Giroflier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le giroflier ou girofle (Syzygium aromaticum) est un arbre de la famille des Myrtaceae originaire d'Indonésie.

Description[modifier | modifier le code]

L'arbre a une forme conique. D'une hauteur moyenne de dix à douze mètres, il peut atteindre jusqu'à vingt mètres de haut.

Ses feuilles persistantes sont ovales et coriaces.

Les fleurs à quatre pétales blanc rosé sont caractérisées par leurs sépales rouges persistants. Avant l'épanouissement, les boutons floraux sont nommés « clous de girofle ». C'est à cette époque qu'on les récolte avant de les laisser sécher au soleil jusqu'à ce qu'ils prennent une teinte brun foncé. Cet arbre est d'origine indonésienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le giroflier est originaire de l'archipel des Moluques du Nord.

L'épopée indienne du Ramayana, peut-être écrite vers 200 avant J.-C., mentionne déjà le commerce de cette épice. Les Chinois utilisaient déjà les clous de girofle sous la dynastie Han (206 avant J.-C. - 220 après J.-C.) en les mâchant pour avoir meilleure haleine, ainsi que pour ses vertus médicinales et culinaires. Ils étaient connus des Grecs et des Romains. Au Ier siècle, Pline l'Ancien les décrit dans ses écrits. Une récente découverte archéologique suggère que le commerce de la girofle avec l'Occident pourrait en fait avoir commencé bien plus tôt. En effet, on a trouvé un clou de girofle parmi des restes calcinés sur le sol d'une cuisine incendiée du site mésopotamien de Terqa dans l'actuelle Syrie, daté de 1700 avant J.-C.[1].

Une tradition chrétienne fait des clous de girofle un symbole végétal des clous qui ont servi à la Crucifixion[2].

En Europe, le clou de girofle apporté au IVe siècle par les Arabes , devint à la mode au Moyen Âge. Dante Alighieri dans l'Enfer de la Divine Comédie le cite comme étant d'un usage réservé aux riches siennois[3]. Les Portugais arrivés dans l'archipel des Moluques en 1511 s'en assurèrent le monopole en brûlant les arbres situés hors de l'île de Ternate et ce monopole fut ensuite celui des Hollandais.

Nous devons à Pierre Poivre, intendant de l'île de France (île Maurice), la prise de quelques plants au cours d'une expédition, et leur acclimatation d'abord à l'île de France, puis aux Antilles.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Clous de Girofle

Les propriétés antiseptiques et anesthésiques de ces boutons floraux sont reconnues depuis très longtemps et proposées dans les douleurs dentaires. Il entre dans la composition du khôl, primitivement onguent ophtalmique.

En cuisine, il est présent dans le pain d'épices, les biscuits en mélange avec la cannelle, le pot-au-feu, les marinades, la choucroute et il est indispensable à la plupart des currys. Dans certains pays comme la Tunisie, on l'utilise en infusion avec le thé.

Il sert de parfum d'ambiance sous forme de « pomme d'ambre » que l'on fabrique en piquant toute la surface d'une orange de clous de girofle.

La 2-heptanone est une cétone de formule (C7H14O) qui possède une odeur de clou de girofle, comme l'eugénol, qui est un phénol.

De nos jours, 95 % de la production mondiale de clous de girofle est utilisé pour la fabrication des kreteks, cigarettes indonésiennes. À Jakarta, les fabricants de cigarettes jouent sur les vertus antiseptiques du clou de girofle pour présenter leurs kreteks comme tout à fait anodines.

Production[modifier | modifier le code]

Production en tonnes. Chiffres 2003-2004
Données de FAOSTAT (FAO)

Indonésie 87909 68,2 %
Madagascar 20000 15,5 %
Tanzanie 12500 9,7 %
Sri Lanka 4100 3,2 %
Comores 3013 2,3 %
Autres pays 1370 1,1 %
Total 128892 100 %

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Caryophyllus aromaticus L.
  • Eugenia aromatica (L.) Baill.
  • Eugenia caryophyllata Thunb.
  • Eugenia caryophyllus (Spreng.) Bullock & S.G.Harrison

Calendrier révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Il est associé au 1er juillet dans le calendrier républicain français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peter Marius Veth, Sue O'Connor et Matthew Spriggs, "The Archaeology of the Aru Islands, Eastern Indonesia", Terra Australis, Vol. 22, février 2007
  2. (en) Diana Wells, Ippy Patterson, One hundred flowers and how they got their names, Algonquin Books of Chapel Hill,‎ 1997, p. 38
  3. (it)XXIX 127-128

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :