Bantous

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Les différents peuples bantous (en brun)
Carte des migrations bantoues en Afrique

On nomme Bantous, ce qui signifie les « Humains » dans la langue kongo, un ensemble de locuteurs du continent africain, parlant quelques quatre cent cinquante langues apparentées dites bantoues. Le linguiste Malcolm Guthrie les a regroupées en seize zones homogènes. Joseph Greenberg leur assigne à toutes la même origine lointaine, les confins du Nigeria et du Cameroun, et rattache le groupe bantou à quelques langues parlées vers le golfe de Guinée ; il constitue avec celles-ci la famille Bénoué-Congo, qui fait elle-même partie de l'ensemble Niger-Congo.

Ils sont présents d'ouest en est du Cameroun aux Comores et, du nord au sud, du Soudan à l’Afrique du Sud. Ces ethnies, très variées, couvrent toute la partie centrale et australe de l'Afrique, où seuls les Bochimans et les Khoïkhoï, parlent des langues khoïsan, distinctes du groupe bantou.

Les Bantous ont commencé leur expansion vers le sud et l'ouest du continent il y a 4 000 ans, à partir des hauts plateaux du Cameroun (Grassfields). En refoulant les nomades, ils ont localement absorbé quelques-uns de leurs phonèmes, comme le clic caractéristique des langues khoïsan.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir de leur foyer d'origine, situé aux confins du Cameroun et du Nigeria)[1],[2], ils ont occupé progressivement leurs territoires actuels selon un processus qui a duré environ quatre mille ans. Ils commencent à étendre leur territoire vers la forêt équatoriale d'Afrique centrale entre 2000 ans av. J.-C. et 1000 ans av. J.-C[3]. Plus tard, entre 1000 et 500 av. J.-C., a lieu une deuxième phase d'expansion plus rapide vers l'est et enfin une troisième phase, entre 0 et 500 ap. J.-C., vers le sud de l'Afrique. À l'occasion de cette expansion, les Bantous se mêlent aux groupes autochtones et constituent de nouvelles sociétés. L'expansion bantoue s’est poursuivie jusqu'au xixe siècle, interrompue par la colonisation européenne[4].

Caractéristiques de la langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues bantoues.

Les langues, qui présentent de nombreuses similitudes, constituent l'élément culturel le plus commun de ces peuples. Le langage bantou est caractérisé par un diminutif (par exemple, chaise se dit Kiti (Viti au pluriel) ; c'est le même modèle pour les autres noms communs)[réf. nécessaire].

Organisation sociale et politique[modifier | modifier le code]

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Une poupée en perles ntwana, collection permanente du Musée des enfants d'Indianapolis.

Les peuples bantous ont des structures sociales et politiques différentes et variées, « le seul dénominateur commun est la structure linguistique, les indices de ces classes ayant partout une expression phonétique semblable, fondée sur un système verbal unique »[5].

Les peuples bantous des territoires de la savane, comme les Kongos[6], les Yakas, les Pendes, les Leles et les Kubas[7], s'appuient sur une filiation matrilinéaire et leurs familles sont matrilocales ; d’autres sociétés bantoues sont patilinéaires[6],[7]. Les sociétés bantoues utilisant l’agriculture itinérante ont tendance à être à filiation matrilinéaire[8].

Elles sont fondées sur le pilier clanique et familial. Le respect envers les anciens du clan ou de la tribu est total et implique une soumission complète[réf. nécessaire]. Parallèlement, des organisations ou confréries, qui peuvent être inter-claniques, voire inter-religieuses, permettent des rapports d'égal à égal avec d'autres individus. Ainsi, il existe des confréries de chasse, de rire, etc. Ces confréries servent bien souvent d'échappatoire à un univers clanique trop lourd et qui laisse peu de place à l'individu.[réf. nécessaire] De plus le système sociétal bantou est basé sur une conception religieuse qui évoque que les ancêtres ne sont que partiellement morts et vivent à l'intérieur de la descendance (les protégeant ainsi et veillant à perpétuer les traditions). Par conséquent chez les bantous il existe une filiation généalogique basée sur l'origine ancestrale de la mère, qui leur permet d'accéder à un certain nombre de postes (au niveau sociétal). Ainsi, pour qu'une personne devienne législateur, il fallait que la mère soit descendante directe d'une lignée qui représentait les législateurs. On retrouve le même principe pour "l'exécutif" c'est-à-dire que le fils du roi n'aurait pu devenir roi qu'à condition que sa mère soit de la lignée historique des rois et qu'il soit élu par un conseil de sages issus de la lignée des législateurs. À noter que dans la culture bantoue le roi est celui qui porte le peuple, il a autorité mais a le devoir de servir le peuple (et non l'inverse il ne peut par conséquent pas abuser de son autorité et jouir de tous les excès)[réf. nécessaire]. Ces lignées historiques sont basées sur la croyance qu'une déesse mère aurait eu 3 enfants et qu'elle aurait attribué à chacun des pouvoirs différents (mais égaux) permettant de régenter la société. Ces fils et filles auraient par la suite eu des descendances qui auraient conservé le rôle attribué. C'est grâce à ce système que la société bantoue a pu se structurer égalitairement.

