Leptospirose
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Les leptospiroses parfois appelées « maladie du rat » sont des maladies infectieuses d'origine bactérienne.
| CIM-10 : | A27 | |
Sommaire |
[modifier] Historique
La maladie fut décrite par Weil en 1886 comme « une forme bruyante d'ictère flamboyant ». Rétrospectivement, on peut penser à une infection par le sérogroupe icterohemorragie, qui donne les formes graves et complètes de la maladie.
[modifier] Épidémiologie
Ubiquitaire sur la planète, la leptospirose est sur-représentée en zone intertropicale. Un premier cas au Gabon a été publié en 1994. Cette maladie semble beaucoup plus répandue que diagnostiquée.
L'incidence en France métropolitaine est de 0,53 cas/100 000 habitants. L'Aquitaine, l'Île-de-France et Poitou-Charentes sont sur-représentés (50 % des cas). L'incidence est beaucoup plus importante dans les DOM-TOM : 12,5/100 000 habitants dans le cas de La Réunion, et, respectivement, 9,12 et 13 pour ce qui est de la Guyane, de la Martinique et de la Guadeloupe. La Nouvelle-Calédonie accuse une incidence de 150/100 000 habitants, et la Polynésie, de 40/100 000 habitants.
Une étude de séroprévalence mexicaine effectuée auprès des donneurs de sang en 1995 montrait une incidence de 7 % (anticorps positifs). Les personnes présentant la maladie sont à 80 % des hommes jeunes. La maladie ne se déclare généralement pas chez les femmes, encore moins chez les enfants. Les femmes sont pourtant autant en contact avec cette bactérie (selon une étude de séroprévalence réunionnaise effectuée en 1987) que les hommes. Les enfants sont moins souvent diagnostiqués ou infectés pour des raisons mal connues. Une des hypothèses que l'auteur avance est que la gravité du tableau clinique est directement en rapport avec la masse musculaire des malades. En effet, dans cette maladie immuno-infectieuses, il existe des anticorps anti-muscles responsables d'une rhabdomyolyse, elle-même la source de l'insuffisance rénale. Il n'est donc pas étonnant que les hommes soient sur-représentés dans la population de malades hospitalisés pour leptospirose.
[modifier] Vecteurs
La Leptospira peut-être transportée par différents vecteurs, notamment par des rongeurs ; parmi ceux-ci, les rats jouent un rôle important dans la transmission de la maladie. Tous les animaux peuvent être des vecteurs (y compris les chiens). Généralement, les animaux sauvages sont des porteurs sains (qui présentent, toutefois, une multiplication de la bactérie dans les reins), alors que la maladie se déclare chez les animaux domestiques.
L'infection peut-être provoquée par la morsure d'un animal infecté, ou par le contact avec un animal infecté, avec ses urines ou avec ses tissus morts. Le plus souvent, l'infection se fait par pénétration de la bactérie par une blessure cutanée même minime, ou par les muqueuses en cas de contact avec de l'eau infectée par des urines du vecteur ou par son cadavre. Certaines populations sont donc plus exposées (les éleveurs, les agriculteurs, les vétérinaires, les égoutiers, et aussi les professionnels et les adeptes de loisirs aquatiques).
La transmission entre humains est rare. Le lait maternel peut transporter l'agent infectieux et contaminer un enfant. La contamination intra-utérine du fœtus est possible et souvent létale.
[modifier] Distribution géographique
Anthropozoonose présente partout dans le monde, toutefois elle est plus fréquente en zone tropicale, les bactéries survivant plus longtemps dans l'eau douce tiède. Le département de La Réunion compte une incidence trente fois plus élevée que la France métropolitaine.
[modifier] Physiopathologie
La transmission se fait dans la plupart des cas de façon indirecte par des eaux infectées ou par le contact avec des tissus animaux infectés (travail dans les abattoirs). On a longtemps parlé de pénétration active de la bactérie à travers la peau. Les leptospires peuvent aussi pénétrer le corps humain par les muqueuses. La transmission peut aussi être directe (morsure).
[modifier] Agent Pathogène
L'agent pathogène responsable de la leptospirose est la Leptospira interrogans (bactérie de l'ordre des Spirochætales, comme le tréponème pâle, agent pathogène de la syphilis). Le genre Leptospira mesure de 6 à 12 micromètre. La bactérie est spiralée, flexible, mobile, avec des extrémités en crochet et un flagelle périplasmatique. Il existe de nombreux serovars (icterohaemorragiae, canicola, pomona, par exemple) qui ne présentent pas de signature antigénique homogène, ce qui rend difficile la conception de vaccins efficaces.
