Culture swahilie

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Principales villes impliquées dans le commerce au XVIe siècle.

La culture swahilie (Uswahili en kiswahili) est la culture partagée par les peuples de la côte de l'Afrique de l'Est. Le terme viendrait du pluriel du mot arabe sahel ساحل: sawahil سواحل qui signifie côte ou frontière. Ces peuples ont des origines diverses mais présentent les mêmes caractéristiques, une population d'origine africaine bantoue avec des apports arabes et dans une moindre mesure persans. Les cités-États côtières comme Mombasa, Gede, Malindi ou les archipels de Zanzibar, des Comores, Kilwa ou de Lamu formaient une unité de culture swahilie prospère et renommée, vivant du commerce de marchandises africaines destinées aux marchés locaux et orientaux. Ces peuples parlaient donc une langue voisine, et partageaient un certain nombre de valeurs propres. C'est avant tout une culture urbaine, africaine et musulmane. À l'époque médiévale, les arabes appelaient al-Zanj (les noirs) la zone géographique des domaines territoriaux sous la domination de ces cités.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Boutre traditionnel swahili à Zanzibar.

Les témoignages étrangers sur la culture swahilie semblent anciens. Le Périple de la mer Érythrée, un document du IIe siècle précise que les marchands qui visitaient à la fois l'Afrique de l'Est et le sud-est de la péninsule arabe parlaient la même langue et y contractaient des mariages. La Géographie de Claude Ptolémée, écrite vers 150, reprise et corrigée sous sa forme définitive au IVe siècle donne également de nombreux renseignements. À cette époque, les îles étaient d'importantes pourvoyeuses d'or[1]. Le commerce a été prospère pendant plusieurs siècles dans cette zone, et cette culture, en même temps que l'islam s'est développée et diffusée le long des routes commerciales.

L'apparition et l'expansion des premières cités-États[modifier | modifier le code]

Des cités-États commerçantes sont fondées par les migrants arabes dans les archipels de Lamu, de Zanzibar, puis plus tard des Comores et Kilwa, ainsi sur les villes continentales de Malindi, Mombasa jusqu'à Sofala. Les Shirazis s’installent à Kilwa qui devient le centre de commerce le plus florissant de la région au XIe et surtout au XIVe siècle, en partie grâce aux commerces d’ivoire d’éléphants et d’hippopotames, de cornes de rhinocéros, de cuivre, d'écailles de tortue, de perles et principalement grâce à l’or en provenance des mines de Sofala, dans l’actuel Mozambique.

La cité commerce avec l’Europe, le monde islamique et même la Chine. Le commerce vers l'Extrême-Orient s'intensifie aussi pour atteindre sa plus grande expansion sous les Ming. En 1414, une ambassade de la ville de Malindi amène avec elle à la cour de Chine une girafe. En 1417-1419 et 1431-1433, l'amiral chinois musulman Zheng He, conduit deux grandes expéditions sur la côte africaine et parvient à Malindi. Ces villes commerçaient également l'ébène, le bois de santal et les esclaves. Kilwa est à cette époque décrite comme étant une des villes les plus élégamment bâties du monde. Les habitants de la côte sont décrits comme étant bien nourris[2] de mets riches et exotiques, habillés somptueusement. Des caravanes commerciales s’enfoncent de plus en plus profondément dans les terres jusqu’aux grands lacs pour récupérer les précieuses marchandises qui sont réexpédiées vers le Moyen-Orient. Cette culture s'est ainsi répandue de la Somalie jusqu'aux côtes de Madagascar et du Mozambique.

La conquête portugaise[modifier | modifier le code]

Mais ces villes se font concurrence et se querellent, changent régulièrement d'alliance. Elles n’opposent pas un front uni lorsque le Portugais Vasco de Gama arrive sur la côte en mars 1498 avec trois caravelles. L'accueil de la population est réservé face à ces concurrents potentiels et chrétiens qui arrivent par une route commerciale inédite. À Mombasa, les Portugais échappent de peu à une embuscade. Le sultan de Malindi, rival de celui de Mombasa, les accueille en revanche chaleureusement et leur fournit un pilote qui leur indiquera les routes maritimes de la région.

Face à ce nouveau concurrent, l'importance politique et la richesse de ces cités diminue. Elles finissent par perdre leur indépendance face aux Portugais qui utilisent les armes à feu et doivent payer un tribut. Zanzibar est prise en 1503 et soumise à tribut par Ruy Lourenço Ravasco; entre 1505 et 1507, les activités économiques sombrent avec la destruction de Kilwa et la chute de Mombasa et de Baraawa[3], suites aux raids des troupes de Francisco de Almeida détruisant quelques-uns des plus beaux fleurons de l'architecture swahilie. Seule Mogadiscio au nord de la côte échappe aux Portugais. La domination portugaise n'est pas sans heurts, des mesures coercitives obligent un sultan de Grande Comore à s'enfuir à Mayotte[réf. nécessaire]. En 1528, Mombasa, révoltée, est à nouveau mise à sac.

