Histoire du renseignement soviétique et russe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

À la suite à la Révolution bolchévique de 1917 est fondée la TchéKa (commission extraordinaire panrusse de lutte contre la contre-révolution et le sabotage), chargée du renseignement intérieur, extérieur, de la sécurité et de la lutte contre les opposants. En contrepartie, l'Armée rouge se dote en octobre 1918 de son propre service de renseignement, la IVe direction principale de l'état-major général de l'Armée rouge. Après la Seconde Guerre mondiale, ce service sera renommé : il deviendra le GRU, Direction Principale du Renseignement.

Concernant la VTchéKa, elle changera plusieurs fois de nom (Tchéka, OGPU, NKVD, NKGB, MGB, MVD), mais ses tâches resteront les mêmes. Petite différence toutefois : quand l'ancienne Tchéka deviendra le NKVD ou MVD, les services de sécurité soviétiques perdent en autonomie ; ils ne sont alors qu'une branche des différents services de police d'URSS, le NKVD englobant aussi bien le contre-espionnage que la police, les pompiers ou le Goulag. Les services de sécurité et de renseignement extérieurs, au sein du NKVD, sont réunis dans le GUGB (Direction Principale de la Sécurité d'État) du NKVD. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Leopold Trepper crée l'Orchestre rouge, un réseau d'informateurs spécialisés dans l'espionnage militaire et industriel.

Guerre froide[modifier | modifier le code]

La guerre froide arrivant, Staline décide de s'inspirer du modèle de la CIA. Est alors créé le KI, le Comité d'information, qui regroupe le renseignement extérieur politique et le GRU. Mais l'expérience échoue.

Par décret de 1954 est créé le KGB, chargé aussi bien du contre-espionnage que des gardes-frontières, du renseignement extérieur, de la lutte contre les opposants ou de la protection des personnalités. Lui font concurrence le GRU, rattaché à l'Armée rouge, mais aussi le MVD, c'est-à-dire la police. Le Ministre de l'Intérieur sous Brejnev, Chtchelokov, n'aura de cesse d'essayer de réduire le poids du KGB sur le plan intérieur.

Le KGB a néanmoins un avantage de taille sur la police et le GRU : d'une part, il peut surveiller ces deux organismes, par le biais de la 3e direction du KGB (contre-espionnage militaire), par exemple, en recrutant des officiers du GRU ou en essayant d'y démasquer les traîtres (ce rôle revient à la 2e sous-section du 1er département de la 3e direction du KGB, à l'intérieur de l'URSS, et à la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, la section « K » de la Première Direction Principale, dans les ambassades, consulats, délégations, etc.). Concernant la police, est créée en 1982 au sein de la 3e direction la section « M », chargée de la lutte contre la corruption au sein des forces armées (donc la police comprise). Le KGB a donc en premier un moyen d'interférer dans le travail de ces deux organisations concurrentes.

D'autre part, le KGB peut doubler les deux concurrents. En effet, rien n'interdit au KGB de collecter des renseignements militaires ; c'est même un de ses rôles, et ainsi il concurrence le GRU dont c'est la mission. Et rien n'interdit non plus le KGB d'enquêter (ce qui est aussi un de ses rôles) dans les affaires de crime organisé, de terrorisme ou de lutte contre la corruption, doublant ainsi le MVD (ministère de l'Intérieur, police).

La chute de l'URSS[modifier | modifier le code]

La chute de l'URSS en 1991 change la donne, le KGB est divisé en plusieurs services indépendants : l'ex-direction du renseignement extérieur du KGB (1re Direction Générale) devient le SVR, service de renseignement extérieur. Le service de protection des personnalités est désormais directement rattaché au président de la Fédération de Russie, il se nomme le FSO, tout comme un autre service beaucoup moins connu, le GUSP (Direction Principale des Programmes Spéciaux, en fait l'ex-15e direction du KGB, chargée de la construction des bunkers protégeant les dirigeants en cas de guerre).

Le GRU ne voit pas son statut modifié, de son côté, tandis que les services chargés de la création des codes secrets (8e direction du KGB) et du brisage des codes utilisés par les adversaires (16e Direction générale) sont rassemblés dans une Agence fédérale, le FAPSI. Enfin, le KGB perd ses pouvoirs d'instruction, et ses unités d'élite entrent dans le giron du concurrent, le Ministère de l'Intérieur. Les services chargés de la Sécurité intérieure (protection des secrets économiques, industriels, du contre-espionnages, de la sécurité des transports, antiterrorisme et lutte contre le crime organisé) sont rassemblés dans le FSK, lequel, insécurité puis guerre de Tchétchénie aidant, regagne très vite ses pouvoirs d'instruction et d'écoutes (dès 1993). En remplacement du FSK est créé en 1995 le FSB, Service fédéral de Sécurité, avec les mêmes missions. Les unités d'élites reviennent dans le giron du FSB cette année-là, et en 2002, le FAPSI et les gardes-frontières sont rendus au FSB[1].