[modifier] Diagnostic
[modifier] Signes fonctionnels
La leptospirose se manifeste sous des formes variées, qui rendent son diagnostic difficile car elle peut être confondue avec une forte grippe (forte fièvre et courbatures). Elle peut commencer par des douleurs diffuses, ou localisées (ex : douleurs méningées) qui si elles ne sont pas diagnostiquées à temps conduisent à une divagation de la parole et du raisonnement (à cause du taux élevé d'urée qui augmente dans le sang en raison de l'insuffisance rénale).
[modifier] Examen clinique
- Incubation
- 7 à 14 jours (extrêmes de 2 à 21 jours)
- Première phase clinique
- début souvent brutal par une fièvre élevée (92%), céphalées (75%), myalgies (71%) portant préférentiellement sur les cuisses et les mollets, reproductibles à la pression des masses musculaires. Toux, hémoptysie, douleur thoracique peuvent compléter le tableau.
Parfois, seule la fièvre est présente (24% des cas tout de même dans une série étudiée) A l'examen : hémorragie conjonctivale, ictère, herpès labial, signes sthétacoustiques de pneumonie, rash cutané, maculaire ou maculopapuleux siégeant sur le tronc. Splénomégalie, hépatomégalie et adénopathies peuvent venir compléter le tableau.
- Deuxième phase clinique
- à la première phase succède une rémission de 2 à 3 jours. Puis les signes de la première phase réapparaissent complétés parfois par des signes d'irritation méningée, voire d'encéphalite ou de syndrome méningé franc.
Tableaux d'hémorragies plus ou moins occultes (purpura, épistaxis, hémoptysie, hématémèse) secondaires à la thrombopénie, elle même découlant de l'apparition d'anticorps anti-plaquettes. Biologiquement, cela correspond à l'apparition des atteintes viscérales. L'atteinte cardiaque, fréquente, se manifeste par une myocardite et/ou une péricardite.
- Clinique chez l'enfant
- forme clinique rare et atypique. On a pu relever : hypertension artérielle, cholécystite alithiasique, pancréatite, desquamation après rash, gangrène et arrêt cardio-respiratoire. Le plus fréquent reste le syndrome méningé fébrile.
[modifier] Examen complémentaire
Les examens bactériologiques standard (examen direct et culture) sont possibles mais reservés aux laboratoires spécialisés car il nécessitent des conditions très particulières pour être rentable. On utilise le sang ou le liquide céphalo-rachidien comme prélèvement en première semaine, puis les urines en deuxième semaine. En pratique clinique courante le diagnostic repose donc sur la sérologie. Deux examens sérologiques sont utilisés en dépistage (un ELISA et un test de macroagglutination). En cas de positivité d'un de ces deux tests, il faut confirmer le résultat par la technique de référence : le test de Martin et Pettit. Il existe aussi un test de détection en PCR.
[modifier] Prise en charge
La prise en charge fait appel au traitement symptomatique des complications (dialyse si insuffisance rénale persistante pour surmonter la phase aigüe de la maladie, parfois mortelle, etc) et aux antibiotiques. Le traitement de référence fait appel à un antibiotique de la famille de pénicilline (Peni G ou ampicilline) ou à une cycline. La durée de traitement est de 10 à 15 jours dans les cas courants, mais peut nécessiter 2 mois d'hospitalisation dans les cas les plus sévères.
[modifier] Évolution et complications
La leptospirose peut évoluer vers des hémorragies violentes - parfois létales - ou une pathologie grave des reins. Des formes polyviscérales sont possibles sur terrain fragilisé (alcoolique, l'immunodépressif).
[modifier] Mortalité
On estime à plus de 500 000 le nombre de cas sévères de leptospirose par an dans le monde avec un taux de mortalité supérieur à 10 %[1]. Cependant, en France ce n'est pas une maladie à déclaration obligatoire[réf. nécessaire].
[modifier] Prévention
Il existe un vaccin le spirolept, mais il ne protège que contre le sérotype ictero-haemorragiae (qui représente environ 45% des leptospiroses). Cependant, les différents sérotypes partagent des antigènes communs, et on peut se poser la question d'une immunité partielle par le vaccin contres les autres sérotypes. Par ailleurs, c'est le s. Icterohemmoragiae qui est responsable de la forme la plus grave de leptopsirose dite « maladie de Weil ». Le reste de la prévention repose sur la lutte contre l'exposition aussi bien au niveau professionnelle qu'au niveau des loisirs (bottes, gants), la dératisation en dehors de la période des pluies (au risque de voir une augmentation des cas par « lessivage » des cadavres par les eaux de pluie, par la vaccination des animaux domestiques, par la lutte contre les chiens errants).
[modifier] Notes et références
[modifier] Liens externes
- Le serveur de Leptospira sur le site de l'Institut Pasteur
- Monographie LEPTOSPIROSE sur le site de l'Institut Pasteur
- Leptospirose sur le site du Ministère de la Santé Français
- Leptospira sur le site MicrobeWiki du Kenyon College

