Dichlorodiphényltrichloroéthane

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DDT
Dichlorodiphényltrichloroéthane
Dichlorodiphényltrichloroéthane
Identification
Nom IUPAC 4,4'-(2,2,2-trichloroethane-
1,1-diyl)bis(chlorobenzene)
Synonymes DDT
No CAS 50-29-3
No EINECS 200-024-3
Apparence cristaux incolores ou poudre blanche. le produit technique est un solide cireux[1].
Propriétés chimiques
Formule brute C14H9Cl5  [Isomères]
Masse molaire[2] 354,486 ± 0,022 g/mol
C 47,43 %, H 2,56 %, Cl 50,01 %,
Propriétés physiques
fusion 109 °C[1]
ébullition 260 °C[1]
Solubilité dans l'eau : faible[1]
Masse volumique 1,6 g·cm-3[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC[3]
Toxique
T
Dangereux pour l’environnement
N



Transport
-
   2761   
SGH[4]
SGH06 : ToxiqueSGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H301, H351, H372, H410,
Écotoxicologie
LogP 6,36[1]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le DDT (ou dichlorodiphényltrichloroéthane ou bis p-chlorophényl-2,2 trichloro-1,1,1 éthane ou encore le 1,1,1-trichloro-2,2-bis(p-chlorophényl)éthane pour la nomenclature chimique) est un produit chimique (organochloré) synthétisé en 1874 mais dont les propriétés insecticides et acaricides n'ont été découvertes qu'à la fin des années 1930.

C'est un solide incolore très hydrophobe, avec une légère odeur. Insoluble dans l'eau, il se dissout facilement dans la plupart des solvants organiques, des matières grasses et des huiles.

Au début de la Seconde Guerre mondiale il est rapidement devenu l'insecticide moderne le plus utilisé, avec beaucoup de succès aussi bien militairement que civilement, dans les champs, dans les maisons et pour la lutte contre divers arthropodes vecteurs de maladie (ex : paludisme, typhus exanthématique, peste bubonique[5], et également comme insecticide agricole.
En 1948, le chimiste suisse Paul Hermann Müller, qui pourtant n'est pas l'inventeur du DDT[6], reçut le prix Nobel de physiologie ou médecine « pour sa découverte de la grande efficacité du DDT en tant que poison contre divers arthropodes[7] ».

En 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publia le livre Printemps silencieux (Silent Spring) accusant le DDT d'être cancérigène et reprotoxique (il empêche la bonne reproduction des oiseaux en amincissant la coquille de leurs œufs[8]). Ce livre créa un véritable tollé et fut à l'origine de divers mouvements écologiques. Il a encouragé des évaluations écotoxicologiques qui ont conduit - à partir des années 1970 - à peu à peu interdire le DDT dans certains pays. Ailleurs, son utilisation s'est poursuivie pour combattre des vecteurs de maladie, mais elle reste controversée (en tant que POPs, polluant persistant, et pour ses effets écosystémiques) ; 50 ans après l'appel de Rachel Carson, une étude d'histoire environnementale a analysé au Canada une couche de guano de martinets accumulé dans un dortoir utilisé par ces oiseaux de 1940 à nos jours. Elle a confirmé que le DDT a effectivement eu un impact considérable sur les oiseaux insectivores, en décimant un grand nombre des insectes dont ils se nourrissent (coléoptères notamment, leurs proies les plus nourrissantes)[9],[10].

Propriétés[modifier | modifier le code]

  • Le DDT est une substance cristalline incolore, presque insoluble dans l'eau mais très soluble dans les matières grasses et la plupart des solvants organiques.
Synthèse du DDT en partant de chloral et de chlorobenzène

  • Le DDT est synthétisé par réaction du 2,2,2-trichloroéthanol (Cl3C-CH2OH) avec du chlorobenzène (C6H5Cl). On forme alors un mélange de deux isomères de position de formule : C6H4Cl-CHOH-CCl3. En présence d'un excès de dichlorobenzène, une deuxième substitution électrophile aromatique (SEAr) permet de conduire à un mélange dont un des produits formés est le DDT. Il est également possible de le synthétiser en faisant réagir du chlorobenzène et du chloral (CCl3CH=O) en milieu acide et à chaud.
  • Le DDT est également vendu sous les noms de marque : Anofex, Cesarex, Chlorophenothane, Dedelo, p, p-DDT, Dichlorodiphenyltrichloroethane, Dinocide, Didimac, Digmar, ENT 1506, Genitox, Guesapon, Guesarol, Gexarex, Gyron, Hildit, Ixodex, Kopsol, Neocid, OMS 16, Micro DDT 75, Pentachlorin, Rukseam, R50 et Zerdane.
  • Outre l'isomère p,p dont traite cet article, on connaît également un isomère o,p où l'un des atomes de chlore est déplacé autour du cycle benzénique en position ortho. Lorsque le contexte rend nécessaire de faire la distinction entre les deux composés, ils sont parfois notés ppDDT et opDDT.
  • Le DDT est un puissant insecticide : il tue en ouvrant les canaux sodiques des neurones des insectes, ce qui les détruit instantanément, conduisant à des spasmes, puis à la mort. Certaines mutations génétiques agissant sur les canaux sodiques peuvent rendre certains insectes résistant au DDT et à d'autres insecticides fonctionnant sur le même principe.
  • SMILES (Simplified Molecular Input Line Entry Specification) : ClC(Cl)(Cl)C(C1=CC=C(Cl) C=C1)C2=CC=C(Cl)C=C2

Histoire[modifier | modifier le code]

