Nosy Be

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Nosy Be
Carte de Nosy Be et son archipel
Carte de Nosy Be et son archipel
Géographie
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Localisation Canal du Mozambique
Coordonnées 13° 20′ 00″ S 48° 15′ 00″ E / -13.333333, 48.25 ()13° 20′ 00″ S 48° 15′ 00″ E / -13.333333, 48.25 ()  
Superficie 321 km2
Point culminant Lokobe (455 m)
Administration
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Madagascar

(Voir situation sur carte : Madagascar)
Nosy Be
Nosy Be
Île de Madagascar

Nossi-Bé, officiellement Nosy Be en malgache, est une île côtière de Madagascar située dans le canal du Mozambique, près des côtes nord-ouest de Madagascar. Le nom de l'île apparaît souvent écrit sous la graphie francisée de Nossi-Bé et est parfois nommée Ambariobe par les habitants de la région.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue d'une plage de Nosy Be.
Falaise stratifiée sur le littoral de Nosy Be.

Île volcanique d'une superficie de 321 km2, elle se situe dans la baie d'Ampasindava. Elle s'étend sur environ 26 kilomètres du nord au sud sur 20 kilomètres d'est en ouest.

L'île culmine au mont Lokobe à 455 mètres d'altitude ; le mont Passot est à 329 mètres de haut.

Son chef-lieu est la bourgade d'Hell-Ville (son nom malgache officiel, mais le nom usité est Andoany), située sur la côte Sud, qui possède le port principal de l'île.

Climat[modifier | modifier le code]

Pluviométrie[modifier | modifier le code]

La région de Nosy Be et du bas Sambirano est caractérisée par des pluies annuelles assez abondantes. (2 244 millimètres à Nosy Be, 2196 millimètres à Ambanja). Le maximum est atteint en janvier (508 millimètres à Fascene, 462 millimètres à Hell-Ville, 541 millimètres à Ambanja). Le minimum est en juillet (25 millimètres à Fascene, 37 millimètres à Hell-Ville) ou en juin (26 millimètres à Ambanja)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue satellite modélisée de Nosy Be

Peuplée par les Sakalava du Boina au cours des années 1830, l'île de Nosy Be devient un endroit important à Madagascar à partir de la fin des années 1830. Le Capitaine d’infanterie de Marine Pierre Passot est chargé par le Gouverneur de Bourbon et Amiral de Hell de chercher un port militaire à Madagascar pour remplacer Port-Louis (Ile Maurice), annexé par la Grande-Bretagne. L'expédition arrive à Nosy Be en 1839, à bord de la Prévoyante. Passot, assisté par des marins et un missionnaire (l'abbé Dalmond) choisissent la rade la plus sûre de Nosy Be, dans laquelle est fondé un poste militaire, baptisé Hell-Ville en l'honneur du gouverneur de Bourbon[2].

Passot revient à bord du Colibri en 1841 et prend officiellement possession de Nosy Be et des îles adjacentes. L'île de Nosy Be est donc colonisée 55 ans avant le reste de Madagascar. Nosy Be devient alors, au milieu du XIXe siècle, un comptoir commercial important de la côte ouest de Madagascar[3]. À partir des années 1850, les cultures les plantations de rente s'y développent, essentiellement entreprises par des colons réunionnais, mauriciens et français. L'île fait partie avec l'Île Sainte-Marie de Madagascar du gouvernement de Mayotte et compte environ 15 000 habitants vers 1865. Elle est rattachée à Madagascar après la conquête de Madagascar par la France en 1897.

Ainsi, la petite île devient une colonie agricole, recouverte de champs de cannes, d'indigo, de café, mais aussi de sésame, de riz, de maïs, de patates douces et de manioc. Elle récolte les fleurs d'ylang-ylang à partir des années 1910. C'est de cette activité que lui vient le surnom d'île aux parfums. Au cours des années 1920, l'île voit se développer une importante industrie sucrière autour de la ville de Dzamandzar.