Parallèlement, en 1587, le massacre des Portugais de l’île de Pemba a été une première alerte pour les occupants européens. Plus tard des responsables portugais qui refusaient de se convertir à l'islam sont exécutés en 1631 à Mombasa conquise en 1599 seulement. Les Portugais n'hésitent pas à utiliser les peuples de l'intérieur tel les Zimba, réputés cannibales, pour défaire les turcs/arabes et soumettre Lamu en guillotinant son sultan[réf. nécessaire].

En 1698, l’imam de Mascate en Oman, Sayyid Said bin Sultan Al-Busaid, encourage les arabes à se révolter, monte une armée de 3 000 hommes, et parvient à reprendre Mombasa aux Portugais, puis Kilwa et Pemba l’année suivante. Les Portugais tentent différentes contre-offensives, reprennent même brièvement Mombasa, mais sont définitivement expulsés de la côte swahilie en 1729, et se réfugient plus au sud au Mozambique.

L'âge d'or de Zanzibar[modifier | modifier le code]

Le sultan est maître du zanj, la côte du continent et des îles, et fait fortune en utilisant massivement les esclaves dans des grandes plantations de clous de girofle à l'instigation des Britanniques. Il fait également cultiver de façon intensive les oranges, cocos... La capitale du sultanat, de par l'afflux des richesses, est transférée d'Oman à Zanzibar, ce qui ne va pas sans poser des problèmes aux Omanais qui considèrent ces Africains avec mépris. Pendant ce temps, le chirurgien français Morice devient l'ami du sultan de Kilwa et obtient des terres et l'exclusivité sur la traite des esclaves.

Sur le continent, des commerçants swahilis s'ouvrent des routes commerciales pour accéder à l'Afrique centrale (création du comptoir d'Ujiji au bord du lac Tanganyika vers 1830). L'argent du commerce de l'ivoire à destination de l'Europe permet d'acheter des fusils ; des aventuriers créent des principautés commerciales autonomes (Msiri, Tippo Tip), s'adonnant également à la traite pour fournir des esclaves à Zanzibar.

La colonisation européenne[modifier | modifier le code]

En 1840, un accord tacite partage la région entre les grandes puissances :

Le Royaume-Uni contrôle finalement tout le commerce de la région, établit sa souveraineté sur le Kenya au détriment de l'Allemagne en 1890 et finit par imposer l'abandon de l'esclavage. Le sultan Hamoud bin Mohammed l'interdit en 1897. Seules les villes de la Somalie restent indépendantes, luttant contre l'Éthiopie.

Cependant, la culture et surtout certains dialectes des langues swahilies ont continué à se répandre sur le continent, si bien que la zone d'utilisation des langues swahilies recouvre une bien plus grande zone que celle de la culture swahilie proprement dite.

voir aussi : Histoire de la Tanzanie dont Histoire de Zanzibar, Histoire du Kenya, Histoire du Mozambique, Histoire de la Somalie et Histoire des Comores.

Le Zanj[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zanguebar.

La côte orientale bénéficie de vents de mousson qui soufflent d’avril à août dans un sens, puis changent d’orientation de décembre à mars. Ce système cyclique permettait aux bateaux arabes et indiens d’aborder facilement les côtes africaines puis de repartir vers leur point d’origine tout aussi aisément. Le Zenj (arabe et persan زنج) est la surface territoriale où s'étend le contrôle des États-cités swahilis tandis que la mer de Zenj désignait l'océan Indien de l'Ouest y compris notamment les Mascareignes.

Les géographes arabes divisaient la côte est africaine en quatre régions, par ordre d'éloignement :

  • Le pays des Barbaris ou Bilâd al-Barbar, qui représente la côte somalienne
  • Le pays des Zanj ou Bilâd al-Zandj,
  • Le pays de Sofala, Bilâd al-Sufâla, zone comprise entre les embouchures du Zambèze et du Limpopo, appelée aussi l’or de Sofala ou Sufâla al-dhahab
  • Le mystérieux pays des Wâk-wâk, qui est peut-être la grande île de Madagascar.

Le terme Zanj a également été utilisé par les sultans de Zanzibar pour désigner spécifiquement la bande de terrain de quelques kilomètres qu'il pouvaient contrôler à l'intérieur du continent.

