Érythrée

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État d'Érythrée

ሃገረ ኤርትራ (Hagere Ertra) (ti)

دولة إرتريا (Dawlat Iritriyá) (ar)

Drapeau
Drapeau de l'Érythrée
Blason
Armoiries de l'Érythrée
alt=Description de l'image LocationEritrea.svg.
Hymne national Ertra, Ertra, Ertra
Administration
Forme de l'État République à parti unique nationaliste
Président Issayas Afewerki
Langues officielles Tigrigna, arabe[Note 1]
Capitale Asmara

15° 20′ N 38° 55′ E / 15.33, 38.91715° 20′ N 38° 55′ E / 15.33, 38.917

Géographie
Plus grande ville Asmara
Superficie totale 121 320 km2
(classé 97e)
Superficie en eau 5,75 %
Fuseau horaire UTC + 3
Histoire
Indépendance De l'Éthiopie
 Déclarée

 Reconnue
24 mai 1991 (fin de la guerre d'indépendance)
24 mai 1993 (accession à l'indépendance)
Démographie
Gentilé Érythréen(ne)
Population totale (2012) 6 233 682 hab.
(classé 114e)
Densité 50 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,351[1] (faible) (181e)
Monnaie Nakfa (ERN​)
Divers
Code ISO 3166-1 ERI, ER​
Domaine Internet .er
Indicatif téléphonique +291
Organisations internationales Union africaine, ONU, Ligue arabe (observateur)

L'Érythrée, en forme longue l'État d'Érythrée, (tigrinya Ertra, ኤርትራ; arabe Iritrīyā, إرتريا) est un pays de la Corne de l'Afrique, indépendant de l'Éthiopie depuis 1993.

À la suite de l'achat par les Italiens de la baie d'Assab, au sultan local en 1869, puis leur occupation de Massawa en 1885, l’Érythrée est constituée en 1890 en territoire particulier. Après la défaite italienne durant la Seconde Guerre mondiale, l'ONU décide en 1952 de fédérer l’Érythrée à l'Éthiopie, qui l'annexe en 1962. C'est le début de la guerre d'indépendance qui se termine en mai 1991 par la victoire du mouvement indépendantiste, le Front populaire de libération de l'Érythrée (FPLE) mené par Issayas Afewerki), et la chute du gouvernement éthiopien.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Érythrée, du grec Ἐρυθραίᾱ (Erythraíā) «la rouge», désigne la partie africaine des côtes méridionales de la mer Rouge depuis au moins le IIe siècle (Périple de la mer Érythrée), sans correspondre à une entité politique spécifique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

L'Érythrée est considérée, avec l'Éthiopie, le Puntland en Somalie et la côte du Soudan, comme une des localisations possibles du pays nommé Pays de Pount ou Ta Netjeru (Pays des Dieux) par les Égyptiens, dont la première mention remonte au XXVe siècle av. J.-C.. La plus ancienne référence connue à la mer d'Érythrée est attribuée à Eschyle (Fragment 67), qui la désigne comme le bijou de l'Éthiopie[réf. nécessaire]. Vers le VIIIe siècle av. J.-C., un royaume connu sous le nom de D'mt s'établit au nord de l'Érythrée et de l'Éthiopie, avec Yeha comme capitale. Il fut suivi par le royaume d'Aksoum, au Ier siècle av. J.-C.. Le Périple de la mer Érythrée, un document du IIe siècle précise qu'il existait en Afrique de l'Est une route commerciale qui reliait le monde romain à la Chine. Les peuples du centre de l'Érythrée et du nord de ce qui forme actuellement l'Éthiopie partagent un héritage historique et culturel commun, issu du Royaume d'Aksoum et des dynasties qui ont suivi au long du Ier millénaire av. J.‑C. et de la langue guèze.
Le royaume d'Aksoum, à partir du IVe siècle av. J.-C. précédé du royaume de D'mt, couvrait une grande partie de l'Érythrée et du Nord de l'Éthiopie actuelles. Il atteint son apogée au Ier siècle av. J.-C. et adopte le christianisme.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les langues sémites, origine géographique et nombre de locuteurs
  • Le Pays de Pount (~2500 av. J.-C.), qui signifie « Pays du dieu », est un site commercial qui apparaît dans les récits de l'Égypte antique, dont la localisation est encore incertaine. La majorité des auteurs situent aujourd'hui le site sur la côte africaine de la mer Rouge.

