Zambie

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La Zambie, en forme longue la République de Zambie, en anglais Zambia et Republic of Zambia, est un pays d'Afrique australe, sans accès à la mer. Issue de la Rhodésie du Nord britannique, elle fait partie intégrante du Commonwealth. Sa population est estimée à treize millions d'habitants en 2010[1]. République démocratique, sa capitale est Lusaka.

Les pirogues restent de moyens de transports pratiques en milieu rural et saison des pluies ; ici en 2006, dans les marais de Bangweulu en saison sèche (Zambie).
La « Grande Route de l'Est » (ici à Lusaka), qui relie la province orientale avec le reste du pays et aussi au Malawi et au nord du Mozambique.
Paysage zambien.
Zones humides au moment de l'étiage (saison sèche).

Initialement peuplé par les Bochimans, peuple de chasseurs-cueilleurs, le territoire zambien est investi par les Bantous au IVe siècle de notre ère.

Majoritairement recouvert par la savane, le pays abrite encore une riche biodiversité, avec une faune et une flore typiques de paysages et milieux variés, tout en étant le théâtre d'une urbanisation et périurbanisation croissante, ainsi que d'un développement d'une augmentation des surfaces cultivées.

Les frontières coloniales ont pour résultat une grande diversité de groupes culturels, qui sont partiellement reconnus par l'État par le biais de l'officialisation de rois et de chefs locaux. L'anglais est la langue officielle, de par l'héritage colonial et dans l'optique de l'unité de la nation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Zambie.

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

La Zambie est riche en vestiges préhistoriques, tel le crâne de l'homo rhodesiensis qui aurait entre 100 000 et 300 000 ans découvert en 1921 à Broken Hill, dans une mine de zinc dans la ville de Kabwe, par le Suisse Tom Zwiglaar.

Les premiers habitants de la Zambie étaient des Bochimans vivant de chasse et de cueillette. À partir du IVe siècle de nombreux peuples de langue bantoue s’installent et forment des chefferies, sortes de principautés autonomes ; Ils s'opposent aux premiers habitants de par leur maitrise de l'agriculture, ils manient aussi l'art de la confection de poteries ou d'armes. La propriété privée n’est pas connue et la terre est toujours cultivée en collectivité.

Histoire pré-coloniale[modifier | modifier le code]

Les populations pratiquent le troc cependant certaines ethnies adoptent des croisettes de cuivre de différents poids comme monnaie à partir du IXe siècle.

Durant plusieurs siècles le pays voit le développement d'autres activités, de la culture du coton et l'extraction de cuivre.

À partir du XVIe siècle, le pays se scinde en de multiples royaumes, respectivement sous l'influence des Bembas ou encore des Lozis. Les Bemba, liés aux esclavagistes arabes, fondent un empire sur une zone allant du Congo actuel au lac Tanganyika. Ils participent à la traite des noirs principalement au profit des sultans de Zanzibar.

Entre 1838 et 1864, un protectorat temporaire des Kololo est érigé sur les Lozi (apparentés aux Sothos).

Les premiers non-Africains à entrer dans le pays ont été les Portugais au XVIIIe siècle, suivis des commerçants arabes. En 1798, l’explorateur portugais Francisco José de Lacerda e Almeida a dirigé ce qui aura été la première expédition scientifique menée par des européens en Afrique. Le but de l'expédition de Lacerda e Almeida était de relier les deux territoires portugais de la région, le Mozambique à l'est et l'Angola à l'ouest. Parcourant plus de 1300 Km depuis Tete il est arrivé à Kazembe, alors partie de royaume Lunda, où il a succombé à des fièvres en Octobre de 1798. L'expédition, maintenant sous le commandement du Père Francisco João Pinto, est retournée à Tete sans essayer de poursuivre son but jusqu'en Angola mais le journal d'expédition de l'explorateur a pu être sauvé et rapporté à Tete. Il sera traduit en anglais par Richard Francis Burton et publié dans un ouvrage intitulé "The Lands of Cazembe: Lacerda´s journey to Cazembe in 1798"[2]. Ce document restera le seul témoignage européen sur cette région pendant plus de cinquante ans, jusqu'au aux voyages du grand explorateur écossais David Livingstone à partir de 1851.

