Bir Tawil

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Bir Tawil
بيرطويل
Le Bir Tawil est la région située au sud du 22e parallèle, à l'ouest du triangle de Hala'ib
Le Bir Tawil est la région située au sud du 22e parallèle, à l'ouest du triangle de Hala'ib
Administration
Démographie
Population de l'agglomération hab.
Géographie
Coordonnées 21° 52′ 14″ N 33° 44′ 14″ E / 21.8706, 33.7372 ()21° 52′ 14″ Nord 33° 44′ 14″ Est / 21.8706, 33.7372 ()  
Superficie 206 000 ha = 2 060 km2
Divers
Terra nullius
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Égypte

Voir sur la carte Égypte administrative
City locator 14.svg
Bir Tawil

Le Bir Tawil ou Bi'r Tawīl (بيرطويل en arabe, Bi'r ou بير signifiant puits, طويل signifiant long ou profond ) est une petite région de la frontière entre l'Égypte et le Soudan. La souveraineté sur ce territoire n'est pas clairement définie, aucun des deux pays frontaliers ne le revendiquant formellement. C'est le seul territoire sur Terre, en-dehors de la Terre Marie Byrd (Antarctique), dont aucun pays ne revendique la souveraineté[1],[n. 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Bir Tawil est une région trapézoïdale d'environ 95 km de long d'est en ouest au nord et 45 km au sud, et d'entre 25 et 31 km du nord au sud, soit une superficie d'environ 2 060 km². Le nord du trapèze suit le 22e parallèle.

Le nom de la zone fait référence à un puits situé en son centre. Le Jabal Tawil, une montagne de 459 m d'altitude, est situé dans le nord de la région ; à l'est, on trouve le Jabal Ḩajar az Zarqā' (662 m). Le Wadi Tawil est situé dans le sud.

Origine[modifier | modifier le code]

La majeure partie de la frontière entre l'Égypte et le Soudan est située sur le 22e parallèle nord, repère choisi en 1899 par le Royaume-Uni pour délimiter la frontière nord du Soudan anglo-égyptien. Le résultat était une frontière rectiligne longue de 1 240 km, de la Libye à la mer Rouge.

Cette frontière est rectifiée en 1902 : le triangle de Hala'ib est alors placé sous administration soudanaise car les tribus de cette région sont alors basées au Soudan ; de façon similaire, le Bir Tawil passe sous administration égyptienne, étant un pâturage d'une tribu ababdeh basée à Assouan.

Revendications[modifier | modifier le code]

L'Égypte revendique la frontière de 1899 correspondant au 22e parallèle ; cette interprétation place le triangle de Hala'ib sous contrôle égyptien et le Bir Tawil sous contrôle soudanais.

Le Soudan revendique la frontière de 1902 : dans cette optique, le triangle de Hala'ib est situé au Soudan et le Bir Tawil en Égypte.

En conséquence, les deux pays revendiquent le triangle de Hala'ib, mais aucun ne prétend à la souveraineté sur le Bir Tawil, qui est dix fois plus petit que le triangle et n'a aucun accès à la mer. Pour chaque pays, revendiquer le Bir Tawil signifierait abandonner le triangle de Hala'ib, ce qui explique cet état de fait.

Enfin, des villages situés dans la vallée du Nil furent cédés au Soudan, car plus accessibles depuis le sud : c'est le saillant de Wadi Halfa, encore revendiqué par l'Égypte aujourd'hui[2].

Le 16 juin 2014, le territoire étant toujours terra nullius, l'Américain Jeremiah Heaton, résident à Abingdon (Virginie) y planta son propre drapeau afin de le revendiquer à son compte en se proclamant roi, et surtout afin de tenir parole auprès de sa fille de sept ans, Emily, un de ses trois enfants, en guise de cadeau d'anniversaire de cette dernière, en la nommant princesse du royaume du Soudan du Nord, État internationalement non reconnu. Cette micronation n'étant pas de facto officielle, Heaton doit contacter l'Union africaine afin d'obtenir la reconnaissance de ce nouvel État[3]. La Cour pénale internationale demeure la seule compétente pour valider l'acquisition de souveraineté par le mode coutumier de la terra nullius. Heaton souhaite consacrer ce territoire à la production agricole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le traité sur l'Antarctique ne fait que mettre en veilleuse les revendications territoriales des signataires. En aucun cas le traité ne signifie la renonciation à ces revendications.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Frank Jacobs, « "You take it - No, you take it": the Bir Tawil Trapezoid », sur Strange Maps (consulté le 11 février 2010).
  2. (en) Jack Linshi, « Man Plants Flag on Unclaimed African Land So Daughter Can Be Its Princess », sur Time,‎ 14 juillet 2014 (consulté le 1er août 2014).
  3. Un Américain se proclame roi du "royaume du Soudan du Nord" - article du Point du 15 juillet 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]