DDT dilué à 10% dans du kérosène, pulvérisé par l'armée américaine dans les maisons (ici en Italie en 1945) pour lutter contre la malaria (Archives du “National Museum of Health & Medicine” américain)
Transvasement de DDT, de bidons vers les réservoirs d'un C-46 pour pulvérisation contre la Malaria dans certaines zones infestées de Corée (en 1951)
Insecticide liquide commercialisé, contenant 5 % DDT
Insecticide (marque : Néocide. Ciba Geigy DDT", conditionné en boite poudreuse de 50 g, contenant 10 % de Dichlordiphényltrichloréthane. Selon l'étiquetage, ce produit « détruit les parasites tels que puces, poux, fourmis, punaises, cafards, mouches, etc. »
Mode d'emploi : « Saupoudrer de Néocide les cachettes de la vermine ainsi que les endroits où se posent les insectes et leurs lieux de passage. Laisser la poudre en place le plus longtemps possible. »
Allégations : « Détruit les parasites de l'Homme et de son habitation » ; « La mort n'est pas instantanée, elle survient inévitablement dans un délai plus ou moins long » ; « Fabrication française » ; « Inoffensif pour l'Homme et les animaux à sang chaud » ; « Effet certain et durable. Inodore »

Le DDT est synthétisé la première fois par Othmar Zeidler en 1874, mais ses propriétés d'insecticide ne sont découvertes qu'en 1939 par Paul Hermann Müller qui recevra à cet effet le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948[7]. Müller travaillait pour l'entreprise suisse Geigy qui cherchait à développer un insecticide contre les mites ; au cours de ses recherches il s'aperçut que le DDT tuait également les doryphores ; Geigy déposa un brevet sur le DDT auprès des autorités suisses en 1939 qui l'expérimentèrent avec succès contre les doryphores. Après avoir testé les propriétés du DDT sur d'autres insectes, les suisses firent connaître leur découverte en 1942 tant aux Alliés qu'aux puissances de l'Axe. Les Allemands ne se saisissent pas vraiment de la découverte[11], qui retient par contre toute l'attention des Américains, particulièrement intéressés par son action sur les poux. Les études menées par les Américains et les Britanniques confirmèrent celles conduites par les Suisses. En mai 1943 après les études de la Food And Drug Administration attestant de l'innocuité du produit[12], la production à grande échelle pour approvisionner l'Armée est encouragée[13] : fin 1943, la filiale américaine de Geigy, Cincinati Chemicals Works produit le DDT en quantités industrielles ; fin 1944, on compte aux États-Unis quatorze entreprises productrices de DDT (auxquelles s'ajoutent les entreprises Britanniques). C'est en janvier 1944 que le DDT fait ses preuves de manière spectaculaire contre une épidémie de typhus qui s'est déclaré à Naples depuis octobre 1943 : ce sont 1,3 millions de civils qui seront alors traités avec une poudre de Neocide, une substance contenant du DDT expérimentée par les Américains sur des prisonniers de guerre en Afrique du Nord[14]. Les recherches des Alliés concernant le DDT seront soumises au secret jusqu'en fin 1944[15]. Le DDT est alors abondamment utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale par les militaires pour contrôler les insectes porteurs du paludisme et du typhus exanthématique, parvenant à pratiquement éliminer ce dernier. Les civils en répandent sur les murs avec un spray pour tuer les moustiques qui viennent s'y poser, permettant de chasser des souches jusqu'alors résistantes. Des villes entières en Italie sont aspergées du produit pour tuer les poux porteurs de typhus. Après 1945, il est abondamment utilisé par l'agriculture, et en Grande-Bretagne pour tuer les midges (Culicoides impunctatus : moucherons piqueurs répandus en Écosse). Aux États-Unis, il devint autorisé à la vente le 31 août 1945[16].

Le DDT a contribué à l'éradication complète du paludisme en Europe et en Amérique du Nord, bien que des mesures d'hygiène prises au début du XXe siècle et l'augmentation du niveau de vie aient déjà permis une quasi-disparition dans les pays développés. Le paludisme connaît en effet un déclin en Europe et aux États-Unis dès la fin du XIXe siècle en raison des assèchements de marais et de la suppression des bassins de réserve. Mais au Brésil et en Égypte, ce sont principalement les abondantes pulvérisations de DDT qui sont responsables de l'éradication du paludisme[17].

En 1955, l'OMS débute un programme mondial d'éradication du paludisme reposant principalement sur l'utilisation du DDT. Bien que le programme ait été un succès (le taux de mortalité lié au paludisme est tombé de 192 pour 100 000 à 7 pour 100 000)[réf. nécessaire], entre-temps des résistances sont apparues chez certains insectes. En outre, le DDT se montre moins efficace dans les régions tropicales à cause du cycle de vie continu des moustiques et des mauvaises infrastructures. Le programme n'est pas du tout suivi en Afrique subdésertique pour ces raisons, avec pour conséquence une faible diminution du taux de mortalité et le fait que ces régions restent actuellement les plus soumises au paludisme, surtout depuis l'apparition de souches résistantes aux médicaments et la propagation du Plasmodium falciparum[17].

Des doutes apparaissent sur l'effet du DDT sur l'environnement à travers des observations personnelles constatant une diminution du nombre d'oiseaux, confirmées ensuite par des études scientifiques. En 1957, le New York Times relate les efforts infructueux d'un mouvement contre le DDT dans le comté de Nassau dans l'État de New-York. Ceci constitue alors le premier mouvement attesté opposé à ce produit. L'éditeur William Shawn pousse la biologiste et auteur populaire Rachel Carson à écrire sur le sujet, et cette dernière publie en 1962 le bestseller Silent Spring (traduit en français en 1963 sous le titre Printemps silencieux[8]). Malgré le tollé suscité par ce livre, le DDT n'est pas interdit avant les années 1970.