Colonisation[modifier | modifier le code]

Initiée au Barotseland, la tutelle britannique, d'abord par l'intermédiaire de la BASC puis en 1924 sous le système du protectorat, s'étend à l'ensemble de la Zambie en lui fixant ses frontières actuelles, sous le nom de Zambézie du Nord puis Rhodésie du Nord.

En 1890, Lewanika, le roi des Lozis, place le haut-Zambèze sous la protection de la British South African Company (BSAC) de Cecil Rhodes. En 1891, le territoire, brièvement appelé Zambézie du nord, est administré par la British South African Company (BSAC) de Cecil Rhodes qui élimine la traite des esclaves. Les Bembas s'opposent brièvement à la BSAC.

Entre 1898 et 1899, l'administration des Rhodésies du nord-est (future Malawi) et du nord-ouest sont mis en place.

En 1911, une constitution est définie et les frontières de la Rhodésie du Nord sous administration de la BSAC, sont fixées.

Dans les années 1920 et 1930, des américains découvrent d’importants gisements miniers, l'activité minière favorise le développement de la région et l'immigration.

En 1923, la Rhodésie du nord devient un protectorat britannique sous le contrôle du Colonial office britannique alors que la Rhodésie du Sud devient une colonie autonome.

En 1948, le premier parti politique africain de Rhodésie du Nord, alors un état ségrégationniste, est créé. En 1951, le "Congrès national africain" (ANC) de Rhodésie du Nord dirigé par Harry Nkumbula, est créé.

En 1953, les deux Rhodésies et le Nyasaland sont incorporées dans la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, dans le but de développer la région et de limiter les visées indépendantistes.

En 1955, Roy Welensky, un député blanc de Rhodésie du Nord devient premier ministre de la fédération. En 1958, le Parti National Uni pour l'Indépendance (UNIP) est fondée à partir une dissidence de l'ANC, hostile à la fédération. En 1962, L'ANC de Nkumbula remporte les élections en Rhodésie du Nord et s'allie avec l'UNIP de Kenneth Kaunda. En 1963, la fédération est dissoute, n'ayant pu surmonter l'antagonisme racial et nationaliste entre blancs et noirs. Le pays devient indépendant le 24 octobre 1964.

Histoire post-coloniale[modifier | modifier le code]

Les premières élections portent Kenneth Kaunda et son parti l'UNIP au pouvoir, qu'il va garder jusqu'en 1991 de manière autoritaire.

En janvier 1964, Les élections générales sont largement remportées par l'UNIP (50 députés) reléguant les 10 élus de Nkumbula dans l'opposition avec les 10 députés blancs. Kenneth Kaunda devient Premier ministre à la tête d'un gouvernement autonome.

Le 24 octobre 1964, L'indépendance de la Rhodésie du Nord est proclamée et devient la Zambie. Le pouvoir est exercé par l'United National Independence Party ou UNIP (Parti National Uni pour l'Indépendance) de Kenneth Kaunda qui devient le premier président de la République.

En 1971, la constitution est amendée avec l'adoption du principe d'une démocratie participative à parti unique.

Dans les années 1970, la Zambie est une base arrière des mouvements de libération et de guérilla de Rhodésie du Sud, de Namibie et d'Afrique du Sud. Dans les années 1980, l'économie du pays vacille et les années 1990 sont marquées par la chute des prix du cuivre et par les sécheresses.

En 1991, la première alternance politique est mise en place. L'UNIP de Kenneth Kaunda est battu par le Movement for Multiparty Democracy ou MMD (Mouvement pour la démocratie multipartite) de Frederick Chiluba. En 1996, les partis d'opposition voient leurs scores électoraux progresser.

Conformément à la Constitution, après deux mandats, Chiluba ne peut se représenter et est remplacé en janvier 2002 par Levy Mwanawasa qui, ayant pris la tête du MMD, est élu président. À la suite de la dégradation de l'état de santé de Mwanawasa, le vice-président Rupiah Banda assure l'intérim. Après la mort du président en août 2008, Banda est élu quatrième président du pays jusqu'en septembre 2011. Le chef de l'opposition Michael Sata lui succède et devient le cinquième président de la Zambie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la Zambie.
Article détaillé : Géographie de la Zambie.

