Conférence des relations asiatiques

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Gandhi à la conférence des relations asiatiques en 1947

La conférence des relations asiatiques a réuni à New Delhi le 12 mars 1947 25 pays asiatiques à l’initiative de l’Inde[1]. Elle s’est tenue sous les auspices du premier ministre Jawaharlal Nehru, qui dirigeait alors un gouvernement provisoire qui préparait à l’indépendance indienne, qui s’est produite le 15 août 1947. La conférence des relations asiatiques a réuni de nombreux dirigeants de mouvements d'indépendance en Asie, et a représenté une première tentative pour affirmer l'unité asiatique. Les objectifs de la conférence étaient : "de réunir des hommes et des femmes leaders d'Asie en une plateforme commune pour étudier les problèmes communs préoccupants les peuples du continent, pour focaliser l'attention sur les problèmes sociaux, économiques et culturels des différents pays d'Asie, et encourager le contact et la compréhension mutuelles."

La conférence des relations asiatiques 23 mars-2 avril[2] pose les principes de « l’afro-asiatisme » : non-alignement, lutte contre l’impérialisme, appui aux mouvements de libération nationale, recherche d’un renouveau économique.

Délégation tibétaine[modifier | modifier le code]

Deux délégués du Tibet à la Conférence des relations asiatiques lors du discours de Gandhi, le drapeau du Tibet est en face d'eux, à côté des drapeaux des autres pays participants

Deux délégués du Tibet, Teiji Tsewang Rigzing Sampho et Khenchung Lobsang Wangyal, participèrent à cette conférence[3],[4],[5],[6]. Kyibug Wangdue Norbu, interprète permanent du Bureau des Affaires étrangères du Tibet et du Bureau du Kashag fut le troisième délégué du Bureau qui représentèrent le Tibet lors de cette conférence[7],[6].

Selon Claude Arpi, le drapeau du Tibet leur fut remis par un messager du Kashag à la vallée de Chumbi et ils le hissèrent durant la conférence comme demandé[8]. La conférence plénière se tint à Purana Qila (en), 32 délégations étaient présentes, chacune sous un dais, avec une plaque portant le nom de son pays, et un drapeau national[8],[9]. La délégation du Tibet avait son drapeau, ainsi qu'une carte de l'Asie où le Tibet était figuré comme pays séparé[8]. Cette conférence démontre qu'en 1947 les dirigeants indiens du gouvernement intérimaire de l'Inde reconnaissaient le Tibet comme indépendant[8]. Malgré les protestations de la délégation chinoise, le drapeau du Tibet n'aurait pas été enlevé[8]. Dans sa biographie du dalaï-lama, publiée en 2003, Patricia Cronin Marcello affirme que si les organisateurs ne retirèrent pas le drapeau de la table de la délégation tibétaine, par contre ils enlevèrent la carte, ce qui non seulement témoignait de l'influence accrue de la Chine mais augurait peut-être de la position future de l'Inde sur le Tibet[10].

Jawaharlal Nehru ouvrit la Conférence par une allocution accueillant les représentants des « lointains pays d’Asie et de nos voisins, l’Afghanistan, le Tibet, Le Népal, le Bhoutan, la Birmanie et Ceylan avec qui nous souhaitons tout spécialement coopérer en des rapports cordiaux et étroits ». Le délégué tibétain répondit « Le gouvernement tibétain a été invité à se joindre à la Conférence panasiatique. Nous sommes un pays qui administre ses sujets en se fondant sur des aspirations religieuses. Et le Tibet a des relations particulièrement amicales avec l’Inde depuis des temps anciens… »[11].

Condamnation de la colonisation[modifier | modifier le code]

On y condamne aussi bien sûr la colonisation mais aussi la domination de l'économie mondiale par les puissances occidentales. C'est la première tentative de donner une identité à ce qu'Alfred Sauvy baptise en 1952 sous le nom de "Tiers Monde".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Discours de la conférence de Bandoeng
  2. Report on asian relations conference, 23rd March - 2nd April, 1947
  3. Chronologie Tibet
  4. CTA's Response to Chinese Government Allegations: Part Four, 19 July 2008
  5. « Chronologie Tibet] », Clio
  6. a et b Jamyang Norbu, Independent Tibet – The Facts, 4 mars 2010
  7. (en)Tibet Album, British photography in Central Tibet 1920-1950, une brève description physique et des photographies
  8. a, b, c, d et e Claude Arpi (trad. Claude B. Levenson), Tibet, le pays sacrifié, Calmann-Lévy,‎ septembre 2000 (ISBN 2702131328, résumé), « 11 », p. 126.
  9. Claude Arpi, op. cit., p 175 : « Les chefs de chacune des trente-deux délégations étaient assis sous un dais, avec une plaque portant le nom de son pays, et un drapeau national. »
  10. (en) Patricia Cronin Marcello, The Dalai Lama. A Biography, Greenwood Publishing Group, London, 2003, 173 pages, voir p. 49, Tibetans and the World (« Les Tibétains et le monde »).
  11. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Ch 11, p126, 2000, Calmann-Lévy

Liens externes[modifier | modifier le code]