Peñón de Vélez de la Gomera

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Peñón de Vélez de la Gomera
Rocher de Vélez de la Gomera (fr)
Peñón de Vélez de la Gomera à marée basse vue depuis la côte marocaine.
Peñón de Vélez de la Gomera à marée basse vue depuis la côte marocaine.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Revendication par Drapeau du Maroc Maroc
Archipel Aucun
Localisation Mer d'Alboran (mer Méditerranée)
Coordonnées 35° 10′ 00″ N 4° 18′ 00″ O / 35.166667, -4.335° 10′ 00″ N 4° 18′ 00″ O / 35.166667, -4.3  
Superficie 0,019 km2
Point culminant non nommé (87 m)
Géologie Île continentale
Administration
Administration Plazas de soberanía
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Peñón de Vélez de la Gomera
Peñón de Vélez de la Gomera
Îles d'Espagne

Le Peñón de Vélez de la Gomera (ou rocher de Vélez de la Gomera, rocher de Badis ou simplement Badis pour les Marocains[1]) est une île située en Afrique du Nord, à 260 km à l'ouest de Melilla et à 117 km au sud-est de Ceuta. Elle est possession de l'Espagne depuis 1564, après avoir déjà été occupée entre 1508 et 1522, mais est revendiquée par le royaume du Maroc qui ne reconnaît pas la souveraineté espagnole.

Les militaires de la petite caserne du Cuerpo de Regulares de l'Armée de terre espagnole sont les seuls habitants de l'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les territoires espagnols en Afrique.

D'une superficie de 1,9 hectare, d'une altitude maximale de 87 mètres, on la qualifie parfois de presqu'île car elle est actuellement reliée au continent par un étroit banc de sable de 85 mètres de long.

Histoire[modifier | modifier le code]

Badis était une ville située sur la côte face au rocher (Peñón) à l'embouchure de l'oued Bades.

La ville s'est appelée Bades, elle correspond à la ville nommée Parietina dans l'Itinéraire d'Antonin. Elle est appelée ensuite Belis et Gomera[2]. Ce dernier nom vient de la tribu berbère des Ghomaras (en arabe : ḡumāra, غمارة) du groupe des Masmouda qui habitait la région[3].

Au Moyen Âge, la région est boisée et fournit le bois d'œuvre nécessaire à la construction navale. En 1162, l'émir almohade Abd al-Mumin donne l'ordre de fortifier les côtes, il fait mettre en chantier cent navires dans les ports de Tanger, Ceuta, Badis et les autres ports du Rif[4].

Du XIVe au XVIe siècle, la ville de Badis était le port de Fès. Dès 1415, le roi du Portugal Jean Ier dispute aux Castillans le contrôle des côtes de l'Afrique du Nord[5]. En 1494, le traité de Tordesillas signé entre le roi Ferdinand II d'Aragon et la reine Isabelle Ire de Castille d'une part et le roi Jean II de Portugal d'autre part, laisse aux Portugais une entière liberté de manœuvre sur les côtes marocaines à l'ouest de Badis. Les Espagnols occupent Mellile en 1497 puis Badis[6].

En 1564, Philippe II roi d'Espagne est furieux contre les attaques des pirates turcs qui ont fait de Badis leur port d'attache. Ceux-ci venaient de pousser l'audace jusqu'à attaquer Valence. En septembre de cette même année, il lance une attaque contre la garnison de 150 turcs qui sont massacrés et la ville détruite[7].

Au début du siècle, le rocher était habité par près de 400 personnes (bagnards compris)[8] et comptait plusieurs commerces (on ne recensait pas moins de cinq cafés et échoppes)[8].

Dans la matinée du 29 août 2012, quatre militants marocains du Comité National pour la libération de Ceuta et Melilia se sont infiltrés sur le rocher en brandissant des drapeaux marocains ; ils ont été tous arrêtés et libérés dans l’après-midi de la même journée[9].

Le film Badis[modifier | modifier le code]

Le site sert de décor au film Badis de Mohamed Abderrahman Tazi réalisé en 1989[10],[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en arabe : ṣaḫr al-qumīra, صخرة القميرة « rocher de la Gomera » ou, jazīra bādīs, جزيرة باديس « île de Badis ».
  2. (en) James Richardson, Travels in Morocco, Echo Library,‎ 2007, 208 p. (ISBN 978-1-4068-3889-3, lire en ligne), p. 137
  3. Ibn Khaldûn (trad. Abdesselam Cheddadi), Le livre des exemples, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »,‎ 2002, 1560 p. (ISBN 978-2-07-011425-2, LCCN 2003442060), p. 427
  4. Ṣâliḥ b. VIIe siècle av. J.-CAbd al-Ḥalîm Gharnâtî (trad. A. Beaumier), Roudh el-Kartas, histoire des souverains du Maghreb ... et annales de la ville de Fès,‎ 1860 (lire en ligne), p. 284
  5. Jean Wolf, Les secrets du Maroc espagnol: l'épopée d'Abd-el-Khaleq Torrès, Eddif, coll. « Le Nadir »,‎ 1994, 368 p. (ISBN 978-2-7158-1050-1, lire en ligne), p. 40-41
  6. Association internationale des démographes de langue française, Croissance démographique et urbanisation: politique de peuplement et aménagement du territoire : séminaire international de Rabat (15-17 mai 1990)., vol. 5, INED,‎ 1993, 435 p. (ISBN 978-2-7332-7012-7, lire en ligne)
  7. La bataille des trois rois, Eddif (ISBN 978-9954-1-0279-4, lire en ligne), « La prise du Peñón », p. 41-42
  8. a et b Article du Courrier International du 20 septembre 2012
  9. http://www.yabiladi.com/articles/details/12626/activistes-marocains-prennent-d-assaut-rocher.html
  10. (en) Mohamed Abderrahman Tazi, Kevin Dwyer, Beyond Casablanca : M.A. Tazi and the adventure of Moroccan cinema, Bloomington u, Indiana University Press,‎ 2004, 433 p. (ISBN 978-0-253-34462-5, LCCN 2004004562, lire en ligne), « Badis (1989) », p. 154-197
  11. « Badis. Mohamed Abderrahman Tazi », sur Africultures

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mónica Ceberio, Ignacio Cembrero et Miguel González, « Des îlots et des rochers bien encombrants », Courrier international, no 1142,‎ 20 septembre 2012 (ISSN 1154-516X)
    Traduction d'un article paru en espagnol dans El País

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]