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • Le Royaume de Saba (~1000 av. J.-C. à 400 après J.-C.) était un royaume habituellement situé en Arabie du sud, actuel Érythrée, Yémen et nord de Éthiopie.
  • D'mt (800 av. J.-C. à 600 av. J.-C.) était un ancien royaume qui s'étendait sur l'actuelle région de l'Érythrée et le nord de l'Éthiopie.
  • Le Royaume d'Aksoum (100 av. J.-C à 990 ap. J.-C.) était un royaume commercial important. Le royaume est le lieu présumé où repose l'Arche d'alliance, ramenée par Ménelik Ier, le fils du roi Salomon et de la reine de Saba, c'est aussi la maison de la reine de Saba. Aksoum a été également le premier grand empire à se convertir au christianisme.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire éthiopien.
  • Prise de pouvoir de la Dynastie Zagwe (990 ap. J.-C. à 1270 ap. J.-C.). Les Zagwés sont une famille chrétienne orthodoxe du Lasta ayant régné en Éthiopie. Elle succède au Royaume d'Aksoum.
  • Prise de pouvoir de la Dynastie salomonide (1270 ap. J.-C. à 1755), se réclamant de la descendance du roi Salomon et de la Reine de Saba, dont on dit qu’elle donna naissance au premier roi Ménélik Ier (vers -950) après sa visite à Salomon, relatée dans la Bible, dans la ville de Jérusalem. Elle est aussi l'une des deux plus vieilles maisons royales dans le monde avec la Maison impériale du Japon.
  • Zemene Mesafent (1755 à 1855) est une période pendant laquelle les empereurs «régnaient mais ne gouvernaient pas».

Colonisation italienne[modifier | modifier le code]

Érythrée, une lire à l'effigie d'Umberto I, roi d’Italie, 1891.
Article détaillé : Afrique orientale italienne.

L'Italie commence à s'engager sur les rives de la mer Rouge le 15 novembre 1869, lorsque la Società di Navigazione Rubattino achète la baie d'Assab au sultan local[2],[3]. Le 5 juillet 1882, le gouvernement italien prend le contrôle du port d'Assab par décret[4].

Trois ans plus tard, en 1885, l'Italie remplace les Anglo-Égyptiens dans le port de Massawa puis entreprend de conquérir l'intérieur[2]. La colonie d'Érythrée qui regroupe les deux territoires est créée le 1er janvier 1890[4].

L'avancée italienne Éthiopie est arrêtée à la bataille d'Adoua. En 1935, les Italiens attaquent à nouveau l'Éthiopie, qu'ils conquièrent. À partir de 1936, le territoire érythréen est intégré dans l'Afrique orientale italienne.

Possession italienne de 1936 à 1940

Offensive britannique (Alliés) et défaite italienne (Axe)[modifier | modifier le code]

Les Britanniques envahissent l'Érythrée le 18 janvier 1941, jour de la prise de Kassala à la frontière avec le Soudan[5],[6]. La direction des opérations est assurée par le lieutenant général William Platt[5], commandant des forces britanniques au Soudan[7]. Les 4e et 5e divisions d'infanterie indiennes, commandées respectivement par les major généraux Noel Beresford-Peirse[5] et Lewis Heath[7], progressent durant les deux semaines suivantes en direction de la ville fortifiée d'Agordat. La 4e division indienne prend la route septentrionale par Sabderat, Keru et Agordat et la 5e division indienne la route méridionale par Tessenei et Barentu[5]. Elles parcourent 160 km en 9 jours et enlèvent successivement plusieurs villes aux Italiens. Elles percent les positions italiennes dans les collines et prennent Agordat le 1er février[8],[5] après 2 jours de combat (4e division) et Barentu le lendemain (5e division)[5].

La bataille décisive de la campagne a lieu à Keren, ville à 100 kilomètres à l'est d'Agordat[9]. La bataille de Keren marque un tournant de la conquête de l'Érythrée et de l'Éthiopie par les Britanniques[10]. Après cet affrontement, la résistance des troupes italiennes est beaucoup plus faible[10]. Selon Pierre Messmer, ces derniers estiment ne plus être en mesure de remporter la victoire sur ce théâtre d'opérations et la capitulation de leurs unités est en général rapide[10].

