Extrême gauche

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Affiche du NPA à propos de la Révolution tunisienne, à Besançon (Doubs, France).

L'extrême gauche désigne les individus, groupes, mouvements, organisations et partis les plus à gauche sur l'échiquier politique, situés à gauche des partis socialistes et partis communistes traditionnels[1], c’est-à-dire les mouvements révolutionnaires qui militent pour le renversement du capitalisme, situés à gauche des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale[2].

Le terme extrême gauche désigne un courant politique aux racines diverses, voire contradictoires, qui englobe des mouvements comme le communisme, le socialisme, l'écologisme, le marxisme, le trotskisme, le léninisme, l'internationalisme, l'anarchisme et le féminisme[3].

Sommaire

Gauche et extrême-gauche [modifier]

Le poing levé est le symbole de ralliement des militants d'extrême-gauche.

L'extrême-gauche ou la gauche radicale pour certains politologue signifiant par là qu'elle se situe à la limite de la gauche des mouvements réformistes et de la gauche antilibérale. Il n'existe pas de définition qui puisse réellement circonscrire l'extrême gauche en termes de valeurs ou d'organisations, d'autant que la classification est parfois rejetée par les intéressés[réf. souhaitée]. Le concept d'extrême-gauche est un concept politique aux contours controversés[réf. souhaitée] qui amalgame (parfois abusivement) les courants divers et parfois contradictoires, de ce que l'on pourrait appeler la gauche anti-capitaliste (par opposition à la « gauche gestionnaire » de gouvernement). On peut néanmoins relever deux critères définissant l'extrême gauche au sens contemporain du terme : d'une part l'adhésion à différents courants du socialisme historique, soit d'une part le marxisme et ses variantes (léninistes, trotskistes, maoïstes, conseillistes...), d'autre part l'anarchisme et ses différentes tendances (communiste, collectiviste, mutualiste, individualiste...). L'extrême gauche se caractérise également par de très grandes disparités, que ce soit de par un nombre important d'organisations parfois éphémères, dans les détails des programmes de celles-ci, ou dans leur rapport à la violence : des organisations d'extrême gauche ont ainsi participé historiquement au processus électoral dans le cadre de la démocratie parlementaire, tandis que d'autres comme les Brigades rouges en Italie ou la Fraction armée rouge en Allemagne, ont pratiqué la lutte armée ou le terrorisme. La définition de l'extrême gauche a varié avec le temps, se caractérisant surtout par un refus affiché des institutions politiques et sociales : en France, le PCF a ainsi cessé d'être classé comme un parti d'extrême gauche du fait de son acceptation des institutions et de sa participation à divers gouvernements. Il se distingue à cet égard des organisations trotskistes, ainsi que des anarchistes, anti-parlementaires par définition[4]. L'absence d'une définition opératoire unique de l'extrême gauche est en outre compliquée par la multiplication des vocables : l'extrême gauche peut être désignée par des termes comme « gauche de la gauche », « gauche radicale », ou « ultra-gauche », qui peuvent parfois se confondre avec elle et en être des synonymes, mais également désigner des objets politiques distincts. Le nom de gauche radicale peut être employé pour désigner, au sens large, les mouvements se situant à gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates proprement dit, ce qui inclut la gauche antilibérale dans son ensemble[5] et ne se limite pas à l'extrême-gauche proprement dite[6]. Celui d'ultra-gauche tend à désigner, spécifiquement et historiquement, une tendance opposée au léninisme et incluant le conseillisme ou le situationnisme[7].

La gauche radicale ne suit pas nettement les contours des partis politiques puisqu'elle en coupe certains en deux. En France par exemple, c'est le cas pour Les Verts ou même pour le Parti socialiste comme l'ont montré les divergences en son sein au moment du référendum sur le Traité constitutionnel, puis la rupture de la tendance dirigée par Jean-Luc Mélenchon[8]. La première frontière sépare les sociaux-libéraux et les anti-libéraux. La Gauche antilibérale s'est constitué sur la base de l'opposition au social-libéralisme identifié à tous ceux dont l'objectif est de dépasser le clivage entre libéralisme et socialisme. Ce social-libéralisme renvoie à des courants aussi différents que l'ex-Fondation Saint-Simon, la « troisième voie » de Tony Blair et de Anthony Giddens, la social-démocratie de Dominique Strauss-Kahn ou le social-libéralisme théorique de Monique Canto-Sperber[8].