Quelques années plus tard, Carol Yannacone assiste à la mort de poissons dans les mares de Yaphank suivant une pulvérisation de DDT menée par la commission de contrôle des moustiques du comté de Suffolk. Elle convainc son mari Victor Yannacone, un avocat, de les poursuivre en justice, ce qui mène à une interdiction locale d'utiliser le DDT. Le scientifique Charles Wurster, professeur à l'université de l'État de New York à Stony Brook, avait auparavant remarqué que l'utilisation du DDT sur les ormes tuait les oiseaux sans pour autant sauver les arbres[18]. Art Cooley, un instituteur de Bellport, constate entre-temps le déclin des balbuzards et autres grands oiseaux aux alentours de la rivière de Carman, et suppose un lien avec l'utilisation du DDT. En 1967, la famille Yannacone se joint à Wurster et Cooley pour former l'EDF (Environmental Defense Fund depuis rebaptisé en Environmental Defense) et lancer une plus grande campagne contre l'utilisation du DDT qui mène à son interdiction aux États-Unis. Suite à cette dernière, les balbuzards et aigles, espèces alors considérées en danger, se sont multipliés.

Au cours des années 1970 et 1980, l'usage du DDT pour l'agriculture est interdit dans la plupart des pays développés, et remplacé dans la lutte contre le paludisme par des produits moins persistants et plus chers. Les premiers pays à interdire le DDT sont la Norvège et la Suède en 1970, mais le Royaume-Uni ne l'interdira pas avant 1984.

De nos jours, le DDT est toujours utilisé dans les pays – principalement tropicaux – où la transmission du paludisme et du typhus reste un sérieux problème de santé. Son utilisation est principalement limitée à l'intérieur des bâtiments, par son inclusion dans des produits ménagers, et des pulvérisations sélectives, ce qui limite considérablement les dommages écologiques par rapport à son utilisation antérieure en agriculture. Cet usage permet également de réduire le risque de résistance au DDT[19], et requiert seulement une infime fraction de ce qui était utilisé pour un usage agraire : la quantité de DDT utilisée pour traiter tout le Guyana (215 000 km2) est à peu près celle qui était utilisée pour traiter 4 km2 de coton lors d'une seule saison des pousses[20].

La convention de Stockholm, ratifiée le 22 mai 2001 et effective depuis le 17 mai 2004, vise à interdire le DDT ainsi que d'autres polluants organiques persistants. Celle-ci est signée par 158 pays et soutenue par la plupart des groupes environnementaux. Cependant, une interdiction totale de l'utilisation du DDT dans les pays où sévit le paludisme est actuellement impossible car peu d'alternatives économiquement abordables ou suffisamment efficaces ont été découvertes. L'utilisation du DDT à des fins sanitaires reste donc tolérée jusqu'à ce que de telles alternatives soient développées. La Malaria Foundation International (Fondation internationale du paludisme) déclare :

« Les conséquences du traité seront probablement meilleures que le statu quo qui régnait lors des négociations d'il y a deux ans. Pour la première fois, il existe maintenant un insecticide dont l'utilisation est restreinte au contrôle des vecteurs de maladie, ce qui signifie que la sélection des souches de moustiques résistantes sera plus lente qu'avant[21]. »

En , presque trente ans après avoir abandonné les projections de DDT dans les pièces des maisons, l'OMS annonce que le DDT sera utilisé comme l'un des trois principaux outils dans la lutte contre le paludisme et recommande la pulvérisation des pièces dans les zones épidémiques, ainsi que dans les endroits à transmission du paludisme constante et élevée[22]. L'Agence des États-Unis pour le développement international annonce en conséquence qu'elle financera l'utilisation du DDT[23].

En 2011, l'OMS a publié un "position statement" dans lequel l'agence réaffirme son souhait de voir disparaître à terme l'usage de cet insecticide, mais met en garde contre l'utilisation prématurée d'alternative qui n'ont pas encore le même niveau d'efficacité. Elle reconnait que le DDT va encore jouer un rôle important dans la lutte contre le paludisme [24].

L'interdiction aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1962 est publié le livre Silent Spring de Rachel Carson, qui soutient que les pesticides, surtout le DDT et les PCB (polychloro-biphényle), empoisonnaient à la fois la faune et l'environnement, mais mettaient également en danger la santé humaine[8]. Les réactions publiques envers Silent Spring amorcent le développement des mouvements écologiques modernes aux États-Unis, et le DDT devient la cible principale des mouvements antichimiques et antipesticides des années 1960. Cependant, Rachel Carson avait également dédié une page de son livre à une présentation réfléchie de la relation entre le DDT et les moustiques transmettant le paludisme, mais en prenant en compte le développement de la résistance des moustiques :

« Il est plus judicieux dans certains cas d'accepter de subir une faible quantité de dégâts, plutôt que de n'en subir aucun pendant un moment, mais de le payer sur le long terme en perdant son moyen de lutte [ceci est le conseil donné en Hollande par le Docteur Briejer en tant que directeur du Service de protection des plantes]. Un conseil pratique serait plus “Pulvérisez aussi peu que vous pouvez” que “Pulvérisez autant que possible”. »

Rachel Carson avait également fait la déclaration controversée que le DDT pouvait causer le cancer chez les humains, croyance toujours largement acceptée par le grand public. Charles Wurster, le scientifique en chef de l'Environmental Defense Fund (Fonds de défense de l'environnement) est cité dans le Seattle Times du 5 octobre 1969 pour avoir dit : « Si les écologistes l'emportent sur le DDT, ils atteindront un niveau d'autorité qu'ils n'avaient jamais eu auparavant. D'une certaine façon, on peut dire qu'il y a plus gros en jeu que le DDT. »[25] Cependant, comme la recherche dans le domaine des pesticides était encore immature à l'époque de sa publication, il s'est avéré par la suite que de nombreuses affirmations faites dans Silent Spring étaient scientifiquement inexactes.