Les principaux archipels, îles et villes de l'aire culturelle swahilie sont :

(a vérifier Kua, Mahilaka, Ungwana et Shang).

Relation avec les autres peuples[modifier | modifier le code]

En raison de leur position d'intermédiaires entre les commerçants de l'océan Indien et les sociétés africaines de l'arrière-pays, les Swahili ont généralement veillé à entretenir de bonnes relations avec leurs partenaires et voisins, fondées sur une tolérance religieuse, le partage de pratiques et goûts communs, et les profits du commerce. Ce qui n'excluait pas des conflits fréquents, tant avec leurs voisins du continent, parfois très puissants, qu'avec les nations venues sur la côte avec des objectifs impérialistes (Portugais, Omanais).

L'esclavage[modifier | modifier le code]

Des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent l'extension de ce commerce aux IXe et Xe siècles. L'inscription de Kancana notamment, trouvée dans l'Est de Java (Indonésie) et datée de 860 ap. J.-C., mentionne, dans une liste de personnes dépendantes, le mot jenggi, c'est-à-dire "zenj". Un ouvrage arabe, les Merveilles de l'Inde, rapporte le témoignage d'un marchand du nom d'Ibn Lakis qui en 945, voit arriver sur la côte de Sofala « un millier d'embarcations » montées par des Waq-waq qui viennent d'îles « situées en face de la Chine » chercher des produits et des esclaves zenj. Néanmoins la traite des esclaves reste relativement modeste sur la côte swahilie entre le XIe et le XVIe siècle, car la demande n'est pas considérable et le commerce depuis d'autres régions suffit à la combler. Cependant à partir du milieu du XVIe siècle la traite en direction de l'Arabie connaît une hausse sensible. Les commerçants Yéménites, Javanais, et Shiraziens ont beaucoup contribué à l'édification d'une culture régionale propre à la sous-région que l'on appelle la culture malgache que l'on trouve à Madagascar, Mayotte, Moheli.

Relations entre populations swahilies[modifier | modifier le code]

Les relations entre les îles n'ont souvent pas été pacifiques. Les guerres pour le contrôle des ressources ont été nombreuses. Les relations entre les habitants ne semblent pas non plus toujours avoir été uniquement bienveillantes, preuve que ces peuples se sentent bien différents les uns des autres. Durant la Révolution de Zanzibar, il semble que les Grand Comoriens, particulièrement nombreux, aient subi une certaine forme d'ostracisme[4]. Une certaine forme de racisme s'observe également à Mayotte, vis-à-vis des autres Comoriens, pour une bonne part en situation irrégulière, depuis l'ancrage de l'île à la France[5].

Structure de la société[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses sociétés bantoues l'individu n'est rien face au groupe. Appartenir au groupe est le fondement de la société et toute mise à l'écart est la plus sévère des punitions. Ainsi l'appartenance se définit d'abord par le lieu d'origine ensuite par l'appartenance à des sociétés de type initiatique. Ces liens forment un quadrillage qui définit un individu.

Les classes sociales[modifier | modifier le code]

Il existe des classes sociales nobiliaires. Les descendants de serviteurs restent clients de la famille des maîtres de leurs parents. Il est très difficile de sortir de ce carcan pour un individu.

La société de type initiatique[modifier | modifier le code]

Comme typiquement dans les sociétés bantoues, il existe une organisation de la population en classes d'âge et en différents mérites ou rituels accomplis. Cette organisation permet un certain mixage social qui sert à la fois d'ascenseur social et d'échappatoire (un co-initié, même noble peu y être brocardé par exemple).

La place de la femme[modifier | modifier le code]

La société, bien que musulmane, garde un caractère matrilinéaire fort.

Art et littérature[modifier | modifier le code]

Artisanat[modifier | modifier le code]

Porte sculptée à Zanzibar

En accord avec leur héritage musulman, les swahilis n'utilisent pas d'image dans les décors mais préfèrent utiliser des motifs géométriques. Les meubles traditionnels remarquables sont les lits à baldaquin, les meubles de coin. Les remarquables grandes portes sculptées en bois sont typiques.

Chaque île a certaines spécialités, ainsi Zanzibar conserve la tradition de la construction de coffres en bois. L'industrie du tourisme préserve une certaine forme d'art et de savoir-faire qui autrement auraient disparu du fait de la paupérisation et de l'occidentalisation de la région.

Musique[modifier | modifier le code]

Le twarab est une forme de chant et une musique originale très prisée. Les mélodies sont rythmées et sont encore aujourd'hui traditionnellement jouées pendant les mariages et les assemblées. Les réunions de twarab peuvent être mixtes. Aux instruments traditionnels arabes sont aujourd'hui ajoutés des instruments africains et occidentaux.