Entourée par l'Angola, la République démocratique du Congo, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, la Tanzanie et le Zimbabwe, la Zambie occupe une superficie de 752 614 km2. Le pays en forme de croissant est une sorte de frontière entre l’Afrique centrale, australe et l’Afrique de l’Est. Les paysages naturels sont les collines, les hauts-plateaux et la brousse. Des cours d’eau comme le Zambéze ou la Kafue ont tracé des vallées dans les paysages. Le pays compte également de nombreux lacs (Bangwelu, Moero, Tanganyika, Kariba).

Le climat de la Zambie est tropical, quoique plus tempéré en altitude. La saison des pluies commence en octobre et se termine en avril. Le fleuve principal est le Zambèze, dont le barrage de Kariba fournit le pays en hydroélectricité.

Parmi les ressources naturelles se trouvent le cuivre, le cobalt, le zinc, le plomb, le charbon, les émeraudes, l'or, l'argent et l'uranium. Néanmoins l'économie du pays reste essentiellement agricole.

Politique[modifier | modifier le code]

La Zambie est une république parlementaire dont le droit est fondé sur le système britannique. Tous les citoyens de plus de 18 ans peuvent voter, et le scrutin présidentiel (tous les 5 ans) est uninominal à un tour. Le pouvoir législatif est exercé par une seule Chambre composée de 150 sièges renouvelés tous les 5 ans.

Kenneth Kaunda, père de l'indépendance, domine la vie politique locale pendant près de 27 ans, de 1964 à 1991. Il cède alors la présidence au syndicaliste Frederick Chiluba (1991-2002), dont le Mouvement pour la démocratie multi-partite (MMD) reste au pouvoir jusqu'en 2011 sous la houlette de Levy Mwanawasa (2002-2008) puis Rupiah Banda (2008-2011). Michael Sata, ancien du MMD et fondateur du Front patriotique (PF), gagne les élections du 20 septembre 2011 et succède à Rupiah Banda.

Provinces[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Provinces de la Zambie.
Subdivisions de la Zambie

Le pays est divisé en 9 provinces (les capitales de provinces sont notées entre parenthèses) :

  1. Province centrale (Kabwe)
  2. Province du Copperbelt (Ndola)
  3. Province orientale (Chipata)
  4. Province de la Luapula (Mansa)
  5. Province de Lusaka (Lusaka)
  6. Province septentrionale (Kasama)
  7. Province nord-occidentale (Solwezi)
  8. Province méridionale (Livingstone)
  9. Province occidentale (Mongu)

Forces armées[modifier | modifier le code]

La Zambie dispose d'une force de défense constituée de 15 100 personnels actifs et disposant d'un budget de 42,6 millions de dollars, soit 0,9 % du PNB en 2003.

Elle est divisée en 3 brigades, 1 régiment blindé, 9 bataillons d'infanterie, 1 régiment d'artillerie et en un 1 régiment de soldats du génie.

Elle comprend notamment 20 chars T-55, 50 PT-76, 44 BRDM-2, 13 BTR-60, 20 BTR-60, 50 BM-21 Grad.

L'équipement standard de l'infanterie inclut : RPG-7, FN FAL, AK-47, AKM, HK G3, L2A3, DShK et PKM[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Zambie.
La mine de cuivre à ciel ouvert de Nkana, dans la province du Copperbelt

L'économie de la Zambie repose sur l'agriculture, l'exploitation des mines de cuivre (le pays est le premier producteur de cuivre d'Afrique) et de cobalt, et sur le tourisme.

La Zambie produit du maïs[4]. Le gouvernement essaie de développer l’agriculture d’exportation avec les cacahuètes et le tabac.
La Zambie est encore un grand exportateur de cuivre et de cobalt, mais les gisements sont de plus en plus inaccessibles et moins riches.

La scolarisation a considérablement progressé depuis l'indépendance en 1964. En 1997, 82 % des enfants de 6 à 12 ans étaient scolarisés, mais ce pourcentage tombe à 28 % pour la tranche de 12 à 18 ans et le taux d’universitaires est encore plus bas, donc une société qui arrive à donner une éducation de base à la masse mais qui a du mal à former une élite.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Zambie.
Des femmes dans un village en Zambie.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La Zambie a une population d'environ 13 millions d'habitants (recensement de 2010)[5]. La densité de population est faible : environ 17 habitants au km2.