À la fin des années 1960, la pression des groupes écologistes s’intensifie et en janvier 1971, le tribunal fédéral de première instance ordonne à William Ruckelshaus, premier directeur de l’EPA, de commencer la procédure de désinscription du DDT. Après six mois de procédures, William Ruckelshaus rejette l’interdiction en se référant à des études concluant que le DDT ne pose aucun danger pour l’homme ou son environnement. Cependant, les découvertes de cette équipe ont été critiquées car les études ont été menées pour la plupart par des entomologistes du département de l’Agriculture, que beaucoup d’écologistes soupçonnent d’être en faveur des lobbies agricoles et donc de minimiser les dangers pour l’homme. La décision de ne pas interdire le produit a donc causé une controverse dans la population.

L’EPA a organisé sept mois d’audience en 1971-1972 lors desquels des scientifiques ont tour à tour donné des preuves incriminant ou innocentant le DDT. Lors de l’été 1972, William Ruckelshaus annonce l’interdiction du DDT pour toutes les utilisations aux États-Unis. Le DDT est alors classé comme substance toxique de classe II.

L’interdiction du DDT aux États-Unis dans les années 1970 avait lieu dans un climat de méfiance pour les communautés scientifiques et industrielles et faisait suite à des fiascos tel l’agent orange ou l’utilisation de l’hormone DES (diéthylstilbestrol). En outre, le placement du pygargue à tête blanche sur la liste des espèces menacées fut d’un poids significatif dans l’interdiction du DDT aux États-Unis : l’abus du DDT était cité comme étant le principal responsable du déclin de la population des pygargues à tête blanche – déclaration depuis sujette à controverse[26].

L’interdiction est vivement critiquée par les partisans du DDT, lesquels incluent Steven Milloy, Roger Bate et Richard Tren les arguments s’appuient sur les travaux de l’entomologiste J. Gordon Edwards, qui, introduit en tant que témoin lors des audiences, avait annoncé qu’il n’y avait preuve concrète des effets nocifs du DDT sur l’homme. Ils rapportent qu’à la fin des audiences, l’examinateur Edmund Sweeney avait annoncé qu’aucun élément scientifique ne permettait de justifier une interdiction du DDT. Lors de l’été 1972, William Ruckelshaus passa en revue les avis données lors des audiences, ainsi que les rapports de deux groupes chargés d’étudier le DDT (les études Hilton et Marc) qui étaient parvenus à une conclusion diamétralement opposée. Steven Milloy et Edmund Sweeney déclarèrent que William Ruckelshaus n’avait assisté à aucune des audiences de la commission et (selon des assistants restés anonymes) n’avait même pas fait l’effort de lire les transcriptions de ces audiences. William Ruckelshaus rejeta les affirmations de Steven Milloy en déclarant que le DDT était « un avertissement que l’homme pourrait s’être exposé à une substance qui pourrait bien avoir un effet sérieux sur sa santé[25],[27]. »

Critique d’une éventuelle interdiction internationale[modifier | modifier le code]

Certaines critiques affirment que les restrictions sur l’utilisation du DDT dans la lutte contre les vecteurs de maladie imposées par certains gouvernements, pays donateurs et agences d’aide d’internationales en réponse à la pression des mouvements écologistes auraient entraîné la mort de millions de personnes. En général ces affirmations font référence à l’interdiction de 1972 des États-Unis et impliquent qu’il s’agirait d’une interdiction internationale, laquelle, selon Nicholas Kristof, aurait conduit à des centaines de milliers de morts[28]. Selon l'auteur Michael Crichton dans son roman État d'urgence[29] :

« Depuis l’interdiction, deux millions de personnes par an, principalement des enfants, meurent du paludisme. Cette interdiction a causé plus de cinquante millions de morts inutiles. Interdire le DDT a tué plus de personnes qu’Hitler. »

Une autre critique est que cette interdiction fait preuve d’un manque de compassion envers les pays du tiers monde : alors que les traitements au DDT ont été utilisés suffisamment longtemps dans les pays développés pour éliminer le paludisme, il est interdit quand les pays en voie de développement en ont besoin. Selon Paul Driessen, l’auteur de Imperialism: Green Power, Black Death, non seulement les épidémies de paludisme tuent deux millions de personnes par an, mais rendent ceux qui y survivent incapables de contribuer à l’économie, malades et plus vulnérables à d’autres maladies qui pourraient les tuer. De nombreuses ressources en Afrique sont alors mobilisées pour les malades, rendant les pays pauvres encore plus pauvres.

Pourtant, le DDT n’a jamais été interdit pour la lutte contre le paludisme dans les pays tropicaux. Dans de nombreux pays développés, les programmes de pulvérisation ont été arrêtés pour des raisons de sûreté et de protection de l’environnement, ainsi qu’en raisons de problèmes dans la mise en œuvre au niveau administratif et financier. Les efforts se sont alors concentrés sur l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

Les groupes écologistes ont été vivement critiqués pour avoir tenté d’interdire complètement le DDT. De nombreux groupes écologistes se sont battus contre l’utilisation du DDT à des fins sanitaires lors de la convention de Stockholm de 2001, malgré l’opposition des gouvernements du tiers monde et de nombreux chercheurs du paludisme. « Greenpeace, World Wildlife Fund, Physicians for Social Responsibility et plus de 300 autres organisations environnementalistes ont prôné l’interdiction totale du DDT, et ceci dès 2007 dans certains cas. »[30] Un article de Nature Medicine s’était à l’époque violemment opposé à une interdiction : « Les écologistes de pays riches et développés ne gagnent rien du DDT et les risques leurs paraissent plus grands que les bénéfices que les pays pauvres tropicaux pourraient en tirer. Plus de 200 groupes environnementalistes, y compris Greenpeace, Physicians for Social Responsibility et la World Wildlife Fund, condamnent le DDT comme étant “ une source sérieuse de danger pour l'homme ” »[31].