Caractéristiques générales [modifier]

Le drapeau rouge, utilisé comme symbole du mouvement ouvrier à partir du XIXe siècle et repris par les mouvements socialistes, puis communistes.

Les courants politiques désignés d'« extrême gauche » rejettent parfois cette appellation qui peut être interprétée comme une assimilation avec l'extrémisme. Le terme se réfère à l'origine aux emplacements respectifs des partis dans les assemblées ; or, certains courants d’extrême gauche rejettent le parlementarisme (d'autres la formation de parti elle-même). En effet, il faut distinguer d'une part l'étymologie et le sens originel du terme extrême gauche, avec d'autre part le sens actuel d'extrême gauche.

Au sein de l'extrême gauche, on peut distinguer :

Le terme « extrême gauche » regroupe des courants très différents, aux conceptions souvent radicalement opposées : par exemple, le courant léniniste au pouvoir en URSS a réprimé l’ensemble des courants d’extrême gauche[9]. Pour Serge Cosseron, il existe plusieurs stratégies parmi les mouvements d’extrême gauche actuels : « Les uns ont une politique léniniste classique (renforcement du parti), et d'autres ont une politique plus « mouvementiste » tentant de s'articuler à des mouvements sociaux[10] ». Les deux n'étant pas incompatibles.

Histoire [modifier]

Origines [modifier]

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 par Hoüel.
Vladimir Ilitch Lénine, chef du premier gouvernement à s'être, dans l'histoire, réclamé du communisme.

Les origines de l'extrême-gauche peuvent être remontés à la Révolution française[11], et plus particulièrement avec Gracchus Babeuf, un révolutionnaire français qui pensa à une société sans classe et aboutira aux « Conjuration des égaux » en 1796, une tentative pour reversé le Directoire dans le but d'établir une « parfaite égalité ». Les idées de cette Conjuration est présenté dans un livre de Sylvain Maréchal et de Babeuf nommé Manifeste des Égaux publié en 1796. On peut y lire :

« Il nous faut non pas seulement cette égalité transcrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, nous la voulons au milieu de nous, sous le toit de nos maisons. […] Qu'il cesse enfin, ce grand scandale que nos neveux ne voudront pas croire ! Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvre, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés. […] L'instant est venu de fonder la République des Egaux, ce grand hospice ouvert à tous les hommes. […] L'organisation de l'égalité réelle, la seule qui réponde à tous les besoins, sans faire de victimes, sans coûter de sacrifices, ne plaira peut-être point d'abord à tout le monde. L'égoïste, l'ambitieux frémira de rage. »

Le « babouvisme » est cette doctrine crée par Babeuf va inspiré dans les années 1830 et 1840 une poignée de révolutionnaires qui seront nommés les « néo-babouvistes »[12],[13]. Le babouvisme sera également un genèse pour le communisme, ce dernier est imaginé par Friedrich Engels et Karl Marx[14], et enfin Rosa Luxemburg déclare que Babeuf est le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires contre le capitalisme[15].

Un autre point de départ pour l'extrême-gauche est la Révolution russe, survenu en 1917 va aboutir en février à la chute du régime tsariste de Russie. Lénine instaure un régime communiste qu'il a imaginé, inspiré par des idées socialiste et par le terrorisme pratiqué par certains révolutionnaires russes contre l'Empire russe[16]. Il dirige le pays jusqu'en 1922 et à sa mort en 1924, le léninisme va se divisé en trois courants : le Stalinisme, le trotskisme et le bordiguisme (nommé également la gauche communiste italienne), mais il est fortement critiqué par les adaptes du marxisme.

Division du communisme [modifier]

Léon Trotski, personnage important dans le développement de l'extrême-gauche

L'extrême-gauche sera marqué par la personnalité de Trotski, aussi surnommé « génie de la révolution d'Octobre ».

