Lesotho

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Royaume du Lesotho

Muso oa Lesotho (st)

Kingdom of Lesotho (en)

Drapeau
Drapeau du Lesotho
Blason
Armoiries du Lesotho
alt=Description de l'image Lesotho (orthographic projection with inset).svg.
Devise nationale "Khotso, Pula, Nala"
(en sesotho : "Paix, pluie et prospérité")
Hymne national "Lesōthō fatše la bo ntat'a rōna"
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
Roi Letsie III
Premier ministre Tom Thabane
Langues officielles sesotho et anglais
Capitale Maseru

29° 18′ 50″ S 27° 28′ 50″ E / -29.3139, 27.4806

Géographie
Plus grande ville Maseru
Superficie totale 30 355 km2
(classé 136e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance Du Royaume-Uni
Date 4 octobre 1966
Démographie
Gentilé Mosotho (au pluriel Basotho)
Population totale (2008) 2 128 180 hab.
(classé 138e)
Densité 74 hab./km2
Économie
IDH (2003) 0,494 (bas) (149e)
Monnaie Loti (au pluriel Maloti) (LSL​)
Divers
Code ISO 3166-1 LSO, LS​
Domaine Internet .ls
Indicatif téléphonique +266

Le Lesotho, en forme longue le Royaume du Lesotho, en sesotho Muso oa Lesotho, en anglais Kingdom of Lesotho, est un royaume situé en Afrique et enclavé au sein de l’Afrique du Sud dont la capitale et plus grande ville est Maseru.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Bushmen ont laissé des traces depuis la préhistoire, et sont signalés, aux côtés de quelques Nguni de passage, au XVIe siècle lorsque les Basotho, une ethnie bantoue originaire d'Afrique centrale, arrivent et s'installent dans cette partie de l'Afrique. La population actuelle est née du mélange de ces peuples.

Au début du XIXe siècle, les premiers commerçants blancs arrivent dans la région (appelée dès lors Basutoland).

En 1820, le roi des Basotho, Moshoeshoe Ier (v. 1800-1870) unifie les tribus sotho afin de se défendre contre les raids zoulou (voir l'article mfecane). Il concentre son peuple dans le massif Basouto et réussit à préserver son indépendance. Mais, à partir de 1840, le Lesotho doit faire face à une autre menace, celle des Boers, les colons d'origine néerlandaise d'Afrique du Sud, qui veulent s'approprier leurs terres. Il sera attaqué à plusieurs reprises par les Boers de l’Orange (1858-1864-1867) et son territoire sera rogné à l’ouest. En 1868, afin de se protéger des Boers, Moshoeshoe Ier demande l'aide des Britanniques qui établissent un protectorat sur le territoire.

De 1899 à 1902, le Lesotho, en tant que protégé de la couronne britannique, est pris dans la tourmente de la Seconde Guerre des Boers, qui s'achève par la défaite des Boers.

À la création de l'Union sud-africaine en 1910 et de la République d'Afrique du Sud en 1961, le Lesotho demeure à part, autonome sous protectorat britannique, et sous le nom de Basutoland. La géographie montagneuse du pays et l'absence d'or et de diamants ont contribué à la sauvegarde de son autonomie.

Le 4 octobre 1966, le royaume du Lesotho devient indépendant du Royaume-Uni dans le cadre du Commonwealth. Le pouvoir sera désormais partagé, non sans coups de force mais sans morts jusqu'en 1998, entre la maison royale, l'armée (formée par les Britanniques) et la classe des oligarques civils. Comme ailleurs, la démocratie ne parvient pas à s'imposer, et le peuple ne peut que subir les pouvoirs qui se succèdent.

En 1970, une révolution aboutit au transfert du pouvoir du roi qui, de fait, n'occupe plus qu'un poste honorifique au profit de son Premier ministre. Le 10 février 1970, le roi Moshoeshoe II (1938-1996), chef suprême du Basutoland de 1960 à 1966, puis roi du Lesotho, doit partir en exil. Il revient le 5 décembre.

En 1986, un coup d'État militaire rend ses pouvoirs au roi.

Le roi Moshoeshoe II est de nouveau exilé en 1990. Le 12 novembre 1990, son fils Letsie III est appelé sur le trône pour lui succéder. Mais le 25 janvier 1995, Moshoeshoe II redevient roi et le reste jusqu'à sa mort le 15 janvier 1996.