Critique d’une limitation de l’utilisation du DDT[modifier | modifier le code]

Le groupe pro-DDT Africa Fighting Malaria (AFM) a déclaré que l’USAID ainsi que d’autres organisations internationales donatrices ont refusé de financer des programmes sanitaires utilisant du DDT[32]. De même, Roger Bates de l’AFM soutient que de nombreux pays ont été mis sous pression de la part d’organisations de santé internationales et d’agences environnementales pour qu’ils abandonnent le DDT sous peine de perdre leurs subventions. Ainsi, le Belize et la Bolivie ont fait publiquement savoir qu’ils ont cédé en ce sens à la pression du USAID[33].

De nombreux pays africains aimeraient utiliser le DDT pour contrôler le paludisme et sauver des vies, mais il leur a été signifié que leurs exportations agricoles pouvaient ne pas être acceptées si la pulvérisation était « étendue »[34].

L’argumentation principale des partisans du DDT est que les alternatives sont généralement plus chères, plus toxiques pour l’homme, et pas toujours aussi efficaces pour contrôler le paludisme ou d’autres maladies transmises par les insectes, et que les compagnies pétrochimiques qui brevettent ces alternatives ont soutenu l’interdiction du DDT pour leurs propre profit : le DDT est entré dans le domaine public, mais pas leurs insecticides brevetés.

Les partisans du DDT avancent que certains détracteurs du DDT craignent que toute utilisation du DDT mènera à des abus, et confondent la pulvérisation à des fins agraires avec la pulvérisation intérieure afin de contourner tout raisonnement scientifique[réf. nécessaire]. Les adversaires du DDT rétorquent que l’utilisation du DDT se traduit par la diminution des populations d’oiseaux et menace de la biodiversité[35].

Bien que soulevant des questions importantes quant à la manière dont l’Occident traite la crise sanitaire avec le tiers monde, le cœur de la discussion reste controversé. Bien que la publication de Silent Spring ait sans doute influencé l’interdiction du DDT aux États-Unis en 1972, la réduction de l’utilisation du DDT pour éradiquer le paludisme avait commencé déjà une décennie auparavant à cause de l’apparition de souches de moustiques résistantes. Paul Russel, un ancien directeur de l’Allied Anti-Malaria Campaign (campagne unie contre le paludisme) fait observer que les programmes d’éradication devaient se garder de se fier au DDT trop longtemps car « des souches résistantes sont apparues après six ou sept ans[36]. »

En outre, l’utilisation du DDT qui s’est trouvée être la plus gênante pour les écologistes et les agents sanitaires était celle de l’agriculture. Tandis que les programmes antipaludisme réduisaient la quantité de DDT qu’ils utilisaient, les producteurs de coton et autres cultures de rente pulvérisaient de plus en plus de pesticide, limitant l’efficacité du DDT. Le Salvador vit ses cas de paludisme augmenter lors des années où l’on utilisait beaucoup de DDT[37].

Kent R. Hill de l’USAID déclare que l’agence avait été pervertie :

« L’USAID soutient la pulvérisation comme moyen de lutte préventive contre le paludisme et soutient l’utilisation du DDT lorsqu’elle est scientifiquement saine et garantie[38]. »

Cependant, l’USAID « privilégia » les alternatives du DDT dans ses financements :

« Contrairement à la croyance générale, l’USAID n’« interdit » pas l’utilisation du DDT dans ses programmes de contrôle antipaludisme. D’un point de vue purement technique en termes de méthodes efficaces de lutte antipaludisme, l’USAID et d’autres groupes n’ont pas jugé nécessaire de classer le DDT comme composant à haute priorité dans les programmes antipaludisme pour des raisons pratiques. Dans de nombreux cas, la pulvérisation en intérieur du DDT ou de tout autre insecticide n’est pas efficace en termes de coût et difficile à maintenir. Dans la plupart des pays d’Afrique où l’USAID soutient des programmes antipaludisme, il a été jugé plus efficace en termes de coût ainsi que plus approprié d’utiliser les fonds du gouvernement américain pour des filets traités à l’insecticide, qui sont tout aussi efficaces à limiter le paludisme et plus faciles à mettre en œuvre dans les pays qui n’ont pas mis en place de programme de pulvérisation en intérieur[39]. »

Impact sur l'environnement[modifier | modifier le code]

De façon générale, le DDT se concentre dans les systèmes biologiques, principalement les corps gras. C'est un produit nocif pour diverses espèces qui se bioamplifie le long de la chaîne alimentaire, atteignant sa plus haute concentration pour les superprédateurs, comme les humains ou les rapaces. Le DDT a notamment été montré du doigt pour expliquer le déclin des pygargues à tête blanche ou des faucons pèlerins lors des années 1950 et 1960[40] : le DDT et ses produits de décomposition sont toxiques pour les embryons aviaires et peuvent perturber l'absorption de calcium, et donc sur la qualité de la coquille des œufs[41]. Pourtant, le DDT en faibles doses a très peu d'effet sur les oiseaux, contrairement à son métabolite, le DDE, qui est beaucoup plus toxique. Le DDT et le DDE ont également très peu d'effet sur certains oiseaux, comme les poules. Une étude récente a montré que des dommages cérébraux significatifs chez les merles sauvages dus à une exposition au DDT aux États-Unis affecte leur chant, leur capacité à défendre leur territoire et à construire des nids[réf. nécessaire]. Le DDT est hautement toxique pour les organismes aquatiques, y compris les écrevisses, les daphnies, les crevettes et de nombreuses espèces de poisson. Le DDT peut être modérément toxique pour certaines espèces d'amphibiens, notamment à l'état larvaire. En outre, le DDT s'accumule de façon importante dans les poissons et d'autres espèces aquatiques, menant à de concentrations importantes pour de longues expositions.