La 5e division indienne se dirige ensuite vers la capitale Asmara, à 80 kilomètres à l'est de Keren[11], tandis que la 4e division indienne reste à Keren quelques jours et retourne en Égypte début avril[12]. Asmara est déclarée ville ouverte et les troupes britanniques s'en emparent le 1er avril[11]. Trois jours plus tard, la 10e brigade indienne se dirige vers Massaoua située à une centaine de kilomètres d'Asmara, sur la côte[13]. Les Italiens disposent de 10 000 hommes[13], de tanks et de véhicules blindés pour défendre Massaoua, un objectif portuaire stratégique[10],[14]. Après quelques affrontements initiaux, la résistance s'effondre et les unités indiennes et la Brigade française d'Orient prennent Massaoua le 8 avril[13].

De l'annexion par l'Éthiopie à l'indépendance[modifier | modifier le code]

Les Britanniques administrent alors l'Érythrée, comme les autres colonies italiennes à l'exception du Fezzan. Dès 1942, des projets divers sont élaborés pour l'avenir du territoire. L'armistice est signé par l'Italie, le 3 septembre 1943, ne contient aucune disposition concernant les colonies[15]. Dès 1944, l'ONU et l'États-Unis proposent de rattacher l'Érythrée à l'Éthiopie, qui réclame un port sur la mer Rouge. Lors des conférences internationales (Potsdam, Londres, Paris), plusieurs solutions sont débattues (partition, indépendance, rattachement à l'Éthiopie, etc.), sans qu'une solution soit trouvée lors de la signature de la paix le 10 février 1947.

Faute d'accord entre les puissances, la question est renvoyée à l'ONU en septembre 1948. Les États-Unis souhaitent conserver leurs bases installées à Massawa et Asmara, ce qui leur semble garanti par un rattachement à l'Éthiopie. En mai 1949, l'accord Bevin-Sforza prévoit la partition de l'Érythrée entre le Soudan et l'Éthiopie, mais il est rejeté par l'Assemblée de l'ONU. C'est finalement la résolution 390 (v) du 2 décembre 1950 qui fait de l’Érythrée « une unité autonome, fédérée avec l’Éthiopie sous la souveraineté de la couronne éthiopienne »[16].

Cette résolution prévoit que l'acte fédéral final devra être ratifié par la future Assemblée nationale érythréenne, et lors de la proclamation de la future Constitution érythréenne. Ces élections se déroulent le 16 mars 1952 sous la surveillance d'une commission des Nations Unies. Une assemblée représentative de 68 membres est élu par les Érythréens. L'assemblée approuve le projet de constitution proposée par l'ONU le 10 juillet 1952. Le 11 septembre 1952, l'empereur d'Éthiopie, Hailé Sélassié, ratifie la constitution. L'Assemblée représentative devient alors l'Assemblée érythréenne et la résolution des Nations unies visant à fédérer l'Érythrée avec l'Éthiopie devient effective. Elle est confirmée par une nouvelle résolution du 15 septembre 1952.

L'Érythrée et l'Éthiopie sont alors liées par une structure fédérale assez souple sous la souveraineté de l'empereur. L'Érythrée dispose de sa propre organisation administrative et judiciaire, son propre drapeau et une autonomie sur ses affaires internes, y compris la police, l'administration locale et la fiscalité. Le gouvernement fédéral impérial est chargé des affaires étrangères (y compris commerciales), la défense, les finances et les transports.

Bien que cette fédération soit théoriquement entre égaux, en 1954, Hailé Selassié interdit les partis politiques érythréens, ainsi que la presse indépendante[17]. En 1955, l'arabe et le tigrinia, les langues les plus couramment utilisées sur le territoire érythréen, sont remplacées au profit de l'amharique[18], et en 1959, le drapeau érythréen est interdit.

En 1962, une pression sur l'Assemblée érythréenne lui fait abolir la fédération et accepter l'annexion par l'Éthiopie. C'est le début d'une guerre d'indépendance qui se termine par la victoire des Érythréens en 1991 et l'accession du pays à l'indépendance le 24 mai 1993. Le nouvel État est présidé par Issayas Afewerki.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1995, des affrontements opposent l'Érythrée au Yémen à propos de la possession des Îles Hanish, au sud de la mer Rouge. La Cour de justice internationale les attribue ensuite en grande partie au Yémen.

En mai 1998, une nouvelle guerre éclate entre l'Éthiopie et l'Érythrée sur le tracé de la frontière. Elle fait environ 100 000 morts[19]. Le conflit cesse en 2000 avec les accords d'Alger qui conduisent au déploiement des casques bleus sans mettre fin aux tensions, le tracé de la frontière entre les deux États restant contesté par l'Éthiopie. Une commission indépendante de l'ONU a émis un arbitrage sur la question de la frontière en 2003, mais cette solution a été rejetée par l'Éthiopie[20].

L'Érythrée et l'Éthiopie se livrent une guerre par procuration en Somalie, l'Érythrée comptant parmi les principaux soutiens aux insurgés islamistes qui combattent l'invasion de l'armée éthiopienne[21].

Enfin, un différend territorial oppose par ailleurs l'Érythrée à Djibouti sur sa frontière sud depuis 2008[22].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Érythrée.
Carte de l'Érythrée
Champ de teff dans les hauts plateaux

L’Érythrée est bordée au nord-est par la mer Rouge où elle jouxte l'Arabie saoudite et le Yémen, et limitrophe du Soudan à l'ouest, l'Éthiopie au sud et à l'ouest et Djibouti au sud-est. Sa superficie totale est d'environ 121 320 km2, en incluant l'Archipel des Dahlak et plusieurs des îles Hanish.

Les hauts plateaux du Nord, dont l'altitude varie de 1 800 m à 3 000 m, possèdent un climat tempéré de type méditerranéen; les espaces côtier en revanche sont chauds et arides. Le point culminant du pays est le mont Soira à 3 018 m au-dessus du niveau de la mer.

L’'Érythrée possède des réserves d'or, de potasse, de zinc, de cuivre et de sel, et peut-être du pétrole et du gaz naturel[23]. Les îles Dahlak constituent une région intéressante pour la pêche.

La capitale et plus grande ville du pays, Asmara, est la cinquième capitale la plus élevée du monde ; les principales autres villes sont Keren, Agordat et les ports d'Assab et Massaoua.

Structure administrative[modifier | modifier le code]

L'État[modifier | modifier le code]

La constitution érythréenne prévoit un parlement monocaméral de 150 membres, l'Assemblée nationale. Tous les sièges sont occupés par le principal parti politique, le Front populaire pour la démocratie et la justice. Depuis l'indépendance en 1993, des élections ont été régulièrement prévues mais certaines ont été annulées[réf. nécessaire].

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de l'Érythrée.

L’Érythrée est divisée en six régions, elles-mêmes divisées en 52 districts :

Regions
Région Population Capitale Gouverneur ISO code
Maekel,

ዞባ ማእከል

1 053 254 Asmara Tewelde Kelati ER-MA
Anseba,

ዞባ ዓንሰባ

893 587 Keren Gegrgis Ghirmai ER-AN
Gash-Barka,

ዞባ ጋሽ ባርካ

1 103 742 Barentu Kahsai Ghebrehiwot ER-GB
Debub,

ዞባ ደቡብ

1 476 765 Mendefera Mustafa Nurhussein ER-DU
Semien-Keih-Bahri,
Semienawi Keyih Bahri

ዞባ ሰሜናዊ ቀይሕ ባሕሪ

897 454 Massawa Tsigereda Woldegiorgis ER-SK
Debub-Keih-Bahri,
Debubawi Keyih Bahri

ዞባ ደቡባዊ ቀይሕ ባሕሪ

398 073 Asseb Osman Mohammed Omer ER-DK

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Érythrée.
Évolution de la population entre 1993 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005[réf. nécessaire]). Population en milliers d'habitants.
Un mariage (tigrignya).
Une famille de Rashaida.

La croissance urbaine du pays, d'ici à 2050, est l'un des plus élevée du monde, estimée à plus de 300 % d'élévation[24].

Les deux groupes ethniques principaux sont les Tigrinya et les Tigré qui forment 85 % de la population, ainsi que les Saho, Rashaida et les Bilen qui en constituent 12 %. Les Afars et Kunama occupent le reste du pays.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Érythrée.