Transports[modifier | modifier le code]

On accède à Nosy Be :

Économie[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Lémur noir et son petit dans la réserve de Lokobe

Avant l'indépendance de Madagascar, l'économie de l'île était axée sur l'agriculture. Depuis 1960, Nosy Be s'est alors partiellement reconvertie dans le tourisme[4]. Cependant, en 2011, les infrastructures manquent (routes, adduction d'eau) malgré l'ouverture de nouveaux hôtels en 2010 et 2011. Néanmoins, les capacités hôtelières actuelles sont plus élevées que la demande.

Le village balnéaire d'Ambatoloaka (en malgache : « là où il y a une pierre trouée ») sur la côté ouest, est un ancien village de pêcheurs qui a subi un développement anarchique dû à l'expansion du tourisme. Le site regroupe aujourd'hui de nombreuses structures hôtelières de moyenne catégorie et est un point de départ des activités touristiques de l'île (excursions, locations de véhicules, restaurants, casino, bars et lieux de sorties divers).

Nosy Be souffre d'un chronique problème de tourisme sexuel[5] que les autorités malgaches ne parviennent pas à résoudre[6]. Le 3 octobre 2013, deux touristes européens (un Français et un Franco-Italien), ainsi qu'un Malgache d'origine comorienne[7], sont lynchés par la foule[8] sur la plage d'Ambatoloaka, accusés du meurtre d'un enfant de huit ans, après que le corps de la victime ait été retrouvé sur une plage. En effet, selon une source diplomatique française, « un certain nombre d'informations accréditent la thèse que l'enfant retrouvé mort aurait pu être au centre de pratiques pédophiles dans un hôtel de passe de Nosy Be »[9]. Fin octobre 2013, le résultat d’une enquête préliminaire menée par la justice française au domicile de l'un des Français lynchés n’aurait pas trouver de preuve concluantes qui pourrait impliquer la victime à des faits de trafic d’organes ni à des activités de pédophilie[10]. Du côté de l’enquête par les autorités locales, 7 Malgaches sont inculpés pour le meurtre des trois hommes et sont déférés au parquet du tribunal d'Antananarivo le 23 octobre[11].

Cependant, l'île offre encore des endroits authentiques et préservés à découvrir et où séjourner, en dehors des espaces investis par le tourisme de masse. C'est le cas de la côte sud-est et des villages situés en bord de plage autour de la Réserve naturelle de Lokoke tels que les villages de Doany-Antafondro et d'Ampasipohy.

L'île est également connue dans l'océan Indien pour son festival annuel, le Donia[12], qui réunit pendant le mois de mai une sélection d'artistes de Madagascar et des autres îles de l'océan Indien.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Dans le port de Nosy Be

Parmi les principales cultures on trouve du café, de la vanille, du poivre, de l'ylang-ylang et de la canne à sucre. Cette dernière mérite une mention spéciale : après avoir connu la « fièvre sucrière » de 1850 à 1890 - dix-huit moulins à vapeur sur l'île, 1 000 ha de plantations - puis une crise due à l'effondrement des cours, sa culture est reprise en 1923 par la Compagnie Agricole et Sucrière : de 40 000 tonnes de cannes en 1932, elle progressera régulièrement (amélioration des variétés, petit train livrant les cannes à l'usine, modernisation du matériel agricole et industriel...) pour traiter, en 1968, 140 000 tonnes de cannes (2 000 ha de plantations) - dont 40 % en apports extérieurs (anciens Domaines La Motte Saint Pierre et Petits Planteurs) - et obtenir une production de 17 000 tonnes de sucre brut. Cette société a toujours préparé du rhum (3 700 hl en 1952, 8 000 hl en 1968), dont une partie, vieillie en foudres de chêne, était exportée.