Le DDT est un polluant organique persistant avec une demi-vie évaluée entre 2 et 15 ans, qui se fixe dans de nombreux sols. Dans les lacs, sa demi-vie est estimée à 56 jours et dans les rivières à 28 jours. Ses processus de dégradation incluent la volatilisation, la photolyse et la biodégradation aérobie et anaérobie. Ces processus sont en général assez lents. Ses produits de décomposition dans les sols sont le DDE (dichlorodiphényldichloroéthylène ou 1,1-dichloro-2,2-bis(p-dichlorodiphényl)éthylène) et le DDD (dichlorodiphényldichloroéthane ou 1,1-dichloro-2,2-bis(p-chlorophényl)éthane) qui sont eux aussi hautement persistants et possèdent des propriétés physiques et chimiques similaires[réf. nécessaire]. La quantité totale de ces produits est connu sous le nom de DDT total.

Aux États-Unis, tous les échantillons humains de sang et de tissus graisseux pris au début des années 1970 présentent des niveaux détectables de DDT. Une étude ultérieure d'échantillons de sang pris dans la seconde moitié des années 1970 (soit après l'interdiction aux États-Unis) montrent une concentration plus faible, mais le DDT et ses métabolites restaient à des concentrations importantes[réf. nécessaire].

Le DDT est un composé organochloré. Il a été démontré que certains composés organochlorés avaient un faible effet œstrogénique, c'est-à-dire se montraient suffisamment semblables à certains œstrogènes d'un point de vue chimique pour déclencher une réponse hormonale chez les animaux contaminés. Cet effet a été observé pour le DDT dans des études de laboratoire faites sur des souris et des rats, mais aucune enquête épidémiologique n'a pu prouver un effet similaire chez les humains. Trente ans après son interdiction, ce pesticide a été retrouvé dans le bassin d'Arcachon en France. En bout de course, la mer est l'émissaire naturel des pollutions humaines (L. Chauveau, Petit atlas des risques écologiques, Larousse, 2005).

Effets sur l'homme : Des études contradictoires[modifier | modifier le code]

Concernant les effets aigus[modifier | modifier le code]

L'utilisation du DDT est généralement considérée comme sûre pour l'humain s'il respecte les recommandations d'usage. Il n'existe pas d’étude scientifique prouvant que le DDT soit particulièrement toxique pour les humains, ou d’autres primates, comparativement à d’autres pesticides répandus ; d’importantes populations y ont été exposées durant soixante ans avec peu de toxicité aiguë observée, hormis quelques cas d’empoisonnement. Des doses allant jusqu’à 285 mg·kg-1 ont été ingérées accidentellement sans causer la mort, mais ont néanmoins causé des vomissements. Des doses de 10 mg·kg-1 peuvent rendre malade certains individus.
Le DDT a souvent été directement appliqué sur les vêtements, sur la peau, les poils ou les cheveux ou a été ajouté au savon[42], et à de rares occasions, il fut prescrit oralement pour traiter des empoisonnements aux barbituriques[43].

Concernant les effets d'expositions chroniques[modifier | modifier le code]

Risque de cancer : Ils ont été très discutés, sur la base d'études aux résultats très contradictoires[44].
En 1987, l'agence de protection de l'environnement des États-Unis a catégorisé le DDT en classe B2, c'est-à-dire cancérigène potentiel pour l'Homme (classe qui comprend également le café et l'essence). Cette catégorisation se basait sur l'« observation des tumeurs de sept études sur diverses espèces de souris et de trois études sur les rats. Le DDT est structurellement similaire à d’autres carcinogènes probables, comme le DDD et le DDE » Cependant, les autopsies visant à corréler des cancers avec les concentrations en DDT ont donné des résultats mitigés. Trois études ont conclu que le taux de DDT et DDE dans les tissus était plus élevés chez les malades atteints de cancer que pour ceux mourant d’autres maladies (Casarett et coll., 1968 ; Dacre and Jennings, 1970 ; Wasserman et coll., 1976 cités par l'EPA[44]) mais selon d’autres travaux n'ont pas trouvé de corrélation (Maier-Bode, 1960 ; Robinson et coll., 1965 ; Hoffman et coll., 1967 cités par l'EPA[44]).
Les études portant sur des expositions occasionnelles d’ouvriers ou de volontaires, n'ont pas été assez longues pour évaluer la cancérogénicité à long terme du DDT chez les humains[45].
Le docteur Mary Wolf (en 1993 dans le Journal of the National Cancer Institue) montre une corrélation statistiquement significative entre le taux sanguin métabolites du DDT et le risque de cancer du sein dans la population générale. Les études directes n’avaient pas trouvé de lien entre DDT dans le sérum et cancer du sein chez la femme (ainsi, une étude portant sur 692 femmes sur une 20 ans n’a pas trouvé de corrélation entre le sérum de DDE[46] et le cancer du sein), mais le DDT stocké dans les tissus gras pourrait être en cause, et certains éléments évoquent un lien entre DDT et ce cancer (par exemple, les taux de cancer du sein en fonction du temps suivent le déclin du DDT et de l'hexachlorobenzène en Israël.[réf. nécessaire]).
Une autre étude portant sur trente-cinq ouvriers exposés à 600 fois l’exposition moyenne de DDT sur des périodes allant de neuf à dix-neuf ans. Elle n'a pas observé d’augmentation de risque de cancer. Inversement, une autre étude, portant sur des femmes exposées au DDT pendant leur enfance a montré que plus de 40 ans après, elles avaient développé 5 fois plus de cancer du sein (beaucoup de femmes n'ont pas encore atteint l'âge critique pour le cancer du sein, et que d'autres cas sont à prévoir concluent les auteurs)[47].
En 2001, à partir d'une revue d'études antérieures, SM. Snedeker, responsable d'un programme sur le cancer du sein et les facteurs de risques environnementaux à l'Université Cornell de l'État de New-York State, a estimé [48] que les contradictions apparentes de ces études pourraient être expliquées par des effets de perturbation endocrinienne différents selon les formes de DDT utilisées (estrogénicité variable selon les formes), mais aussi en raison de modalités différentes d'interprétation des études sur le DDT, sur le DDE et le risque de cancer du sein. En particulier l'influence des facteurs alimentaires, du statut ménopausique des patientes, des différents entre types de populations de contrôle, de l'histoire de lactation (durant la lactation, la mère « se débarrasse » de nombreux polluants liposolubles via le lait maternel)[48]. De plus, les récepteurs oestrogéniques sensibles au DDT et à ses métabolites pourrait varier selon les sous-groupes ethniques et le polymorphisme des tumeurs du sein peut avoir été différemment pris en compte selon les études[48].