Les religions principales sont le christianisme, la plupart des chrétiens érythréens faisant partie de l'Église érythréenne orthodoxe, une des églises (improprement) dites « coptes » (monophysites, et non grecques-orthodoxes), en communion avec ses homologues éthiopienne et égyptienne ; et l'islam, principalement sunnite. Chacune de ces religions regroupe environ 50 % de la population|[25],[26].

Langues[modifier | modifier le code]

Les Érythréens parlent neuf langues afro-asiatiques, sémitique ou couchitique écrites avec l'alphasyllabaire ge'ez ou l'alphabet arabe. Le tigrinya et l'arabe, représentent 85% des locuteurs en 2012. Les autres langues parlées sont le saho (4%), le bilen (3%), le rashaida (3%), l'afar… mais aussi l'anglais ou l'amharique. Le tigrinya est une langue cousine du ge'ez, langue liturgique de l'église monophysite.

L'italien, langue de l'ancien colonisateur, a presque disparu, mais elle continue à être enseignée au lycée italien d'Asmara et dans quelques autres écoles ou institutions. L'anglais est la seconde langue administrative, afin d'aider à l'unification des différents groupes linguistiques. Tous les textes administratifs importants sont traduits en anglais, qui est aussi utilisé au Parlement, dans l'armée et par les membres du gouvernement.

Situation politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Érythrée.

En 2001, le gouvernement a censuré toute la presse privée[27], arguant que cette dernière était inféodée aux intérêts étrangers et menaçait l'intégrité et l'indépendance du pays[20]. En 2002, tous les groupes religieux hors les quatre principaux (églises orthodoxe d'Érythrée, église luthérienne d'Érythrée, église catholique, Islam) ont été interdits, ceci notamment afin de lutter contre l'influence politique pro-américaine des courants pentecôtistes[20]

Amnesty International[28],[29], qui cite le chiffre de 10 000 prisonniers politiques, Human Rights Watch[30] ainsi que le département d'État américain[31] font état de détentions arbitraires et de violations des droits de l'homme en Érythrée. Les classements mondiaux de la liberté de la presse - établis en 2008[32], 2009[33], 2010[34], 2011[35] et 2013[36] par Reporters sans frontières - classent l'Érythrée en dernière position.

Le régime politique du pays est très fermé et les libertés restreintes. Sonia Le Gouriellec parle d'un complexe obsidional du régime vis-à-vis de ses voisins et de la communauté internationale qui ne l'a pas soutenu après son indépendance[37]. Issayas Afeworki est président sans nouvelle élection depuis 1993.

De nombreux Érythréens quittent leur pays (plus de 300 000 en dix ans selon l'agence aux réfugiés de l'ONU), pour des raisons économiques ou politiques, et cherchent un asile dans des pays proches (Éthiopie, Djibouti, Soudan, Yémen, Arabie saoudite, Israël, etc.[38]) (notamment des camps de réfugiés entre Soudan et Ethiopie gérés par l'UNHCR et où ils s'entassent par dizaines de milliers)[39]ou lointains. Ils constituent une partie importante des personnes qui tentent de traverser la Méditerranée clandestinement pour venir en Europe[40].

Forces armées[modifier | modifier le code]

Les forces de défense érythréennes sont divisées en une armée de terre, une armée de l'air ainsi qu'en une marine de guerre. Elles comprennent 300 000 personnels actifs et 250 000 réservistes. La part du PNB allouée à la défense était de 20,9 % en 2006.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Érythrée.

La guerre d'indépendance a été dévastatrice pour l'économie érythréenne. Le port sur la mer Rouge, Massaoua, est tombé aux mains des indépendantistes érythréens dès février 1990. L'aviation éthiopienne a alors pilonné la ville pendant cinq jours[réf. nécessaire], détruisant une partie des infrastructures.
L'offensive de mai 2000 cause à elle seule 600 Mio US$ de dommages et empêche les récoltes dans la région la plus productrice du pays, diminuant la production de nourriture de 62 %[réf. nécessaire].

L'infrastructure est relativement développée, en particulier les routes et les ports, mais ils sont sous-utilisés. Le port accueille des cargos chargés de blé australien, de sorgho américain ou d'huile de colza allemande.