Le stalinisme se développe en Union soviétique, une dictature instaurée sur la terreur et le culte de la personnalité. En France, le Front populaire, regroupant le Parti communiste français, la Section française de l'Internationale ouvrière et le Parti radical-socialiste, ce gouvernement est le premier de la IIIe République dirigé par les socialistes et établie plusieurs réformes sociales pour les ouvriers : les congés payés, la réduction du temps de travail avec la semaine de quarante heures et l'établissement des conventions collectives. Ayant vécu en France plusieurs fois, notamment durant les années 1930 et sera le genèse de la Quatrième Internationale, la présence de l'œuvre de Trotski est indélébile au sein de l'extrême-gauche. Le 20 août 1940, Léon Trotski est assassiné à coups de piolet dans sa résidence au Mexique, par un agent soviétique, du nom de Ramon Mercader (Jacson Mornard), qui a réussi à infiltrer son entourage.

Après la Seconde Guerre mondiale, David Korner, alias Barta, une jeune militant trotskiste roumain crée un groupe politique trotskiste le 1er septembre 1939 qui est connu aujourd'hui sous le nom de Lutte ouvrière et deviendras le premier parti d'extrême-gauche en France.

Mai 1968 [modifier]

Affiche contre la répressions patronale.

Un nouvelle évènement français va accentuer l'extrême-gauche en France : Mai 1968, d'abord un mouvement de révolte étudiante qui critique le fonctionnement au sein de l'université française qui débouche sur des grèves et une crise sociale spectaculaire[17], qui contesta contre la société de consommation, le capitalisme et la gaullisme, cette révolte gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les classes sociales du pays. Cette gréve devient la plus importante de la Ve République, dépassant celle survenue en juin 1936 lors du Front populaire[18]. Elle paralyse entièrement le pays pendant plusieurs semaines et s'accompagne d'une recherche importante de la prise de parole, des discussions, de débats, d'assemblées générales, de réunions informelles partout.

Explosion souvent confuse et violente, plus souvent encore ludique, Mai 68 apparaît comme un moment d'illusion révolutionnaire poétique, la foi ardente d'une possibilité d'une transformation radicale des moeurs. Ce que refléta notamment une prolifération de graffiti et de slogans imaginatifs : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d'interdire », « Jouissez sans entraves », « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi », « La vie est ailleurs », « Soyez réalistes, demandez l'impossible », « Marx est mort, Dieu aussi, et moi-même je ne me sens pas très bien », « Élections, piège à cons »[19]etc.

Parfois qualifiée de « révolution manquée », et malgré le large recours aux symboles des anciennes révolutions françaises — barricades, drapeaux rouge et noir —, Mai 68 ne vit en réalité aucune guerre civile, bien que plusieurs organisations et mouvances révolutionnaires, communistes et anarchistes, aient lutté activement dans le mouvement et participé à son organisation.

Le 12 juin 1968, onze mouvements jugés extrémistes sont dissout :

Après Mai 68 [modifier]

Au lendemain des événements de Mai 68, le philosophe français André Gorz écrit son livre Réforme et révolution. Il y affirme notamment[20] : "L’avènement du socialisme ne résultera ni d’un aménagement progressif du système capitaliste, tendant à rationaliser son fonctionnement et à institutionnaliser les antagonismes de classe ; ni de ses crises et de ses déséquilibres, dont le capitalisme ne peut éliminer ni les causes ni les effets, mais qu’il sait empêcher désormais de revêtir une acuité explosive ; ni d’un soulèvement spontané des mécontents ; ni de l’anéantissement, à coup d’anathèmes et de citations, des social-traîtres et des révisionnistes. Il résultera seulement d’une action consciente et à long terme dont le début peut être la mise en œuvre graduelle d’un échelonnement cohérent de réformes, mais dont le déroulement ne peut être qu’une succession d’épreuves de force, plus ou moins violentes, tantôt gagnées, tantôt perdues ; et dont l’ensemble contribuera à former et à organiser la volonté et la conscience socialistes des classes travailleuses." En cela, les positions de Gorz s'apparentent au marxisme mais, en même temps, se démarquent de son orthodoxie par le fait qu'elles valorisent le rôle de la responsabilité individuelle.