Toxicité pour le foie (principal organe de détoxication, avec le rein) ; Une étude de 1969 a exposé 24 macaques crabiers et macaques rhésus à 20 mg·kg-1 de DDT (par voie orale) pendant 130 mois, comparés à un groupe témoin de 17 singes., concluant à « des preuves manifestes de la toxicité à long terme du DDT pour le foie et le système nerveux central ». Bien que le groupe exposé ait développé deux tumeurs malignes et trois tumeurs bénignes, elles ont été jugées statistiquement « peu concluantes pour juger d’un effet carcinogène du DDT chez les primates non humains ».
Une autre étude, des humains ont volontairement ingéré 35 mg de DDT par jour sur une période d’environ deux ans puis ont été surveillés sur plusieurs années. Bien qu’il y ait eu des « effets potentiellement nuisibles pour le foie », aucun autre effet néfaste n’a pu être observé.

Concernant le développement : Une étude récente de l’université de Californie à Berkeley suggère que les enfants qui auraient été exposés in utero au DDT auraient de plus fortes chances d’avoir des problèmes de développement.

Concernant la santé reproductive humaine : Selon un article récapitulatif du Lancet : « Bien que le DDT ne soit de façon générale pas toxique pour les humains et interdit pour des raisons principalement écologiques, les recherches ultérieures ont révélé qu’une exposition de DDT correspondant à des concentrations requises pour la lutte contre le paludisme pourraient causer des naissances prématurées et à des sevrages prématurées, ce qui annulerait les bénéfices la baisse de mortalité infantile. (…) Le DDT peut être utile dans la lutte contre le paludisme mais la preuve de ses effets néfastes sur la santé humaine nécessite des recherches adéquates pour juger s’il apporte plus de bénéfices que de risques ».