En 1968, existait toujours le chemin de fer de la canne à sucre avec deux locomotives Porter à vapeur à la cheminée en diamant - typique des locomotives utilisant le bois comme combustible - et 2 Diesel (une Locotracteur Gaston Moyse BNC et une Plymouth). Le réseau comportait 25 km de voie ferrée et avait été créé en 1925 par la Compagnie Agricole et Sucrière car les parcelles plantées étaient alors disséminées : le petit train livrait la canne à longueur de journée pendant la coupe (hiver austral) en traversant les collines où voisinaient les plantations d'ylang-ylang et de caféiers…

Au début du XXIe siècle, il ne reste plus grand chose de l'ancienne activité agricole de Nosy Be. La SIRAMA (Siramamy Malagasy c'est-à-dire : « Compagnie sucrière nationale malgache ») a déposé le bilan depuis 2006 et les infrastructures sont laissées à l'abandon. En décembre 2007, la réhabilitation du site a été annoncée, grâce à des investisseurs chinois, afin de retrouver la capacité de production historique, à savoir 16 000 tonnes de sucre et 11 000 hectolitres d'alcool pur par an[13]. Mais le projet n'a pas encore eu de réalisation concrète. Les terres agricoles de la SIRAMA sont désormais progressivement cédées, parcelle après parcelle, et transformées en hôtels ou habitations, hypothéquant définitivement la possibilité d'un redémarrage de l'exploitation agricole de ces terres, activité qui a fait vivre plus de 3 000 personnes sur l'île dans le passé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. Battistini, Description géomorphologique de Nosy Be, du delta du Sambirano et de la baie d'Ampasindava, Mémoire de l'IRSM, série F, T.III, 1960, p. 130
  2. Samuel F. Sanchez, « Plans de colonisation, idées chimériques ? Nosy Be et Mayotte dans les projets français d’expansion dans l’océan Indien occidental et vers Madagascar (1839-1857) », in Dodille N. (dir.), Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien du XVIIIe au XXe siècles, Paris, Presse Universitaire de Paris-Sorbonne, 2008, p.167-198
  3. Samuel Sanchez « Navigation et gens de mer dans le canal de Mozambique : Le boutre dans les activités maritimes de Nosy Be et de l’ouest de Madagascar au XIXe siècle », in Nativel D. & Rajaonah F. (dir.), Madagascar et l’Afrique, entre identité insulaire et appartenance historique, Karthala, Paris, 2007, p.103-136
  4. http://www.madagascar-tourisme.com/fr/membres-et-associations/ort-nosy-be
  5. Madagascar : lutter contre la montée du tourisme sexuel. Sur le site de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies, décembre 2010.
  6. Nosy Be s'engage à lutter contre l'exploitation sexuelle des enfants, 2013.
  7. « Lynchage à Nosy Be - Douze autres prévenus jetés en prison » - l'Express de Madagascar, le 24 octobre 2013.
  8. http://www.liberation.fr/monde/2013/10/14/madagascar-qui-sont-les-barbares_939352
  9. « Trente-cinq arrestations après le triple lynchage de Madagascar » - Le Monde, 7 octobre 2013.
  10. [1]
  11. « Lynchage à Madagascar : Douze autres prévenus jetés en prison » - lexpressmada.com
  12. Festival Donia de Nosy Be (Madagascar)
  13. Madagascar Tribune du 31 décembre 2007 Sirama : Nosy-be: La capacité de production pourra être retrouvée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Chadefeaux, Nosy Be : une île au soleil, Édition Graphoprint, Tananarive, 1989, 80 p.
  • Raymond Decary, L'Ile Nosy-Bé de Madagascar : histoire d'une colonisation, Éditions maritimes et d'outre-mer, Paris, 1960, 225 p.
  • Henri Duclos et Bruno Jauneaud, Nosy-Be, la revanche des dieux, Éd. des Écrivains, Paris, 1998, 299 p. (ISBN 9782912134813)
  • Samuel F. Sanchez, « Plans de colonisation, idées chimériques ? Nosy Be et Mayotte dans les projets français d’expansion dans l’océan Indien occidental et vers Madagascar (1839-1857) », in Dodille N. (dir.), Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien du XVIIIe au XXe siècles, Paris, Presse Universitaire de Paris-Sorbonne, 2008, p.167-198

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]