Mais la fin de sa vie est marquée par un revirement. Dans Misères du présent, richesse du possible (1997) puis L'immatériel (2003), Gorz considère que l'évolution récente du capitalisme est marquée par la disparition de la valeur travail et par l'émergence de l'intelligence en tant que génératrice de richesse. À cette époque, il s'intéresse à ce que l'on appelle la Wertkritik (critique de la valeur), courant intellectuel allemand principalement représenté par la revue Krisis et la personnalité de Robert Kurz, ainsi que par les écrits du sociologue et historien américain Moishe Postone. Dans les deux cas, est réinterprétée la théorie critique de Marx. Gorz considère alors comme révolutionnaire tout changement de mode de vie caractérisé d'une part par une consommation moindre d'énergie, d'autre part (et de façon corollaire) par une réduction drastique de la durée du temps de travail ainsi qu'une redéfinition complète de la notion de travail. La surconsommation d'énergie des uns condamnant inévitablement les autres à la misère et menaçant à terme l'équilibre de la planète, adopter un mode de vie sobre est désormais une nécessité absolue[21]. La révolution, avant de s'inscrire dans des changements institutionnels, passe donc par une prise de conscience de chaque individu et surtout la traduction de cette prise de conscience dans ses actes au quotidien. Aujourd'hui au centre du débat de la décroissance, les analyses de Gorz ont contribué à mettre en lien les questions de transformation sociale et d'écologie avec une réflexion sur l'individualisme.

Après Mai 68, l'extrême gauche est apparu au grand jour au sein de la politique. Il est marqué par exemple par Action directe : un groupe terroriste anarcho-communiste[22], issu du mouvement autonome en France et anti-franquiste[22],[23]. La Fraction armée rouge en Allemagne, un groupe Anti-impérialiste dissoute en 1998[24] et le groupe Marxisme-léninisme Brigades rouges en Italie, ces périodes particulièrement violentes marqués par des groupes terroristes extrémistes est nommé les années de plomb.

Manifestation anti-capitaliste au Mexique.

Aujourd'hui, les partis d'extrême-gauche militent pour le renversement du capitalisme, selon les militants de Lutte ouvrière et du porte-parole de ce parti, les capitalistes sont « libre d’exploiter des ouvriers et de les jeter à la rue quand cela les arrange, de ruiner des régions entières, de ne pas répondre aux besoins de l’humanité, d’investir dans les secteurs les plus nuisibles, de polluer et de détruire... »[25].

Bien que l'extrême gauche regroupe de nombreux mouvements hétérogènes (trotskisme, anarchisme, gauche communiste, etc., mouvements qui eux-mêmes regroupent diverses sensibilités), on peut considérer qu'elle a pour point commun d'être à la gauche du Parti socialiste et du Parti communiste[26]. Bien qu'elle ait parfois intégré d'autres idéologie comme le féminisme et l'écologie politique.

L'extrême gauche contemporaine est représentée en France particulièrement par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), créé après la dissolution de la LCR, ainsi que par des groupes anarchistes (Fédération anarchiste et Alternative libertaire en tête), ainsi que par ce qu'on a pu désigner sous le nom de mouvement autonome. Le Parti de Gauche, le Parti communiste et le Front de Gauche sont également parfois classés à l’extrême-gauche, malgré le fait qu'ils soient généralement considérés comme des partis de gauche.

Fondements idéologiques de l'extrême-gauche [modifier]

Articles détaillés : Marxisme, Communisme, Trotskisme et Anarchisme.

Renversement du capitalisme [modifier]

La pyramide du système capitaliste, selon l'organisation syndicale Industrial Workers of the World, 1911

La principal idéologie de l'extrême-gauche est abolition du capitaliste, selon Karl Marx, le capitalisme est un système profondément et par nature inégalitaire, qui contraint les êtres humains à l'aliénation et à la lutte fratricide, qui doit donc être aboli.

Selon le Nouveau Parti anticapitaliste, « Les riches se gavent de profits pendant que nos salaires, nos pensions de retraites, nos minima sociaux stagnent ou régressent, notre pouvoir d'achat diminue. La crise financière que les grands actionnaires, le patronat et le gouvernement veulent nous faire payer aggrave chaque jour les conditions de vie de la majorité de la population »[27].