Sycomore géant ayant servi de modèle pour le billet de 5 nakfas érythréens

Les transferts de fonds en provenance de la diaspora des Érythréens émigrés est la principale source de revenu du pays[réf. nécessaire]. L'agriculture fournit 11 % du produit intérieur brut. Le pays exporte du bétail, de la viande et de la gomme arabique.

Pour se développer, l'Érythrée compte sur des ressources inexploitées : cuivre, or[41], pétrole, gaz, coton, potasse, fer et café.

La monnaie nationale est le nakfa érythréen.

Culture[modifier | modifier le code]

Une femme érythréenne lors de la cérémonie traditionnelle du café
Alicha begee, un plat érythréen typique
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Jour férié Religion Remarques
11 et 12 septembre Nouvel an éthiopien Enqoutatash oui Orthodoxe, Musulman et Juifs
27 septembre Mesqel Fête de la Vraie Croix (Sainte Croix) oui Orthodoxe
1er du mois chawwal Fin du mois du Ramadan 'Id al-Fitr oui Musulman
24 et 25 décembre Noël oui Catholique
7 janvier Noël copte Genna/Ledet oui Orthodoxe
6 janvier Jour de l’Épiphanie Temqet oui Catholique
10 du mois de dhou al-hijja Fête du Sacrifice Aïd al-Adha oui Musulman
12 de Rabia al Awal Naissance du prophète Mahomet oui Musulman
vendredi précédant le dimanche de Pâques Vendredi saint Seqlet non Orthodoxe
mars avril mai Pâques orthodoxe Fasika oui Orthodoxe
lundi suivant Pâques Lundi de Pâques Tensaé oui Orthodoxe
1er mai Fête du travail Yeserategnoch qen oui
24 mai Jour de l'indépendance beal natsnet oui
40 jours après Pâques Ascension oui Orthodoxe
49 jours après Pâques Pentecôte oui Orthodoxe
20 juin Jour des martyrs mealti meswat oui
15 août Assomption non Orthodoxe
1er septembre Début de la Guerre d'indépendance de l'Érythrée hade meskerem oui

Éducation[modifier | modifier le code]

Depuis la fin 2007, le gouvernement érythréen prend en charge la totalité du coût de la scolarité obligatoire (de 6 à 16 ans), la moitié des frais post-scolaires et les frais médicaux de tous les habitants.[réf. nécessaire]

Codes[modifier | modifier le code]