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine swahilie est fortement influencée par la cuisine indienne mais aussi arabe et bien sûr africaine. C'est donc une cuisine épicée. Les plats les plus réputés sont les birianis, pilaus, les mkaté (gâteau de farine). La banane plantain est également consommée ainsi que le manioc. Traditionnellement les swahilis sont musulmans, par conséquent ils ne mangent pas de porc.

Architecture[modifier | modifier le code]

Beit-al-Ajaib à Zanzibar

Les villes forment des médinas et forment une unité visible sur toutes les côtes de la Somalie au nord de Madagascar. Le style est essentiellement d'inspiration arabe avec des modifications africaines locales. On y retrouve les arches, les cours extérieures, les quartiers pour les femmes, les mihrab, les tours, les éléments de décoration de style arabe. La vieille ville de Mji Mkongwe à Zanzibar est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco[6].

Littérature[modifier | modifier le code]

Les plus anciens documents originaux écrits en langue swahili (en caractère arabe) datent de 1711, il s'agit de lettres rédigées à Kilwa à destination des Portugais de Mozambique. Selon les spécialistes de la littérature swahili, le plus ancien poème rédigé en swahili connu à ce jour daterait du XVIIe siècle, mais nous ne possédons pas le manuscrit original. La fameuse Chronique de Kilwa, mise par écrit vers 1520, fut rédigée en arabe et les inscriptions et pièces de monnaie anciennes sont toutes en arabe. Nous pouvons par conséquent supposer que les Swahili commencèrent à retranscrire leur langue, à l'aide de l'alphabet arabe, vers les XVIe-XVIIe siècles.

Il existe plusieurs chroniques dont les auteurs ne sont pas connus et la date de rédaction incertaine. Outre la Chronique de Kilwa, la Chronique de Pate est l'une des plus connues mais elle est bien plus tardive (vers 1900).

La littérature connue est tardive et se compose de romans (Riwaya), de drames (tamthilia), de poèmes (shairi) et d'épopées (Utenzi). Les premières œuvres connues sont notamment l'Utendi wa Tambuka (vers 1728) et l'Utenzi wa Shufaka. Très connus également sont les poèmes et chansons du cycle légendaire de Fumo Liyongo. Il existe un renouveau de la littérature en kiswahili, qui cependant n'est pas à proprement parler de culture swahilie, mais qui en hérite.

Us et coutumes[modifier | modifier le code]

une sépulture datée de 1399 à Gede

La religion et croyance[modifier | modifier le code]

Cette société, arabisée avant même l'émergence de l'islam s'est islamisée tôt. Cependant, l'islam des swahilis a gardé certains éléments et superstitions africaines. Comme en Afrique de l'ouest, les pratiques traditionnelles s'accommodent d'amulettes contenant des versets du Coran, de se servir du Coran pour la divination ou de pratiquer la médecine en utilisant des versets du Coran. Seuls les religieux peuvent utiliser ces rites.

Chaque ville et village possède sa medersa et sa mosquée.

L'heure[modifier | modifier le code]

Un des aspects des plus anecdotiques, mais marquant le plus le voyageur est la gestion du temps. D'une part la notation des heures est différente et d'autre part la perception de ce temps, comme dans le reste de l'Afrique est différente. La journée est divisée en deux périodes, la période de jour et la période de nuit. À 6 heures, heure du lever du soleil, correspond la première heure du matin, à 18 heures, heure du coucher du soleil correspond la première heure de la nuit. Ainsi 3 heures du jour correspond à 9 heures du système international

Les coutumes funéraires[modifier | modifier le code]

Les coutumes funéraires sont également voisines. Les tombes à piliers, ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le monde musulman et sont une invention purement locale à partir de formes architecturales peut-être pré-islamiques. Elle n'existe pas aux Comores.

L'héritage[modifier | modifier le code]

On pense que l'architecture swahilie a inspiré les constructeurs du Grand Zimbabwe. Cette culture est encore vivace dans les îles des côtes tanzaniennes et kényanes ainsi qu'aux Comores, et se transforme en fonction des influences des anciennes puissances colonisatrices (Royaume-Uni, France, Portugal).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. la cosmographie chrétienne du moine grec Cosmas Indicopleustès
  2. Ibn Battuta visite la côte en 1331 jusqu'à Kilwa dans son célèbre ouvrage Rilha.
  3. Chronologie des activités portugaises en Afrique de l'est
  4. Toibibou Ali Mohamed, « Les Comoriens de Zanzibar durant la « Révolution Okello » (1964-1972) »
  5. « Les Anjouanais victimes du racisme à Mayotte. »
  6. UNESCO Site sur Mji Mahongwe ou Stone Town

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]