Il souhaite « en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication », fondement du capitalisme, à laquelle il oppose « la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins »[28]

Sur le site de Lutte ouvrière, il dit « Ils accusent les communistes d’être des ennemis de la liberté. De leur liberté d’entreprendre et d’exploiter ? Oui ! Parce que celle-ci ne s’exerce jamais en fonction des intérêts de l’humanité mais en fonction du seul profit. C’est pourquoi nous pensons qu’il serait tout à fait légitime de restreindre la « liberté d’entreprendre » en retirant aux capitalistes les moyens de nuire. »[29]

Écosocialisme et antiproductivisme [modifier]

L'une des bases de l'écosocialisme est la relecture de Marx intégrant la totalité de ses œuvres, selon lui, la question de la nature spécifique du travail et lié au capitaliste. En France, le Nouveau Parti anticapitaliste et sa dissidence la Gauche anticapitaliste inscrivent l'écosocialisme dans leurs principes fondateurs, Fustigeant « toute forme de productivisme », il défend une « relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire »[30]. Cependant, l'écosocialisme et l'antiproductivisme peuvent distingue d'un parti d'extrême gauche à l'autre, c'est le cas en France avec Lutte ouvrière[31].

Antifascisme [modifier]

Une affiche contre l'extrême-droite (Gaüzère et Roger Noël Babar pour Alternative Libertaire).

L'antifasciste est revendiquée par des mouvements politiques d'extrême-gauche, le plus connu en France est la Section carrément anti Le Pen[32], apparu en 1984 à Toulouse[33] et issu de la mouvance autonome mais aussi les Francs-tireurs partisans et la Coordination antifasciste de Belgique.

Apparu dans les années d'après-guerre, puis a grossi à partir des années 1960 et 1970, ne s'opposant plus seulement aux groupes fascistes et nazis, mais par généralisation à toute politique de droite dite « dure », qu'elle soit sécuritaire, conservatrice ou patriotique, voire « néo-libérale ». Ainsi certains politiciens de droite comme Nicolas Sarkozy en France ou Oskar Freysinger en Suisse, ou leurs partis, sont fortement critiqués par les mouvements antifascistes actuels[34].

Certains mouvements se réclamant de l'antifascisme ne s'opposent pas uniquement à l'extrême-droite, mais à la droite en général, ainsi qu'au capitalisme (ce qui était déjà souvent le cas à l’origine de l’antifascisme, dans les années 1920 et 1930).

La mouvance antifasciste actuelle est aussi fortement liée à la scène « Skinhead de gauche » par le biais des organisations type RASH (Red and Anarchist SkinHead), Redskin (Skinhead Communistes) et SHARP (SkinHead Against Racial Prejudices), ainsi qu'à une partie de la mouvance altermondialiste et anticapitaliste qui ont par la suite créé des groupes "Antifa" (Exemple de groupe connu à Paris : Red Warriors).

Féminisme, altermondialiste et antiracisme [modifier]

L'extrême-gauche s'oppose également à toute hiérarchisation des populations, toutes oppressions, tout forme de racisme et de discrimination.

L'extrême-gauche cherche à promouvoir et établir les droits des femmes dans la société, créant ainsi une « égalité parfaite » entre les deux sexes. Selon la NPA, il considère que les femmes sont victimes d'une « oppression spécifique » et que « la lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste », en conséquence de quoi « il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes ».

L'altermondialiste est également une des idéologies de l'extrême-gauche, opposé au mondialisme néolibéral qui est jugé dangereux et injuste et propos une autre une autre mondialisation.

Extrême-gauche en Europe et dans le monde [modifier]

Extrême-gauche en France [modifier]

Article détaillé : Extrême gauche en France.

Les mouvements trotskistes [modifier]

Article détaillé : Trotskisme en France.
Logo officiel du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Le mouvement trotskiste en France se distingue par une présence visible dans la vie politique française et les luttes sociales. Deux figures sont particulièrement populaires en raison de leurs fréquentes apparitions télévisées et de leur score électoraux élevés à l’échelle de l’extrême gauche mondiale : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller.

Ce courant se caractérise par la stabilité de trois courants majeurs depuis les années 1953-1956, malgré les changements de noms : la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière (ou Union communiste (trotskyste), membre de l'UCI (Union communiste internationaliste), et le Courant communiste internationaliste (CCI), courant majoritaire du Parti des travailleurs, qui se revendique du trotskisme. Ces trois organisations disposent d’une présence effective dans les luttes sociales, d’une bonne implantation syndicale et associative, de quelques élus locaux, et bénéficient de financements publics en raison de leurs scores électoraux.

