine créée par Babeuf, va inspirer dans les années 1830 et 1840 une poignée de révolutionnaires qui seront nommés les « néo-babouvistes »[11],[12]. Le babouvisme sera également une genèse pour le communisme, ce dernier étant plus tard théorisé entre autres par Friedrich Engels et Karl Marx[13], et enfin Rosa Luxemburg déclare que Babeuf est le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires contre le capitalisme[14].

Une date importante pour l'extrême gauche est la Révolution russe, survenue en 1917, qui aboutit en février à la chute du régime tsariste de Russie. Lénine instaure un régime qui se réclame des idées socialiste mais est également inspiré du terrorisme pratiqué par certains révolutionnaires russes contre l'Empire russe[15]. Il dirige le pays jusqu'en 1922 et à sa mort en 1924, le léninisme va se diviser en trois courants : le Stalinisme, le trotskisme et le bordiguisme (nommé également la gauche communiste italienne), mais il est fortement critiqué par les adeptes du marxisme.

Division du communisme[modifier | modifier le code]

Léon Trotski, personnage important dans le développement de l'extrême-gauche.

Au cours des années suivant 1924, le stalinisme se développe en Union soviétique, une dictature basée sur la terreur et le culte de la personnalité. Le communisme se divise en plusieurs courants opposés. Les antistaliniens sont progressivement exclus des Partis communistes, et créent des organisations d'extrême gauche. En France, c'est le cas du groupe de La Révolution prolétarienne, de la Ligue communiste (trotskiste), ou encore du Cercle communiste démocratique.

Un courant d'extrême gauche se développe également au sein de la SFIO socialiste, la Gauche révolutionnaire. Exclue du parti en 1938, cette tendance crée alors le Parti socialiste ouvrier et paysan.

En 1938, les partisans de Trotski proclament la création de la Quatrième Internationale. Dès 1922, une autre « Quatrième Internationale ouvrière » avait été proclamée : l'Internationale communiste ouvrière. D'autres courants se retrouvent dans l'Opposition communiste internationale ou le Centre marxiste révolutionnaire international.

Mai 1968[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mai 68.
Exemple d'affiche utilisée durant mai 68.

Un nouvel évènement français va accentuer le poids de l'extrême-gauche en France : Mai 1968, d'abord un mouvement de révolte étudiante qui critique le fonctionnement au sein de l'université française qui débouche sur des grèves et une crise sociale spectaculaire[16], qui contesta la société de consommation, le capitalisme et le gaullisme, cette révolte gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les classes sociales du pays. Cette gréve devient la plus importante de la Ve République, dépassant celle survenue en juin 1936 lors du Front populaire[17]. Elle paralyse entièrement le pays pendant plusieurs semaines et s'accompagne d'une recherche importante de la prise de parole, des discussions, de débats, d'assemblées générales, de réunions informelles partout.

Explosion souvent confuse, plus souvent encore ludique, Mai 68 apparaît comme un moment d'illusion révolutionnaire poétique, la foi ardente d'une possibilité d'une transformation radicale des mœurs. Ce que refléta notamment une prolifération de graffitis et de slogans imaginatifs : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d'interdire », « Jouissez sans entraves », « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi », « La vie est ailleurs », « Soyez réalistes, demandez l'impossible », « Marx est mort, Dieu aussi, et moi-même je ne me sens pas très bien », « Élections, piège à cons »[18]etc.

Parfois qualifiée de « révolution manquée », et malgré le large recours aux symboles des anciennes révolutions françaises — barricades, drapeaux rouge et noir —, Mai 68 ne vit en réalité aucune guerre civile, bien que plusieurs organisations et mouvances révolutionnaires, communistes et anarchistes, aient lutté activement dans le mouvement et participé à son organisation.

Le 12 juin 1968, onze mouvements jugés extrémistes sont dissout :

Après Mai 68[modifier | modifier le code]

Au lendemain des événements de Mai 68, l'extrême gauche est apparue au grand jour au sein de la politique. Il est marqué par exemple par Action directe : un groupe terroriste anarcho-communiste[19], issu du mouvement autonome en France et anti-franquiste[19],[20]. La Fraction armée rouge en Allemagne, un groupe Anti-impérialiste dissoute en 1998[21] et le groupe Marxisme-léninisme Brigades rouges en Italie, ces périodes particulièrement violentes marqués par des groupes terroristes extrémistes est nommé les années de plomb.

Manifestation anti-capitaliste au Mexique

Aujourd'hui, les partis d'extrême-gauche militent pour le renversement du capitalisme, selon les militants de Lutte ouvrière et du porte-parole de ce parti, les capitalistes sont « libre d’exploiter des ouvriers et de les jeter à la rue quand cela les arrange, de ruiner des régions entières, de ne pas répondre aux besoins de l’humanité, d’investir dans les secteurs les plus nuisibles, de polluer et de détruire… »[22].

Bien que l'extrême gauche regroupe de nombreux mouvements hétérogènes (trotskisme, anarchisme, gauche communiste, etc., mouvements qui eux-mêmes regroupent diverses sensibilités), on peut considérer qu'elle a pour point commun d'être à la gauche du Parti socialiste et du Parti communiste[23]. Bien qu'elle ait parfois intégré d'autres idéologie comme le féminisme et l'écologie politique.

L'extrême gauche contemporaine est représentée en France particulièrement par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), créé après la dissolution de la LCR, ainsi que par des groupes anarchistes (Fédération anarchiste et Alternative libertaire en tête), ainsi que par ce qu'on a pu désigner sous le nom de mouvement autonome. Le Parti de Gauche, le Parti communiste et le Front de Gauche sont également parfois classés à l’extrême-gauche, malgré le fait qu'ils soient généralement considérés comme des partis de gauche.

Fondements idéologiques de l'extrême-gauche[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Marxisme, Communisme, Trotskisme et Anarchisme.

Renversement du capitalisme[modifier | modifier le code]

La pyramide du système capitaliste, selon l'organisation syndicale Industrial Workers of the World, 1911.

Le principal fondement de l'idéologie d'extrême-gauche est l'abolition du système capitaliste. Selon Karl Marx, le capitalisme est un système par nature inégalitaire qui contraint les êtres humains à l'aliénation, à l'exploitation, et à la lutte fratricide : il doit donc pour lui être aboli.

Selon le Nouveau Parti anticapitaliste, « Les riches se gavent de profits pendant que nos salaires, nos pensions de retraites, nos minima sociaux stagnent ou régressent, notre pouvoir d'achat diminue. La crise financière que les grands actionnaires, le patronat et le gouvernement veulent nous faire payer aggrave chaque jour les conditions de vie de la majorité de la population »[24].

Il souhaite « en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication », fondement du capitalisme, à laquelle il oppose « la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins »[25]

Sur le site de Lutte ouvrière, il dit « Ils accusent les communistes d’être des ennemis de la liberté. De leur liberté d’entreprendre et d’exploiter ? Oui ! Parce que celle-ci ne s’exerce jamais en fonction des intérêts de l’humanité mais en fonction du seul profit. C’est pourquoi nous pensons qu’il serait tout à fait légitime de restreindre la « liberté d’entreprendre » en retirant aux capitalistes les moyens de nuire. »[22]

Écosocialisme et antiproductivisme[modifier | modifier le code]

L'une des bases de l'écosocialisme est la relecture de Marx intégrant la totalité de ses œuvres, selon lui, la question de la nature spécifique du travail et lié au capitaliste. En France, le Nouveau Parti anticapitaliste et sa dissidence la Gauche anticapitaliste inscrivent l'écosocialisme dans leurs principes fondateurs, Fustigeant « toute forme de productivisme », il défend une « relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire »[26]. Cependant, l'écosocialisme et l'antiproductivisme peuvent distingue d'un parti d'extrême gauche à l'autre, c'est le cas en France avec Lutte ouvrière[27].

Antifascisme[modifier | modifier le code]

L'antifascisme est revendiqué par des mouvements politiques d'extrême-gauche, le plus connu en France est la Section carrément anti Le Pen[28], apparu en 1984 à Toulouse[29] et issu de la mouvance autonome mais aussi les Francs-tireurs partisans et la Coordination antifasciste de Belgique.

Apparu dans les années d'après-guerre, puis a grossi à partir des années 1960 et 1970, ne s'opposant plus seulement aux groupes fascistes et nazis, mais par généralisation à toute politique de droite dite « dure », qu'elle soit sécuritaire, conservatrice ou patriotique, voire « néo-libérale ». Ainsi certains politiciens de droite comme Nicolas Sarkozy en France ou Oskar Freysinger en Suisse, ou leurs partis, sont fortement critiqués par les mouvements antifascistes actuels[30].

Certains mouvements se réclamant de l'antifascisme ne s'opposent pas uniquement à l'extrême-droite, mais à la droite en général, ainsi qu'au capitalisme (ce qui était déjà souvent le cas à l’origine de l’antifascisme, dans les années 1920 et 1930).