En 1993, le gouvernement constitutionnel est restauré après une période d'attente de 23 ans pendant laquelle les militaires ont dirigé le pays.

En 1998, des protestations violentes associées à une mutinerie militaire provoquent une intervention brève mais sanglante de l'Afrique du Sud à la suite d'élections contestées[1]. Une autre réforme constitutionnelle permet de rétablir une certaine stabilité dans le pays mais la xénophobie à l´égard des Sud-Africains augmente.

Le samedi 30 août 2014, le pays subit un coup d'état militaire à l'issue incertaine. Le premier Ministre Lesotho Thomas Thabane quitte le Lesotho et rejoint l'Afrique du Sud où il demande l'aide internationale [2]. Quelques jours plus tard, l'issue du conflit est toujours incertaine [3], le premier Ministre n'étant pas en mesure de rejoindre le Lesotho.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Lesotho.

Depuis le 7 février 1996, le roi Letsie III, ayant succédé à son père Moshoeshoe II, règne sur le Lesotho.

Lesotho, 50 Licente à l'effigie du roi Moshoeshoe

Son premier ministre est Pakalitha Mosisili, également ministre de la Défense et de la Sécurité Nationale. Le Ministre des Affaires étrangères et des Relations internationales est Mohlabi Kenneth Tsekoa.

Les partis politiques du Lesotho sont :

  • LCD : Parti Congressiste pour la démocratie du Lesotho (Lesotho Congress for Democracy) actuellement au pouvoir
  • BCP : Parti congressiste Basotho (Basotho Congress Party)
  • BNP : Parti national Basotho (Basotho National Party)
  • LPC : Parti congressiste du peuple de Lesotho (Lesotho People’s Congress)
  • UDP : Parti démocratique unifié (United Democratic Party)
  • MCP: Parti Congressiste Mosotho (Mosotho Congress Party)
  • MFP : Parti de libération de Marematlou (Marematlou Freedom Party)
  • PNP : Parti national progressiste (Progressive National Party)
  • SDP : Parti démocratique Sefate (Sefate Democratic Party)

L’Assemblée Nationale a été élue en février 2007 et ce fut une nouvelle victoire du LCD. Les prochaines élections n’auront pas lieu avant 2012.

La nouvelle victoire de Pakalitha Mosisili, contestée par l’opposition, a dégradé la situation. De nombreux ministres ont été victimes d’attaques à main armée (sans gravité cependant), ce qui a conduit le gouvernement à décréter le couvre-feu le 19 juin 2007.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Un village au Lesotho
Les différentes subdivisions administratives du Lesotho
Article détaillé : Subdivisions du Lesotho.

Le Lesotho est divisé en dix districts : Berea, Butha-Buthe, Leribe, Mafeteng, Maseru, Mohale's Hoek, Mokhotlong, Qacha's Nek, Quthing et Thaba-Tseka.

Géographie[modifier | modifier le code]

Paysage du Lesotho
Article détaillé : Géographie du Lesotho.
Article connexe : Transport au Lesotho.

Le Lesotho est un pays de montagne. En effet tout son territoire est situé au-dessus de 1 300 m d'altitude. Il partage ses frontières avec le pays au sein duquel il est enclavé : l'Afrique du Sud.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Lesotho.

Le Lesotho fait partie des pays pauvres mais son PNB a pratiquement doublé de 1990 à 2000. En 2005, la croissance a été de 1 %. En 2007, les experts prévoient une croissance supérieure à 5 % pour l'année 2008[4].

Le Lesotho possède une richesse que lui envient ses voisins : l'eau. La capacité hydroélectrique du pays sera renforcée par le Lesotho Highlands Water Project qui d'ici 2020 maîtrisera les eaux du fleuve Orange et dégage d'importantes royalties. Une partie de cette ressource est consommée par le pays, l'excédent vendu aux pays voisins. Cependant, la sècheresse qui sévit depuis 2001 menace cette richesse.

Les revenus des travailleurs basotho des mines sud-africaines, qui représentent environ un actif sur trois, sont une source importante de rentrées de devises. Les principales ressources du Lesotho proviennent de l'élevage mais la balance agricole connaît un fort déficit. L'industrie textile est le premier employeur du pays. Le secteur minier connaît une embellie.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Lesotho.

Avec à peine plus de deux millions d'habitants, le Lesotho fait partie des pays les moins peuplés d'Afrique.