Par son fonctionnement propice aux discussions internes, la Ligue communiste révolutionnaire a attiré de nombreuses petites organisations trotskistes, qui estiment qu’il est plus intéressant de militer en son sein que de poursuivre une existence autonome. C’est le cas notamment de l’Alliance marxiste révolutionnaire, Voix des travailleurs, Pouvoir ouvrier, Socialisme international, Socialisme par en bas et d’une partie de la Gauche révolutionnaire. Le groupe subsistant de la Gauche révolutionnaire et le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste pourraient faire de même dans le cadre du projet sur le nouveau parti anti-capitaliste initié par la LCR.

À l’inverse, les nombreuses scissions des organisations trotskistes ont entraîné la création d’un nombre considérable de groupes d’influence limitée, même s’ils disposent le plus souvent de quelques cadres syndicaux bien implantés localement. C’est le courant lambertiste (nom donné au courant trotskiste à l'intérieur du Parti des Travailleurs, par référence à son fondateur, Pierre Lambert) qui a le plus de branches, avec La Commune, Toute la vérité, Carré rouge, et les rameaux issus de la scission de Stéphane Just, dont proviennent le Comité communiste internationaliste (trotskiste), le Comité pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, l’Abeille rouge… Il reste peu de scissions subsistantes de la Ligue communiste révolutionnaire, les plus notable étant la Ligue trotskiste de France et sa propre scission, le Groupe internationaliste.

Enfin, plusieurs courants trotskistes internationaux essaient de s’implanter en France en suscitant des organisations sœurs. Outre celles qui militent au sein de la Ligue communiste révolutionnaire, on peut citer La Riposte, qui a la particularité de militer dans le Parti communiste français, mais aussi des groupes plus restreints comme Le Militant, issu de la tendance trotskiste internationale Militant de Ted Grant, Stratégie internationale d'origine Argentine, ou encore le Parti communiste révolutionnaire trotskiste (PCR/T) affilié à la Quatrième internationale posadiste et issu des thèses de Juan Posadas.

Stand du NPA lors de la manifestation du 1er mai 2009 à Paris.

Le mouvement libertaire [modifier]

Article connexe : Anarchisme en France.
Manifestation contre l'EPR, Lyon, 17 mars 2007, place Bellecour. Banderole de la fédération anarchiste.

Si le « mouvement libertaire » s'investit pleinement dans les mouvements sociaux radicalisés, il refuse globalement de se laisser enfermer sous l'étiquette "extrême-gauche" : ses bases théoriques et son passé historique l'oppose radicalement aux courants marxistes autoritaires (léninisme, trotskisme, stalinisme, etc).

Groupes, collectifs, syndicats qui composent le mouvement libertaire (liste non exhaustive) :

Groupes issus du maoïsme [modifier]

Articles détaillés : Maoïsme et Mao-spontex.
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, à Reims pour la candidate à l'élection présidentielle de 2012.

Le courant maoïste est apparu en France dans les années 1960. Complexe en raison de son usage fait de la Révolution culturelle de Mao, on peut le distinguer en deux groupes principaux :

Ce second courant a très fortement décliné au cours des années 1975-1985. Aujourd'hui l'influence politique des maoïstes est quasi-inexistante.

Groupes de gauche communiste [modifier]

Cette catégorie regroupe les courants dit aussi « communistes de gauche », notamment le communisme de conseils et le luxembourgisme. On parle parfois d'« ultragauche » pour certains courants se réclamant du communisme de gauche, bien que sa récente utilisation médiatique lui vaut de devoir être utilisé avec précaution[réf. insuffisante][37].

  • Échanges et mouvement.
  • Mouvement Communiste.
  • Démocratie Communiste (Luxemburgiste).
  • Théorie Communiste.
  • Réseau Luxembourgiste International.
  • Union Pour le Communisme

Autres mouvements proches des idées de l'extrême gauche [modifier]

Ces mouvements ne revendiquent pas forcément d'affiliation marxiste.

Extrême-gauche en Belgique [modifier]

Article détaillé : Extrême gauche en Belgique.