La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène « Skinhead de gauche » par le biais des organisations type RASH (Red and Anarchist SkinHead), Redskin (Skinhead Communistes) et SHARP (SkinHead Against Racial Prejudices), ainsi qu'à une partie de la mouvance altermondialiste et anticapitaliste qui ont par la suite créé des groupes Antifa (exemple de groupe connu à Paris : les Red Warriors).

Féminisme, altermondialisme et antiracisme[modifier | modifier le code]

L'extrême-gauche s'oppose également à toute hiérarchisation des populations, toutes oppressions, tout forme de racisme et de discrimination.

L'extrême-gauche cherche à promouvoir et établir les droits des femmes dans la société, créant ainsi une « égalité parfaite » entre les deux sexes. Le NPA considère que les femmes sont victimes d'une « oppression spécifique » et que « la lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste », en conséquence de quoi « il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes ».

L'altermondialisme est également une des idéologies de l'extrême-gauche, opposé au mondialisme néolibéral qui est jugé dangereux et injuste. Il propose une autre mondialisation.

Extrême-gauche en Europe et dans le monde[modifier | modifier le code]

Extrême-gauche en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en France.

Les mouvements trotskistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trotskisme en France.
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, à Reims pendant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Le mouvement trotskiste en France se distingue par une présence visible dans la vie politique française et les luttes sociales. Deux figures sont particulièrement populaires en raison de leurs fréquentes apparitions télévisées et de leur score électoraux élevés à l’échelle de l’extrême gauche mondiale : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Ce courant se caractérise par la stabilité de trois courants majeurs depuis les années 1953-1956, malgré les changements de noms : la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière (ou Union communiste (trotskyste), membre de l'UCI (Union communiste internationaliste), et le Courant communiste internationaliste (CCI), courant majoritaire du Parti des travailleurs, qui se réclame du trotskisme. Ces trois organisations disposent d’une présence effective dans les luttes sociales, d’une bonne implantation syndicale et associative, de quelques élus locaux, et bénéficient de financements publics en raison de leurs scores électoraux.

Par son fonctionnement propice aux discussions internes, la Ligue communiste révolutionnaire a attiré de nombreuses petites organisations trotskistes, qui estiment qu’il est plus intéressant de militer en son sein que de poursuivre une existence autonome. C’est le cas notamment de l’Alliance marxiste révolutionnaire, Voix des travailleurs, Pouvoir ouvrier, Socialisme international, Socialisme par en bas et d’une partie de la Gauche révolutionnaire. Le groupe subsistant de la Gauche révolutionnaire et le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste pourraient faire de même dans le cadre du projet sur le nouveau parti anti-capitaliste initié par la LCR.

À l’inverse, les nombreuses scissions des organisations trotskistes ont entraîné la création d’un nombre considérable de groupes d’influence limitée, même s’ils disposent le plus souvent de quelques cadres syndicaux bien implantés localement. C’est le courant lambertiste (nom donné au courant trotskiste à l'intérieur du Parti des Travailleurs, par référence à son fondateur, Pierre Lambert) qui a le plus de branches, avec La Commune, Toute la vérité, Carré rouge, et les rameaux issus de la scission de Stéphane Just, dont proviennent le Comité communiste internationaliste (trotskiste), le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, l’Abeille rouge… Il reste peu de scissions subsistantes de la Ligue communiste révolutionnaire, les plus notable étant la Ligue trotskiste de France et sa propre scission, le Groupe internationaliste.

Enfin, plusieurs courants trotskistes internationaux essaient de s’implanter en France en suscitant des organisations sœurs. Outre celles qui militent au sein de la Ligue communiste révolutionnaire, on peut citer La Riposte, qui a la particularité de militer dans le Parti communiste français, mais aussi des groupes plus restreints comme Le Militant, issu de la tendance trotskiste internationale Militant de Ted Grant, Stratégie internationale d'origine Argentine, ou encore le Parti communiste révolutionnaire trotskiste (PCR/T) affilié à la Quatrième internationale posadiste et issu des thèses de Juan Posadas.

Stand du NPA lors de la manifestation du 1er mai 2009 à Paris.

Le mouvement libertaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Anarchisme en France.
Manifestation contre l'EPR, Lyon, 17 mars 2007, place Bellecour. Banderole de la fédération anarchiste.

Si le « mouvement libertaire » s'investit pleinement dans les mouvements sociaux radicalisés, il refuse globalement de se laisser enfermer sous l'étiquette « extrême-gauche » : ses bases théoriques et son passé historique l'oppose radicalement aux courants marxistes autoritaires (léninisme, trotskisme, stalinisme, etc).