L'Érythrée a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le tigrinya et l'arabe sont les langues de travail du gouvernement. L'anglais est utilisé dans les relations internationales et l'éducation au-delà du primaire. Les habitants du pays parlent également afar, bilen, kunama, nara, rashaida, saho et tigré. L'italien et l'amharique sont parfois parlés pour des raisons historiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Indicateurs internationaux de développement humain », sur UNDP.org
  2. a et b Lionel Cliffe & Basil Davidson, The Long Struggle of Eritrea for Independence and Constructive Peace, p. 16.
  3. Ghada Hashem Talhami, Suakin and Massawa Under Egyptian Rule, 1865-1885, p. 198.
  4. a et b (en) « Eritrea », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]
  5. a, b, c, d, e et f Brett-James, Anthony, Ball of fire - The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 3
  6. (en) [PDF]Account of Operations in East Africa by Gen. Platt published in the London Gazette
  7. a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire - The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 1
  8. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 44-49.
  9. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 52-64.
  10. a, b, c et d Entretien de Pierre Messmer avec Alain Leterrier, Paul-Alain Prigent et Mohamed Abdelmajid, réalisé à Paris le 9 octobre 1997 sur lesnouvelles.org
  11. a et b Brett-James, Anthony, Ball of fire - The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 6
  12. Wavell, Archibald, Official despatch: Operations in East Africa November 1940 - July 1941, p. 3545.
  13. a, b et c Brett-James, Anthony, Ball of fire - The Fifth Indian Division in the Second World War, Chp. 7
  14. Compton Mackenzie, Eastern Epic, p. 66.
  15. Sur les colonies italiennes après la Seconde Guerre mondiale, voir Rossi (Gianluigi), L’Africa italiana verso l’indipendenza (1941-1949), Giuffrè, Milano, 1980, 626 p.
  16. Résolution 390 (v) du 2 décembre 1950 des Nations Unies, voir sur le site des Nations Unies.
  17. Human Rights Watch (HRW), Service for Life. State Repression and Indefinite Conscription in Eritrea, avril2009, p. 11, http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/eritrea0409web_0.pdf
  18. CAYLA-VARDHAN Fabienne, « Les enjeux de l’historiographie érythréenne », Centre d’études d’Afrique noire, IEP Bordeaux, n°66-67, 2000, p. 2.
  19. Jean-Philippe Rémy, « Djihadisme et vieux conflits », dans Le Monde du 03-11-2007, [lire en ligne]
  20. a, b et c La Stratégie du chaos, Impérialisme et Islam, Entretiens avec Mohamed Hassan, Michel Collon et Grégoire Lalieu, Investig'action - Couleurs livres, p. 383–426.
  21. (en) AU calls for sanctions on Eritrea, BBC News, 23 mai 2009.
  22. Imbert-Vier (Simon), « Invention et réalisations de la frontière djibouto-érythréenne », Africa (Roma), LXIV, 1-2, 2009, p. 105-119.
  23. http://www.cosmovisions.com/ErythreeTable.htm
  24. Science et Vie, no 1137, page 26.
  25. [1]
  26. « Données générales », sur La France en Erythrée, Ambassade de France à Asmara,‎ 05/12/2012 (consulté le 16/12/2014)
  27. Réseau africain pour la presse du XXIe siècle. Newsletter no 58 du 22/03/2002
  28. Amnesty International, Eritrea, you have no right to ask. Government resists scrutiny on human rights"", 2004
  29. Amnesty International, World report 2012", 2012
  30. Human Rights Watch, Service for life. State repression ans indefinite conscription in Eritrea, avril 2009
  31. US Department of State, Country reports on Human Rights Practices for 2011, Eritrea, 24 mai 2012
  32. Reporters sans frontières Classement mondial 2008, Reporters sans frontières, Classement mondial 2008.
  33. Reporters sans Frontières : Classement mondial 2009
  34. Reporters sans frontières Classement mondial 2010
  35. Reporters sans frontières Classement mondial 2011, Reporters sans frontières, Classement mondial 2011.
  36. http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2013,1054.html
  37. Enjeux internationaux sur France Culture, le 31 octobre 2013 avec Sonia Le Gouriellec enseignant-chercheur à l'université Paris Descartes.
  38. Fabienne Le Houérou, Migrants forcés éthiopiens et érythréens en Égypte et au Soudan, Paris, L'Harmattan, 2004.
  39. pourquoi les érythréens affluent vers l'Europe sur www.lefigaro.fr
  40. Entre le 1er janvier et le 14 octobre 2013, 8443 Érythréens sont arrivés par bateaux sur les côtes italiennes, selon Terrelibere.
  41. Or en Érythrée.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cayla-Varhan (Fabienne), « Les enjeux de l’historiographie érythréenne », Travaux et documents du Centre d’études d’Afrique noire, IEP Bordeaux, n°66-67, 2000, 53 p., voir en ligne.
  • (it) Rossi (Gianluigi), L’Africa italiana verso l’indipendenza (1941-1949), Milano, Giuffrè, 1980, 626 p.
  • Jean-Paul Mari, « Le bagne de l'Afrique », Le Nouvel Observateur, no 2463,‎ 19 janvier 2012, p. 66 (ISSN 0029-413)
  • Mauri (Arnaldo), «Le crédit dans la colonie italienne d'Érythrée», Revue internationale d'histoire de la banque, n° 20-21, 1980, p. 170-198, ISSN 0080-2611.
  • (en) Mauri (Arnaldo), «Eritrea's early stages in monetary and banking development», International Review of Economics, vol. 51, no 4, 2004, p. 547-569, ISSN 1865-1704.
  • (en) Miran (Jonathan), Red Sea citizens. Cosmopolitan Society and Cultural Change in Massawa, Bloomington, Indiana University Press, 2009, XIV-380 p.
  • Roig (Raphaël), L’Érythrée, naissance d’une nation, faillite d’un État ?, CFEE, Travaux et documents sur l’Éthiopie et la Corne de l’Afrique, no 3, 2009, 36 p., voir en ligne
  • Léonard Vincent, Les Erythréens, Paris, Payot & Rivages,‎ 2012, 256 p. (ISBN 2-7436-2293-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]