Généraux [modifier]

Organisations et partis politiques belges de l'extrême gauche [modifier]

Une affiche réalisée pour le journal Alternative Libertaire en 1990: Contre la monarchie belge Vive la République.

Trotskystes :

Marxistes-léninistes [modifier]

Autres [modifier]

Extrême-gauche en Italie [modifier]

Article détaillé : Extrême gauche en Italie.

XXe siècle [modifier]

XXIe siècle [modifier]

Autres [modifier]

Bien que généralement classée à gauche, ou au centre-gauche, Gauche, écologie et liberté est classée à l’extrême gauche par le politologue italien Giovanni Orsina dans un entretien accordé au Figaro[38].

Aux États-Unis [modifier]

Aux États-Unis, John George et Laird Wilcox ont identifié le Communist Party USA, le Socialist Workers Party, Black Panther Party, Students for a Democratic Society et le Progressive Labor Party comme étant classé à l'extrême-gauche[39].

Bibliographie [modifier]

Bibliographie générale [modifier]

Bibliographie socialisme [modifier]

Bibliographie communisme [modifier]

Bibliographie anticapitalisme [modifier]

Bibliographie anarchisme [modifier]

Histoire de l'anarchisme [modifier]

Littérature anarchiste [modifier]

Textes anciens [modifier]
Textes contemporains [modifier]

Sources historiques [modifier]

Vidéographie [modifier]

Bande son [modifier]

Musique [modifier]