Groupes, collectifs, syndicats qui composent le mouvement libertaire (liste non exhaustive) :

Groupes issus du maoïsme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Maoïsme et Mao-spontex.

Le courant maoïste est apparu en France dans les années 1960. Complexe en raison de son usage fait de la Révolution culturelle de Mao, on peut le distinguer en deux groupes principaux :

Ce second courant a très fortement décliné au cours des années 1975-1985. Aujourd'hui l'influence politique des maoïstes est quasi-inexistante.

Groupes de gauche communiste[modifier | modifier le code]

Cette catégorie regroupe les courants dit aussi « communistes de gauche », notamment le communisme de conseils et le luxemburgisme. On parle parfois d'« ultragauche » pour certains courants se réclamant du communisme de gauche, bien que sa récente utilisation médiatique soit critiquée[33].

  • Échanges et mouvement.
  • Mouvement Communiste.
  • Démocratie Communiste (Luxemburgiste).
  • Théorie Communiste.
  • Réseau Luxemburgiste International.
  • Union Pour le Communisme

Autres mouvements proches des idées de l'extrême gauche[modifier | modifier le code]

Ces mouvements ne revendiquent pas forcément d'affiliation marxiste.

Extrême-gauche en Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en Belgique.

Extrême-gauche en Italie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Extrême gauche en Italie.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Bien que généralement classée à gauche, ou au centre-gauche, Gauche, écologie et liberté est classée à l’extrême gauche par le politologue italien Giovanni Orsina dans un entretien accordé au Figaro[34].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, John George et Laird Wilcox ont identifié le Communist Party USA, le Socialist Workers Party, Black Panther Party, Students for a Democratic Society et le Progressive Labor Party comme étant classés à l'extrême-gauche[35].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

Bibliographie socialisme[modifier | modifier le code]

Bibliographie communisme[modifier | modifier le code]

Bibliographie anticapitalisme[modifier | modifier le code]

Bibliographie anarchisme[modifier | modifier le code]

Histoire de l'anarchisme[modifier | modifier le code]

Littérature anarchiste[modifier | modifier le code]

Textes anciens[modifier | modifier le code]
Textes contemporains[modifier | modifier le code]

Sources historiques[modifier | modifier le code]

Chant[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Histoire :

Concepts :

Courants :