En 2005, avec 31 %, le Lesotho a un des taux de personnes vivant avec le VIH parmi les plus élevés au monde. Ce taux a tendance à baisser puisqu'il passe à 23,6 % en 2009[5].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Lesotho.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
4 octobre Fête Nationale Célèbre l'indépendance du pays

Religion[modifier | modifier le code]

La religion principale est le christianisme (97 %)[6].

Sport[modifier | modifier le code]

L´équipe masculine de football est 163e au classement de la FIFA de mars 2011[7]. L'équipe féminine est classée 135e[8].

Éducation[modifier | modifier le code]

L'école est obligatoire de 6 à 13 ans. La mise en place de la gratuité de l'éducation primaire (pour un cycle de sept ans) a été faite progressivement depuis 2000, et l'obligation de scolarité pour l'éducation primaire a été votée en 2010[9]. Le taux d'alphabétisation est de 90,7 %, ce qui place le Lesotho au premier rang des pays d'Afrique en ce domaine. Si le taux de scolarisation dans le secondaire est de 73 %, il n'est que de 1,3 % au niveau universitaire. Contrairement à ce qu'on observe dans beaucoup d'autres pays africains, la participation des femmes dans l'enseignement primaire et secondaire est bien supérieure à celle des hommes.

Dans les écoles primaires, le Sesotho reste la principale langue d'enseignement jusqu'à l'âge de neuf ans (environ), soit la 5e année; durant les 6e et 7e années, l'anglais est introduit progressivement comme langue d'enseignement. Au secondaire, l'anglais devient la seule langue d'enseignement, tandis que le Sesotho reste une matière d'enseignement. À l'université, l'anglais demeure également la langue d'enseignement, mais le Sesotho peut être étudié comme matière.

Codes[modifier | modifier le code]

Le Lesotho a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Garth le Pere, "L'action diplomatique sud-africaine pour la paix en Afrique", Transcontinentales 2, 2006, p. 21-41 ( Transcontinentales); K. Matlosa, "The Lesotho Conflict : Major Causes and Management", Johannesburg, Foundation for Global Dialogue, Dialogue Series No 2, 1998
  2. http://www.liberation.fr/monde/2014/09/01/le-premier-ministre-du-lesotho-veut-une-intervention-armee-contre-un-coup-d-etat_1091404
  3. http://mg.co.za/article/2014-09-02-lesotho-pm-still-in-johannesburg-uncertain-of-return
  4. « Bilan du monde de l'année 2007 » dans Le Monde Hors-série de janvier 2008
  5. http://www.indexmundi.com/g/g.aspx?c=lt&v=32&l=fr
  6. (en)The Pew Forum - Global Religious Landscape
  7. http://fr.fifa.com/worldranking/rankingtable/index.html
  8. http://fr.fifa.com/worldranking/rankingtable/women/index.html
  9. / Vote de la loi en 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Amy Jacot Guillarmod, Flora of Lesotho (Basutoland), 1971.
  • (en) Rainer Slotta, Mustapha Skalli (Ed.), International Symposium on Preservation and Presentation of the Cultural Heritage of Lesotho, Bochum, 1991, ISBN 3-921533-50-3.
  • (en) Elizabeth A. Eldredge, A South African kingdom. The pursuit of security in nineteenth-century Lesoth (=African studies series. 78), Cambridge & New York, 1993.
  • (en) Khabele Matlosa, Labour migration and the economy in Southern Africa: A review of Lesotho-South Africa relations in a post-apartheid era (=Southern African perspectives. 50), Bellville, 1995.
  • (en) Country presentation by the government of Lesotho (3rd United Nations Conference on the Least Developed Countries, 2001 in Brussels, Belgium), Genève, 2001.
  • (en) Lesotho Country Study Guide International Business Publications, 2004, ISBN 0-7397-6194-3.
  • (en) Mary Fitzpatrick, Rebecca Blond, Gemma Pitcher, South Africa, Lesotho & Swaziland 6e édition, Lonely Planet, 2004, ISBN 1-74104-162-7.
  • (en) Tshidiso Maloka, Basotho and the mines. A social history of labour migrancy in Lesotho and South Africa, c. 1890-1940, Dakar, 2004, ISBN 2-86978-128-8.
  • (en) W. Olaleye, Democratic consolidation and political parties in Lesotho, Johannesburg, 2004.
  • (en) Thabo Makoa, Anne-Laure Zwilling, Shepherd boy of the Maloti, Morija Museum & Archives, 2005, ISBN 9789991163239.

9789991163239

Liens externes[modifier | modifier le code]