On assiste depuis cette période à une guerre des polices entre ses différents services dont nombres d'éléments se sont alliés avec ce que l'on appelle communément la mafia russe[2]

Articles détaillés : GRU, FSB et SVR.

L'espionnage entre Russe/États-Unis[modifier | modifier le code]

La polémique des poupées russes[modifier | modifier le code]

Quinze ans après l'implosion de l'Empire soviétique, d'anciennes tensions réapparaissent entre les États-Unis et la Russie, malgré le calme apparent dont ils font preuve sur la scène internationale.

Pendant la période très tendue de la guerre froide, l'URSS (tout comme les États-Unis) possédait un vaste réseau d'espionnage, très actif surtout sur le continent ennemi. Ce fut à cette période qu'une centaine de poupées russes, telles des chevaux de Troie, furent offertes comme signe de paix à de nombreux dirigeants, ou personnages importants des États-Unis. Ces jolies poupées de bois à l'apparence inoffensive, étaient en fait de véritables instruments d'espionnage du KGB. Toutes arboraient fièrement un « grain de beauté » noir entre les deux yeux : Ce n'était en fait que l'orifice d'un sténopé.

L'URSS avait bien compris qu'à l'époque où la guerre des technologies était en plein essor, revenir aux sources même de la photo, était le seul moyen efficace de passer au travers des multiples sécurités, rayon X, ou autres moyens de contrôles, pratiqués aux États-Unis. Ces belles poupées ont donc rendu un service qui s'avéra extrêmement efficace et utile pour l'URSS. Fournissant sans cesse de précieux clichés bien plus discrètement que le meilleur des espions, ces poupées ont été un élément central de renseignement. Jusqu'en juillet 2006, bien après la chute du mur de Berlin, les poupées patriotes ont continué leur mission au sein des principaux organes des États-Unis.

Leur découverte provient d'un véritable hasard : une des poupées, placée sur une étagère dans un bureau quelconque, victime d'un courant d'air s'est brisée, révélant un cliché à peine formé.

Un chantier d'espionnage à Washington[modifier | modifier le code]

L’espionnage entre les États-Unis et la Russie se poursuit. Les États-Unis ont arrêté, en 2001, Robert Hanssen, un espion qui travaillait pour les Russes depuis 15 ans. Il aurait été démasqué grâce aux indications d’espions américains basés actuellement en Russie. De leur côté, les Russes viennent d’arrêter un jeune homme, John Edward Tobbin, suspecté de livrer des informations aux Américains.

Ces arrestations apportent en plus des indications sur les pratiques des 2 pays. Ainsi, Robert Hanssen vient de révéler qu’il y a 20 ans, les États-Unis auraient creusé un tunnel sous le bâtiment des représentants de l’État russe à Washington, dans le but d’espionner leurs conversations téléphoniques. Un chantier colossal qui montre l’importance accordée à cette recherche de renseignements.

Les illégaux[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 2010, le FBI annonce le démantèlement d'un réseau russe comprenant au moins onze illégaux dont certains opèrent depuis plus de 10 ans[3]. L'affaire fut réglée rapidement par un échange de dix agents (dont une Péruvienne) contre trois russes ayant travaillé pour les États-Unis - le onzième s'étant échappé à Chypre - et d'un travaillant pour le Royaume-Uni le 9 juillet 2010[4],[5],[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Article sur l'évolution des structures du KGB de 1954 à 1991
  2. (fr) L’appel au calme de cinq ex-KGB, Libération, 2 novembre 2007
  3. (en)[PDF] Acte d'accusation États-Unis contre Anna Chapman et Mikhail Semenko, 27 juin 2010
  4. (fr) Les États-Unis et la Russie troquent leurs espions, Le Figaro, 9 juillet 2010
  5. (fr) Une affaire d'espionnage qui fait pschitt, Philippe Randrianarimanana, Le Courrier International, 9 juillet 2010
  6. (fr) Une affaire d'espionnage qui fait pschitt, Anne Applebaum, The Washington Post, 8 juillet 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]