Opposition :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Serge Cosseron (Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 20), le terme sert à qualifier « tous les mouvements se situant à la gauche du Parti communiste ».
  2. Olivier Piot, L'Extrême gauche, p. 9 : L'expression « extrême gauche » désigne l'ensemble des groupes et organisations politiques qui se situent à gauche de ces deux courants de la gauche française que sont la social-démocratie (PS, Verts, PRG) et le PC. Contrairement à ces partis, mais aussi à certaines tendances de la « gauche radicale » (altermondialisme, José Bové), qui défendent une idéologie réformiste de gestion du capitalisme, les organisations d'extrême gauche prônent le renversement du capitalisme par la révolution.
  3. universalis.fr Introduction
  4. Nelly Haudegand, Pierre Lefébure, Dictionnaire des questions politiques, éditions de l'Atelier, 2000, pages 101-103
  5. Michel Soudais, Gauche radicale, un accord a été trouvé en vue des régionales, Politis, 29 septembre 2009
  6. Sophie Heine, La gauche radicale au Belgique
  7. Christophe Bourseiller, À gauche, toute!:Trotskistes, néo-staliniens, libertaires, "ultra-gauche, " situationnistes, altermondialistes, CNRS Éditions, 2009, page 143
  8. Voline écrit ainsi dans La révolution inconnue : « D'autre part, le pouvoir bolchéviste dut soutenir une lutte, longue et difficile : 1° contre ses ex-partenaires, les socialistes-révolutionnaires de gauche ; 2° contre les tendances et le mouvement anarchistes. Naturellement, ces mouvements de gauche combattirent les bolchéviks, non pas du côté contre-révolutionnaire, mais, au contraire, au nom de la "véritable Révolution sociale" trahie, à leur sens, par le parti bolchéviste au pouvoir. »
  9. « Un rassemblement à gauche reste impossible » », débat avec Serge Cosseron, auteur du Dictionnaire de l'extrême gauche, lemonde.fr, 21 mai 2005.
  10. Christine Pina, L’extrême gauche en Europe, Paris, Les études de la Documentation française, 2005.
  11. Varda Furman et Francis Démier, Louis Blanc, un socialiste en république, Creaphis éditions,‎ 2005, 224 p. (lire en ligne), « Association et organisation du travail. Points de rencontre entre les néo-babouvistes français et belges et Louis Blanc », p. 197-
  12. Alain Maillard, Présence de Babeuf : lumières, révolution, communisme : actes du colloque international Babeuf, Amiens, les 7, 8 et 9 décembre 1989, Publications de la Sorbonne,‎ 1994, 334 p. (lire en ligne), « De Babeuf au babouvisme  : Réceptions et appropriations de Babeuf aux XIXe et XXe siècles », p. 261-280
  13. Karl Marx, Sur la Révolution française, Paris, Éditions sociales,‎ 1985, « La critique moralisante et la morale critique... », p. 91
  14. Michèle Ressi, L'Histoire de France en 1 000 citations : Des origines à nos jours,‎ 2011, 519 p. (lire en ligne), p. 258.
  15. Dictionnaire du communisme, Larousse à présent, p. 557. Voir par exemple la Narodnaïa Volia.
  16. événements de mai 1968
  17. Ross 2010.
  18. Bernard Lachaise et Sabrina Tricaud, Georges Pompidou et mai 1968, Peter Lang,‎ 2009, 203 p. (ISBN 978-90-5201-468-5, lire en ligne), p. 34
  19. a et b Jean-Guillaume Lanuque, « Action Directe. Anatomie d’un météore politique », sur www.dissidences.net, Dissidences,‎ février 2006 (consulté le 29 juin 2011)
  20. Michaël Prazan, Une histoire du terrorisme, Flammarion, 2012, p. 330
  21. Pourquoi nous arrêtons (RAF, 1998) - Communiqué Fraction Armée Rouge, mars 1998 (voir archive)
  22. a et b Renverser le capitalisme
  23. Les partis politiques français Pierre Bréchon, Études de la documentation française, ISSN 1763-6191, Nº. 5208-5209, 2005
  24. Qui Sommes-nous ? - Site du NPA
  25. Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès - Site du NPA, 13 février 2009
  26. Sortir du nucléaire en moins de 10 ans, c'est possible ! - Site du NPA, 8 mars 2013
  27. Voir le point de vue critique exprimé dans la revue Lutte de classe du groupe Lutte ouvrière : La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire - Lutte de classe, juillet 2009
  28. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême-gauche, Paris, Larousse, 2007, p.  77-79
  29. Un "collector" à télécharger : le jingle sonore réalisé par le SCALP pour la manif du 5 mars 1985… - Kinoks, 22 novembre 2006
  30. « Bündnis Alle gegen Rechts » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-27 :
    « Das Bündnis "Alle gegen Rechts" bekämpft nicht "nur" die NazischlägerInnen auf den Strassen und den wiederaufkeimenden Faschismus und Antisemitismus in der Politik und an den Stammtischen. Unser Kampf richtet sich auch gegen alle anderen unterdrückerischen und ausbeuterischen Strukturen und Systeme (Staat, Patriarchat, Kapitalismus, Sexismus…) mit denen eine freie, emanzipierte, selbstbestimmte und solidarische Gesellschaft nicht möglich ist! » (« L'Alliance "tous contre la droite" ne combat pas "que" les nazis dans les rues et le retour du fascisme et de l'antisémitisme dans la politique et dans les bistrots. Notre combat se dirige aussi contre tous les systèmes et structures oppressifs et productifs (État, patriarcat, capitalisme, sexisme, etc.) avec lesquels une société libre, émancipée, autogérée et solidaire n'est pas possible »)
  31. Six présidents à l'épreuve des quinze événements qui ont changé la Ve République, Jacques Raynaud, Éditions L'Harmattan, 2011 page 83 et suivantes books.google.fr
  32. a, b, c et d Voir à ce sujet les deux tomes d'Hervé Hamon et de Patrick Rotman, Génération, Le Seuil (tome 1, 1987 ; tome 2, 1988), qui retracent cette histoire.
  33. CQFD (no 56, mai 2008) consultable sur « Enquête » sur l’« ultragauche » : Une leçon de journalisme (CQFD) par Iffik Le Guen.
  34. « Le leader du mouvement d'extrême gauche Nichi Vendola », d'après Giovanni Orsina, « Le système politique italien est complètement déstructuré », in Le Figaro, mercredi 27 février 2013, p. 14.
  35. (en) Richard Pierard, « American Extremists: Militias, Supremacists, Klansmen, Communists, & Others », Journal of Church and State, Oxford Journals, vol. 40, no 4,‎ 1998, p. 912-913 (lien DOI?)
  36. Irène Pereira, L'anarchisme : une introduction, Nonfiction, 24 mars 2013, notice.
  37. Increvables anarchistes, 10 volumes, lire en ligne.