Techniques[modifier | modifier le code]

Les sociétés bantous maîtrisent la métallurgie (à l'aide du fer, ils fabriquent des haches, des houes, des herminettes). En outre, les habitations ont une architecture particulière; il s'agit de cases ou hameaux circulaires qu'on surnomme en langage bantou des Msonge[réf. nécessaire].

Économie[modifier | modifier le code]

Chez les Bantous matrilinéaires, l'économie repose essentiellement sur la céréaculture (culture du sorgho et du riz africain). C'est une agriculture manuelle de type défriche-brulis (on brûle des forêts pour cultiver). Par ailleurs, les Bantous pratiquent la chasse, la pêche et la cueillette. Leur système économique est donc centré sur l'autoconsommation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Lavacher (Université libre de Bruxelles), « Le peuplement des Grassfields : recherche archéologique dans l'ouest du Cameroun », Afrika Focus, vol. 14, no 1,‎ 1998, p. 17-36 (lire en ligne [PDF])
  2. J. P. Warnier, « Peuplement et paysages des Grassfields du Cameroun », dans P. Lafranchi & D. Schwartz, Paysages quaternaires de l'Afrique centrale atlantique, ORSTOM, coll. « Didactiques »,‎ 1990 (ISBN 2-7099-1022-5, lire en ligne [PDF]), p. 502
  3. « Bantou », Encyclopædia Universalis
  4. Ainsi, au XIXe siècle, pendant la période coloniale, les Allemands visitant leur nouveau protectorat du Cameroun, ont observé des tribus bantoues (Betis, Bassa, Bafia) fuir le territoire de hauts-plateaux situé au sud du lac Tchad appelé aujourd'hui Adamaoua, pourchassés par des guerriers Haoussa (Peuls) venus de l'empire de Sokoto situé au Nord du Nigeria actuel. Les colons allemands mirent fin à la migration des population bantoues vers le sud en les fixant sur les rives du fleuve Sanaga, dans l'actuel territoire du Mbam[réf. souhaitée].
  5. Oldrogge 1999, p. 320
  6. a et b « Bantous matriarcaux (groupe ethnique) : un grand courant civilisateur de l’Afrique noire  », sur matricien.org, Le Mouvement matricien (consulté le 5 janvier 2013)
  7. a et b Vangroenweghe 2000, p. 160
  8. Layton 2011, p. 126

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chrétien, « Les Bantous, de la philologie allemande à l'authenticité africaine  », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 8, no 8,‎ 1985, p. 43-66 (lire en ligne)
  • Tiarko Fourche et Henri Morlighem, Une bible noire : Cosmogonie bantu, Paris, Les Deux Océans,‎ 2002, 2e éd. (ISBN 2866811135)
  • [Layton 2011] (en) Robert Layton, « What Can Ethnography Tell Us about Human Social Evolution? », dans Nicholas J. Allen, Hilary Callan, Robin Dunbar et Wendy James, Early Human Kinship: From Sex to Social Reproduction,‎ 2011
  • [Oldrogge 1999] D.A. Olderogge, « Migrations et différenciations ethniques et linguistiques », dans Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique (UNESCO), Histoire générale de l’Afrique, vol. I : Méthodologie et préhistoire africaine, UNESCO,‎ 1999, 4e éd. (1re éd. 1980) (ISBN 9232017083), p. 301-320
  • W. G. L. Randles, « La civilisation bantou, son essor et son déclin », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 29, no 2,‎ 1974, p. 267-281 (lire en ligne)
  • Daniel Vangroenweghe (trad. Jean-Marie Flémal), Sida et sexualité en Afrique, Anvers, EPO,‎ 2000 (ISBN 2872621636)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]