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Lien externe [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Selon Serge Cosseron (Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 20), le terme sert à qualifier « tous les mouvements se situant à la gauche du Parti communiste ».
  2. Olivier Piot, L'Extrême gauche, p.9 : L'expression « extrême gauche » désigne l'ensemble des groupes et organisations politiques qui se situent à gauche de ces deux courants de la gauche française que sont la social-démocratie (PS, Verts, PRG) et le PC. Contrairement à ces partis, mais aussi à certaines tendances de la « gauche radicale » (altermondialisme, José Bové), qui défendent une idéologie réformiste de gestion du capitalisme, les organisation d'extrême gauche prônent le renversement du capitalisme par la révolution.
  3. universalis.fr Introduction
  4. Nelly Haudegand, Pierre Lefébure, Dictionnaire des questions politiques, éditions de l'Atelier, 2000, pages 101-103
  5. Michel Soudais, Gauche radicale, un accord a été trouvé en vue des régionales, Politis, 29 septembre 2009
  6. Sophie Heine, La gauche radicale au Belgique
  7. Christophe Bourseiller, À gauche, toute!:Trotskistes, néo-staliniens, libertaires, "ultra-gauche," situationnistes, altermondialistes, CNRS Éditions, 2009, page 143
  8. a et b Irène Pereira, Les grammaires de la contestation, Un guide de la gauche radicale, Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2010
  9. Voline écrit ainsi dans La révolution inconnue : « D'autre part, le pouvoir bolchéviste dut soutenir une lutte, longue et difficile : 1° contre ses ex-partenaires, les socialistes-révolutionnaires de gauche ; 2° contre les tendances et le mouvement anarchistes. Naturellement, ces mouvements de gauche combattirent les bolchéviks, non pas du côté contre-révolutionnaire, mais, au contraire, au nom de la "véritable Révolution sociale" trahie, à leur sens, par le parti bolchéviste au pouvoir. »
  10. « Un rassemblement à gauche reste impossible » », débat avec Serge Cosseron, auteur du Dictionnaire de l'extrême gauche, lemonde.fr, 21 mai 2005.
  11. Christine Pina, L’extrême gauche en Europe, Paris, Les études de la Documentation française, 2005.
  12. Varda Furman et Francis Démier, Louis Blanc, un socialiste en république, Creaphis éditions, 2005, 224 p. [lire en ligne], « Association et organisation du travail. Points de rencontre entre les néo-babouvistes français et belges et Louis Blanc », p. 197- 
  13. Alain Maillard, Présence de Babeuf : lumières, révolution, communisme : actes du colloque international Babeuf, Amiens, les 7, 8 et 9 décembre 1989, Publications de la Sorbonne, 1994, 334 p. [lire en ligne], « De Babeuf au babouvisme  : Réceptions et appropriations de Babeuf aux XIXe et XXe siècles », p. 261-280 
  14. Karl Marx, Sur la Révolution française, Paris, Éditions sociales, 1985, « La critique moralisante et la morale critique... », p. 91 
  15. Michèle Ressi, L'Histoire de France en 1 000 citations : Des origines à nos jours, 2011, 519 p. [lire en ligne], p. 258 .
  16. Dictionnaire du communisme, Larousse à présent, p. 557. Voir par exemple la Narodnaïa Volia.
  17. [1] événements de mai 1968
  18. Ross 2010.
  19. Bernard Lachaise et Sabrina Tricaud, Georges Pompidou et mai 1968, Peter Lang, 2009, 203 p. (ISBN 978-90-5201-468-5) [lire en ligne], p. 34 
  20. André Gorz. Réforme et révolution, Le Seuil, 1969, pp. 205-209
  21. Cette posture rejoint le concept connu sous le nom de simplicité volontaire.
  22. a et b Jean-Guillaume Lanuque, « Action Directe. Anatomie d’un météore politique », sur www.dissidences.net, Dissidences, février 2006. Consulté le 29 juin 2011
  23. Michaël Prazan, Une histoire du terrorisme, Flammarion, 2012, p. 330
  24. Communiqué : Pourquoi nous arrêtons (RAF, 1998)
  25. [2] Renverser le capitalisme
  26. Les partis politiques français Pierre Bréchon, Études de la documentation française, ISSN 1763-6191, Nº. 5208-5209, 2005
  27. Qui Sommes-nous ? | NPA
  28. adoptés par son congrès de fondation.
  29. Renverser le capitalisme
  30. SORTIR DU NUCLÉAIRE EN MOINS DE 10 ANS, C'EST POSSIBLE !
  31. Voir le point de vue critique exprimé dans la revue Lutte de classe du groupe Lutte ouvrière : « La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire », Lutte de classe, juillet 2009.
  32. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême-gauche, Paris, Larousse, 2007, p.  77-79.
  33. « Le jingle sonore réalisé par le SCALP pour la manif du 5 mars 1985 »
  34. « Bündnis Alle gegen Rechts » (ArchiveWikiwixQue faire ?). Consulté le 2013-04-27 :
    « Das Bündnis "Alle gegen Rechts" bekämpft nicht "nur" die NazischlägerInnen auf den Strassen und den wiederaufkeimenden Faschismus und Antisemitismus in der Politik und an den Stammtischen. Unser Kampf richtet sich auch gegen alle anderen unterdrückerischen und ausbeuterischen Strukturen und Systeme (Staat, Patriarchat, Kapitalismus, Sexismus…) mit denen eine freie, emanzipierte, selbstbestimmte und solidarische Gesellschaft nicht möglich ist! » (« L'Alliance "tous contre la droite" ne combat pas "que" les nazis dans les rues et le retour du fascisme et de l'antisémitisme dans la politique et dans les bistrots. Notre combat se dirige aussi contre tous les systèmes et structures oppressifs et productifs (État, patriarcat, capitalisme, sexisme, etc.) avec lesquels une société libre, émancipée, autogérée et solidaire n'est pas possible »)
  35. Six présidents à l'épreuve des quinze événements qui ont changé la Ve République, Jacques Raynaud, Éditions L'Harmattan, 2011 page 83 et suivantes books.google.fr
  36. a, b, c et d Voir à ce sujet les deux tomes d'Hervé Hamon et de Patrick Rotman, Génération, Le Seuil (tome 1, 1987 ; tome 2, 1988), qui retracent cette histoire.
  37. CQFD (no 56, mai 2008) consultable sur « Enquête » sur l’« ultragauche » : Une leçon de journalisme (CQFD) par Iffik Le Guen.
  38. « Le leader du mouvement d'extrême gauche Nichi Vendola », d'après Giovanni Orsina, « Le système politique italien est complètement déstructuré », in Le Figaro, mercredi 27 février 2013, p. 14.
  39. Erreur dans la syntaxe du modèle Article, paramètre titre manquantRichard Pierard, «  », Journal of Church and State, Oxford Journals, vol. 40, no 4, 1998, p. 912-913 [lien DOI] 
  40. Increvables anarchistes, 10 volumes, lire en ligne.
  41. (es) Un article sur l’engagement politique du groupe