La présence grandissante d'une population d'origine chinoise (près de 100 000) et leur implication croissante dans les secteurs clefs de l'économie (mines, textiles, agriculture…) est rapidement devenue un enjeu politique.

Le taux d'urbanisation est de 43 % de la population totale.

Éducation[modifier | modifier le code]

La Zambie est un pays sans scolarité obligatoire[6]. Une importante minorité de la population est analphabète[7].
Le taux d'alphabétisation atteint 75 % (en 2005), la majorité des analphabètes est féminine[7] par manque d'accès de l'école aux filles et jeunes femmes.

Niveau de vie[modifier | modifier le code]

73 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[réf. nécessaire]. La dette extérieure du pays est de 6,5 milliards de dollars.

Le 1er janvier 2007, le président zambien Levy Mwanawasa a rejeté des directives du Fonds monétaire international (FMI) visant à instaurer de nouvelles taxes en 2007 dans son pays, l'un des plus pauvres de l'Afrique australe et l'un des 25 pays les plus pauvres de la planète.

Santé[modifier | modifier le code]

L'espérance de vie était de 49 ans en 2010[8]. Le taux de prévalence du SIDA est élevé, avec un taux estimé à près de 13,5 % des adultes entre 15 et 49 ans en 2009[8].

Religions[modifier | modifier le code]

Plus de 97 % de la population est chrétienne, 67 % de protestants et 21 % de catholiques[9].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Chutes Victoria (Victoria Falls), patrimoine naturel d'importance touristique mondiale

Le patrimoine naturel est une ressource touristiques importante ; La Zambie compte les plus grands parcs nationaux d’Afrique (réserve de la Kafue) aux mains de propriétaires privés et les plus imposantes chutes d’eau d’Afrique, les chutes Victoria.

Le pays s'est ouvert au tourisme dans les années 1990. Il est considéré comme la Mecque du safari pédestre. Le territoire compte de nombreux parcs nationaux comme ceux de la Luangwa-sud, de la plaine de la Liuva, de la Kafue ou d'Isangavo. Les touristes viennent aussi pour admirer les chutes d'eau (Kasanga Falls, Chutes Cahvuma, Ngambwe Rapids, Wonder Gorge, Chutes Victoria). Le Livingstone Memorial est un des rares monuments historiques du pays.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Zambie.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'An New Year Day
12 mars Journée de la Jeunesse Youth Day
variable Vendredi Saint Good Friday
variable Pâques Easter
1er mai Fête du Travail Labour Day
25 mai Jour de l'Afrique Africa Day
3 juillet Jour des Héros Heroes' Day
5 juillet Fête de l'Unité Unity Day
6 août Jour des Fermiers Farmers' Day
24 octobre Fête de l'Indépendance Independence Day
25 décembre Noël Christmas

Sports[modifier | modifier le code]

Rencontre Zambie-Sénégal (rugby à XV)

Le sport national de la Zambie est le basket ball. Le rugby à XV, la boxe et le cricket sont également populaires.

La Zambie a remporté la Coupe d'Afrique des nations de football en 2012.

Codes internationaux[modifier | modifier le code]

La Zambie a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Zambia, CIA World Factbook, 4 mars 2010.
  2. Richard Francis Burton, The Lands of Cazembe: Lacerda´s journey to Cazembe in 1798
  3. (en) Richard D. Jones, Jane's Infantry Weapons 2009/2010. Jane's Information Group; 35e édition (27 janvier 2009). (ISBN 978-0-7106-2869-5)
  4. Bilan du monde de l'année 2007 Le Monde Hors-série de janvier 2008
  5. (en)Zamstats - The Monthly January, 2011
  6. http://www.postzambia.com/post-read_article.php?articleId=3916
  7. a et b http://hdrstats.undp.org/en/countries/data_sheets/cty_ds_ZMB.html
  8. a et b UNICEF - Zambia - Statistics
  9. (en)Pew Forum - Global Christianity

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pascal Daloz et John D. Chileshe, La Zambie contemporaine, Karthala, Paris, 1996, 382 p. (ISBN 978-2-86537-658-2)

Lien externe[modifier | modifier le code]