Travaux futurs : « bien que les effets toxiques aigus soient rares, les études toxicologiques lui prêtent des propriétés de désorganisation endocrinienne. Les données sur l’homme indiquent également un effet de délétion de la spermatogenèse[49], sur la menstruation, la durée gestationnelle, et la durée de la lactation. Focaliser la recherche sur la santé reproductive et le développement humain semble donc approprié. Le DDT pourrait s’avérer être une intervention de santé publique efficace et bon marché, durable. Cependant, divers effets toxiques qui seraient difficile à détecter sans étude spécifique peuvent exister et pourraient résulter en une morbidité ou mortalité importante. L’usage responsable du DDT devrait inclure des programmes de recherche qui auraient pour but de détecter les effets toxiques les plus plausibles ainsi que de documenter les bénéfices attribuables spécifiquement au DDT. Bien que ce point de vue équivaille à une platitude dans le cas de la recherche pour le paludisme en Afrique, la problématique pourrait ici être suffisamment focalisée et incontestable pour que les gouvernements et agences de financement reconnaissent la nécessité d’inclure la recherche sur toute mortalité infantile quand le DDT est utilisé. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f DDT, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « clofenotane » sur ESIS, consulté le 22 février 2009
  4. Numéro index 602-045-00-7 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  5. http://www.pasteur.fr/infosci/conf/peste-TMP/20resistance-puces.pdf
  6. http://www.cdc.gov/malaria/history/index.htm
  7. a et b The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1948 ; Paul Müller, consulté 2013-06-14
  8. a, b et c Rachel Louise Carson, trad. Jean-François Gravrand, Printemps silencieux, Plon, Paris, 1963, p. 287, (ISBN FRBNF32941434)
  9. Joseph J. Nocera, Jules M. Blais, David V. Beresford, Leah K. Finity, Christopher Grooms, Lynda E. Kimpe, Kurt Kyser, Neal Michelutti, Matthew W. Reudink et John P. Smol (2012) Historical pesticide applications coincided with an altered diet of aerially foraging insectivorous chimney swifts ; on line 18 April 2012 doi: 10.1098/rspb.2012.0445 Proc. R. Soc. B 7 August 2012 vol. 279 no. 1740 3114-3120 (résumé)
  10. Yves Miserey (2012) La preuve des ravages du DDT sur les oiseaux, Le Figaro, 01/01/1970, et mis à jour 18/04/2012
  11. Le spray Gerasol et la poudre Neocid seront, sinon utilisés, du moins essayés, par les allemands qui recourraient plus volontiers au Zyklon B pour lutter contre les poux. Ce peu d'intérêt à l'égard du DDT se poursuivit même après que Gerhard Rose en eut démontré l'efficacité en 1944 : les difficultés de fabrication dans une économie dévastée mais aussi l'intérêt de Whilhelm Hagen, médecin personnel d'Hitler, pour un produit concurrent, le Ruslapuder / poudre Rusla sont les raisons avancées pour expliquer ce choix. Quand les scientifiques allemands démontreront l'inefficacité de la poudre Rusla, un produit à base de DDT, le Lauseto Delicia sera fourni aux troupes, tandis que le Ruslapuder continuera à être disponible pour les civils cf Naomi Baumslag, "Murderous medicine: Nazi doctors, human experimentation, and Typhus", Greenwood Publishing Group, 2005 - 272 pages
  12. En fait la FDA avait repéré dès cette époque des effets très nocifs sur les animaux et donc éventuellement sur l'homme ; la FDA a seulement considéré que, dans les conditions de guerre, les avantages étaient supérieurs aux inconvénients cf Edmund Russell, "War and nature: fighting humans and insects with chemicals from World War I to Silent spring ", Cambridge University Press, 2001 - 315 pages
  13. Stéphane Castonguay, Protection des cultures, construction de la nature : agriculture, foresterie et entomologie au Canada 1884-1954, Les éditions du Septentrion, 2004 - 366 pages, ISBN 2-89448-377-5, ISBN 978-2-89448-377-0
  14. Richard Tren, Donald Roberts, The Excellent Powder: DDT's Political and Scientific History, Dog Ear Publishing, 2010
  15. Cedric Gillott, Entomology, Springer, 1995 - 798 pages
  16. Handbook of Pesticide Toxicology: Principles Par Robert Irving Krieger
  17. a et b Malaria Site: History of Malaria Control
  18. Catherine Heusel, Charles F. Wurster Environmental Defender, Newsday
  19. Is DDT still effective and needed in malaria control? Malaria Foundation International
  20. Roberts, Donald R., Larry L. Laughlin, Paul Hsheih, et Llewellyn J. Legters DDT, global strategies, and a malaria control crisis in South America, Emerging Infectious Diseases 3(3) : 295-302, juillet-septembre 1997, PMID 9284373.
  21. [Malaria Foundation International http://www.malaria.org/DDTpage.html] Compte rendu de la convention de Stockholm.
  22. Site de l'OMS, WHO gives indoor use of DDT a clean bill of health for controlling malaria (L'OMS autorise l'usage en intérieur du DDT dans la lutte contre le paludisme)
  23. ABC Online, WHO to endorse DDT use: report (L'OMS approuve l'utilisation du DDT : rapport)
  24. http://whqlibdoc.who.int/hq/2011/WHO_HTM_GMP_2011_eng.pdf
  25. a et b Richard Tren et Roger Bate, South Africa's War against Malaria: Lessons for the Developing World (Guerre de l'Afrique du Sud contre le paludisme : leçons aux pays en voie de développement), Cato Policy Analysis (513)
  26. Steven Milloy, Bald Eagle-DDT Myth Still Flying High, Fox News, 6 juillet 2006
  27. Steven Milloy, 100 things you should know about DDT (Cent choses que vous devriez savoir sur le DDT)
  28. Nicholas D. Kristof, I Have a Nightmare, New York Times 12 mars 2005, section A, page 15, colonne 1
  29. Michael Crichton, State of Fear, 487.
  30. Malaria Foundation International, Our campaign to prevent a ban of DDT for malaria control has been successful!
  31. Amir Attaran et coll., Balancing risks on the backs of the poor, Nat. Med. 6, 729–731 (2000)
  32. Africa Fighting Malaria, Frequently Asked Questions
  33. Roger Bate A Case of the DDTs: The war against the war against malaria. National Review, 14 mai 2001, Vol. LIII, No 9
  34. Département d'État des États-Unis, U.S. Senator Does a "Slam Dunk" for Africa Malaria Day, USINFO.STATE.GOV, 26 avril 2006
  35. Paul R. Ehrlich et coll., DDT and Birds
  36. Laurie Garrett, The Coming Plague: Newly Emerging Diseases in a World Out of Balance, Penguin Books Ltd, Royaume-Uni, 1994, 768 p., ISBN 0-14-025091-3
  37. G. Chapin et W. Robert, Agricultural production and malaria resurgence in Central America and India, Nature 293 : 181–185, 1981
  38. Kent R. Hill, USAID isn’t against using DDT in worldwide malaria battle, The Hill, 15 novembre 2005
  39. USAID and Malaria, 2005
  40. U.S. Fish and Wildlife Service Division of Endangered Species, Bald Eagle (Haliaeetus leucocephalus)
  41. U.S. Environmental Protection Agency, Information on the Toxic Effects of Various Chemicals and Groups of Chemicals, Last updated on Friday, August 18th, 2006
  42. World Health Organization, Vector Control - Methods for Use by Individuals and Communities, Lice
  43. RT Rappolt, Use of oral DDT in three human barbiturate intoxications: hepatic enzyme induction by reciprocal detoxicants, Clin. Toxicol. 6(2):147–151, 1973, PMID 4715198
  44. a, b et c EPA p,p'-Dichlorodiphenyldichloroethylene (DDE) (CASRN 72-55-9), Base de donnée IRIS (Integrated Risk Information System), consulté 2013-06-14
  45. US EPA, Integrated Risk Information System p, p'-Dichlorodiphenyltrichloroethane (DDT) (CASRN 50-29-3) __II.A.1. Weight-of-Evidence Characterization, 1987
  46. un métabolite du DDT que l’on peut corréler à l’exposition au DDT
  47. Barbara A. Cohn et Al., DDT and Breast Cancer in Young Women: New Data on the Significance of Age at Exposure.Environ Health Perspect. 2007 October; 115(10): 1406–1414 (résumé).
  48. a, b et c Snedeker SM. (2001) Pesticides and breast cancer risk: a review of DDT, DDE, and dieldrin. SM Environ Health Perspect. 2001 Mar;109 Suppl 1:35-47
  49. Aneck-Hahn NH, Schulenburg GW, Bornman MS, Farias P, de Jager C. J Androl. (2007) Impaired semen quality associated with environmental DDT exposure in young men living in a malaria area in the Limpopo Province, South AfricaMay-Jun 2007;28(3):423-34. Epub 2006 Dec 27 (résumé)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valérie Chansigaud, « Comment on a déclaré la guerre au DDT », Pour La Science, no 421,‎ novembre 2012, p. 76-79
  • J.E. McWilliams, American Pests : the losing war on insects from colonial times to DDT, Columbia University Press, (2008)

Liens externes[modifier | modifier le code]