Blanchissement des coraux

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Le blanchissement des récifs coralliens (ici à la Réunion) a des causes encore mal comprises et préoccupe les experts du monde entier

Le blanchissement des coraux, blanchiment du corail, ou blanchissement corallien est un phénomène de dépérissement des coraux, qui se traduit par une décoloration de l’animal (et du récif) suite à l’expulsion des zooxanthelles symbiotiques ou en raison de la perte de pigmentation des algues (qui aboutit à leur mort)[1]. Ce phénomène qui semble en augmentation régulière dans les océans peut conduire — par insuffisance en apports nutritifs — à la mort du corail sur de vastes surfaces (c'est une des formes de Zones mortes de plus en plus souvent observées en mer).

Description du phénomène[modifier | modifier le code]

Tous les coraux des mers chaudes vivant près de la surface abritent des algues unicellulaires dinoflagellées symbiotiques microscopiques : les zooxanthelles. Ces algues, en échange d'un abri, et d'une exposition lumineuse suffisante, fournissent à leur hôte de l'oxygène, ainsi que les restes de nutriments produits n’ayant pas été consommés, dont le corail se nourrit. Cette symbiose, rare et facultative dans les mers moins chaudes, s'avère essentielle pour de nombreux organismes invertébrés en régions tropicales, à cause de la pauvreté du plancton en surface due aux températures élevées, ce qui s'avère un handicap pour une bonne partie des espèces filtreuses sessiles telles que les coraux. La symbiose permet de remédier à ce problème de taille.

Or le corail, en situation de stress, peut expulser ses zooxanthelles. Ce stress peut avoir diverses causes, parmi lesquelles :

  • Augmentation ou baisse des températures (qui peuvent localement être liées à des changements de courants : le phénomène El Niño demeure le meilleur exemple). Localement et ponctuellement, un changement des conditions de vent, l'exposition à marée basse, une tempête ou un tsunami peuvent contribuer à la décoloration des coraux[2].
  • Augmentation des UV B dans l'irradiance solaire (rayonnement photosynthétiquement actif + ultraviolet) [3]
  • Augmentation de l’acidité de l'eau, due à une acidification des océans (acide carbonique produit à partir du CO2 atmosphérique produit en excès par les activités humaines)[4],[5] ,
  • Augmentation de la densité dans l’eau de mer de produits potentiellement toxiques pour les coraux (Pétrole, crème solaire, antifoulings...),
  • Augmentation ou baisse de la salinité,
  • Attaques par certaines maladies,
  • Famine induite chez les coraux par diminution du plancton dans l'eau, et en particulier par manque de zooplancton pour des raisons évoquées ci-dessus ou liées à la surpêche[6]
  • Attaques massives par certaines espèces invasives (Acanthaster planci, notamment) affaiblissant et pouvant tuer le corail,
  • Turbidité excessive de l’eau, asphyxiant et tuant le corail suite à un colmatage par des algues primitives ou suite à l'augmentation de la sédimentation. Les causes peuvent être nombreuses, avec par exemple l'exploitation sous-marine de matériaux, l'apport d'engrais (nitrates, phosphates..) ou d'autres eutrophisants, apport de limons via une érosion des terres émergées proches, retombées de poussière, apport d'eaux usées ou incomplètement traitées par les stations d'épuration, etc.

Le corail, lorsqu'il a perdu ses zooxanthelles, est très affaibli; il ne peut pas compenser totalement avec les apports en consommation de plancton, ce dernier étant rare dans les mers chaudes. Si les zooxanthelles ne reviennent pas dans les tissus du corail, ce dernier finit par mourir de faim ou de maladie.

Zones de prévalence[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, le blanchissement massif des récifs coralliens des mers chaudes est devenu un problème mondial, mais certaines zones sont nettement plus touchées. La Grande barrière de corail a eu droit à plusieurs épisodes de blanchissement massif; idem pour les Florida Keys, par exemple. Un blanchissement massif de coraux à travers le monde a été reporté en 1998.

Les blanchissements interviennent surtout au niveau des récifs frangeants, où les activités humaines sont plus nombreuses (Littoral), mais intervient aussi dans les récifs barrières et dans les atolls.

Causes identifiées ou supposées[modifier | modifier le code]

L’action humaine semble responsable du blanchissement massif des récifs coralliens, en particulier pour les raisons suivantes :

  • l’effet de serre, qui augmente la température et l’acidité des océans;
  • l’augmentation de la pollution et des déchets en mer;
  • des déséquilibres écologiques se traduisant notamment par des maladies émergentes (dont par exemple Cyanobacteria qui pullulent de plus en plus fréquemment dans le monde, y compris en eaux douces) et une prolifération d’animaux mangeurs de coraux qui profitent du manque de prédateurs (dû à la surpêche ou à une fragilité accrue de ces prédateurs qui concentrent les toxines et polluants qui dans le réseau trophique sont bioaccumulés dans les différents niveaux de la pyramide alimentaire). Localement des espèces invasives peuvent aggraver le phénomène.
  • les crèmes solaires sont aussi pointées du doigt par les scientifiques.

L’augmentation de la température de l’eau, même d'1° C seulement, entraîne le stress du corail et l’expulsion des zooxanthelles. Le phénomène El Niño serait l'un des facteurs les plus importants du blanchissement des coraux du Pacifique Sud.

Enfin, l'action de certains animaux corallivores (comme Acanthaster planci) laisse localement un squelette blanc après la consommation des polypes. Dans certains cas, ces animaux peuvent être sujets à des vagues invasives, et blanchir ainsi un récif entier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Exemple de technique de restauration de récif coralliens, par « Accrétion minérale électrolytique » (Electrolytic Mineral Accretion ou MA pour les anglophones) utilisant un faible courant électrique sur une structure porteuse métallique pour faciliter l'accrétion formant le début d'un récif colonisable par de nouveaux coraux] et illustrations 1, 2 (Ihuru, Maldives) photos d'une restauration récifale à Bali, plaquette (en anglais) sur les récifs artificiels "de 3ème génération".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Modèle:..Kamasutra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dove, SG & O Hoegh-Guldberg. 2006. The cell physiology of coral bleaching. In Coral Reefs & Climate Change: Science and Management. JT Phinney, W Skirving, J Kleypas & O Hoegh-Guldberg, eds. American Geophysical Union. pp 1–18.
  2. Anthony, K. 2007; Berkelmans
  3. Fitts 2001
  4. Climate Change and The Great Barrier Reef — A Vulnerability Assessment — GBRMPA
  5. Hoegh-Guldberg et al. "Coral Reefs Under Rapid Climate Change and Ocean Acidification". Science 14 December 2007: Vol. 318. no. 5857, pp. 1737–1742 DOI: 10.1126/science.1152509
  6. À propos du blanchissement des coraux et de ses liens éventuels avec la surpêche; Mass Coral Bleaching, 'White flags' in the tropical sea? ...What do they mean? Could the death of some corals be due to nitrogen starvation? If so, what can be done to improve the situation? Par Debbie MacKenzie